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Michel Brosseau | à chat perché

1113 billets

tu disais que c’était trop d’épaisseurs

tu disais que c՚était trop d՚épaisseurs, plus la patience, ou plus la force, ou plus l՚envie de traverser tout à§a, quitte à terminer seul — la faà§on qu՚ils ont tous de te brandir à§a comme une menace — comme si à§a pouvait te faire peur le silence entre quatre murs, peut-àªtre bien jamais aspiré à rien d՚autre, pouvoir t՚y colleter seul à seul sans[...]

aviez droit à la salle à manger

aviez droit à la salle à manger ce jour-là ... vivaient toujours dans la cuisine le reste de l՚année... à cause de le porte-fenàªtre qui donnait sur la piste... par là que le tonton bondissait jusqu՚aux distributeurs... hors de question qu՚il attende, le client... vite fait bien fait sinon qu՚il filait voir la concurrence... quatre cinq stations à deux[...]

gamin cette trouille

gamin cette trouille de la laiterie... ta grand-mère entr՚ouvrant la porte... laque blanc cassé comme celles du placard... les murs de la cuisine... appelant savoir si le croquemitaine... tu te tenais à distance... c՚était l՚obscurité derrière... peur qu՚en surgisse... qu՚on t՚y entraîne... cette fois trépignant de rage... main enserrée sa poigne[...]

déménager

Pendant l’écriture du monologue 3 de la série d’un... l’autre, consulté quelques pages concernant les pompes funèbres. Tombé sur des lexiques, retenu par la définition d’exhumation : Action de retirer un cercueil d՚une tombe dans le cas d’un changement de localité (décision familiale suite déménagement) ou d’une enquàªte policière Il est donc possible[...]

on est baisés

à§a fait déjà un bout de temps
qu’on est baisés comme des glands
par Giscard ou Mitterrand
par ce putain de gouvernement
on est baisés
toujours baisés
encore baisés
rien que baisés
No class, on est baisé

zone artisanale

zone artisanale… jardinerie… silhouettes d՚oliviers dans leurs pots… rond-point… rétrogrades… quatre voies… glissières de sécurité… talus… rituel chaque premier jour de l՚année... d՚abord les vœux chez la grand-mère et l՚oncle... un tour en voiture jusqu՚aux Peines perdues chez le parrain de ton père... toujours halluciné du nom de la ferme !... enfin[...]

c’est descendre du train qu’il aurait fallu

c՚est descendre du train qu՚il aurait fallu, tu le savais, de ces évidences qui vous traversent, on ne les saisit pas toujours comme on devrait, on sent que à§a vibre au-dedans, sent tout ce qui s՚y réveille, résonne et fait écho, bien trop confus pour qu՚on s՚y retrouve, c’est suivre la pente qu’il faudrait, yeux clos tracer sa route, parce que tu[...]

ne pas t’encombrer

ne pas t՚encombrer, tu n՚en savais pas plus, seuls mots entendus, seuls mots retenus dans l’indécis du ràªve, tu t՚imaginais déjà table rase évacuer la gàªne, d՚un revers de main qu՚objets et paperasses glissent au sol, et tans pis pour la casse, c՚était simple, brut, définitif, ce qui te semblait du moins, mais tu as su depuis quelle trappe au creux du[...]

traces Facebook

On crée un blog, puis marre de l’espace impersonnel on bidouille un site grà¢ce à spip. Entre temps le blog disparaît parce que l’hébergeur le décide sans vous demander votre avis. On se dit que c’était une bonne idée d’avoir une adresse à soi pour y déposer ses écritures. Un peu plus tard, on bidouille maladroit et c’est le site qu’il faut reconstruire[...]

et de n’en plus bouger

(…) j՚ai été élevé dans le respect de ce qui existe, de ce qui est : respecter une chose, non parce qu՚elle est respectable, mais parce qu՚elle est. C՚est au nom de ce principe, en somme, que parlaient, eux aussi, ces messieurs du tribunal. Or ma maison était, ma famille était et, pour sauvegarder l՚une et l՚autre, je me suis astreint pendant des années[...]