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Michel Brosseau | à chat perché

1113 billets

tu dis (3)

tu dis : « J’ai appris à me méfier de tout, même des promesses du matin. » tu dis : « Ce ne sont pas les jours sans qui me font peur, ni le silence qui les accompagne, mais ce qu’ils permettent, la possibilité alors de percevoir ces bruissements indistincts, incertains, et me demander : gros de quoi ? » tu dis : « C’est un étoilement des jours qu’il[...]

tu dis (2)

tu dis : « Ce n’est que dans l’attente que j’ai senti se creuser mon être. »
tu dis : « Rien de plus dommageable pour l’auto-portrait qu’une si faible variété de la négation. »
tu dis : « L’usage immodéré du pas a fait de nous des ombres pour nous-mêmes. »
tu dis : « Quelle drôle d’idée que même dans la mort ne jamais faire marche arrière. »
tu dis[...]

c’est (31)

c’est celui qui ne s’encombre plus d’un cartable, clé usb en poche, c’est le bruit des valises à roulettes dans les couloirs et penser à des hà´tesses de l’air sans avion, c’est le port de la blouse blanche pour ceux des sciences et l’envie parfois d’un bleu à enfiler, d’un passage au vestiaire où se dire « la journée est finie, je passe à autre chose[...]

Mannish Boy (mise à jour)

Mise à jour de Mannish Boy chez publie.net. Pour l’occasion, reprise de ce qu’en disait Guillaume Vissac (lire son Coup de tàªte !) sur Fuir est une pulsion :
à‰tonné par ma lecture express de Mannish boy entre hier et demain (passant par là seulement mais suffisamment entraîné par la langue pour bien tourner les pages). Vu de loin intordable le texte[...]

tu dis

tu dis : « Donnez-moi n’importe quelle phrase, que je la garde en tête, la triture, la malaxe et qu’il n’en reste rien ou presque : quelques gouttes de sens séché en croûte. » tu dis : « J’ai tenté d’appliquer des mots sur mes plaies, couche à couche, patiemment, mais c’était pure confusion : panser c’est aussi nourrir. » tu dis : « Je n’ai pas le mot[...]

monologue (18)

Dans ces calmes déserts il promène les siens jusqu՚à ce que les premiers ces derniers se ferment et que la tàªte là¢chée retourne à sa vieille place. Beckett, Le Dépeupleur
version 1 12/03/2013 mise à jour 4/04/2013
Et tu voudrais tant savoir ce qui a précédé... Que quelqu’un puisse te dire, ne serait-ce qu’en quelques mots... Tàªte bourdonne de[...]

à poignée leurs richesses et leurs mauvais sorts

Quand nous avons dépassé un certain à¢ge, l’à¢me de l’enfant que nous fà »mes et l’à¢me des morts dont nous sommes sortis viennent nous jeter à poignées leurs richesses et leurs mauvais sorts, demandant à coopérer aux nouveaux sentiments que nous éprouvons et dans lesquels, effaà§ant leur ancienne effigie, nous les refondons en une création originale.[...]

injonctions (29)

éventrer chaque ligne (qu’elles dégorgent)te méfier des équilibres (c’est qui perd gagne)d’une màªme flamme détruire scories et blocs morts (mais savoir accueillir ce qui s’anime alors dans la nuit)ne plus croire avancer (mais tà¢cher de demeurer debout)

c’est (30)

c’est, au hasard d’un exercice, lire cette réplique de Giraudoux, Intermezzo : Le plafond, dans l’enseignement, doit àªtre compris de faà§on à faire ressortir la taille de l’adulte vis-à -vis de la taille de l’enfant. Un maître qui adopte le plein air avoue qu’il est plus petit que l’arbre, moins corpulent que le boeuf, moins mobile que l’abeille, et[...]

pacte

Un pacte, simplement. Pour vous, le primum vivre, deinde philosophare s’investit à fond dans le vivere historique, ce qui est fort bien et est peut-àªtre la seule faà§on de préparer le terrain pour le philosopher et le poétiser de demain. Mais j’ai à cœur de supprimer la divergence qui nous accable et c’est pour cela que je vous propose que nous[...]