bienvenue dans l’atelier
emménager dans un gîte rural, avoir d’abord fait le tour des pièces avec le ou la propriétaire, en général la, avoir assuré qu’on a trouvé facilement, sans rien dire des hésitations dans les derniers kilomètres, quand sur la route étroite au milieu des champs l’impression de s’être égaré, comme un début de lâcher prise, le sentiment informulé qu’on[...]
l’écriture est le souvenir de leur mort et l’affirmation de ma vie
évoquer, avec un collègue de travail, un ami qu’on ne voit plus depuis longtemps en raison d’un déménagement et du cours pris par la vie de chacun
En fait, me semble-t-il, au-delà de ces quatre pà´les qui définissent les quatre horizons de mon travail — le monde qui m’entoure, ma propre histoire, le langage, la fiction —, mon ambition d’écrivain serait de parcourir toute la littérature de mon temps sans jamais avoir le sentiment de revenir sur mes pas ou de remarcher dans mes propres traces, et[...]
Usons ici le fiel de nos fà¢cheuses vies,
Horriblant de nos cris les ombres de ces bois
Agrippa d’Aubigné, Stances
Ce n’était pas la première fois. Dans une autre région, la première fois. Les paysages ne coà¯ncident pas. Mais l’impression, si. Comme dans ces cauchemars qui hantent régulièrement. Ou plutà´t, ces structures récurrentes de cauchemar. On avait marché sur le bas cà´té, une route départementale. C’était dans un coin de montagnes. Avant que nous ayons des[...]
Un étrange àªtre humain (ou plusieurs) vivant dans une vieille maison en ruine loin des quartiers populaires (soit dans le vieux Nord-Est ou un pays lointain et exotique). On le soupà§onne (en se basant sur sa silhouette et ses habits) de n՚àªtre pas complètement humain.
H. P. Lovecraft, The Commonplace Book, note 212.
en lisant M. Yourcenar, Un homme obscur
Je me souviens de mes jambes qui pendaient à l’arrière de la deux-chevaux du grand-oncle. L’après-midi, au retour, dans la GS de mes parents, de la sueur qui coulait à l’arrière des genoux. Je ne portais ni short ni bermuda : j’étais en culotte courte. Màªme les mots se soumettent au temps. Nous étions partis tà´t pour profiter de la fraîcheur du matin.[...]
Ceux qui mettent le roman historique dans une catégorie à part oublient que le romancier ne fait jamais qu’interpréter, à l’aide des procédés de son temps, un certain nombre de faits passés, de souvenirs conscients ou non, tissus de la màªme matière qu’ l’histoire. Tout autant que La Guerre et la Paix, l՚œuvre de Proust est la reconstitution d’un passé[...]