l’écriture est le souvenir de leur mort et l’affirmation de ma vie
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décades
Articles
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l’indicible n’est pas tapi dans l’écriture, il est ce qui l’a bien avant déclenchée
8 janvier 2016, par M.B. -
décades - extraits #2
5 octobre 2015, par M.B.Je suis né par temps froid, au lendemain d’une tempête de neige qui a bloqué Paris. La douceur angevine limitait en partie l’impact – moins un le 11 janvier à Angers, moins 10 le 19. Quelques jours plus tôt, des vents avaient battu les côtes bretonnes et normandes à plus de 100 kilomètres heure. Mais la météo ne fait plus signe : loin de nous l՚îlot battu par la tempête atlantique, François-René vagissant. C’est d’ordinaire et d’infra qu’il est question ici. La météo a certes eu trait à l’à venir pendant (...)
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restituer le tissu de ses jours
20 mai 2015, par M.B.voilà qui pourrait nourrir ce projet encore vague, aider à lui donner contours
Depuis longtemps, j՚avais envie de me lancer dans une recherche – un cours, un séminaire : au Collège de France, on expose une recherche en train de se faire – sur une année. Je désirais retracer les événements de cette année-là , mois après mois, semaine après semaine, et même jour après jour, si possible. Je rêvais de pénétrer au cœur d՚une année, d՚habiter son calendrier, de la revivre à son rythme, sous toutes ses coutures, (...) -
bombes
19 février 2015, par M.B.être né dans un monde où les bombes H s’égarent, c’est tellement vite arrivé un accident — toute ton enfance avoir entendu le refrain du bouton rouge, qu’assez pour faire sauter la planète mais que la capacité de mort à grande échelle était l’assurance d’un équilibre, était synonyme de paix — des kilos de plutonium en goguette, rassuré d’apprendre qu’on a brûlé ou enterré les plants de tomates contaminés, et 1 400 tonnes de terre contaminée envoyées en Caroline du Sud pour traitement (on les leur a rendues une (...)
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serpent
9 février 2015, par M.B.sans qu’on n’en sache rien, tous les mots qui se tissent sur nos vies, comme lianes comme lierre s’y agrippent, accrochent, parfois peut-être comme pour les murs laissent traces quand on les arrachent, ou soulèvent des pierres, endommagent, parfois peut—être comme pour les arbres, affaiblissent sans qu’on n’en sache rien, toutes ces fictions qu’on croise, se superposent à nos vies, ou les aiguillonne, ou rien, ou en décident
1966, selon l՚astrologie chinoise, est l’année du serpent de feu qui a (...) -
franchir
22 mai 2016, par M.B.C’était dimanche dernier. Je n’étais pas retourné sur les lieux de l’enfance depuis presque un an. L’expérience a été involontaire. Il ne s’agissait que de marcher un peu. J’ai pris derrière le supermarché, histoire d’apercevoir les prés, et parce que l’espace vide du parking est vertigineux. J’ai continué jusqu’au bowling, repère géodésique sa quille blanche sur le toit. La rue avant se finissait en cul de sac. C’était le bout. Plus maintenant. J’ai continué. La lèpre avait encore gagné sur les prés. Arrivé au (...)
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prise de possession d’un monde intérieur
13 novembre 2015, par M.B.Ceux qui mettent le roman historique dans une catégorie à part oublient que le romancier ne fait jamais qu’interpréter, à l’aide des procédés de son temps, un certain nombre de faits passés, de souvenirs conscients ou non, tissus de la màªme matière qu’ l’histoire. Tout autant que La Guerre et la Paix, l՚œuvre de Proust est la reconstitution d’un passé perdu. Le roman historique de 1830 verse, il est vrai, dans le mélo et le feuilleton de cape et d’épée ; pas plus que la sublime Duchesse de Langeais ou (...)
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des contours moins fermes
3 novembre 2015, par M.B.Quant l’observation de moi-màªme, je m’y oblige, ne fà »t-ce que pour entrer en composition avec cet individu auprès de qui je serai jusqu՚au bout forcé de vivre, mais une familiarité de près de soixante ans comporte encore bien des chances d’erreur. Au plus profond, ma connaissance de moi-màªme est obscure, intérieure, informulée, secrète comme une complicité. Au plus impersonnel, elle est aussi glacée que les théories que je puis élaborer sur les nombres : j’emploie ce que j’ai d’intelligence à voir de (...)
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le monde autour
16 septembre 2016, par M.B.Je me pose la question d’à quoi ressemblait le monde quand j’y suis venu. Je me dis que connaître le point de départ de la trajectoire suivie peut aider à la comprendre. Je voudrais savoir sur quel socle j’ai pris appui, ou pas. Savoir à quoi ressemblait ce monde dont je n’ai aucun souvenir, et dans lequel mon champ d’action était proche de zéro. Ce temps du début de la vie, pour chacun, constitue un blanc : comme un lendemain de cuite sévère, où le souvenir se dérobe de ce qui s’est passé pendant (...)
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premier trajet dans la ville
27 mai 2016, par M.B.La photo Street View date de juin 2015 : une façade aux volets clos – dessus, un tag que je ne sais pas déchiffrer. Murs décrépis d’un blanc sali. Apprendre quoi de cette bâtisse, masse austère toute d’angles droits ? Un bloc de passé. Zoom. Des noms de médecins figurent encore sur un panneau. Google m’indique que la clinique Saint-Luc est fermée depuis juin 2013. C’est là que je suis né. Je découvre en changeant d’angle un panneau « à vendre », tout en haut, recouvrant la fenêtre du pignon. (...)
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