ne pas se souvenir d’un rêve, n’en garder qu’une impression vague, savoir qu’il irradie l’humeur du jour, colore celui-ci, en attraper moins qu’une image, penser à la Recherche, se résoudre à ce qu’ici, effort et volonté n’auront pas prise, s’inquiéter de ce qui se dérobe, de ce qu’il y avait là et qu’on ignorera sans doute à jamais, de ce qu’on aurait pu saisir, poursuivre malgré tout ce à quoi la veille oblige, mais un peu plus distant, comprendre ce que ce morceau de nuit perdu produit (...)
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notes de chevet
Articles
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rêve oublié
3 septembre 2014, par M.B. -
se rendre dans un restaurant depuis longtemps fréquenté
16 février 2017, par M.B.se rendre dans un restaurant depuis longtemps fréquenté, près de vingt ans, dans ce quartier où s’est nouée la rencontre de celle avec qui depuis tu partages ta vie — chaque fois passer devant l’ancien appartement, ses volets gris, clos — depuis combien de temps as-tu cessé de jeter un œil au nom sur la sonnette ? —, ce lieu dans lequel tu rêves encore d’entrer, de pouvoir y demeurer seul quelques heures — se souvenir de celle qui pendant un atelier d’écriture t’avait proposé de rendre la chose possible, (...)
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s’être levé tôt avec l’intention d’écrire
16 septembre 2016, par M.B.s’être levé tôt avec l’intention d’écrire, avoir devant soi la matinée, s’installer au bureau, ouvrir les fichiers de chantiers en cours, relire, corriger quelques détails, ressentir une insatisfaction sans démêler si elle tient à ce qu’on a lu, à la perception qu’on en a eue, au jugement porté, ou à la fatigue générée par la reprise du travail au lycée, le creusement laissé par l’énergie déployée, sans compter la rage devant ce temps gâché, cette matinée qu’on devine inaccomplie, incomplète, qu’on tente de (...)
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emménager dans un gîte rural
26 janvier 2016, par M.B.emménager dans un gîte rural, avoir d’abord fait le tour des pièces avec le ou la propriétaire, en général la, avoir assuré qu’on a trouvé facilement, sans rien dire des hésitations dans les derniers kilomètres, quand sur la route étroite au milieu des champs l’impression de s’être égaré, comme un début de lâcher prise, le sentiment informulé qu’on pourrait continuer de rouler ainsi, ne jamais parvenir nulle part, n’en ressentir aucunement le besoin — les clés t’ont été remises, laissées sur la porte ou déposées (...)
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entendre les Stones dans le supermarché d’une petite ville
30 octobre 2016, par M.B.entendre les Stones dans le supermarché d’une petite ville, riff circulaire de Keith Richards et la voix de Jagger qui vient s’y poser, s’étonner de les retrouver dans ce lieu où, entre deux annonces publicitaires, est déversée une musique d’ambiance, se dire que tout se lisse à force de temps et d’habitude, que l’important n’est sans doute pas la musique en elle-même mais que l’oreille s’y soit faite, que tout au moins il y ait reconnaissance, qu’au bout d՚une cinquantaine d’années ces sonorités blues et (...)
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parcourir une rue récurrente dans tes rêves
23 octobre 2017, par M.B.parcourir une rue récurrente dans tes rêves, à la pente raide — ta ville natale est constituée d’un plateau, puis des coteaux qui dégringolent jusqu’à la rivière qui passe au milieu
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regarder les traces des avions dans le ciel
27 mars 2017, par M.B.regarder les traces des avions dans le ciel, lignes parallèles ou qui divergent, être renvoyé à son immobilité derrière la vitre du bureau, rêver de voyages, penser à des écritures ou des dessins, savoir la désagrégation progressive de ces lignes nettes qui bientôt s’étalent informes puis disparaissent, penser le ciel est une ardoise magique, comme celles qu’on offrait aux enfants et qu’on n’offre sans doute plus, de la taille d’une tablette, apercevoir les antennes de télé, promesses de voyages immobiles, (...)
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entendre le piano dans la pièce à côté
25 novembre 2014, par M.B.être accompagné dans ses journées par un piano, tout proche du bureau où travailler, suivre le lent apprentissage d’un morceau, main droite, main gauche, mains ensemble, interprétation, inconsciemment mémoriser quelques phrasés, mais aussi s’imprégner, porter ce qu’il serait possible d’appeler l’atmosphère de l՚œuvre à l’étude, et constater aussi le passage du temps, le fil des jours, par les progrès effectués, comprendre que parfois le temps s’arrête, qu’il faut insister, creuser, peut-être s’abîmer en un (...)
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journée dont tu ne feras rien
9 octobre 2015, par M.B.se lever, et savoir que tu ne feras rien de ta journée, ou presque, en avoir l’intuition, parce que la certitude ce serait trop, trop pesant, trop vertigineux, pas sûr que tu puisses supporter pareil horizon vide, c’est se sentir lourd, même dans une carcasse frêle depuis toujours, c’est le sommeil aux épaules, pas tant la tête vide, mais ce qui s’y présente est si décalé d’avec le jour, ces bribes de rêves, ces visages que tu ne croiseras plus, ces journées mortes, c’est une journée sans faire, (...)
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traces de l’âge
18 septembre 2014, par M.B.se rendre à un repas de famille, y constater que les traces de l’âge ne sont pas que taie sur l’œil — ça, on sait réparer —, mais aussi fixité, façon de ne rien voir, menton qui tombe le regard aux genoux, et le silence qui va avec, visage inexpressif, vague tristesse à première vue, mais lisse conviendrait mieux, et distance, désormais impossible d’atteindre — c’est ainsi qu’on a la paix dans les maisons spécialisées où s’entassent les vieux, à coups de benzodiazépine —, le savoir, l’avoir lu, le constater (...)