<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Michel Brosseau | &#224; chat perch&#233;</title>
	<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>




<item xml:lang="fr">
		<title>L'envers de l'histoire contemporaine</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1241</link>
		<guid isPermaLink="true">https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1241</guid>
		<dc:date>2021-02-01T08:16:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;O&#249; d&#233;marrer le r&#233;cit par une mise en perspective historique de la ville : &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1836, par une belle soir&#233;e du mois de septembre, un homme d'environ trente ans restait appuy&#233; au parapet de ce quai d'o&#249; l'on peut voir &#224; la fois la Seine en amont depuis le Jardin des Plantes jusqu'&#224; Notre-Dame, et en aval la vaste perspective de la rivi&#232;re jusqu'au Louvre. Il n'existe pas deux semblables points de vue dans la capitale des id&#233;es. On se trouve comme &#224; la poupe de ce vaisseau devenu gigantesque. On y r&#234;ve Paris (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique89" rel="directory"&gt;travers&#233;e Balzac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; d&#233;marrer le r&#233;cit par une mise en perspective historique de la ville :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1836, par une belle soir&#233;e du mois de septembre, un homme d'environ trente ans restait appuy&#233; au parapet de ce quai d'o&#249; l'on peut voir &#224; la fois la Seine en amont depuis le Jardin des Plantes jusqu'&#224; Notre-Dame, et en aval la vaste perspective de la rivi&#232;re jusqu'au Louvre. Il n'existe pas deux semblables points de vue dans la capitale des id&#233;es. On se trouve comme &#224; la poupe de ce vaisseau devenu gigantesque. On y r&#234;ve Paris depuis les Romains jusqu'aux Francs, depuis les Normands jusqu'aux Bourguignons, le Moyen-&#194;ge, les Valois, Henri IV et Louis XIV, Napol&#233;on et Louis-Philippe. De l&#224;, toutes ces dominations offrent quelques vestiges ou des monuments qui les rappel-lent au souvenir. Sainte-Genevi&#232;ve couvre de sa coupole le quartier latin. Derri&#232;re vous, s'&#233;l&#232;ve le magnifique chevet de la cath&#233;drale. L'H&#244;tel-de-Ville vous parle de toutes les r&#233;volutions, et l'H&#244;tel-Dieu de toutes les mis&#232;res de Paris. Quand vous avez entrevu les splendeurs du Louvre, en faisant deux pas vous pouvez voir les haillons de cet ignoble pan de maisons situ&#233;es entre le quai de la Tournelle et l'H&#244;tel-Dieu, que les modernes &#233;chevins s'occupent en ce moment de faire dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249;, par un escalier, basculer dans le fantastique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Godefroid salua et sortit. Il entendit le bruit de ferraille caus&#233; par les clefs que Manon prenait dans un tiroir, et il lui vit allumer la chandelle d'un grand martinet en cuivre jaune. Manon alla la premi&#232;re sans prof&#233;rer une parole. Quand Godefroid se retrouva dans l'escalier, montant aux &#233;tages sup&#233;rieurs, il douta de la vie r&#233;elle, il r&#234;vait tout &#233;veill&#233;, il voyait le monde fantastique des romans qu'il avait lus dans ses heures de d&#233;s&#339;uvrement. Tout Parisien &#233;chapp&#233;, comme lui, du quartier moderne, au luxe des maisons et des ameublements, &#224; l'&#233;clat des restaurants et des th&#233;&#226;tres, au mouvement du c&#339;ur de Paris, aurait partag&#233; son opinion. Le martinet tenu par la servante &#233;clairait faiblement le vieil escalier tournant, o&#249; les araign&#233;es avaient &#233;tendu leurs draperies pleines de poussi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard du banquier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;malgr&#233; leurs immenses richesses, les maisons Nucingen et du Tillet, Keller fr&#232;res, Palma et compagnie, sont entach&#233;es d'une m&#233;sestime secr&#232;te, ou, si vous voulez, qui ne s'exprime que d'oreille &#224; oreille. D'affreux moyens avaient eu de si beaux r&#233;sultats, les succ&#232;s politiques, les principes dynastiques couvraient si bien de sales origines, que personne, en 1834, ne pense plus &#224; la boue o&#249; plongent les racines de ces arbres majestueux, les soutiens de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'&#233;crivain et le banquier doivent tout savoir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la tentation de la vie loi du monde :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solitude a des charmes comparables &#224; ceux de la vie sauvage qu'aucun europ&#233;en n'a quitt&#233;e apr&#232;s y avoir go&#251;t&#233;. Ceci peut para&#238;tre &#233;trange dans une &#233;poque o&#249; chacun vit si bien pour autrui que tout le monde s'inqui&#232;te de chacun, et que la vie priv&#233;e n'existera bient&#244;t plus, tant les yeux du journal, argus moderne, gagnent en hardiesse, en avidit&#233; ; n&#233;anmoins cette proposition s'appuie de l'autorit&#233; des six premiers si&#232;cles du Christianisme pendant lesquels aucun solitaire ne revint &#224; la vie sociale. Il est peu de plaies morales que la solitude ne gu&#233;risse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le nom :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur, r&#233;pondit madame de La Chanterie en montrant le grand homme sec, se nomme monsieur Nicolas ; il est colonel de gendarmerie en retraite avec le grade de mar&#233;chal de camp. &#8212; Monsieur, ajou-ta-t-elle en d&#233;signant le petit homme gras, est un ancien conseiller &#224; la cour royale de Paris, qui s'est reti-r&#233; de la magistrature en ao&#251;t 1830, il se nomme monsieur Joseph. Quoique vous ne soyez ici que d'hier, je vous dirai que dans le monde, monsieur Nicolas portait le nom de marquis de Montauran, et monsieur Joseph celui de Lecamus, baron de Tresnes ; mais, pour nous comme pour tout le monde, ces noms-l&#224; n'existent plus, ces messieurs sont sans h&#233;ritiers, ils devancent l'oubli qui attend leurs familles, et ils sont tout simplement messieurs Nicolas et Joseph, comme vous serez monsieur Godefroid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, ce nom de Lechantre devait &#234;tre le nom patronymique des La Chanterie, &#224; qui, sous la R&#233;-publique et sous l'Empire, on avait sans doute retranch&#233; leur nom aristocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'Empire, on ne reconnaissait ni les titres nobiliaires, ni les noms ajout&#233;s aux noms patronymiques ou primitifs. Ainsi la baronne des Tours-Mini&#232;res s'appelait la femme Bryond. Le marquis d'Esgrignon reprenait son nom de Carol, il &#233;tait le citoyen Carol, et plus tard le sieur Carol. Les Troisville devenaient les sieurs Guibelin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son nom ! cria Godefroid, son nom ! Mais, malheureux, ne le demandez jamais ! ne cherchez jamais &#224; le savoir ! Ah ! madame, dit Godefroid en prenant dans ses mains tremblantes la main de madame de Mergi, si vous tenez &#224; la raison de votre p&#232;re, faites qu'il reste dans son ignorance, qu'il ne se permette pas la moindre d&#233;marche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi t&#233;moigne du pass&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En entendant prononcer ces deux noms, l'un si c&#233;l&#232;bre dans les fastes du royalisme par la catastrophe qui termina la prise d'armes des Chouans au d&#233;but du Consulat, l'autre si v&#233;n&#233;r&#233; dans les fastes du vieux Parlement de Paris, Godefroid ne put retenir un tressaillement ; mais en regardant ces deux d&#233;bris des deux plus grandes choses de la monarchie &#233;croul&#233;e, la Noblesse et la Robe, il n'aper&#231;ut aucune inflexion dans les traits, aucun changement de physionomie qui r&#233;v&#233;l&#226;t en eux une pens&#233;e mondaine. Ces deux hommes ne se souvenaient plus ou ne voulaient plus se souvenir de ce qu'ils avaient &#233;t&#233;. Ce fut une premi&#232;re le&#231;on pour Godefroid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Chacun de vos noms, messieurs, est toute une histoire, leur dit-il respectueusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; L'histoire de notre temps, r&#233;pondit monsieur Joseph, des ruines !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; il est question de prison (et de sauvages) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi qui r&#233;git la nature physique relativement &#224; l'influence des milieux atmosph&#233;riques pour les conditions d'existence des &#234;tres qui s'y d&#233;veloppent, r&#233;git &#233;galement la nature morale ; d'o&#249; il suit que la r&#233;union des condamn&#233;s est un des plus grands crimes sociaux, et que leur isolement est une exp&#233;rience d'un succ&#232;s douteux. Les condamn&#233;s devraient &#234;tre livr&#233;s &#224; des institutions religieuses et environn&#233;s des prodiges du Bien, au lieu de rester au milieu des miracles du Mal. On peut attendre en ce genre un d&#233;vouement entier de la part de l'&#201;glise ; si elle envoie des missionnaires au milieu des nations sauvages ou barbares, avec quelle joie ne donnerait-elle pas &#224; des ordres religieux la mission de recevoir les Sauvages de la civilisation pour les cat&#233;chiser ; car tout criminel est ath&#233;e, et souvent sans le savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; lutter contre le communisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais devenir contre-ma&#238;tre dans une grande fabrique dont tous les ouvriers sont infect&#233;s des doctrines communistes, et qui r&#234;vent une destruction sociale, l'&#233;gorgement des ma&#238;tres, sans savoir que ce serait la mort de l'industrie, du commerce, des fabriques&#8230;Je resterai l&#224;, qui sait ? peut-&#234;tre un an, &#224; tenir la caisse, les livres, et &#224; p&#233;n&#233;trer dans cent ou cent vingt m&#233;nages de pauvres gens &#233;gar&#233;s sans doute par la mis&#232;re, avant de l'&#234;tre par de mauvais livres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; Don Quichotte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nez grand, long et mince, et le menton tr&#232;s-relev&#233;, donnaient &#224; ce vieillard une ressemblance avec le masque si connu, si populaire attribu&#233; &#224; don Quichotte ; mais c'&#233;tait don Quichotte m&#233;chant, sans illusions, un don Quichotte terrible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la Pologne h&#233;riti&#232;re des myst&#232;res de l'Orient :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ignore en Europe que les peuples slaves poss&#232;dent beaucoup de secrets ; ils ont une collection de rem&#232;des souverains, fruits de leurs relations avec les Chinois, les Persans, les Cosaques, les Turcs et les Tartares. Certaines paysannes, qui passent pour sorci&#232;res, gu&#233;rissent radicalement la rage en Pologne, avec des sucs d'herbe. Il existe dans ce pays un corps d'observations sans code, sur les effets de certaines plantes, de quelques &#233;corces d'arbres r&#233;duites en poudre, que l'on se transmet de famille en fa-mille, et il s'y fait des cures miraculeuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249;, dans un roman, d&#233;crire le r&#233;el qui d&#233;passe le roman :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mon d&#233;but, j'ai trouv&#233; la plus extraordinaire de toutes les infortunes, un sauvage accouplement de la mis&#232;re et du luxe ; puis des figures d'une sublimit&#233; qui d&#233;passe toutes les inventions de nos romanciers les plus en vogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; La nature, et surtout la nature morale, est toujours au-dessus de l'art, autant que Dieu est au-dessus de ses cr&#233;atures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une t&#233;n&#233;breuse affaire</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1240</link>
		<guid isPermaLink="true">https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1240</guid>
		<dc:date>2020-12-29T09:17:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;O&#249; l'obsession de la physionomie : &lt;br class='autobr' /&gt;
Les lois de la physionomie sont exactes, non seulement dans leur application au caract&#232;re, mais encore relativement &#224; la fatalit&#233; de l'existence. Il y a des physionomies proph&#233;tiques. S'il &#233;tait possible, et cette statistique vivante importe &#224; la Soci&#233;t&#233;, d'avoir un dessin exact de ceux qui p&#233;rissent sur l'&#233;chafaud, la science de Lavater et celle de Gall prouveraient invinciblement qu'il y avait dans la t&#234;te de tous ces gens, m&#234;me chez les innocents, des signes &#233;tranges. (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique89" rel="directory"&gt;travers&#233;e Balzac&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;lectures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Balzac&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; l'obsession de la physionomie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois de la physionomie sont exactes, non seulement dans leur application au caract&#232;re, mais encore relativement &#224; la fatalit&#233; de l'existence. Il y a des physionomies proph&#233;tiques. S'il &#233;tait possible, et cette statistique vivante importe &#224; la Soci&#233;t&#233;, d'avoir un dessin exact de ceux qui p&#233;rissent sur l'&#233;chafaud, la science de Lavater et celle de Gall prouveraient invinciblement qu'il y avait dans la t&#234;te de tous ces gens, m&#234;me chez les innocents, des signes &#233;tranges. Oui, la Fatalit&#233; met sa marque au visage de ceux qui doivent mourir d'une mort violente quelconque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; une po&#233;sie des lieux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;tust&#233; des choses, le profond silence des bois, la perspective de l'avenue, la for&#234;t au loin, mille d&#233;tails, les fers rong&#233;s de rouille, les masses de pierres velout&#233;es par les mousses, tout po&#233;tise cette construction qui existe encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'Empire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle de familles nobles qui prennent du service, dit M. d'Hauteserre. &lt;br /&gt;&#8212; Et d'apr&#232;s les lois actuelles, vos enfants, reprit le cur&#233;, seront forc&#233;s de servir. La loi ne conna&#238;t plus ni les rangs, ni les noms. &lt;br /&gt;&#8212; Cet homme nous fait plus de mal avec sa cour que la R&#233;volution avec sa hache ! s'&#233;cria Laurence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La paix r&#233;gnait encore sur le continent, et l'admiration pour l'Empereur &#233;tait unanime en France : il cajolait les int&#233;r&#234;ts, les vanit&#233;s, les personnes, les choses, enfin tout jusqu'aux souvenirs. Cette entreprise parut donc &#224; tout le monde une atteinte au bonheur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'aveuglement de la noblesse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se disaient aussi ce que se sont dit &#224; toutes les &#233;poques les partis vaincus : que la prosp&#233;rit&#233; du parti vainqueur finirait, que l'Empereur n'&#233;tait soutenu que par l'arm&#233;e, que le Fait p&#233;rissait t&#244;t ou tard devant le Droit, etc. Malgr&#233; ces avis, ils tomb&#232;rent dans la fosse creus&#233;e devant eux, et qu'eussent &#233;vit&#233;e des gens prudents et dociles comme le bonhomme d'Hauteserre. Si les hommes voulaient &#234;tre francs, ils reconna&#238;traient peut-&#234;tre que jamais le malheur n'a fondu sur eux sans qu'ils aient re&#231;u quelque avertissement patent ou occulte. Beaucoup n'ont aper&#231;u le sens profond de cet avis myst&#233;rieux ou visible qu'apr&#232;s leur d&#233;sastre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; les signes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pie s'envola brusquement entre les d'Hauteserre et Michu, qui, superstitieux comme les gens primitifs, crut entendre sonner les cloches d'un service mortuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; croire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le doute absolu que demande Descartes ne peut pas plus s'obtenir dans le cerveau de l'homme que le vide dans la nature, et l'op&#233;ration spirituelle par laquelle il aurait lieu serait, comme l'effet de la machine pneumatique, une situation exceptionnelle et monstrueuse. En quelque mati&#232;re que ce soit, on croit &#224; quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; &#233;crire contre l'oubli (variante de l'effet de r&#233;el) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois le jugement connu, des &#233;v&#233;nements politiques de la plus haute importance &#233;touff&#232;rent le souvenir de ce proc&#232;s dont il ne fut plus question. La Soci&#233;t&#233; proc&#232;de comme l'Oc&#233;an, elle reprend son niveau, son allure apr&#232;s un d&#233;sastre, et en efface la trace par le mouvement de ses int&#233;r&#234;ts d&#233;vorants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un &#233;pisode sous la Terreur</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1239</link>
		<guid isPermaLink="true">https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1239</guid>
		<dc:date>2020-12-29T09:15:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;O&#249;, dans le premier paragraphe, ce possible incipit : &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand elle eut d&#233;pass&#233; la rue des Morts, elle crut distinguer le pas lourd et ferme d'un homme qui marchait derri&#232;re elle. &lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; le bourreau se mue en figure h&#233;ro&#239;que : &lt;br class='autobr' /&gt;
Une foule qui remplissait la rue Saint-Honor&#233; passa comme un flot. Au-dessus des t&#234;tes, l'abb&#233; de Marolles, c&#233;dant &#224; un mouvement de curiosit&#233;, vit debout, sur la charrette, celui qui, trois jours auparavant, &#233;coutait sa messe.
&lt;br class='autobr' /&gt;
-- Qui est-ce ? &#8230; dit-il, celui qui&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
-- C'est le bourreau, (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique89" rel="directory"&gt;travers&#233;e Balzac&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;lectures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Balzac&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249;, dans le premier paragraphe, ce possible incipit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle eut d&#233;pass&#233; la rue des Morts, elle crut distinguer le pas lourd et ferme d'un homme qui marchait derri&#232;re elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le bourreau se mue en figure h&#233;ro&#239;que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une foule qui remplissait la rue Saint-Honor&#233; passa comme un flot. Au-dessus des t&#234;tes, l'abb&#233; de Marolles, c&#233;dant &#224; un mouvement de curiosit&#233;, vit debout, sur la charrette, celui qui, trois jours auparavant, &#233;coutait sa messe.
&lt;br /&gt;&#8212; Qui est-ce ? &#8230; dit-il, celui qui&#8230; &lt;br /&gt;&#8212; C'est le bourreau, r&#233;pondit monsieur Ragon en nommant l'ex&#233;cuteur des hautes &#339;uvres par son nom monarchique. &lt;br /&gt;&#8212; Mon ami ! mon ami ! cria madame Ragon, monsieur l'abb&#233; se meurt. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et la vieille dame prit un flacon de vinaigre pour faire revenir le vieux pr&#234;tre &#233;vanoui. &lt;br /&gt;&#8212; Il m'a sans doute donn&#233;, dit-il, le mouchoir avec lequel le roi s'est essuy&#233; le front, en allant au martyre&#8230; Pauvre homme ! &#8230; le couteau d'acier a eu du c&#339;ur quand toute la France en manquait ! &#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Z. Marcas</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1238</link>
		<guid isPermaLink="true">https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1238</guid>
		<dc:date>2020-12-03T10:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;O&#249; d'embl&#233;e le nom : &lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai jamais vu personne, en comprenant m&#234;me les hommes remarquables de ce temps, dont l'aspect f&#251;t plus saisissant que celui de cet homme ; l'&#233;tude de sa physionomie inspirait d'abord un sentiment plein de m&#233;lancolie, et finissait par donner une sensation presque douloureuse. Il existait une certaine harmonie entre la personne et le nom. Ce Z qui pr&#233;c&#233;dait Marcas, qui se voyait sur l'adresse de ses lettres, et qu'il n'oubliait jamais dans sa signature, cette derni&#232;re lettre de (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique89" rel="directory"&gt;travers&#233;e Balzac&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;lectures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Balzac&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; d'embl&#233;e le nom :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais vu personne, en comprenant m&#234;me les hommes remarquables de ce temps, dont l'aspect f&#251;t plus saisissant que celui de cet homme ; l'&#233;tude de sa physionomie inspirait d'abord un sentiment plein de m&#233;lancolie, et finissait par donner une sensation presque douloureuse. Il existait une certaine harmonie entre la personne et le nom. Ce Z qui pr&#233;c&#233;dait Marcas, qui se voyait sur l'adresse de ses lettres, et qu'il n'oubliait jamais dans sa signature, cette derni&#232;re lettre de l'alphabet offrait &#224; l'esprit je ne sais quoi de fatal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MARCAS ! R&#233;p&#233;tez-vous &#224; vous-m&#234;me ce nom compos&#233; de deux syllabes, n'y trouvez-vous pas une sinistre signifiance ? Ne vous semble-t-il pas que l'homme qui le porte doive &#234;tre martyris&#233; ? Quoique &#233;trange et sauvage, ce nom a pourtant le droit d'aller &#224; la post&#233;rit&#233; ; il est bien compos&#233;, il se prononce facilement, il a cette bri&#232;vet&#233; voulue pour les noms c&#233;l&#232;bres. N'est-il pas aussi doux qu'il est bizarre ? mais aussi ne vous para&#238;t-il pas inachev&#233; ? Je ne voudrais pas prendre sur moi d'affirmer que les noms n'exercent aucune influence sur la destin&#233;e. Entre les faits de la vie et le nom des hommes, il est de secr&#232;tes et d'inexplicables concordances ou des d&#233;saccords visibles qui surprennent ; souvent des corr&#233;lations lointaines, mais efficaces, s'y sont r&#233;v&#233;l&#233;es. Notre globe est plein, tout s'y tient. Peut-&#234;tre reviendra-t-on quelque jour aux Sciences Occultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne voyez-vous pas dans la construction du Z une allure contrari&#233;e ? ne figure-t-elle pas le zigzag al&#233;atoire et fantasque d'une vie tourment&#233;e ? Quel vent a souffl&#233; sur cette lettre qui, dans chaque langue o&#249; elle est admise, commande &#224; peine &#224; cinquante mots ? Marcas s'appelait Z&#233;phirin. Saint Z&#233;phirin est tr&#232;s-v&#233;n&#233;r&#233; en Bretagne. Marcas &#233;tait Breton. &lt;br class='autobr' /&gt;
Examinez encore ce nom : Z. Marcas ! Toute la vie de l'homme est dans l'assemblage fantastique de ces sept lettres. Sept ! le plus significatif des nombres cabalistiques. L'homme est mort &#224; trente-cinq ans, ainsi sa vie a &#233;t&#233; compos&#233;e de sept lustres. Marcas ! N'avez-vous pas l'id&#233;e de quelque chose de pr&#233;cieux qui se brise par une chute, avec ou sans bruit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'ambition est contrari&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#234;te piriforme du fils d'un &#233;picier riche sera pr&#233;f&#233;r&#233;e &#224; la t&#234;te carr&#233;e d'un jeune homme de talent sans le sou. En s'&#233;vertuant, en d&#233;ployant toute son &#233;nergie, un jeune homme qui part de z&#233;ro peut se trouver, au bout de dix ans, au-dessous du point de d&#233;part. Aujourd'hui, le talent doit avoir le bonheur qui fait r&#233;ussir l'incapacit&#233; ; bien plus, s'il manque aux basses conditions qui donnent le succ&#232;s &#224; la rampante m&#233;diocrit&#233;, il n'arrivera jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcas, notre voisin, fut en quelque sorte le guide qui nous mena sur le bord du pr&#233;cipice ou du torrent, et qui nous le fit mesurer, qui nous montra par avance quelle serait notre destin&#233;e si nous nous y laissions choir. Ce fut lui qui nous mit en garde contre les atermoiements que l'on contracte avec la mis&#232;re et que sanctionne l'esp&#233;rance, en acceptant des positions pr&#233;caires d'o&#249; l'on lutte, en se laissant aller au mouvement de Paris, cette grande courtisane qui vous prend et vous laisse, vous sourit et vous tourne le dos avec une &#233;gale facilit&#233;, qui use les plus grandes volont&#233;s en des attentes captieuses, et o&#249; l'Infortune est entretenue par le Hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; il est question d'un carnaval &#224; Paris :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vint le carnaval, ce carnaval parisien qui, d&#233;sormais, effacera l'ancien carnaval de Venise, et qui dans quelques ann&#233;es attirera l'Europe &#224; Paris, si de malencontreux pr&#233;fets de police ne s'y opposent.&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; le Sauvage dans la ville (et Cooper, bien entendu) :&lt;br class='autobr' /&gt;
Le silence et toute sa majest&#233; ne se trouvent que chez le Sauvage. Il n'est pas de criminel qui, pouvant laisser tomber ses secrets avec sa t&#234;te dans le panier rouge, n'&#233;prouve le besoin purement social de les dire &#224; quelqu'un. Je me trompe. Nous avons vu l'un des Iroquois du faubourg Saint-Marceau mettant la nature parisienne &#224; la hauteur de la nature sauvage : un homme ; un r&#233;publicain, un conspirateur, un Fran&#231;ais, un vieillard a surpass&#233; tout ce que nous connaissions de la fermet&#233; n&#232;gre, et tout ce que Cooper a pr&#234;t&#233; aux Peaux rouges de d&#233;dain et de calme au milieu de leurs d&#233;faites. Morey, ce Guatimozin de la Montagne, a gard&#233; une attitude inou&#239;e dans les annales de la justice europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la jeunesse peine &#224; trouver sa place :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ao&#251;t 1830, r&#233;pondit Marcas d'un ton solennel en &#233;tendant la main vers Paris, Ao&#251;t fait par la jeunesse qui a li&#233; la javelle, fait par l'intelligence qui avait m&#251;ri la moisson, a oubli&#233; la part de la jeunesse et de l'intelligence. La jeunesse &#233;clatera comme la chaudi&#232;re d'une machine &#224; vapeur. La jeunesse n'a pas d'issue en France, elle y amasse une avalanche de capacit&#233;s m&#233;connues, d'ambitions l&#233;gitimes et inqui&#232;tes, elle se marie peu, les familles ne savent que faire de leurs enfants ; quel sera le bruit qui &#233;branlera ces masses, je ne sais ; mais elles se pr&#233;cipiteront dans l'&#233;tat de choses actuel et le bouleverseront. Il est des lois de fluctuation qui r&#233;gissent les g&#233;n&#233;rations, et que l'empire romain avait m&#233;connues quand les barbares arriv&#232;rent. Aujourd'hui, les barbares sont des intelligences. Les lois du trop-plein agissent en ce moment lentement, sourdement au milieu de nous. Le gouvernement est le grand coupable, il m&#233;conna&#238;t les deux puissances auxquelles il doit tout, il s'est laiss&#233; lier les mains par les absurdit&#233;s du contrat, il est tout pr&#233;par&#233; comme une victime. Louis XIV, Napol&#233;on, l'Angleterre &#233;taient et sont avides de jeunesse intelligente. En France, la jeunesse est condamn&#233;e par la l&#233;galit&#233; nouvelle, par les conditions mauvaises du principe &#233;lectif, par les vices de la constitution minist&#233;rielle. En examinant la composition de la chambre &#233;lective, vous n'y trouvez point de d&#233;put&#233; de trente ans : la jeunesse de Richelieu et celle de Mazarin, la jeunesse de Turenne et celle de Colbert, la jeunesse de Pitt et celle de Saint-Just, celle de Napol&#233;on et celle du prince de Metternich n'y trouveraient point de place. Burke, Sh&#233;ridan, Fox ne pourraient s'y asseoir. On aurait pu mettre la majorit&#233; politique &#224; vingt et un ans et d&#233;grever l'&#233;ligibilit&#233; de toute esp&#232;ce de condition, les d&#233;partements n'auraient &#233;lu que les d&#233;put&#233;s actuels, des gens sans aucun talent politique, incapables de parler sans estropier la grammaire, et parmi lesquels, en dix ans, il s'est &#224; peine rencontr&#233; un homme d'&#201;tat. On devine les motifs d'une circonstance &#224; venir, mais on ne peut pas pr&#233;voir la circonstance elle-m&#234;me. En ce moment, on pousse la jeunesse enti&#232;re &#224; se faire r&#233;publicaine, parce qu'elle voudra voir dans la r&#233;publique son &#233;mancipation. Elle se souviendra des jeunes repr&#233;sentants du peuple et des jeunes g&#233;n&#233;raux ! L'imprudence du gouvernement n'est comparable qu'&#224; son avarice.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le cousin Pons</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1237</link>
		<guid isPermaLink="true">https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1237</guid>
		<dc:date>2020-11-19T09:56:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;un musicien, le bric-&#224;-brac, un couple de concierges&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique89" rel="directory"&gt;travers&#233;e Balzac&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;lectures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Balzac&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; la fl&#226;nerie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet ensemble de petites choses voulait l'attention analytique dont sont dou&#233;s les connaisseurs en fl&#226;nerie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; romanesque ne rime pas avec myst&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Courir le cachet &#224; cet &#226;ge ! &#8230; Combien de myst&#232;res dans cette situation peu romanesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; Balzac s'en prend aux concours :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il montrait gratis une des nombreuses victimes du fatal et funeste syst&#232;me nomm&#233; Concours qui r&#232;gne encore en France apr&#232;s cent ans de pratique sans r&#233;sultat. Cette presse des intelligences fut invent&#233;e par Poisson de Marigny, le fr&#232;re de madame de Pompadour, nomm&#233;, vers 1746, directeur des Beaux-Arts. Or, t&#226;chez de compter sur vos doigts les gens de g&#233;nie fournis depuis un si&#232;cle par les laur&#233;ats ? D'abord, jamais aucun effort administratif ou scolaire ne remplacera les miracles du hasard auquel on doit les grands hommes. C'est, entre tous les myst&#232;res de la g&#233;n&#233;ration, le plus inaccessible &#224; notre ambitieuse analyse moderne. Puis, que penseriez-vous des &#201;gyptiens qui, dit-on, invent&#232;rent des fours pour faire &#233;clore des poulets, s'ils n'eussent point imm&#233;diatement donn&#233; la becqu&#233;e &#224; ces m&#234;mes poulets ? Ainsi se comporte cependant la France qui t&#226;che de produire des artistes par la serre-chaude du Concours ; et, une fois le statuaire, le peintre, le graveur, le musicien obtenus par ce proc&#233;d&#233; m&#233;canique, elle ne s'en inqui&#232;te pas plus que le dandy ne se soucie le soir des fleurs qu'il a mises &#224; sa boutonni&#232;re. Il se trouve que l'homme de talent est Greuze ou Watteau, F&#233;licien David ou Pagnesi, G&#233;ricault ou Decamps, Auber ou David d'Angers, Eug&#232;ne Delacroix ou Meissonier, gens peu soucieux des grands prix et pouss&#233;s en pleine terre sous les rayons de ce soleil invisible, nomm&#233; la Vocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; bric-&#224;-brac :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se connaissait en tous ces travaux, chefs-d'&#339;uvre de la main et de la Pens&#233;e, compris depuis peu dans le mot populaire, le Bric-&#224;-Brac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; Paris :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Paris, o&#249; personne dans le monde n'observe, o&#249; tout est rapide comme le flot, o&#249; tout passe comme un minist&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rue de Normandie est une de ces vieilles rues &#224; chauss&#233;e fendue, o&#249; la ville de Paris n'a pas encore mis de bornes-fontaines, et dont le ruisseau noir roule p&#233;niblement les eaux m&#233;nag&#232;res de toutes les maisons, qui s'infiltrent sous les pav&#233;s et y produisent cette boue particuli&#232;re &#224; la ville de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; mettre en sc&#232;ne un monstre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pons &#233;tait monstre-n&#233; ; son p&#232;re et sa m&#232;re l'avaient obtenu dans leur vieillesse, et il portait les stigmates de cette naissance hors de saison sur son teint cadav&#233;reux qui semblait avoir &#233;t&#233; contract&#233; dans le bocal d'esprit-de-vin o&#249; la science conserve certains f&#339;tus extraordinaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; de nouveau Gaudissard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le vocabulaire socialiste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens habiles doivent comprendre que Pons et Schmucke &#233;taient exploit&#233;s pour se servir d'un mot &#224; la mode&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'ind&#233;crottable r&#233;actionnaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour viendra qu'apr&#232;s trente ans d'une vie pareille, un concierge accusera le gouvernement d'injustice, il voudra qu'on lui donne la d&#233;coration de la L&#233;gion-d'Honneur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; affirmer dans un roman non pas que la r&#233;alit&#233; d&#233;passe souvent la fiction, mais que r&#233;alit&#233; et fiction ne font plus qu'une sous l'effet du r&#233;alisme (et ainsi rendre acceptable des ficelles romanesques ! &#8230;) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux faits : un ami ruin&#233; reconnu par un ami riche, et un aubergiste allemand s'int&#233;ressant &#224; deux compatriotes sans le sou, feront croire &#224; quelques personnes que cette histoire est un roman ; mais toutes les choses vraies ressemblent d'autant plus &#224; des fables, que la fable prend de notre temps des peines inou&#239;es pour ressembler &#224; la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; devoir se reporter &#224; une description effectu&#233;e dans un volume pr&#233;c&#233;dent :&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoique certaines r&#233;p&#233;titions soient in&#233;vitables dans une histoire aussi consid&#233;rable et aussi charg&#233;e de d&#233;tails que l'est une histoire compl&#232;te de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise au dix-neuvi&#232;me si&#232;cle, il est inutile de peindre le taudis de madame Fontaine, d&#233;j&#224; d&#233;crit dans les Com&#233;diens sans le savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; un repas de peu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En entrant avec sa brusquerie habituelle, madame Cibot surprit le docteur &#224; table avec sa vieille m&#232;re, mangeant une salade de m&#226;ches, la moins ch&#232;re de toutes les salades, et n'ayant pour dessert qu'un angle aigu de fromage de Brie, entre une assiette peu garnie par les fruits dits les quatre mendiants, o&#249; se voyaient beaucoup de r&#226;pes de raisin, et une assiette de mauvaises pommes de bateau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; les rituels oubli&#233;s de la mort :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;alors le ma&#238;tre des c&#233;r&#233;monies saisit cet ample et horrible manteau noir que l'on met aux h&#233;ritiers pour suivre le char fun&#232;bre de la maison mortuaire &#224; l'&#233;glise, en le lui attachant par des cordons de soie noire sous le menton.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La cousine Bette</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1236</link>
		<guid isPermaLink="true">https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1236</guid>
		<dc:date>2020-10-01T06:32:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Hulot vieilli, l'Alg&#233;rie en arri&#232;re-plan, une vieille fille puissante&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique89" rel="directory"&gt;travers&#233;e Balzac&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;lectures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Balzac&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; la lecture de Dante, et ce que la r&#233;f&#233;rence implique quant &#224; la nature du projet de Balzac :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous m'avez fait apercevoir la merveilleuse charpente d'id&#233;es sur laquelle le plus grand po&#232;te italien a construit son po&#232;me, le seul que les modernes puissent opposer &#224; celui d'Hom&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249;, de nouveau, il est question de &lt;i&gt;capitulations de conscience&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le portrait renvoie &#224; la litt&#233;rature :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lisbeth fut alors la brune piquante de l'ancien roman fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la figure du Sauvage :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cousine Bette pr&#233;sentait dans les id&#233;es cette singularit&#233; qu'on remarque chez les natures qui se sont d&#233;velopp&#233;es fort tard, chez les Sauvages qui pensent beaucoup et parlent peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet esprit r&#233;tif, capricieux, ind&#233;pendant, l'inexplicable sauvagerie de cette fille&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne domptait que par la connaissance des lois et du monde, cette rapidit&#233; naturelle avec laquelle les gens de la campagne, de m&#234;me que les Sauvages, passent du sentiment &#224; l'action. En ceci peut-&#234;tre consiste toute la diff&#233;rence qui s&#233;pare l'homme naturel de l'homme civilis&#233;. Le Sauvage n'a que des sentiments, l'homme civilis&#233; a des sentiments et des id&#233;es. Aussi, chez les Sauvages, le cerveau re&#231;oit-il pour ainsi dire peu d'empreintes, il appartient alors tout entier au sentiment qui l'envahit, tandis que chez l'homme civilis&#233;, les id&#233;es descendent sur le c&#339;ur qu'elles transforment ; celui-ci est &#224; mille int&#233;r&#234;ts, &#224; plusieurs sentiments, tandis que le Sauvage n'admet qu'une id&#233;e &#224; la fois. C'est la cause de la sup&#233;riorit&#233; momentan&#233;e de l'enfant sur les parents et qui cesse avec le d&#233;sir satisfait ; tandis que, chez l'homme voisin de la Nature, cette cause est continue. La cousine Bette, la sauvage Lorraine, quelque peu tra&#238;tresse, appartenait &#224; cette cat&#233;gorie de caract&#232;res plus communs chez le peuple qu'on ne pense, et qui peut en expliquer la conduite pendant les r&#233;volutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a chez le Slave un c&#244;t&#233; enfant, comme chez tous les peuples primitivement sauvages, et qui ont plut&#244;t fait irruption chez les nations civilis&#233;es qu'ils ne se sont r&#233;ellement civilis&#233;s. Cette race s'est r&#233;pandue comme une inondation, et a couvert une immense surface du globe. Elle y habite des d&#233;-serts o&#249; les espaces sont si vastes, qu'elle s'y trouve &#224; l'aise ; on ne s'y coudoie pas, comme en Eu-rope, et la civilisation est impossible sans le frottement continuel des esprits et des int&#233;r&#234;ts. L'Ukraine, la Russie, les plaines du Danube, le peuple slave enfin, c'est un trait-d'union entre l'Europe et l'Asie, entre la civilisation et la barbarie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je la tuerai ! r&#233;p&#233;ta froidement le Br&#233;silien. Ah &#231;&#224; ! vous m'avez appel&#233; Sauvage !&#8230; Est-ce que vous croyez que je vais imiter la sottise de vos compatriotes qui vont acheter du poison chez les pharmaciens ?&#8230; J'ai pens&#233;, pendant le temps que vous avez mis &#224; venir chez vous, &#224; ma vengeance, dans le cas o&#249; vous auriez raison contre Val&#233;rie. L'un de mes n&#232;gres porte avec lui le plus s&#251;r des poisons animaux, une terrible maladie qui vaut mieux qu'un poison v&#233;g&#233;tal et qui ne se gu&#233;rit qu'au Br&#233;sil, je la fais prendre &#224; Cydalise, qui me la donnera ; puis, quand la mort sera dans les veines de Crevel et de sa femme, je serai par del&#224; les A&#231;ores avec votre cousine que je ferai gu&#233;rir et que je prendrai pour femme. Nous autres Sauvages, nous avons nos proc&#233;d&#233;s !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la France, terre d'accueil :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! s'&#233;cria le malheureux qui sentait encore l'amertume de sa premi&#232;re &#233;treinte avec la Mort, les exil&#233;s de tous les pays ont bien raison de tendre vers la France, comme font les &#226;mes du purgatoire vers le paradis. Quelle nation que celle o&#249; il se trouve des secours, des c&#339;urs g&#233;n&#233;reux partout, m&#234;me dans une mansarde comme celle-ci !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; passer par Shakespeare :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait enfin la Temp&#234;te de Shakespeare renvers&#233;e, Caliban ma&#238;tre d'Ariel et de Prospero.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; multiplier les points de vue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, voici ce qui se passa simultan&#233;ment dans la boutique et hors de la boutique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; &lt;i&gt;love at first sight&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de la nature, en ce genre s'appelle : aimer &#224; premi&#232;re vue. En amour, la premi&#232;re est tout bonnement la seconde vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'Alg&#233;rie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans l'Alg&#233;rie (pays encore peu connu, quoique nous y soyons depuis huit ans) &#233;norm&#233;ment de grains et de fourrages. Or, quand ces denr&#233;es appartiennent aux Arabes, nous les leur prenons sous une foule de pr&#233;textes ; puis, quand elles sont &#224; nous, les Arabes s'efforcent de les reprendre. On combat beaucoup pour le grain ; mais on ne sait jamais au juste les quantit&#233;s qu'on a vol&#233;es de part et d'autre. On n'a pas le temps, en rase campagne, de compter les bl&#233;s par hectolitre comme &#224; la Halle et les foins comme &#224; la rue d'Enfer. Les chefs arabes, aussi bien que nos spahis, pr&#233;f&#233;rant l'argent, vendent alors ces denr&#233;es &#224; de tr&#232;s-bas prix. L'administration de la guerre, elle, a des besoins fixes ; elle passe des march&#233;s &#224; des prix exorbitants, calcul&#233;s sur la difficult&#233; de se procurer des vivres, sur les dangers que courent les transports. Voil&#224; l'Alg&#233;rie au point de vue vivrier. C'est un g&#226;chis temp&#233;-r&#233; par la bouteille &#224; l'encre de toute administration naissante. Nous ne pouvons pas y voir clair avant une dizaine d'ann&#233;es, nous autres administrateurs, mais les particuliers ont de bons yeux. Donc, je vous envoie y faire votre fortune&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le roman est trag&#233;die :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici se termine en quelque sorte l'introduction de cette histoire. Ce r&#233;cit est au drame qui le compl&#232;te, ce que sont les pr&#233;misses &#224; une proposition, ce qu'est toute exposition &#224; toute trag&#233;die classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; Balzac d&#233;fenseur des fonctionnaires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parcimonie de l'&#201;tat ou des chambres, si vous voulez, cause bien des malheurs, engendre bien des corruptions. On s'apitoie en ce moment beaucoup sur le sort des classes ouvri&#232;res, on les pr&#233;-sente comme &#233;gorg&#233;es par les fabricants ; mais l'&#201;tat est plus dur cent fois que l'industriel le plus avide ; il pousse, en fait de traitements, l'&#233;conomie jusqu'au non-sens. Travaillez beaucoup, l'Industrie vous paye en raison de votre travail ; mais que donne l'&#201;tat &#224; tant d'obscurs et d&#233;vou&#233;s travailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; Balzac le r&#233;actionnaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la ma&#238;tresse de maison qui n'a pas, depuis 1838, &#233;prouv&#233; les funestes r&#233;sultats des doc-trines antisociales r&#233;pandues dans les classes inf&#233;rieures par des &#233;crivains incendiaires ? Dans tous les m&#233;nages, la plaie des domestiques est aujourd'hui la plus vive de toutes les plaies financi&#232;res. &#192; de tr&#232;s-rares exceptions pr&#232;s, et qui m&#233;riteraient le prix Monthyon, un cuisinier et une cuisini&#232;re sont des voleurs domestiques, des voleurs gag&#233;s, effront&#233;s, de qui le gouvernement s'est complaisamment fait le rec&#233;leur, en d&#233;veloppant ainsi la pente au vol, presque autoris&#233;e chez les cuisini&#232;res par l'antique plaisanterie sur l'anse du panier. L&#224; o&#249; ces femmes cherchaient autrefois quarante sous pour leur mise &#224; la loterie, elles prennent aujourd'hui cinquante francs pour la caisse d'&#233;pargne. Et les froids puritains qui s'amusent &#224; faire en France des exp&#233;riences philanthropiques, croient avoir moralis&#233; le peuple ! Entre la table des ma&#238;tres et le march&#233;, les gens ont &#233;tabli leur octroi secret, et la ville de Paris n'est pas si habile &#224; percevoir ses droits d'entr&#233;e, qu'ils le sont &#224; pr&#233;lever les leurs sur toute chose. Outre les cinquante pour cent dont ils gr&#232;vent les provisions de bouche, ils exigent de fortes &#233;trennes des fournisseurs. Les marchands les plus hauts plac&#233;s tremblent devant cette puis-sance occulte ; ils la soldent sans mot dire, tous : carrossiers, bijoutiers, tailleurs, etc. &#192; qui tente de les surveiller, les domestiques r&#233;pondent par des insolences, ou par les b&#234;tises co&#251;teuses d'une feinte maladresse ; ils prennent aujourd'hui des renseignements sur les ma&#238;tres, comme autrefois les ma&#238;tres en prenaient sur eux. Le mal, arriv&#233; v&#233;ritablement au comble, et contre lequel les tribunaux commencent &#224; s&#233;vir, mais en vain, ne peut dispara&#238;tre que par une loi qui astreindra les domestiques &#224; gages au livret de l'ouvrier. Le mal cesserait alors comme par enchantement. Tout domestique &#233;tant tenu de produire son livret, et les ma&#238;tres &#233;tant oblig&#233;s d'y consigner les causes du renvoi, la d&#233;moralisation rencontrerait certainement un frein puissant. Les gens occup&#233;s de la haute politique du moment ignorent jusqu'o&#249; va la d&#233;pravation des classes inf&#233;rieures &#224; Paris : elle est &#233;gale &#224; la jalousie qui les d&#233;vore. La Statistique est muette sur le nombre effrayant d'ouvriers de vingt ans qui &#233;pousent des cuisini&#232;res de quarante et de cinquante ans enrichies par le vol. On fr&#233;mit en pensant aux suites d'unions pareilles au triple point de vue de la criminalit&#233;, de l'ab&#226;tardissement de la race et des mauvais m&#233;nages. Quant au mal purement financier produit par les vols domestiques, il est &#233;norme au point de vue politique. La vie ainsi rench&#233;rie du double, interdit le superflu dans beaucoup de m&#233;nages. Le superflu !&#8230; c'est la moiti&#233; du commerce des &#201;tats, comme il est l'&#233;l&#233;gance de la vie. Les livres, les fleurs sont aussi n&#233;cessaires que le pain &#224; beaucoup de gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise est, en France, excessivement fiscale ; elle se livre, dans la maison de Dieu, &#224; d'ignobles trafics de petits bancs et de chaises dont s'indignent les &#201;trangers, quoiqu'elle ne puisse avoir oubli&#233; la col&#232;re du Sauveur chassant les vendeurs du Temple. Si l'&#201;glise se rel&#226;che difficilement de ses droits, il faut croire que ses droits, dits de fabrique, constituent aujourd'hui l'une de ses ressources, et la faute des &#201;glises serait alors celle de l'&#201;tat. La r&#233;union de ces circonstances, par un temps o&#249; l'on s'inqui&#232;te beaucoup trop des n&#232;gres, des petits condamn&#233;s de la police correctionnelle, pour s'occuper des honn&#234;tes gens qui souffrent, fait que beaucoup de m&#233;nages honn&#234;tes restent dans le concubinage, faute de trente francs, dernier prix auquel le Notariat, l'Enregistrement, la Mairie et l'&#201;glise puissent unir deux Parisiens. L'institution de madame de La Chanterie, fond&#233;e pour remettre les pauvres m&#233;nages dans la voie religieuse et l&#233;gale, est &#224; la poursuite de ces couples, qu'elle trouve d'autant mieux qu'elle les secourt comme indigents, avant de v&#233;rifier leur &#233;tat incivil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour peindre ce quartier, il suffira de dire que les propri&#233;taires de certaines maisons habit&#233;es par des industriels sans industries, par de dangereux ferrailleurs, par des indigents livr&#233;s &#224; des m&#233;tiers p&#233;ril-leux, n'osent pas y r&#233;clamer leurs loyers, et ne trouvent pas d'huissiers qui veuillent expulser les loca-taires insolvables. En ce moment, la Sp&#233;culation, qui tend &#224; changer la face de ce coin de Paris et &#224; b&#226;tir l'espace en friche qui s&#233;pare la rue d'Amsterdam de la rue du Faubourg-du-Roule, en modifiera sans doute la population, car la truelle est, &#224; Paris, plus civilisatrice qu'on ne le pense ! En b&#226;tissant de belles et d'&#233;l&#233;gantes maisons &#224; concierges, les bordant de trottoirs et y pratiquant des boutiques, la Sp&#233;culation &#233;carte, par le prix du loyer, les gens sans aveu, les m&#233;nages sans mobilier et les mau-vais locataires. Ainsi les quartiers se d&#233;barrassent de ces populations sinistres et de ces bouges o&#249; la police ne met le pied que quand la justice l'ordonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la relation de l'&#234;tre et du d&#233;cor :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier coup d'&#339;il jet&#233; sur un int&#233;rieur, on sait qui y r&#232;gne de l'amour ou du d&#233;sespoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; les temps changent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes, dit Lisbeth, dans un temps de chemins de fer, o&#249; les &#233;trangers finissent en France par occuper de grandes positions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; il est question d'inspiration et de travail :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette habitude de la cr&#233;ation, cet amour infatigable de la Maternit&#233; qui fait la m&#232;re (ce chef-d'&#339;uvre naturel si bien compris de Rapha&#235;l !), enfin, cette maternit&#233; c&#233;r&#233;brale si difficile &#224; conqu&#233;rir, se perd avec une facilit&#233; prodigieuse. L'Inspiration, c'est l'Occasion du G&#233;nie. Elle court non pas sur un rasoir, elle est dans les airs et s'envole avec la d&#233;fiance des corbeaux, elle n'a pas d'&#233;charpe par o&#249; le po&#232;te la puisse prendre, sa chevelure est une flamme, elle se sauve comme ces beaux flamants blancs et roses, le d&#233;sespoir des chasseurs. Aussi le travail est-il une lutte lassante que redoutent et que ch&#233;-rissent les belles et puissantes organisations qui souvent s'y brisent. Un grand po&#235;te de ce temps-ci disait en parlant de ce labeur effrayant : &#8212; Je m'y mets avec d&#233;sespoir et je le quitte avec chagrin. Que les ignorants le sachent ! Si l'artiste ne se pr&#233;cipite pas dans son &#339;uvre, comme Curtius dans le gouffre, comme le soldat dans la redoute, sans r&#233;fl&#233;chir ; et si, dans ce crat&#232;re, il ne travaille pas comme le mineur enfoui sous un &#233;boulement ; s'il contemple enfin les difficult&#233;s au lieu de les vaincre une &#224; une, &#224; l'exemple de ces amoureux des f&#233;eries, qui, pour obtenir leurs princesses, com-battaient des enchantements renaissants, l'&#339;uvre reste inachev&#233;e, elle p&#233;rit au fond de l'atelier, o&#249; la production devient impossible, et l'artiste assiste au suicide de son talent. Rossini, ce g&#233;nie fr&#232;re de Rapha&#235;l, en offre un exemple frappant, dans sa jeunesse indigente superpos&#233;e &#224; son &#226;ge m&#251;r opu-lent. Telle est la raison de la r&#233;compense pareille, du pareil triomphe, du m&#234;me laurier accord&#233; aux grands po&#232;tes et aux grands g&#233;n&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Paganini, qui faisait raconter son &#226;me par les cordes de son violon, avait pass&#233; trois jours sans &#233;tudier, il aurait perdu, selon son expression, le registre de son instrument ; il d&#233;signait ainsi le ma-riage existant entre le bois, l'archet, les cordes et lui ; cet accord dissous, il serait devenu soudain un violoniste ordinaire. Le travail constant est la loi de l'art comme celle de la vie ; car l'art, c'est la cr&#233;ation id&#233;alis&#233;e. Aussi les grands artistes, les po&#232;tes complets n'attendent-ils ni les commandes, ni les chalands, ils enfantent aujourd'hui, demain, toujours. Il en r&#233;sulte cette habitude du labeur, cette perp&#233;tuelle connaissance des difficult&#233;s qui les maintient en concubinage avec la Muse, avec ses forces cr&#233;atrices. Canova vivait dans son atelier, comme Voltaire a v&#233;cu dans son cabinet. Hom&#232;re et Phidias ont d&#251; vivre ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands hommes appartiennent &#224; leurs &#339;uvres. Leur d&#233;tachement de toutes choses, leur d&#233;voue-ment au travail, les constituent &#233;go&#239;stes aux yeux des niais ; car on les veut v&#234;tus des m&#234;mes habits que le dandy, accomplissant les &#233;volutions sociales, appel&#233;es devoirs du monde. On voudrait les lions de l'Atlas peign&#233;s et parfum&#233;s comme des bichons de marquise. Ces hommes, qui comptent peu de pairs et qui les rencontrent rarement, tombent dans l'exclusivit&#233; de la solitude ; ils deviennent inexplicables pour la majorit&#233;, compos&#233;e, comme on le sait, de sots, d'envieux, d'ignorants et de gens superficiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; rien de neuf sous le soleil :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Vignon &#233;tait devenu, comme tant d'autres, un homme politique, nouveau mot pris pour d&#233;si-gner un ambitieux &#224; la premi&#232;re &#233;tape de son chemin. L'homme politique de 1840 est en quelque sorte l'abb&#233; du dix-huiti&#232;me si&#232;cle. Aucun salon ne serait complet, sans son homme politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; r&#233;&#233;crire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, gros maire, dit en souriant cette madame de Merteuil bourgeoise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; renvoyer &#224; une &#339;uvre des d&#233;buts :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il fit la moue terrible qui rendait ses soldats attentifs quand il examinait les gen&#234;ts de la Bretagne en 1799. (Voir &lt;i&gt;Les Chouans&lt;/i&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la figure de l'esclave :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien ! je prends cette Normande, et l'emm&#232;ne&#8230; &lt;br /&gt;&#8212; O&#249; ?&#8230; demanda Carabine. &lt;br /&gt;&#8212; Au Br&#233;sil ! r&#233;pondit le baron, j'en ferai ma femme. Mon oncle m'a laiss&#233; dix lieues carr&#233;es de pays invendables, voila pourquoi je poss&#232;de encore cette habitation ; j'y ai cent n&#232;gres, rien que des n&#232;gres, des n&#233;gresses et des n&#233;grillons achet&#233;s par mon oncle&#8230; &lt;br /&gt;&#8212; Le neveu d'un n&#233;grier !&#8230; dit Carabine en faisant la moue, c'est &#224; consid&#233;rer. Cydalise, mon enfant, es-tu n&#233;grophile ? &lt;br /&gt;&#8212; Ah &#231;&#224; ! ne blaguons plus, Carabine, dit la Nourrisson. Que diable ! nous sommes en affaires, monsieur et moi. &lt;br /&gt;&#8212; Si je me redonne une Fran&#231;aise, je la veux toute &#224; moi, reprit le Br&#233;silien. Je vous en pr&#233;viens, mademoiselle, je suis un roi, mais pas un roi constitutionnel, je suis un czar, j'ai achet&#233; tous mes su-jets, et personne ne sort de mon royaume, qui se trouve &#224; cent lieues de toute habitation, il est bord&#233; de Sauvages du c&#244;t&#233; de l'int&#233;rieur, et s&#233;par&#233; de la c&#244;te par un d&#233;sert grand comme votre France&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'argent tout puissant (et Bianchon porte-voix de Balzac) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient ce mal profond ? demanda la baronne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Du manque de religion, r&#233;pondit le m&#233;decin, et de l'envahissement de la finance, qui n'est autre chose que l'&#233;go&#239;sme solidifi&#233;. L'argent autrefois n'&#233;tait pas tout, on admettait des sup&#233;riorit&#233;s qui le primaient. Il y avait la noblesse, le talent, les services rendus &#224; l'&#201;tat ; mais aujourd'hui la loi fait de l'argent un &#233;talon g&#233;n&#233;ral, elle l'a pris pour base de la capacit&#233; politique ! Certains magistrats ne sont pas &#233;ligibles, Jean-Jacques Rousseau ne serait pas &#233;ligible ! Les h&#233;ritages perp&#233;tuellement divis&#233;s obligent chacun &#224; penser &#224; soi d&#232;s l'&#226;ge de vingt ans. Eh bien ! entre la n&#233;cessit&#233; de faire fortune et la d&#233;pravation des combinaisons, il n'y a pas d'obstacle, car le sentiment religieux manque en France, malgr&#233; les louables efforts de ceux qui tentent une restauration catholique. Voila ce que se disent tous ceux qui contemplent, comme moi, la soci&#233;t&#233; dans ses entrailles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les com&#233;diens sans le savoir</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1224</link>
		<guid isPermaLink="true">https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1224</guid>
		<dc:date>2020-09-04T06:16:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;un cousin de province &#224; Paris&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique89" rel="directory"&gt;travers&#233;e Balzac&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;lectures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Balzac&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; d'embl&#233;e placer le lecteur dans une continuit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous avez suivi le cours sinueux et capricieux de ces Etudes, peut-&#234;tre vous souvenez-vous de Mistigris, &#233;l&#232;ve de Schinner, un des h&#233;ros de Un d&#233;but dans la vie (Sc&#232;nes de la vie priv&#233;e), et de ses apparitions dans quelques autres Sc&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le verbe &lt;i&gt;minotauriser&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; Paris :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, dit alors le paysagiste &#224; son cousin, est un instrument dont il faut savoir jouer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons prendre Paris comme un artiste prend un violoncelle, et te faire voir comment on en joue, enfin comment on s'amuse &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; &#233;crire c'est adapter son regard :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des plus grandes fautes que commettent les gens qui peignent nos m&#339;urs est de r&#233;p&#233;ter de vieux portraits. Aujourd'hui chaque &#233;tat s'est renouvel&#233;. Les &#233;piciers deviennent pairs de France, les artistes capitalisent, les vaudevillistes ont des rentes. Si quelques rares figures restent ce qu'elles &#233;taient jadis, en g&#233;n&#233;ral les professions n'ont plus leur costume sp&#233;cial, ni leurs anciennes m&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'importance du nom pour r&#233;ussir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1800, un Toulousain nomm&#233; Cabot, jeune perruquier d&#233;vor&#233; d'ambition, vint &#224; Paris, et y leva boutique (je me sers de votre argot). Cet homme de g&#233;nie (il jouit de vingt-quatre mille francs de rentes &#224; Libourne o&#249; il s'est retir&#233;) comprit que ce nom vulgaire et ignoble n'atteindrait jamais &#224; la c&#233;l&#233;brit&#233;. M. de Parny, qu'il coiffait, lui donna le nom de Marius, infiniment sup&#233;rieur aux pr&#233;noms d'Armand et d'Hippolyte, sous lesquels se cachent des noms patronymiques attaqu&#233;s du mal-Cabot. Tous les successeurs de Cabot se sont appel&#233;s Marius. Le Marius actuel est Marius V, il se nomme Mougin. Il en est ainsi dans beaucoup de commerces, pour l'eau de Botot, pour l'encre de la Petite-Vertu. A Paris, un nom devient une propri&#233;t&#233; commerciale, et finit par constituer une sorte de no-blesse d'enseigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; renoncer &#224; la description :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois arriv&#233;s, les trois amis aper&#231;urent dans une des plus vieilles maisons de cette rue un escalier &#224; marches palpitantes, &#224; contre-marches en boue raboteuse, qui les mena dans le demi-jour et par une puanteur particuli&#232;re aux maisons &#224; all&#233;e jusqu'au troisi&#232;me &#233;tage &#224; une porte que le dessin seul peut rendre, la litt&#233;rature y devant perdre trop de nuits pour la peindre convenablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le personnage se confond avec son d&#233;cor :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vieille, en harmonie avec la porte, et qui peut-&#234;tre &#233;tait la porte anim&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la litt&#233;rature est en de&#231;&#224; du r&#233;el (que Balzac, lui, saisit) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il embrassa tous ces d&#233;tails par un seul coup d'&#339;il, et il eut des naus&#233;es. C'&#233;tait bien autrement effrayant que les r&#233;cits des romanciers et les sc&#232;nes des drames allemands, c'&#233;tait d'une v&#233;rit&#233; suffocante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gaudissart II</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1223</link>
		<guid isPermaLink="true">https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1223</guid>
		<dc:date>2020-09-03T08:58:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;des commis, des acheteuses&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique89" rel="directory"&gt;travers&#233;e Balzac&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;lectures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Balzac&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; souligner le r&#232;gne de la vue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'organe le plus avide et le plus blas&#233; qui se soit d&#233;velopp&#233; chez l'homme depuis la soci&#233;t&#233; romaine, et dont l'exigence est devenue sans bornes, gr&#226;ce aux efforts de la civilisation la plus raffin&#233;e. Cet organe, c'est l'&#339;il des Parisiens !&#8230; Cet &#339;il consomme des feux d'artifice de cent mille francs, des palais de deux kilom&#232;tres de longueur sur soixante pieds de hauteur en verres multicolores, des f&#233;e-ries &#224; quatorze th&#233;&#226;tres tous les soirs, des panoramas renaissants, de continuelles expositions de chefs-d'&#339;uvre, des mondes de douleurs et des univers de joie en promenade sur les Boulevards ou errant par les rues ; des encyclop&#233;dies de guenilles au carnaval, vingt ouvrages illustr&#233;s par an, mille caricatures, dix mille vignettes, lithographies et gravures. Cet &#339;il lampe pour quinze mille francs de gaz tous les soirs ; enfin, pour le satisfaire, la Ville de Paris d&#233;pense annuellement quelques millions en points de vues et en plantations. Et ceci n'est rien encore !&#8230; ce n'est que le c&#244;t&#233; mat&#233;riel de la question. Oui, c'est, selon nous, peu de chose en comparaison des efforts de l'intelligence, des ruses, dignes de Moli&#232;re, employ&#233;es par les soixante mille commis et les quarante mille demoiselles qui s'acharnent &#224; la bourse des acheteurs, comme les milliers d'ablettes aux morceaux de pain qui flot-tent sur les eaux de la Seine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la librairie c&#232;de devant le tissu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre o&#249; vous lisez cette page instructive se vend rue de Richelieu, 76, dans une &#233;l&#233;gante boutique, blanc et or, v&#234;tue de velours rouge, qui poss&#233;dait une pi&#232;ce en entresol o&#249; le jour vient en plein de la rue de M&#233;nars, et vient, comme chez un peintre, franc, pur, net, toujours &#233;gal &#224; lui-m&#234;me. (&#8230;) Eh ! bien, ce riche magasin a fait le si&#232;ge de ce pauvre petit entresol ; et, &#224; coups de billets de banque, il s'en est empar&#233;. &lt;i&gt;La COM&#201;DIE HUMAINE&lt;/i&gt; a c&#233;d&#233; la place &#224; la com&#233;die des cachemires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'adjectif &lt;i&gt;spleenique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Esquisse d'homme d'affaires d'apr&#232;s nature</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1222</link>
		<guid isPermaLink="true">https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1222</guid>
		<dc:date>2020-09-03T07:09:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;une lorette, et l'argent&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique89" rel="directory"&gt;travers&#233;e Balzac&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;lectures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Balzac&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; d&#233;marrer le r&#233;cit par une &#233;tymologie (et o&#249; langue et r&#233;alisme s'interp&#233;n&#232;trent) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorette est un mot d&#233;cent invent&#233; pour exprimer l'&#233;tat d'une fille ou la fille d'un &#233;tat difficile &#224; nommer, et que, dans sa pudeur, l'Acad&#233;mie Fran&#231;aise a n&#233;glig&#233; de d&#233;finir, vu l'&#226;ge de ses quarante membres. Quand un nom nouveau r&#233;pond &#224; un cas social qu'on ne pouvait pas dire sans p&#233;riphrases, la fortune de ce mot est faite. Aussi la Lorette passa-t-elle dans toutes les classes de la soci&#233;t&#233;, m&#234;me dans celles o&#249; ne passera jamais une Lorette. Le mot ne fut fait qu'en 1840, sans doute &#224; cause de l'agglom&#233;ration de ces nids d'hirondelles autour de l'&#233;glise d&#233;di&#233;e &#224; Notre-Dame-de-Lorette. Ceci n'est &#233;crit que pour les &#233;tymologistes. Ces messieurs ne seraient pas tant embarrass&#233;s si les &#233;crivains du Moyen-Age avaient pris le soin de d&#233;tailler les m&#339;urs, comme nous le faisons dans ce temps d'analyse et de description.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le lecteur est devenu un habitu&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;par une soir&#233;e de carnaval, ma&#238;tre Cardot avait r&#233;gal&#233;, chez mademoiselle Turquet, Desroches l'avou&#233;, Bixiou le caricaturiste, Lousteau le feuilletoniste, Nathan dont les noms illustres dans &lt;i&gt;la Com&#233;die humaine&lt;/i&gt; rendent superflue toute esp&#232;ce de portrait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; un anc&#234;tre de l'annuaire, lui-m&#234;me depuis disparu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maxime examina l'Almanach des 25 000 adresses, il trouva cette ligne rassurante. &lt;br class='autobr' /&gt;
DENISART, ancien directeur des douanes, rue de la Victoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un prince de la boh&#234;me</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1221</link>
		<guid isPermaLink="true">https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1221</guid>
		<dc:date>2020-08-04T09:09:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;O&#249; commencer par le manuscrit de ce qui va suivre : &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon cher ami, dit madame de la Baudraye en tirant un manuscrit de dessous l'oreiller de sa causeuse, me pardonnerez-vous, dans la d&#233;tresse o&#249; nous sommes, d'avoir fait une nouvelle de ce que vous nous avez dit, il y a quelques jours. &lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; le nom : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un instant, dit la Palferine en devenant aussi Lauzun que Lauzun a jamais pu l'&#234;tre, un instant, monsieur est-il n&#233; ? &#8212; Comment, monsieur ? dit le bourgeois. &#8212; Oui, &#234;tes-vous n&#233; ? Comment vous (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique89" rel="directory"&gt;travers&#233;e Balzac&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;lectures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Balzac&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; commencer par le manuscrit de ce qui va suivre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher ami, dit madame de la Baudraye en tirant un manuscrit de dessous l'oreiller de sa causeuse, me pardonnerez-vous, dans la d&#233;tresse o&#249; nous sommes, d'avoir fait une nouvelle de ce que vous nous avez dit, il y a quelques jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le nom :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un instant, dit la Palferine en devenant aussi Lauzun que Lauzun a jamais pu l'&#234;tre, un instant, monsieur est-il n&#233; ? &#8212; Comment, monsieur ? dit le bourgeois. &#8212; Oui, &#234;tes-vous n&#233; ? Comment vous nommez-vous ? &#8212; Godin. &#8212; Hein ? Godin ! dit l'ami de la Palferine. &#8212; Un instant, mon cher, dit la Palferine en arr&#234;tant son ami, il y a les Trigaudin. En &#234;tes-vous ? (&#201;tonnement du bourgeois.) &#8212; Non. Vous &#234;tes alors des nouveaux ducs de Ga&#235;te, fa&#231;on imp&#233;riale. Non. Eh ! bien, comment voulez-vous que mon ami, qui sera secr&#233;taire d'ambassade et ambassadeur, et &#224; qui vous devrez un jour du res-pect, se batte ! Godin ! Cela n'existe pas, vous n'&#234;tes rien, Godin ! Mon ami ne peut pas se battre en l'air. Quand on est quelque chose, on ne se bat qu'avec quelqu'un. Allons, mon cher, adieu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; s'en prendre &#224; Sainte-Beuve :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, si vous me permettez d'user du style employ&#233; par monsieur Sainte-Beuve pour ses biographies d'inconnus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je parle en ce moment le Sainte-Beuve, une nouvelle langue fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(toujours en nous servant du style macaronique de monsieur Sainte-Beuve)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'attention au lexique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle admirable connaissance ont les gens de choix des limites o&#249; doivent s'arr&#234;ter la raillerie et ce monde de choses fran&#231;aises d&#233;sign&#233; sous le mot soldatesque de &lt;i&gt;blague&lt;/i&gt;, mot qui sera repouss&#233; de la langue, esp&#233;rons-le, mais qui seul peut faire comprendre l'esprit de la Boh&#234;me !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
