Le hasard t՚a fait échouer là et tu n՚as pas suffisamment de courage pour te transporter ailleurs. D՚ailleurs tu n՚écoutes plus les phrases qui viennent d՚ailleurs, ces phrases qui autrefois te faisaient battre le cœur. Tu sais bien qu՚on ne te demandera jamais d՚être vivant. Tu peux faire ce que tu veux, on ne te demandera jamais d՚être digne, d՚être courageux, d՚être fidèle à tes opinions. Non, ça ne fera pas de différence. On a tous de bonnes raisons de ne pas agir. Le monde n՚a pas de sens, mon ami. Tu vis (...)
Accueil > Mots-clés > société > travail
travail
Articles
-
tu peux faire ce que tu veux
19 avril 2013, par M.B. -
c’est (31)
9 avril 2013, par M.B.c’est celui qui ne s’encombre plus d’un cartable, clé usb en poche, c’est le bruit des valises à roulettes dans les couloirs et penser à des hà´tesses de l’air sans avion, c’est le port de la blouse blanche pour ceux des sciences et l’envie parfois d’un bleu à enfiler, d’un passage au vestiaire où se dire « la journée est finie, je passe à autre chose », c’est la machine à café qui demande de faire l’appoint, c’est la photocopieuse qui bourre, toner en rade, maintenance requise, c’est l’avalanche des spécimen de (...)
-
c’est (21)
13 janvier 2013, par M.B.c’est se dire qu’une salle des profs, avec ses fauteuils laids, ses tables basses encombrées de revues syndicales ou de programmes de théà¢tre qui datent — cette faà§on qu’ont ces paperasses de désancrer du présent, de rendre le lieu encore plus incertain — sa machine à café, son distributeur à canettes, barres sucrées, chips et gà¢teaux — dont madeleines — ses photocopieurs, ses ordinateurs, ses tables où se corrigent des copies, où la veille des vacances se dégustent des plats qu’amène chacun, est un endroit (...)
-
c’est (1)
21 septembre 2012, par M.B.c’est attacher le vélo au grillage du parking, c’est regarder les arbres du parc à cà´té, c’est traverser le parking, les graviers sombres et l’ombre quasi tout le temps, c’est franchir une série de portes, croiser le flot des élèves, remonter à contre courant, c’est traverser la cour, plantes chétives dans des bacs, c’est monter des escaliers sans un brin de lumière naturelle, c’est renoncer à la lumière du jour, travailler sous la lumière des néons, et la fatigue des yeux le soir, c’est ne pas prendre ses (...)
-
c’est (19)
7 janvier 2013, par M.B.c’est lire les mots de Marie Cosnay, se dire qu’on a trop attendu de l’école, comme de l’ordre social, qu’ils implosent, que de la souffrance naît souvent la résignation, que terrible l’attente déà§ue des gosses, et comment elle peut longtemps àªtre ressassée, se souvenir des litanies entendues au temps des bars, c’est constater la capacité de l’attente et de la déception de s’entretenir mutuellement, se dire que distance nécessaire pour éviter que le vide ne happe, et la ligne fragile entre distance et (...)
-
c’est (3)
27 septembre 2012, par M.B.c’est sortir de réunion à la nuit tombée, remonter le parking, bruit de la ventilation, s’attarder à regarder la bouche d’aération sous les toits, se dire que c’est par là qu’ils sortent tous les mots qu’on prononce, à longueur de jour, longueur de cours, pour aller où tu n’en sais rien, tu ne sais jamais ce qu’il devienne tes mots, qui les mà¢che et qui les crache, qui les rumine et qui les enterre, qui les happe qui les évite, à moins qu’ils deviennent compost, va savoir, mais ce serait bien à§a, engrais (...)
-
c’est (43)
11 octobre 2013, par M.B.c’est le poste de télé au fond de la salle, posé sur un meuble à roulettes, le lecteur dvd et vhs, c’est se demander qui s’en sert encore quand le vidéoprojecteur, c’est voir sa silhouette sur la vitre de l’écran, réprimer l’envie d’une grimace, continuer les aller-retours entre les rangs, les regarder écrire, tellement de manières de se tenir devant une feuille, se tenir ou non la tàªte, via nuque ou front, paume ouverte ou poing fermé, s’allonger presque sur la table, dos de traviole tàªte reposée sur (...)
-
c’est aujourd’hui
24 septembre 2014, par M.B.C’est aujourd’hui que paraît C’est, aux éditions publie.net. Au départ, la lecture du C’était de Joachim Séné sur son expérience professionnelle passée, et l’adaptation de la contrainte d’écriture : noter, au présent, une série d’observations, de réflexions désordonnées, d’images sur le métier d’enseignant, le quotidien dans un lycée. Ces notations ont été consignées ici, sur le site, selon une fréquence irrégulière, sur une période de presque deux années scolaires. Un grand merci à Roxane Lecomte pour (...)
-
en quittant le travail
9 septembre 2014, par M.B.apercevoir, en quittant le travail, ou depuis l’une des fenêtres du lycée, l’employé municipal et son gilet fluo, circulant tant bien que mal entre les élèves amassés là , contournant les épaules, de tout son corps s’excusant d’être là , un sac plastique transparent d’une main, de l’autre attrapant avec une pince à long manche canettes, bouteilles, paquets de chips, de gâteaux, de cigarettes, de tabac à rouler, cartons de feuilles, seul et silencieux dans la masse bruyante, avançant avec son sac d’ordures, (...)
-
conseiller image
14 mai 2013, par M.B.Il avait bien fallu l’admettre. Puisque nécessité faisait loi... Pas le choix, et pas que pour plaire. Puisque màªme pour bosser. La gueule de l’emploi, à§a se disait avant. Maintenant à§a sa faisait, et puis c’est tout. Il suffisait de venir ici, se confier au conseiller image. Toujours moyen de s’arranger pour un paiement quatre fois sans frais. Ou màªme décrocher un crédit pour les gros chantiers. Pas évident, la première fois. De t’amener là et qu’on te modèle. Plus facile, les fois suivantes. Au fil (...)