La photo Street View date de juin 2015 : une façade aux volets clos – dessus, un tag que je ne sais pas déchiffrer. Murs décrépis d’un blanc sali. Apprendre quoi de cette bâtisse, masse austère toute d’angles droits ? Un bloc de passé. Zoom. Des noms de médecins figurent encore sur un panneau. Google m’indique que la clinique Saint-Luc est fermée depuis juin 2013. C’est là que je suis né. Je découvre en changeant d’angle un panneau « à vendre », tout en haut, recouvrant la fenêtre du pignon. (...)
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décades
Articles
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premier trajet dans la ville
27 mai 2016, par M.B. -
ont pensé en moi
12 mars 2016, par M.B.Je n’ai pas de désir de découvrir des zones d’ombre de ma vie, ni de me souvenir de tout ce qui m’est arrivé, et mon passé, en soi, ne m’intéresse pas spécialement. Je me considère très peu comme un àªtre unique, au sens d’absolument singulier, mais comme une somme d’expériences, de déterminations aussi, sociales, historiques, sexuelles, de langages, et continuellement en dialogue avec le monde (passé et présent), le tout formant, oui, forcément, une subjectivité unique. Mais je me sers de ma subjectivité (...)
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franchir
22 mai 2016, par M.B.C’était dimanche dernier. Je n’étais pas retourné sur les lieux de l’enfance depuis presque un an. L’expérience a été involontaire. Il ne s’agissait que de marcher un peu. J’ai pris derrière le supermarché, histoire d’apercevoir les prés, et parce que l’espace vide du parking est vertigineux. J’ai continué jusqu’au bowling, repère géodésique sa quille blanche sur le toit. La rue avant se finissait en cul de sac. C’était le bout. Plus maintenant. J’ai continué. La lèpre avait encore gagné sur les prés. Arrivé au (...)
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le monde autour
16 septembre 2016, par M.B.Je me pose la question d’à quoi ressemblait le monde quand j’y suis venu. Je me dis que connaître le point de départ de la trajectoire suivie peut aider à la comprendre. Je voudrais savoir sur quel socle j’ai pris appui, ou pas. Savoir à quoi ressemblait ce monde dont je n’ai aucun souvenir, et dans lequel mon champ d’action était proche de zéro. Ce temps du début de la vie, pour chacun, constitue un blanc : comme un lendemain de cuite sévère, où le souvenir se dérobe de ce qui s’est passé pendant (...)
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de l’ordre de la fantasmagorie et du songe
21 novembre 2015, par M.B.en lisant M. Yourcenar, Un homme obscur
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météo
19 février 2015, par M.B.météo, moment clé des fins de repas, suspens tandis que la table se débarrasse où que la vaisselle commence, gestes suspendus, silence imposé à chacun pour écouter la prédiction du jour — à rebours la météo quitte la prédiction pour offrir du mythe : être né le lendemain d’une tempête de neige, Paris bloqué, à§a vaut-y pas l’îlot battu par la tempête atlantique ? — ou offrir reflet d’un monde en construction, celui dans lequel on sera appelé à vivre, reflet de ses villes et de sa misère, monde en mouvement : (...)
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fidèles reflets du monde qui les narguait
6 octobre 2015, par M.B.Ils auraient voulu, parfois, que tout dure, que rien ne bouge. Ils n’auraient qu’à se laisser aller. Leur vie les bercerait. Elle s’étendrait au fil des mois, tout au long des années, sans changer, presque, sans jamais les contraindre. Elle ne serait que la suite harmonieuse des journées et des nuits, une modulation presque imperceptible, la reprise incessante des màªmes thèmes, un bonheur continu, une saveur perpétuée que nul bouleversement, nul événement tragique, nulle péripétie ne remettrait en (...)
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bien embarrassé de le dire
1er septembre 2015, par M.B.Quelle vue magnifique ! c’est donc ici que la Transfiguration de Raphaël a été admirée pendant deux siècles et demi. Quelle différence avec la triste galerie de marbre gris où elle est enterrée aujourd’hui au fond du Vatican ! Ainsi pendant deux-cent-cinquante ans ce chef d՚œuvre a été ici, deux-cent-cinquante ans !... Ah ! dans trois mois j’aurai cinquante ans, est-il bien possible ! 1783, 93, 1803, je suis tout le compte sur mes doigts... et 1833 cinquante. Est-il bien possible ! cinquante ! (...) Cette (...)
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soucoupe
10 février 2015, par M.B.ce qui s’imagine autour, est-ce qu’on en prend impact, on dit que c’est dans l’air du temps, alors soi, quand on y entre au temps, on en reà§oit quoi, c’est seulement après qu’on fait le tri, en attendant on baigne, dans la langue comme dans l’imaginaire, dans l’imaginaire par la langue, et dans la langue par l’imaginaire, c’est seulement après qu’on déc(h)ante
Le 19 Janvier 1966, à Tully en Australie, Georges Pedlez, planteur de Bananier, se rendait à son travail à bord de son tracteur et entendit soudain (...) -
carcasses
25 juin 2015, par M.B.Marseille, janvier 1966.
Au bout d’un treuil, balancé entre sangles, pattes raides et tête en mouvement, le débarquement d’un cheval mort de froid.
Vingt fois l’opération se répétera. À vingt reprises hisser hors du cargo les carcasses, poser au sol, ou plutôt dans un camion, décrocher.
Corps qui s’enchevêtrent avant équarrissage.
Pendant que soi, encore au chaud au creux d’un ventre.
Rien d’un signe. Pour cela, il aurait fallu apprendre à croire en sa place au monde.
En sa venue.
photos (...)
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