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	<title>Michel Brosseau | &#224; chat perch&#233;</title>
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		<title>essai de transcription d'images vid&#233;o</title>
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		<dc:date>2016-10-07T08:13:41Z</dc:date>
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		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>bref</dc:subject>
		<dc:subject>fiction</dc:subject>
		<dc:subject>contraintes</dc:subject>
		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>Lovecraft</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pas &#233;vident de transcrire des images vid&#233;o. Je vais essayer, parce qu'il me semble impossible de garder le silence. Ils ont &#233;t&#233; plusieurs &#224; filmer la sc&#232;ne avec leurs t&#233;l&#233;phones portables. Le buzz assur&#233; sur les r&#233;seaux sociaux. On est dans un parking souterrain. Parking R&#233;publique. La ville, peu importe. Partout les m&#224;&#170;mes infrastructures. En fond sonore, un mart&#232;lement &#233;touff&#233; de basses. On imagine une bo&#238;te proche du parking. Au beau milieu d'une des voies de circulation, un type qui marche, l'air &#233;gar&#233;. (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pas &#233;vident de transcrire des images vid&#233;o. Je vais essayer, parce qu'il me semble impossible de garder le silence. Ils ont &#233;t&#233; plusieurs &#224; filmer la sc&#232;ne avec leurs t&#233;l&#233;phones portables. Le buzz assur&#233; sur les r&#233;seaux sociaux. On est dans un parking souterrain. Parking R&#233;publique. La ville, peu importe. Partout les m&#224;&#170;mes infrastructures. En fond sonore, un mart&#232;lement &#233;touff&#233; de basses. On imagine une bo&#238;te proche du parking. Au beau milieu d'une des voies de circulation, un type qui marche, l'air &#233;gar&#233;. Une voiture le klaxonne, il s'&#233;carte. Des rires qui fusent par les vitres ouvertes. Zoom sur le visage : du sang coagul&#233; descendu du haut du cr&#224;&#162;ne. Yeux vitreux d'un qui se r&#233;veille ou sous produit. Toute cette tension dans les traits. Sur une autre vid&#233;o, on voit le type en train de lire l'&#233;cran publicitaire accroch&#233; &#224; un pilier. Comme si quelque chose d'essentiel se trouvait dans les mots et images qui se d&#233;roulent. Rien de plus que les grandes enseignes pr&#233;sentes dans la ville. Celle-ci comme d'autres. Pupilles en haut, il r&#233;fl&#233;chit. Un autre l'a film&#233; accroupi pr&#232;s d'un pilier, bras crois&#233;s, tremblant de froid. Il ne porte qu'un t-shirt. En grossissant l'image, on parvient &#224; d&#233;couvrir ce qui figure en haut &#224; gauche, &#224; hauteur de la poitrine : Ar&#232;ne Club, avec pour logo un r&#233;tiaire stylis&#233;. Peut-&#224;&#170;tre la bo&#238;te dont entend les basses &#233;touff&#233;es sur chaque bout de vid&#233;o. Des traces de sang sur son jean. L'id&#233;e m'est venue qu'il s'&#233;tait battu dans la bo&#238;te, s'&#233;tait r&#233;fugi&#233; dans le parking pour &#233;chapper &#224; ceux avec qui il s'&#233;tait embrouill&#233;. Je croyais comprendre. Un coup &#224; la t&#224;&#170;te. Son air &#233;gar&#233;. &#224;&#8364; moins qu'il ne s'agisse d'un type qui squatte dans le parking. Ou fauche dans les bagnoles. Ou les deux. On le voit &#224; un moment essayer d'ouvrir plusieurs porti&#232;res, sans succ&#232;s. Il voulait peut-&#224;&#170;tre y dormir. Sans doute &#224;&#167;a qui a plu sur les r&#233;seaux sociaux, l'&#233;nigme que constitue son comportement. Et son air paum&#233;. D&#233;sesp&#233;r&#233; aussi. Je pense &#224; l'extrait o&#249; on le voit entour&#233; de trois mecs et une jeune femme en train de le filmer, et lui qui s'adresse &#224; eux tour &#224; tour, gueulant &#171; Mais o&#249; je suis ? O&#249; ? &#187;. Et l'image qui saute et s'interrompt du coup vers le t&#233;l&#233;phone, dont on ne per&#224;&#167;oit que l'amorce. Le moment le plus d&#233;rangeant, celui qui a d&#233;clench&#233; l'engouement, m&#224;&#170;l&#233; d'un peu de d&#233;sapprobation, c'est quand on le voit de dos poursuivi par deux mecs en noir, sap&#233; comme des vigiles. Il court entre les bagnoles en stationnement. Un des deux vigiles le vise avec une arme. J'ai pu l'identifier, ils sont nombreux &#224; en proposer la vente sur le web. Un pistolet Gomm-Cogne. Le type chancelle, porte la main &#224; sa cuisse. Sur une autre vid&#233;o, on voit un quatre-quatre noir d&#233;bouler et s'arr&#224;&#170;ter dans un crissement de pneus, coupant la retraite du gars. Qui retire son t-shirt et le balance sous une voiture. Puis tente de s'enfuir en grimpant sur un capot. On entend une nouvelle d&#233;tonation. Sur les derni&#232;res images, qui depuis ont &#233;t&#233; retir&#233;es de You Tube, mais que j'avais pris soin de t&#233;l&#233;charger, on voit le gars qui se d&#233;bat tir&#233; par les mecs en noir vers l'arri&#232;re du quatre-quatre. On aper&#224;&#167;oit son visage en sang, l&#1370;&#339;il droit touch&#233; par le dernier tir. Les vigiles le jettent dans le coffre, avant de refermer les portes. Le plan final s'attarde sur la roue de secours du v&#233;hicule, prot&#233;g&#233;e par une housse noire : sous le r&#233;tiaire stylis&#233; de l'Ar&#232;ne Club, l'adresse de la bo&#238;te, au 5 place de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;generated by :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un homme amn&#233;sique dans un environnement &#233;trange, qu&#1370;on comprend imparfaitement. La peur de retrouver la m&#233;moire &#8211; un flash...&lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, The Commonplace Book, note 215.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;LOVECRAFT GENERATOR, le projet&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;table des mati&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_540 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/-&gt;https:/www.amazon.fr/gp/product/1535213574/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;#38;camp=1642&amp;#38;creative=6746&amp;#38;creativeASIN=1535213574&amp;#38;linkCode=as2&amp;#38;tag=letierslivre-21'&gt;&lt;img src='https://xn--chatperch-p1a2i.net/IMG/jpg/-11.jpg?1512543892' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>mortelle randonn&#233;e</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>fiction</dc:subject>
		<dc:subject>contraintes</dc:subject>
		<dc:subject>fantastique</dc:subject>
		<dc:subject>Lovecraft</dc:subject>
		<dc:subject>montagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est l'apr&#232;s-midi que je l'ai vu pour la premi&#232;re fois. Ma gamine avait perdu sa casquette dans le pr&#233;c&#233;dent camping o&#249; nous avions s&#233;journ&#233;. On marchait tous les deux dans la rue principale qui traverse la vieille ville de Saint-Jean-Pied-de-Port, noy&#233;s dans la masse de touristes qui y d&#233;ambulent, se photographient sur le pont au-dessus de la Nive, la rivi&#232;re qui descend de la montagne, posent devant la porte de la vieille ville, tra&#238;nent devant les magasins qui proposent b&#233;rets, linge basque et (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;fantastique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;Lovecraft&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot192" rel="tag"&gt;montagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est l'apr&#232;s-midi que je l'ai vu pour la premi&#232;re fois. Ma gamine avait perdu sa casquette dans le pr&#233;c&#233;dent camping o&#249; nous avions s&#233;journ&#233;. On marchait tous les deux dans la rue principale qui traverse la vieille ville de Saint-Jean-Pied-de-Port, noy&#233;s dans la masse de touristes qui y d&#233;ambulent, se photographient sur le pont au-dessus de la Nive, la rivi&#232;re qui descend de la montagne, posent devant la porte de la vieille ville, tra&#238;nent devant les magasins qui proposent b&#233;rets, linge basque et piments d'Espelette. Le gars d&#233;tonnait dans la foule &#224; bermudas : assis par terre en tailleur, avec une carte de France d&#233;chir&#233;e pos&#233;e devant lui ; un marcheur, d'apr&#232;s ses chaussures, mais tellement &#233;loign&#233; des marcheurs qu'on croisait ici, retrait&#233;s en appui sur des b&#224;&#162;tons, &#233;quip&#233;s D&#233;cathlon ou Vieux campeur, ou gosses aux allures de scouts, foulards autour du cou et chemises comme militaires, &#224; peine fini de grandir et d&#233;j&#224; en route pour la r&#233;demption et Saint-Jacques de Compostelle. Impossible de ne pas le remarquer, avec son short d&#233;chir&#233;, sa chemisette &#224; carreaux rigide de crasse. Ma fille m'a dit qu'il lui faisait penser au g&#233;n&#233;rique des &lt;i&gt;Monty Python&lt;/i&gt;. L'esp&#232;ce de Robinson jou&#233; par Michael Palin dans chaque &#233;pisode du &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=fCB51cSE53M&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Flying Circus&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. On avait regard&#233; &#224;&#167;a en famille l'hiver dernier. La m&#224;&#170;me allure d&#233;penaill&#233;e, la m&#224;&#170;me barbe blonde hirsute, les m&#224;&#170;mes cheveux emm&#224;&#170;l&#233;s. Il &#233;tait toujours l&#224; quand on est repass&#233;s, ma fille avec sa nouvelle casquette sur le cr&#224;&#162;ne. Il tentait de communiquer avec un vieux du coin &#224; propos de son chien, mais sans parvenir &#224; se faire comprendre, m&#224;&#170;me &#224; grands renforts de gestes : &lt;i&gt;me... before... two dogs...&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'ai ensuite aper&#224;&#167;u au camping, le soir. Quand je suis all&#233; au bureau demand&#233; le code pour la wi-fi. Il &#233;tait enroul&#233; dans son duvet, sans m&#224;&#170;me une tente. Il avait encore sa carte toute &lt;i&gt;destroy&lt;/i&gt; devant lui, et marmonnait en tra&#224;&#167;ant du doigt ce que j'ai suppos&#233; &#224;&#170;tre son parcours. Le g&#233;rant du camping m'a dit qu'il passait tous les ans &#224; la m&#224;&#170;me date. Une esp&#232;ce de dingo qui faisait la route, &#224; ses yeux. Pas bien d&#233;rangeant, si ce n'&#233;tait l'odeur pestilentielle du bonhomme. Mais pas m&#233;chant pour un sou. Un gars rong&#233; de solitude. Il n'y avait qu'&#224; voir comment chaque fois qu'il passait ici il essayait de lier conversation avec les marcheurs, de trouver quelqu'un qui accepte de l'accompagner. Il trouvait chaque fois, d'apr&#232;s le g&#233;rant. Qui avait sa th&#233;orie sur la chose ! Pour lui, certains n'aimaient pas passer la fronti&#232;re seuls. Comme s'ils avaient eu besoin de quelqu'un pour passer ce seuil symbolique, alors qu'ils sont si pr&#232;s du but apr&#232;s tellement de kilom&#232;tres parcourus. Pour ma part, je voyais plut&#224;&#180;t l&#224; de la piti&#233;, mais je me suis bien gard&#233; de ne rien dire. Aucune envie de passer ma soir&#233;e &#224; discuter dans ce bureau exigu&#224;&#171; avec un type qui s'ennuie. C'est du moins ce que j'ai cru quand il a tent&#233; de me retenir alors que j'avais d&#233;j&#224; franchi la porte. Il s'est approch&#233; et m'a gliss&#233; dans un souffle, tout en jetant un coup d&#1370;&#339;il rapide sur le Robinson d&#233;penaill&#233;, alors en conversation avec un jeune mec d'une vingtaine d'ann&#233;es : &lt;i&gt;Il y a un truc qui me chiffonne... J'ai demand&#233; aux coll&#232;gues des autres campings : inconnu au bataillon !... Et autre chose : les marcheurs qui arrivent d'Espagne, pas un pour se souvenir l'avoir crois&#233;... Avec une d&#233;gaine pareille, quand m&#224;&#170;me... C'est pas pour dire, mais...&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La curiosit&#233; m'a pouss&#233; &#224; me lever t&#224;&#180;t le lendemain. J'ai laiss&#233; un mot &#224; ma fille et quitt&#233; le camping, direction le sentier de grande randonn&#233;e. Quand je suis pass&#233; pr&#232;s de son emplacement, le Robinson, allong&#233;, dormait les yeux ouverts. J'ai grimp&#233; pr&#232;s de deux heures puis, jugeant &#224;&#170;tre parvenu &#224; un point d'observation correct, je me suis arr&#224;&#170;t&#233;. D'ici, je verrais arriver Robinson et son acolyte du jour. J'ai d&#224; &#187; attendre une bonne heure avant de les apercevoir en contrebas, grimpant le col c&#224;&#180;te &#224; c&#224;&#180;te. L'un courb&#233; sous la charge de son sac, l'autre droit comme un i. Quand ils sont parvenus &#224; ma hauteur, ils sont pass&#233;s sans m'adresser un regard, sans m&#224;&#170;me donner de r&#233;ponse &#224; mon salut. Je les ai regard&#233; s'&#233;loigner, dispara&#238;tre en haut du col. Quelque chose clochait, sans que je comprenne quoi. Sans r&#233;fl&#233;chir je me suis lev&#233; et pr&#233;cipit&#233;. En t&#224;&#170;te ce raisonnement simple qui tournait en boucle : sans charge, je les rejoindrais facilement. Pour quoi faire, je n'en savais rien. Peut-&#224;&#170;tre parce que vex&#233; d'avoir &#233;t&#233; ignor&#233;. Ou plut&#224;&#180;t de m'&#224;&#170;tre lev&#233; si t&#224;&#180;t et d'avoir fait tout ce chemin pour juste regarder passer deux marcheurs. Ou bien les seuls propos charg&#233;s de sous-entendus du g&#233;rant avaient suffi &#224; ... &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai fini par courir, obs&#233;d&#233; par cette id&#233;e de les rattraper. Parvenu en haut du col, je balayai du regard le paysage, scrutai le sentier qui se d&#233;roulait en lacets sur plusieurs centaines de m&#232;tres. Je dus me rendre &#224; l'&#233;vidence, reprenant lentement mon souffle, appuy&#233; &#224; une borne fronti&#232;re : ils avaient disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;generated by :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mort qui marche &#8211; on croit qu&#1370;il est en vie, mais &#8211;&lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, The Commonplace Book, note 16.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;LOVECRAFT GENERATOR, le projet&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;table des mati&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_540 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/-&gt;https:/www.amazon.fr/gp/product/1535213574/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;#38;camp=1642&amp;#38;creative=6746&amp;#38;creativeASIN=1535213574&amp;#38;linkCode=as2&amp;#38;tag=letierslivre-21'&gt;&lt;img src='https://xn--chatperch-p1a2i.net/IMG/jpg/-11.jpg?1512543892' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>le trou du Diable</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article807</link>
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		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>fiction</dc:subject>
		<dc:subject>contraintes</dc:subject>
		<dc:subject>fantastique</dc:subject>
		<dc:subject>Lovecraft</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'ai longtemps h&#233;sit&#233; apr&#232;s que la r&#233;daction des Lettres contemporaines m'ait pass&#233; commande de l'article qui va suivre. Si j'ai finalement accept&#233; d'&#233;voquer ma derni&#232;re visite &#224; G., c'est d'une part parce que j'ai &#233;t&#233; le dernier universitaire &#224; l'avoir rencontr&#233;, et sans doute m&#224;&#170;me le dernier homme &#224; qui il ait eu l'occasion de se confier, et d'autre part dans l'intention de mettre fin aux rumeurs les plus folles qui ont circul&#233; au sujet de sa mort et des derniers mois de sa vie. Je crois en effet pouvoir &#233;clairer (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;contraintes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;fantastique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;Lovecraft&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai longtemps h&#233;sit&#233; apr&#232;s que la r&#233;daction des &lt;i&gt;Lettres contemporaines&lt;/i&gt; m'ait pass&#233; commande de l'article qui va suivre. Si j'ai finalement accept&#233; d'&#233;voquer ma derni&#232;re visite &#224; G., c'est d'une part parce que j'ai &#233;t&#233; le dernier universitaire &#224; l'avoir rencontr&#233;, et sans doute m&#224;&#170;me le dernier homme &#224; qui il ait eu l'occasion de se confier, et d'autre part dans l'intention de mettre fin aux rumeurs les plus folles qui ont circul&#233; au sujet de sa mort et des derniers mois de sa vie. Je crois en effet pouvoir &#233;clairer d'un jour nouveau, et &#224; coup s&#224; &#187;r terrible, le destin tragique d'un des &#233;crivains les plus dou&#233;s de sa g&#233;n&#233;ration. Je dispose, pour ce faire, de la captation sonore de la conversation que nous avons eue il y a maintenant presque un an. Lui qui, au cours de la dizaine d'entretiens que nous avions eus pr&#233;c&#233;demment s'&#233;tait montr&#233; si r&#233;ticent, voire hostile &#224; l'id&#233;e d'utiliser un enregistrement vid&#233;o ou audio, avait m&#224;&#170;me insist&#233; afin que je l'enregistre, arguant, je cite, que l'&#233;crit n'est pas toujours suffisant pour arracher &#224; l'obscur les lambeaux qu'il nous offre. Propos qui, depuis sa mort, r&#233;sonnent d'une &#233;trange fa&#224;&#167;on, ouvrant des perspectives que je tenterai de pr&#233;ciser dans la suite de cet article, loin des fadaises qu'ont cru bon de r&#233;pandre quelques esprits baroques confondant fantastique et fantasmes. J'ai aussi eu recours, pour l'&#233;criture de cet article, au fonds consacr&#233; &#224; S., que le d&#233;partement de Litt&#233;rature de l'Universit&#233; de M., que j'ai l'honneur de diriger, ouvrira bient&#224;&#180;t aux &#233;tudiants et chercheurs. L'&#233;crivain avait en effet accept&#233; de l&#233;guer par disposition testamentaire non seulement ses papiers et manuscrits, mais aussi l&#1370;int&#233;gralit&#233; de sa biblioth&#232;que. C'est ainsi que j'ai pu avoir acc&#232;s, en avant premi&#232;re, aux diff&#233;rentes versions de son dernier ouvrage, malheureusement encore demeur&#233; in&#233;dit, ainsi qu'&#224; son journal. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est durant la deuxi&#232;me quinzaine d'avril, soit moins de deux semaines avant sa mort, survenue dans la nuit du premier mai, que je me suis pr&#233;sent&#233; &#224; son domicile de G., dans la banlieue parisienne. Il m'a, comme chaque fois, re&#224;&#167;u dans son bureau, au rez-de-chauss&#233;e du pavillon, en prenant soin d'en interdire l'acc&#232;s &#224; ses deux chiens, deux bergers allemands &#224;&#162;g&#233;s d'&#224; peine deux ans, acquis quelque temps apr&#232;s la s&#233;paration d&#1370;avec sa compagne d'alors. &lt;i&gt;Les derniers &#224;&#170;tres vivants que je fr&#233;quente d&#233;sormais&lt;/i&gt;, m'avait-il lanc&#233; mi amus&#233; mi amer. &lt;br class='autobr' /&gt; Tous ceux qui ont eu la chance de le c&#224;&#180;toyer connaissaient bien l'endroit. Imaginez une vaste pi&#232;ce, &#233;clair&#233;e par le demi-jour d'une fen&#224;&#170;tre en grande partie obstru&#233;e par une glycine envahissante, et aux murs couverts de rayonnages. Peu de fiction ici, mais de nombreux ouvrages traitant de m&#233;decine l&#233;giste et de psychiatrie, ainsi que d'Histoire. Au sol, en piles pr&#232;s de sa table de travail qui occupait le centre de la pi&#232;ce, des livres ayant pour th&#232;me le d&#233;barquement en Normandie et l'oc&#233;anographie. Et, encadrant le clavier de son ordinateur, des &#339;uvres dont j'avoue avoir &#233;t&#233; extr&#224;&#170;mement surpris, sinon troubl&#233;, de les rencontrer chez cet ancien militant d'extr&#224;&#170;me gauche, r&#233;put&#233; pour ses prises de position rationalistes. Je pourrais, gr&#224;&#162;ce &#224; l'inventaire effectu&#233; suite au legs de sa biblioth&#232;que, en fournir la liste compl&#232;te. Mais sa longueur risquerait d'ennuyer plus d'un lecteur. Sachez qu'on trouvait l&#224; tout ce qui compte depuis des si&#232;cles en mati&#232;re de science occulte et cabalistique, d'Herm&#232;s Trism&#233;giste &#224; Roger Bacon, en passant par l'arabe fou Abdul Alhazred et son &lt;i&gt;Necronomicon&lt;/i&gt;, mais aussi quelques publications plus r&#233;centes, &#224; la crois&#233;e de l'&#233;sot&#233;risme et de la science, comme &lt;i&gt;La Cl&#233; des oc&#233;ans&lt;/i&gt;, du tr&#232;s controvers&#233; S., pourtant ancien directeur du Mus&#233;um d'Histoire naturelle, mais qui n'avait pas h&#233;sit&#233; &#224; signer cet inventaire hallucin&#233; de pr&#233;tendus monstres des fonds oc&#233;aniques, ou &lt;i&gt;Les Portes du pass&#233;&lt;/i&gt;, sign&#233; d'un collectif d'astrophysiciens, et qui avait d&#233;fray&#233; la chronique il y a quelques ann&#233;es en &#233;tayant gr&#224;&#162;ce &#224; des r&#233;f&#233;rences &#224; la physique quantique l'existence de points de passage entre pass&#233; et pr&#233;sent. Sans doute n'ai-je pas su dissimuler ma surprise de le voir entour&#233; d'une telle litt&#233;rature, car G. eut soin de m'expliquer en avoir eu besoin pour l'&#233;criture de son dernier roman. &lt;br class='autobr' /&gt; J'ai d&#224; &#187;, comme &#224; chacune de mes venues, sacrifier au rituel du whisky. La conversation glissa bient&#224;&#180;t sur son dernier roman, pour lequel il avait &#233;t&#233; en bute &#224; de nombreux d&#233;boires. Quatre r&#233;&#233;critures n'avaient pas suffi &#224; arracher l'accord de son &#233;diteur, qui trouvait l'ouvrage trop en rupture avec les pr&#233;c&#233;dents et craignait un &#233;chec commercial. Et comme je suis li&#233; par un contrat d'exclusivit&#233; !... Plus qu'un &#233;chec personnel, G. voyait dans ce refus une sorte de mal&#233;diction, une fatalit&#233; qui s'abattait sur lui. Il &#233;tait certain de la qualit&#233; de son roman, le consid&#233;rant m&#224;&#170;me meilleur que les pr&#233;c&#233;dents. M&#224;&#170;me si je n'avais pas enregistr&#233; notre conversation, je crois que je me serais souvenu de ses propos quant &#224; la d&#233;marche qu'il disait avoir adopt&#233;e, tant ceux-ci me parurent la d&#233;finition m&#224;&#170;me de la l'entreprise litt&#233;raire : &lt;i&gt;J'ai seulement tent&#233; d'arracher un fragment &#224; la nuit...&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; G. me parut marqu&#233; par cette querelle avec son &#233;diteur. &#224;&#8364; peine avais-je entam&#233; mon verre que d&#233;j&#224; il s'en servait un nouveau. Le fr&#233;quentant depuis nos ann&#233;es d'&#233;tudes, je connaissais son penchant pour l'alcool. Mais l&#224; , semblait-il, un cap avait &#233;t&#233; franchi. Il m'avoua, piteux, n'avoir rien &#233;crit depuis des semaines. Il &#233;tait d&#233;courag&#233; par ce travail de reprise qui n'avait servi &#224; rien. Et, plus que tout, avait le sentiment d'&#224;&#170;tre enferm&#233; &#224; jamais dans un genre. Il en avait assez du polar, dont il avait le sentiment d'avoir fait le tour. Il voulait passer &#224; plus cors&#233;. &lt;i&gt;Le frisson, je sais faire... Mais ce qui m'int&#233;resse, ce qui m'anime au plus profond, c'est l'effroi...&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; Je le questionnai sur la gen&#232;se de son dernier opus, &lt;i&gt;Des loups gris comme la nuit&lt;/i&gt;, afin de mieux appr&#233;hender ce qui avait motiv&#233; cette rupture dans son &#339;uvre. Je n'ai rien d&#233;cid&#233; en fait. Tout s'est impos&#233; &#224; moi. C'est par cette br&#232;ve introduction qu'il commen&#224;&#167;a le r&#233;cit de son s&#233;jour, un peu plus d'un an auparavant, &#224; V., sur la c&#224;&#180;te normande. Il &#233;tait venu l&#224; afin de se documenter pour un possible polar. L'endroit poss&#233;dait une particularit&#233; ayant suscit&#233; sa curiosit&#233; : &lt;i&gt;depuis plusieurs ann&#233;es, la presse tant locale que nationale faisait &#233;tat de la d&#233;couverte de corps amen&#233;s par les courants sur l'une de ses plages, en contrebas d'un bunker. On avait bien entendu beaucoup glos&#233; sur ces cadavres &#224; l'identit&#233; myst&#233;rieuse, les corps &#233;tant tr&#232;s difficilement identifiables apr&#232;s un s&#233;jour prolong&#233; dans l'eau. Seules certitudes, aucun d'eux n'&#233;tait mort de noyades, et tous pr&#233;sentaient des traces de morsures, sans que l'origine de celles-ci aient pu &#224;&#170;tre pr&#233;cis&#233;es davantage. C'&#233;tait un sujet en or !&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Il me raconta avoir pris quelques photos des lieux dans l'apr&#232;s-midi, plage et bunker, ainsi que de la ville. Un lieu tourn&#233; vers le pass&#233;, encombr&#233; d'un mus&#233;e, de trois cimeti&#232;res militaires et d'au moins autant de monuments aux morts. Je me souviens qu'il s'est alors interrompu pour se servir un troisi&#232;me verre, cette fois sans m&#224;&#170;me m'en proposer, et m'a sembl&#233; perdu dans ses pens&#233;es, les traits crisp&#233;s, et son regard, un court instant, voil&#233; par la peur. Il revint &#224; lui en allumant une cigarette, puis m'a adress&#233; de nouveau la parole. Je retranscris ici ses paroles afin que chacun se fasse une id&#233;e du regard que portait G. sur son s&#233;jour en Normandie, tant comment&#233; depuis : &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;C'est au bout de deux trois jours que j'ai commenc&#233; &#224; comprendre... Pas que j'&#233;tais en train de basculer de l'autre c&#224;&#180;t&#233;... &#224;&#167;a, non, je pouvais pas encore en avoir conscience... disons le moment o&#249; j'ai compris que j'&#233;tais en train de mettre le nez l&#224; o&#249; il fallait pas... m&#224;&#170;me si, bon, &#224;&#167;a, c'&#233;tait pas la premi&#232;re fois... J'&#233;tais sorti de ma chambre pour aller boire un caf&#233;, et je voulais pr&#233;venir aussi le patron que la connexion web d&#233;connait &#224; l'&#233;tage... Donc, je sors, et l&#224; je tombe sur le chien de l'h&#224;&#180;tel, une esp&#232;ce de dogue &#233;norme... je l'avais aper&#224;&#167;u la veille, mais couch&#233; derri&#232;re le bar... Je sais faire avec les chiens, j'en ai quasiment tout le temps eu, et &#224;&#167;a depuis tout gamin... Mais l&#224; , tu vois, je savais qu'il fallait pas essayer de passer... Alors, je rentre dans la piaule, j'essaie d'appeler le patron par l'interphone, mais que dalle... Je prends mon portable, pas de r&#233;seau... Il y en avait pourtant la veille quand je m'&#233;tais install&#233;... L&#224; j'ai commenc&#233; &#224; flipper...&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; Encore une fois, pr&#233;cisons que ce qui pr&#233;c&#232;de est la transcription litt&#233;rale de l'enregistrement effectu&#233; lors de ma visite. Je ne cache pas que, sur le coup, ses propos m'ont paru empreints d'une exag&#233;ration sans doute caus&#233;e par l'alcool. Mais j'ai depuis eu l'occasion de consulter le journal tenu par G., o&#249;, apr&#232;s avoir relat&#233; son face &#224; face avec le chien, il &#233;crivait ceci :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;Pris en photo l'insigne arrach&#233; avant hier dans la bagarre. Garder trace au cas o&#249; on me le volerait. Si seulement je savais qui &#233;tait dans le bunker. Avec qui je me suis battu. M&#224;&#170;me si se battre un bien grand mot : arrach&#233; l'insigne alors qu' &#171; il &#187; s'enfuyait.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Notre conversation, lors de ma visite, est souvent revenue sur le peur qui l'habitait. Cette peur, &#224; coup s&#224; &#187;r amplifi&#233;e par l'alcool, s'exprimait de diff&#233;rentes mani&#232;res mais toujours exprimait ses difficult&#233;s avec le monde ext&#233;rieur. Ainsi m'a-t-il expliqu&#233; avoir besoin de savoir ses deux chiens devant la porte de son bureau pour se sentir en s&#233;curit&#233; pendant qu'il travaillait. Le refus de son &#233;diteur, quant &#224; lui, avait fait na&#238;tre des craintes bien r&#233;elles au sujet de son avenir mat&#233;riel. L'avance qui lui avait &#233;t&#233; accord&#233;e n'&#233;tait plus maintenant qu'un souvenir, et il n'aurait rien de nouveau &#224; lui fournir avant, au mieux, un an. Toute son &#233;nergie, ces derniers mois, &#233;tait pass&#233;e dans de vaines reprises de son manuscrit. Mais cette peur, qu'il tentait de traduire dans sa prose se faisait le miroir, dans son dernier roman, par ce qu'il appelait l'effroi, &#233;tait avant tout, comme il l'a confi&#233;, peu de temps avant de mourir, &#224; son journal, celle de ne plus parvenir &#224; &#233;crire : &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;Dire le myst&#232;re demeure affaire humaine. Mais concernant l'effroi, quoi d'autre que le silence ?&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Affirmer, comme l'ont fait certains, que cette peur soit n&#233;e lors de son s&#233;jour normand me semble infond&#233;. Nous n'&#233;tions pas encore sortis de l'adolescence lorsque nous nous sommes rencontr&#233;s. Aussi puis affirmer que G., avant m&#224;&#170;me de devenir l'&#233;crivain que l'on sait, &#233;tait un jeune homme inquiet et perp&#233;tuellement insatisfait. Quant &#224; la s&#233;paration d'avec sa compagne, comment croire qu'elle n'ait pas &#233;t&#233; un facteur d&#233;stabilisant ? S'il n'a pas &#233;t&#233; le d&#233;clencheur de sa peur, son s&#233;jour normand, en revanche, me semble avoir &#233;t&#233; le moment o&#249; celle-ci s'est cristallis&#233;e. Je m'explique : G., &#233;branl&#233; par le d&#233;part de sa femme, s'&#233;tait lanc&#233; corps et &#224;&#162;me dans un nouveau projet d'&#233;criture. C'est dans cette fi&#232;vre si particuli&#232;re du d&#233;marrage de l'&#233;criture, quand le sujet se profile de mani&#232;re encore floue, gros d'une promesse incertaine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='On lira avec profit l'entretien qu'il nous avait accord&#233; &#224; ce sujet (Champs (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que G. s'est rendu sur la c&#224;&#180;te normande. Il convient d'avoir &#224; l'esprit cet &#233;tat d'hypersensibilit&#233; de l'&#233;crivain pour mieux appr&#233;hender le regard qu'il peut alors porter sur les &#233;v&#233;nements. Des propos qu'il m'a tenus et de la lecture de son journal se d&#233;gage la figure (paternelle ?) de l'h&#224;&#180;telier, antipathique et excluant, qui deviendra l'un des personnages centraux de son roman. Ainsi &#233;crivait-il dans son journal le premier mai au matin :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;Impression de ne pas &#224;&#170;tre le bienvenu. Le patron de l'h&#224;&#180;tel, au petit d&#233;jeuner, m'a demand&#233; si je comptais prolonger mon s&#233;jour ; m'a indiqu&#233; qu'il serait complet &#224; l'occasion des comm&#233;morations du 8 mai, que je ne pourrais pas rester. M&#233;moire du d&#233;barquement est machine &#224; cash. Le seul &#224; m'avoir parl&#233; de ma joue tum&#233;fi&#233;e suite &#224; la bagarre de la veille. Lui ai racont&#233; &#224;&#170;tre tomb&#233; en p&#233;n&#233;trant dans le bunker. Goguenard, m'a lanc&#233; : &#171; &#224;&#167;a aime pas &#224;&#170;tre d&#233;rang&#233;s, les morts ! &#187;. Peut-&#224;&#170;tre &#233;t&#233; trop bavard hier soir pendant l'ap&#233;ro ; donn&#233; l'impression que j'allais g&#224;&#170;ner leur business en venant fouiller le pass&#233; ; de &#224;&#167;a qu'ils vivent ici. Contre-publicit&#233; de mettre en avant cette suite de morts myst&#233;rieuses depuis quelques ann&#233;es.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; J'ai pu, &#224; partir de la documentation dont je dispose, reconstituer le fil de cette soir&#233;e qui semble, apr&#232;s une analyse partielle des notes pr&#233;paratoires, avoir jou&#233; un r&#224;&#180;le essentiel dans la structuration imaginaire du roman. Apr&#232;s un long ap&#233;ritif au comptoir du bar de l'h&#224;&#180;tel, au cours duquel G. a cherch&#233; &#224; obtenir des informations sur la s&#233;rie de cadavres d&#233;couverts sur la plage, le romancier a pris son repas seul dans un restaurant de la ville puis, devant la perspective d'une soir&#233;e solitaire &#224; l'h&#224;&#180;tel, est retourn&#233; au bunker qu'il avait visit&#233; durant l'apr&#232;s-midi, d&#233;sireux d'avoir une id&#233;e des l'ambiance du lieu la nuit. C'est peu de temps apr&#232;s avoir p&#233;n&#233;tr&#233; dans le bunker qu'un corps l'a percut&#233; et lui a adress&#233; quelques coups de poing, auxquels il a r&#233;pondu. La silhouette s'enfuyant, il a tent&#233; de la retenir en l'agrippant au bras, d&#233;sireux de savoir qui l'avait frapp&#233;. Son agresseur est parvenu &#224; se d&#233;gager. C'est l&#224; qu'un morceau de tissu lui est rest&#233; dans la main : un insigne arrach&#233; de la manche, sur lequel figurait un loup de profil, marron tr&#232;s clair sur fond vert, qu'il m'a montr&#233; lors de ma visite, mais qui semble avoir disparu quand la maison a &#233;t&#233; vid&#233;e. C'est &#224; partir de l&#224; que s'est op&#233;r&#233;e sa bascule vers de nouveaux horizons d'&#233;criture, comme en t&#233;moignent les notes pr&#233;paratoires &#233;voqu&#233;es plus haut :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;Informations au comptoir (&#233;chantillon de population locale pr&#233;sent) : gosses qui se r&#233;unissaient dans le bunker, y avaient fait des inscriptions sataniques : venaient l&#224; se saouler la gueule en &#233;coutant du m&#233;tal. &#224;&#8240;voqu&#233; les soldats du d&#233;barquement, tomb&#233;s en masse sur ces plages &#8211; certains ont os&#233; parler de fant&#224;&#180;mes ! Lorgn&#233; du c&#224;&#180;t&#233; des skinheads locaux qui, un temps, se sont aussi r&#233;unis dans le bunker : ont r&#233;cemment &#171; chahut&#233; &#187; des touristes afro-am&#233;ricains. Viennent parfois au bar de l'h&#224;&#180;tel : l'un d'eux, une fois bourr&#233;, d&#233;clenche &#224; r&#233;p&#233;tition son portable : un hurlement de loup, pour faire gueuler le dogue du patron. Fonds de l&#233;gende locale : une plage maudite depuis toujours, bien avant les cadavres qu'on y trouve depuis quelques ann&#233;es, et m&#224;&#170;me avant le bunker : pas pour rien que &#224;&#167;a s'appelle le trou du diable. Des histoires de naufrageurs. Mais aussi d'une porte qui m&#232;neraient aux Enfers. &lt;br class='autobr' /&gt; Diableries &#224; tous les &#233;tages : trouv&#233; sur le web l'origine de l'insigne. Il s'agit de la cent-quatri&#232;me division d'infanterie de l'arm&#233;e US, nomm&#233;e Timberwolf, et ayant pour devise : &#171; Nothing in hell can stop the Timberwolves. &#187;.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Cet extrait des notes pr&#233;paratoires est extr&#224;&#170;mement int&#233;ressant de par le glissement qui s'y op&#232;re. On y voit en effet un &#233;l&#233;ment relevant du v&#233;cu, mais ouvrant sur le fantastique, s'immiscer dans les notes pr&#233;parant &#224; la fiction, de la m&#224;&#170;me fa&#224;&#167;on qu'&#224; la m&#224;&#170;me &#233;poque, dans le journal, commencent &#224; appara&#238;tre des &#233;l&#233;ments relevant du fictionnel, proc&#233;d&#233; sans doute li&#233; &#224; la lecture r&#233;cente par G. du journal de Kafka, que l'on sait coutumier de ces insertions de d&#233;part de fictions dans son &#233;criture diariste. Ainsi le journal nous donne-t-il acc&#232;s &#224; la gen&#232;se m&#224;&#170;me du texte quand, suite &#224; l'incident &#233;voqu&#233; auparavant du chien de l'h&#224;&#180;telier l'emp&#224;&#170;chant de sortir de sa chambre, G. trouve mati&#232;re &#224; une &#233;criture de type fantastique qui, jusqu'alors, lui &#233;tait demeur&#233;e &#233;trang&#232;re : &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;Bruits de pas dans le couloir et dans l'escalier, j'ouvre la porte : toujours le chien mena&#224;&#167;ant. J'aper&#224;&#167;ois de dos, uniforme kaki, cr&#224;&#162;ne ras, des hommes qui descendent. Je repense au cauchemar de la nuit pr&#233;c&#233;dente, &#224; l'explication rationnelle que je lui avais donn&#233; : un loup m'emp&#224;&#170;chant de sortir d'une esp&#232;ce de caverne ; concr&#233;tion de deux &#233;l&#233;ments de la soir&#233;e : l'anecdote du skinhead faisant r&#233;sonner sa sonnerie du portable et la &#171; bagarre &#187; un peu plus tard dans le bunker.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Il ne s'agit pas ici de nier l'impact de ce s&#233;jour normand, mais de distinguer l'&#233;crivain de son &#233;criture. Si impact il y a eu, c'est dans cette bascule vers le fantastique, moins inattendue que certains voudraient le laisser &#224; penser. D'un mauvais genre &#224; l'autre, il n'y a souvent qu'un pas, comme Edgar Poe nous l'a d&#233;j&#224; enseign&#233;. D'ailleurs, la gen&#232;se de son dernier opus traduit cette tension interne entre litt&#233;rature polici&#232;re et fantastique, voire horreur. On constate en effet, non seulement &#224; la lecture des recherches effectu&#233;es mais aussi de son roman, que G. n'a en rien n&#233;glig&#233; lors de son travail la dimension polici&#232;re, contrairement aux all&#233;gations de son &#233;diteur. Il a trait&#233; les deux &#233;l&#233;ments &#224; part &#233;gale, anim&#233; par la volont&#233; de les unir. Ainsi avait-il habilement choisi de mettre en sc&#232;ne un &#233;tudiant en Histoire effectuant des recherches sur Bernard H&#224;&#188;lle, arch&#233;ologue nazi. G. avait rassembl&#233; sur celui-ci une documentation importante, et notamment sur sa visite en France en 1942. L'arch&#233;ologue nazi, fascin&#233; par le paganisme nordique, &#233;tait venu &#233;tudier Bretagne et Normandie, &#224; la recherche d'indices prouvant que leur population &#233;tait d'origine indo-germanique, population dont le berceau &#233;tait fantasmatiquement situ&#233; dans le nord de l'Allemagne et au Danemark. L'&#233;tude de la gen&#232;se du synopsis &#233;crit par G. montre clairement que cette bascule vers une th&#233;matique fantastique s'est op&#233;r&#233;e apr&#232;s la plong&#233;e dans les archives de la presse locale en qu&#224;&#170;te d'indications sur le &#171; trou du Diable &#187;. Mais laissons de nouveau la parole au journal du romancier :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;Incroyable. Et pourtant, l'impression que je m'attendais &#224; pareille d&#233;couverte. Trouv&#233; aujourd'hui dans un num&#233;ro de l'Ouest Eclair datant de juillet 1935 un article sur la visite d'un anthropologue am&#233;ricain venu lui aussi visiter le &#171; trou du Diable &#187;. Le meilleur, ou le plus effrayant, est qu'il est venu dans le cadre de travaux comparatistes sur les sorcelleries am&#233;ricaines et europ&#233;ennes.&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; On comprend mieux, &#224; la lumi&#232;re de ces lignes, comment G. en est venu &#224; associer les dimensions historiques, fantastiques et criminelles autour de ce lieu l&#233;gendaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des esprits en mal de sensations ont voulu mettre en relation les terribles circonstances de la mort de l'&#233;crivain, que l'on a retrouv&#233; dans son bureau, d&#233;vor&#233; par ses chiens, et ses derniers travaux. S'il a pay&#233; le prix, c'est celui de l'&#233;criture. Comme en t&#233;moigne son journal, c'est elle et rien d'autre qui, jusqu'au dernier jour, a anim&#233; sa volont&#233; d'arracher un fragment &#224; la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;generated by :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelque chose arrach&#233; &#224; quelqu&#1370;un dans le noir &#8211; dans un lieu isol&#233;, ancien, et de r&#233;putation maudite.&lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, The Commonplace Book, note 207.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;LOVECRAFT GENERATOR, le projet&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;table des mati&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_540 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/-&gt;https:/www.amazon.fr/gp/product/1535213574/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;#38;camp=1642&amp;#38;creative=6746&amp;#38;creativeASIN=1535213574&amp;#38;linkCode=as2&amp;#38;tag=letierslivre-21'&gt;&lt;img src='https://xn--chatperch-p1a2i.net/IMG/jpg/-11.jpg?1512543892' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On lira avec profit l'entretien qu'il nous avait accord&#233; &#224; ce sujet (&lt;i&gt;Champs g&#233;n&#233;tiques&lt;/i&gt;, num&#233;ro 458, p15-19, Presses universitaires de M.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>cauchemar &#224; structure r&#233;currente</title>
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		<dc:date>2015-12-11T10:44:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>fiction</dc:subject>
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		<dc:subject>Lovecraft</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re fois. Dans une autre r&#233;gion, la premi&#232;re fois. Les paysages ne co&#224;&#175;ncident pas. Mais l'impression, si. Comme dans ces cauchemars qui hantent r&#233;guli&#232;rement. Ou plut&#224;&#180;t, ces structures r&#233;currentes de cauchemar. On avait march&#233; sur le bas c&#224;&#180;t&#233;, une route d&#233;partementale. C'&#233;tait dans un coin de montagnes. Avant que nous ayons des enfants. Presque vingt ans d&#233;j&#224; . On avait plant&#233; la tente dans un pr&#233;, un peu &#224; l'&#233;cart du village. C'&#233;tait la fin de la randonn&#233;e. On n'avait peur de rien &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;LOVECRAFT GENERATOR&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;fiction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;contraintes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;Lovecraft&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re fois. Dans une autre r&#233;gion, la premi&#232;re fois. Les paysages ne co&#224;&#175;ncident pas. Mais l'impression, si. Comme dans ces cauchemars qui hantent r&#233;guli&#232;rement. Ou plut&#224;&#180;t, ces structures r&#233;currentes de cauchemar. On avait march&#233; sur le bas c&#224;&#180;t&#233;, une route d&#233;partementale. C'&#233;tait dans un coin de montagnes. Avant que nous ayons des enfants. Presque vingt ans d&#233;j&#224; . On avait plant&#233; la tente dans un pr&#233;, un peu &#224; l'&#233;cart du village. C'&#233;tait la fin de la randonn&#233;e. On n'avait peur de rien &#224; cette &#233;poque. Tout nous semblait possible. On ne savait encore &#224; quel point tout l'&#233;tait, en effet. &#224;&#8364; quel point l'histoire n'est jamais termin&#233;e, chute d'un mur ou pas. On voulait f&#224;&#170;ter la fin des vacances. S'accorder le luxe d'une chaise. D'un ap&#233;ro qui tra&#238;ne en terrasse. D'un repas au resto. Et voir des visages autour. Revenir au monde. Plaisirs simples de qui a march&#233; et bivouaqu&#233; pendant un peu plus d'une semaine. Loin de tout et tous. Sans connexion d'aucune sorte. Pas m&#224;&#170;me un journal. Juste un bouquin pour la lecture du soir. Chacun le sien et qu'on &#233;changeait ensuite une fois termin&#233;. Voyager l&#233;ger et sans appr&#224;&#170;ts. J'aurais pris la tablette, &#224;&#167;'aurait &#233;t&#233; diff&#233;rent. On aurait su. Mais trop gal&#232;re de toujours trouver une prise pour la recharger. Il aurait fallu suivre un itin&#233;raire avec camping pour chaque nuit ou presque. La coupure n'aurait pas &#233;t&#233; la m&#224;&#170;me &#8212; je parle de la derni&#232;re fois. Dans mon souvenir, c'est la m&#224;&#170;me image qui se superpose, abstraction faite du paysage environnant. Et de la saison. En &#233;t&#233;. La seconde, c'&#233;tait le printemps. Une luminosit&#233; que Julien Gracq aurait qualifi&#233; d'&lt;i&gt;acide&lt;/i&gt;. Je revois une route en pente, et en haut un drapeau tricolore qu'on agite. Des klaxons aussi, les deux fois. Des jeunes types assis sur les capots des voitures. Des filles aux joues maquill&#233;es bleu blanc rouge. Toute une foule beuglante, avin&#233;e et &lt;i&gt;stoned&lt;/i&gt;, g&#233;n&#233;rations confondues dans l'ivresse. Je me souviens d'une masse communiant dans l'euphorie du nombre et s'&#233;gaillant dans toutes les directions, sans but sinon d'occuper l'espace de leurs cris, de leurs corps. Je me souviens aussi de leur regard. Ce m&#233;pris agressif. La premi&#232;re fois, on s'est dit que c'&#233;tait sans doute parce qu'on avait l'air un peu crasseux, apr&#232;s plus d'une semaine sans avoir vu une douche. &#224;&#8364; cause aussi de notre &#233;tonnement devant autant d'excitation. C'&#233;tait la f&#224;&#170;te et on d&#233;tonnait comme deux cons. Ils avaient gagn&#233; &#8212; &#224;&#167;a qu'ils criaient &#8212; et nous, on ne le savait m&#224;&#170;me pas. D'o&#249; ils avaient sorti soudain tous ces drapeaux, la premi&#232;re fois, on n'a jamais compris. C'&#233;tait en 98, pour la coupe du monde de foot. Ils c&#233;l&#233;braient la victoire de la France. De son &#233;quipe de foot. La leur. La seconde fois, on a &#233;t&#233; moins surpris. C'&#233;tait m&#224;&#170;me parce qu'on l'avait pressenti qu'on &#233;tait parti marcher. Quitte &#224; para&#238;tre l&#224;&#162;ches. Se faire traiter de complices. Parce qu'on n'en pouvait plus. Parce qu'on avait besoin d'air. De se retrouver. Parce qu'on l'avait pressenti cette mar&#233;e de drapeaux tricolores. Devin&#233; sans oser se l'avouer. Ils avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; si nombreux &#224; pavoiser &#224; peine deux ans auparavant&#8230; Il &#233;tait temps de fuir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;generated by :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Narrateur qui marche le long d&#1370;une route de campagne non famili&#232;re, &#8211; arrive dans un pays &#233;trange et irr&#233;el. &lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, The Commonplace Book, note 5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in' title=&#034;le projet&#034;&gt;LOVECRAFT GENERATOR&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;table des mati&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_540 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/-&gt;https:/www.amazon.fr/gp/product/1535213574/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;#38;camp=1642&amp;#38;creative=6746&amp;#38;creativeASIN=1535213574&amp;#38;linkCode=as2&amp;#38;tag=letierslivre-21'&gt;&lt;img src='https://xn--chatperch-p1a2i.net/IMG/jpg/-11.jpg?1512543892' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>personne le connaissait, son nom</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article744</link>
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		<dc:date>2015-11-24T10:48:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>fiction</dc:subject>
		<dc:subject>contraintes</dc:subject>
		<dc:subject>fantastique</dc:subject>
		<dc:subject>Lovecraft</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un &#233;trange &#224;&#170;tre humain (ou plusieurs) vivant dans une vieille maison en ruine loin des quartiers populaires (soit dans le vieux Nord-Est ou un pays lointain et exotique). On le soup&#224;&#167;onne (en se basant sur sa silhouette et ses habits) de n&#1370;&#224;&#170;tre pas compl&#232;tement humain. &lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, &lt;a href=&#034;http://thelovecraftmonument.com/spip.php?article33&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;The Commonplace Book&lt;/a&gt;, note 212.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;LOVECRAFT GENERATOR&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;fiction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;contraintes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;fantastique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;Lovecraft&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Personne le connaissait, son nom&#8230; M&#224;&#170;me s'il en avait forc&#233;ment un, comme tout le monde&#8230; Le facteur, tu le voyais jamais aller jusqu'&#224; sa bicoque&#8230; En m&#224;&#170;me temps, faut dire qu'avec ses chiens, &#224;&#167;a donnait gu&#232;re envie&#8230; Des b&#224;&#170;tes comme &#224;&#167;a, on devrait pas avoir le droit&#8230; D'accord, ils &#233;taient attach&#233;s, mais quand m&#224;&#170;me&#8230; Il est mort quand &#171; Le Bouc &#187; ?&#8230; Il para&#238;t qu'il y avait un bordel dans la baraque&#8230; Presque pire que devant &#224; ce qu'on m'a dit !&#8230; M&#224;&#170;me au d&#233;but on l'appelait comme &#224;&#167;a, &#171; Le Bouc &#187;&#8230; Il me semble bien que oui&#8230; Il s'est install&#233; sans rien demander &#224; personne&#8230; Combien de temps qu'elle &#233;tait ferm&#233;e l'usine ?&#8230; Qu'&#224; la mairie, ils aient laiss&#233; faire &#224;&#167;a, je te dirais bien que j'ai jamais compris&#8230; Un gars que personne connaissait, m&#224;&#170;me pas lever le petit doigt pour l'emp&#224;&#170;cher de squatter la maison du concierge&#8230; S'il avait vu &#224;&#167;a, le pauvre gars, dans quel &#233;tat qu'il l'avait mise sa maison !&#8230; Toutes les saloperies qu'il ramenait&#8230; Pas plus ferrailleur que toi ou moi, jamais il vendait quoi que ce soit... Il entassait, c'est tout !&#8230; &#224;&#8364; la mairie, s'ils avaient vraiment voulu le virer&#8230; Rien que du point de vue de l'hygi&#232;ne&#8230; Heureusement qu'il avait pas de voisins&#8230; Insupportable que &#224;&#167;'aurait &#233;t&#233; pour l'odeur&#8230; M&#224;&#170;me quand tu faisais que le croiser&#8230; Le patelin est pas bien grand, alors forc&#233;ment tu le croisais de temps en temps&#8230; M&#224;&#170;me s'il sortait pas souvent&#8230; Par contre, tu pouvais pas le manquer : avec sa cotte toute crado sur le dos qu'il allait faire ses courses&#8230; Il prenait jamais la peine de se changer&#8230; M&#224;&#170;me pas s&#224; &#187;r qu'il ait eu de quoi&#8230; Une cotte couverte de cambouis, fallait voir &#224;&#167;a&#8230; Du genre qui aurait tenu debout toute seule !&#8230; &#224;&#8364; la sup&#233;rette qu'il allait&#8230; Toujours &#224; la sup&#233;rette&#8230; Plus d'une fois que je l'ai crois&#233; l&#224; -bas&#8230; Avec ses deux gros sacs dans chaque main&#8230; Il lui fallait bien &#224;&#167;a pour ramener ses litres !&#8230; C'est pas &#224;&#167;a qui l'emp&#224;&#170;chait de rouler&#8230; Tout le temps &#224; r&#224;&#180;der&#8230; Et son camion !&#8230; Une &#233;pave !&#8230; Y en a qui disent qu'il aurait &#233;t&#233; artisan dans le temps : j'ai du mal &#224; y croire !&#8230; C'est comme ceux qui le disaient chaud lapin&#8230; Il avait d&#224; &#187; sacr&#233;ment changer depuis ce temps-l&#224; &#8230; Elle est pas n&#233;e celle qu'en aurait voulu d'un gars tout cass&#233; comme il &#233;tait&#8230; C'&#233;tait plus un dos qu'il avait !&#8230; Tu penses, &#224; se transbahuter toutes ses saloperies &#224; longueur de journ&#233;e !&#8230; On m'&#224;&#180;tera pas de l'id&#233;e qu'il avait plus toute sa t&#224;&#170;te&#8230; D&#233;j&#224; , rien qu'avec tout ce qu'il avalait&#8230; De la vinasse, fallait voir !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;*&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le truc qui me faisait le plus flipper, c'&#233;tait ses chiens&#8230; En m&#224;&#170;me temps, tu comprends qu'il ait eu envie d'&#224;&#170;tre peinard, tu vois&#8230; Le mec, il avait rien demand&#233; &#224; personne&#8230; Il vivait sa vie, point barre&#8230; Ici, c'&#233;tait peut-&#224;&#170;tre pas le bon endroit pour ce genre de trip&#8230; Chaque fois que j'allais r&#233;p&#233;ter au local, je mettais mon &#233;tui de guitare entre moi ses chiens&#8230; Il avait laiss&#233; pile la longueur de cha&#238;ne qu'il fallait&#8230; Trop flippant&#8230; Il faudrait &#233;crire une chanson un jour, sur lui&#8230; T'en croises pas cinq dans ta vie des mecs comme lui&#8230; Jusqu'au bout de son trip il &#233;tait all&#233;&#8230; C'est fort, &#224;&#167;a&#8230; Couper les ponts comme &#224;&#167;a, je sais pas si j'en serais capable&#8230; En tout cas, pour moi, pas maintenant, tu vois&#8230; Un truc un peu psych&#233;&#8230; J'avais not&#233; juste un titre, une fois : &lt;i&gt;Talking with the dead man&lt;/i&gt;&#8230; Toute ma vie, je m'en souviendrai&#8230; Trop fort, tu vois&#8230; Il m'avait bien mordu son putain de cl&#233;bard&#8230; Un truc de dingue qu'on a v&#233;cu ce soir-l&#224; &#8230; Comment j'ai hallucin&#233; grave quand il nous a dit d'entrer&#8230; Comment il a lev&#233; la main pour calmer ses chiens&#8230; Juste un geste et ils filaient doux, tu vois&#8230; D&#233;j&#224; &#224;&#167;a, tu vois&#8230; Et puis l'ambiance&#8230; Il faisait nuit et tout&#8230; On avait fum&#233; grave aussi&#8230; &#171; Le Bouc &#187; qui nous appelle et tout&#8230; M&#224;&#170;me il nous fait rentrer, tu vois&#8230; Un bordel l&#224; -dedans !&#8230; Des machines &#224; laver d&#233;soss&#233;es, des vieilles t&#233;l&#233;s, des ordis d&#233;mont&#233;s&#8230; Des piles, j'te jure !&#8230; Et comment il t'a soign&#233; la main&#8230; C'&#233;tait trop flippant&#8230; Des esp&#232;ces d'herbes s&#233;ch&#233;es qu'il a sorties d'un bocal&#8230; Il marmonnait un truc, style chaman et tout&#8230; Il nous a m&#224;&#170;me servi un coup de gn&#224;&#180;le, le mec&#8230; Cool, tu vois&#8230; Une bouteille trop styl&#233;e, avec une vip&#232;re dedans&#8230; J'te jure, une vip&#232;re !&#8230; C'est quand on a voulu partir que je l'ai senti un peu mal&#8230; Comment il t'a chop&#233; la main !&#8230; Le mec, il m'arrache une bague, tu vois&#8230; On a rien vu venir&#8230; Direct, le mec&#8230; Il prend la bague et il me fait&#8230; Un truc style : comment tu peux porter des morts dont tu connais m&#224;&#170;me pas le nom, tu vois&#8230; Un truc &#233;norme !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;generated by :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un &#233;trange &#224;&#170;tre humain (ou plusieurs) vivant dans une vieille maison en ruine loin des quartiers populaires (soit dans le vieux Nord-Est ou un pays lointain et exotique). On le soup&#224;&#167;onne (en se basant sur sa silhouette et ses habits) de n&#1370;&#224;&#170;tre pas compl&#232;tement humain. &lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, The Commonplace Book, note 212.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in' title=&#034;le projet&#034;&gt;LOVECRAFT GENERATOR&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;table des mati&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_540 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/-&gt;https:/www.amazon.fr/gp/product/1535213574/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;#38;camp=1642&amp;#38;creative=6746&amp;#38;creativeASIN=1535213574&amp;#38;linkCode=as2&amp;#38;tag=letierslivre-21'&gt;&lt;img src='https://xn--chatperch-p1a2i.net/IMG/jpg/-11.jpg?1512543892' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>l'homme sans foule</title>
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		<dc:date>2015-07-08T09:42:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>fiction</dc:subject>
		<dc:subject>contraintes</dc:subject>
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		<dc:subject>Lovecraft</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On ne peut pas parler de pressentiment. Comme une impression survenue dans le demi-sommeil, paressant, s'accordant encore un peu de temps. Peut-&#224;&#170;tre &#233;tait-ce d&#224; &#187; &#224; la qualit&#233; du silence. La circulation, en principe, avait d&#233;marr&#233; &#224; cette heure-l&#224; . Fluide, certes, mais aussi les bruits m&#233;talliques des camions de livraison. Le tabac d'en face qui relevait son portail. Rien des bruits qui accompagnaient le lever. Un instant, croire &#224; une panne &#233;lectrique. Cette vieille rengaine de ses parents que sans (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;contraintes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;fantastique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;Lovecraft&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On ne peut pas parler de pressentiment. Comme une impression survenue dans le demi-sommeil, paressant, s'accordant encore un peu de temps. Peut-&#224;&#170;tre &#233;tait-ce d&#224; &#187; &#224; la qualit&#233; du silence. La circulation, en principe, avait d&#233;marr&#233; &#224; cette heure-l&#224; . Fluide, certes, mais aussi les bruits m&#233;talliques des camions de livraison. Le tabac d'en face qui relevait son portail. Rien des bruits qui accompagnaient le lever. Un instant, croire &#224; une panne &#233;lectrique. Cette vieille rengaine de ses parents que sans &#233;lectricit&#233;, la vie serait impossible... Le monde s'arr&#224;&#170;terait de tourner... Mais non : les chiffres du radio-r&#233;veil s'affichaient bien. Fixer les deux points qui clignotent entre heure et minutes. Tout continuait comme avant. Le temps ne s'&#233;tait pas arr&#224;&#170;t&#233;. Sourire d'avoir eu un instant une pens&#233;e aussi absurde. Un peu tendu peut-&#224;&#170;tre. Beaucoup travaill&#233; ces derni&#232;res semaines. Prendre une douche. Se laver de ces id&#233;es noires... Id&#233;es stupides... O&#249; avait-il lu &#224;&#167;a ? O&#249; vu ? Souvenir vague qui peine &#224; remonter. D'un monde en arr&#224;&#170;t et qu'un seul survivant. Il avait le temps d'une longue douche. Demeurer sous le jet. S'y ragaillardir. Clich&#233; rebattu de la pub. R&#233;veil tonique... C'&#233;tait &#233;crit sur le flacon de gel douche. Quand proposeraient-ils de faire peau neuve !... Le temps de s'habiller, il consulterait ses mails sur son t&#233;l&#233;phone. &#224;&#8225;a aussi fonctionnait. En revanche, ce silence. &#224;&#8240;tonnant ! La radio diffusait un programme musical. Sans doute encore en gr&#232;ve ! Inter... Culture... Pas plus mal apr&#232;s tout. Cet encha&#238;nement de chroniques qui se r&#233;p&#233;taient en boucle. Leur seul int&#233;r&#224;&#170;t &#233;tait de renseigner sur le passage du temps. Rien de plus qu'une horloge parlante. Au moment de la chronique sur la politique &#233;trang&#232;re qu'il fallait partir. &#224;&#8364; la bourre sinon pour le taf. Appeler S. pendant que l'eau chauffait dans la bouilloire. Lui demander de confirmer pour le rendez-vous de cet apr&#232;s-midi. Messagerie vocale. C'est vrai qu'il &#233;tait un peu t&#224;&#180;t. Lui dire qu'il le rappellerait dans la matin&#233;e. &#224;&#8364; plus !... Quand il sortit pour se rendre au travail, il aper&#224;&#167;ut le chat du rez-de-chauss&#233;e miauler d&#233;sesp&#233;r&#233;ment devant la fen&#224;&#170;tre. Comme grattant la vitre de sa patte. Lui aurait aim&#233; avoir un chien. Plus tard. Quand il disposerait de plus d'espace. Dr&#224;&#180;le de b&#224;&#170;tes les greffiers. Cette fa&#224;&#167;on qu'ils ont de r&#233;clamer obstin&#233;ment. Pas du genre &#224; l&#224;&#162;cher l'affaire ! Il n'avait pas r&#224;&#170;v&#233; tout &#224; l'heure. Le tabac n'&#233;tait pas ouvert ce matin. Il jeta un &#339;il &#224; travers le grillage m&#233;tallique. M&#224;&#170;me pas un mot pour expliquer. Cas de force majeure sans doute. Mais au moins pour la client&#232;le... Une simple formule d'excuse. &#224;&#8240;tonnant de sa part. Le croyait plus malin. Pas le seul tabac de la ville ! Pr&#232;s de l'arr&#224;&#170;t du tram, il y en avait un. L&#224; qu'il ach&#232;terait son paquet du jour. D&#233;j&#224; un mois qu'il essayait de diminuer. &#224;&#8225;a plus la surcharge de boulot... Il ne fallait pas aller chercher bien loin. L&#224; l'origine de cette esp&#232;ce d'anxi&#233;t&#233; qui le taraudait depuis son r&#233;veil. Quand il d&#233;boucha sur le boulevard, il s'arr&#224;&#170;ta un instant. Pas une voiture ne circulait. Quant aux trams... On n'entendait que le chant de deux merles qui se r&#233;pondaient. Trilles rapides. Se poursuivaient d'arbre en arbre. C'est vrai qu'on &#233;tait d&#233;j&#224; en mars. On avait donc ferm&#233; la circulation sur le boulevard ? Une manif de pr&#233;vue ? Entendu parler de rien. Et tous ces magasins ferm&#233;s. &#224;&#8364; l'arr&#224;&#170;t du tram, aucune info particuli&#232;re. Sinon le d&#233;part imminent d'un tram qui n'&#233;tait pas l&#224; . Quand ils apprendraient &#224; communiquer, ceux-l&#224; ! Appeler le boulot. Eux sauraient peut-&#224;&#170;tre. Et les pr&#233;venir pour son retard. S'il devait marcher jusque l&#224; -bas... La voix de l'h&#224;&#180;tesse sur le r&#233;pondeur. Il se passait quoi ? Il se passait quoi &#224; la fin ? Une envie d'hurler. De courir. Il n'&#233;tait tout de m&#224;&#170;me pas le seul &#224;&#170;tre vivant dans la ville !... Il tenat s'appeler ses parents... ses amis... diff&#233;rents coll&#232;gues... Partout ces messageries... Un truc &#224; devenir dingue ! Cavaler jusqu'au bureau... Se calmer par la course... Courir comme un gosse... Ou comme un malade... Pens&#233;es qui d&#233;boulent... Flashes sombres... Courir... Se vider la t&#224;&#170;te en courant... Courir... Arr&#224;&#170;ter de fumer... M&#224;&#170;me pas cinq cent m&#232;tres et d&#233;j&#224; &#224; bout de souffle... Envie de vomir... Tenir bon... Se rendre au travail... Ce n'&#233;tait pas possible... Ce d&#233;cor de ville et pas une &#224;&#162;me... Un cauchemar... &#224;&#8225;a devait pouvoir arriver qu'on r&#224;&#170;ve qu'on se r&#233;veille, se l&#232;ve... Prendre le contr&#224;&#180;le des images... Se r&#233;veiller... Sortir de l&#224; ... Il le fallait... Courir encore... Courir... Cette douleur dans le bras... La poitrine... Ce n'&#233;tait pas possible... Il ne pouvait pas &#224;&#170;tre le dernier... Un nouvel arr&#224;&#170;t de tram... Couper plut&#224;&#180;t que suivre la ligne... Raccourci... Cette affiche placard&#233;e... Yeux qui papillotent... S&#233;curit&#233; nucl&#233;aire... Reprendre son souffle... 20 mars... Respirer &#224; fond... Exercice d'&#233;vacuation... En appui sur le plexiglas de l'arr&#224;&#170;t... Une voiture de flics qui s'approche... S'allonger... Ne pas &#224;&#170;tre vu... Sir&#232;ne... En coupant par les rues pi&#233;tonnes... Ils diraient quoi au boulot ?... Pas foutu de se souvenir d'un truc pareil !... Trop faible l'argument du surmenage... Un sombre con !... Point barre !... Et pour retrouver un taf &#233;quivalent !... Courir... Semer les flics dans les petites rues... Courir... Cette douleur au thorax... Jusque dans la gorge...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On met quoi sur le rapport ? Question des causes de la mort, quoi... Parce que si on dit qu'on l'a poursuivi, au jour d'aujourd'hui... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;generated by :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelqu&#1370;un regarde &#224; sa fen&#224;&#170;tre et s&#1370;aper&#224;&#167;oit que la ville et le monde sont morts (ou &#233;trangement chang&#233;s) &#224; l&#1370;ext&#233;rieur. &lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, The Commonplace Book, note 205.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in' title=&#034;le projet&#034;&gt;LOVECRAFT GENERATOR&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_540 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/-&gt;https:/www.amazon.fr/gp/product/1535213574/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;#38;camp=1642&amp;#38;creative=6746&amp;#38;creativeASIN=1535213574&amp;#38;linkCode=as2&amp;#38;tag=letierslivre-21'&gt;&lt;img src='https://xn--chatperch-p1a2i.net/IMG/jpg/-11.jpg?1512543892' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Hors de</title>
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		<dc:date>2015-07-07T08:04:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>bref</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crire en ligne</dc:subject>
		<dc:subject>contraintes</dc:subject>
		<dc:subject>mauvais genres</dc:subject>
		<dc:subject>fantastique</dc:subject>
		<dc:subject>Lovecraft</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Hors de &lt;br class='autobr' /&gt;
X |X |X Cet apr&#232;s-midi, rentr&#233; du taf un peu plus t&#224;&#180;t. D&#233;couvert le cahier qui me sert de journal sur mon bureau. L'avais planqu&#233; comme chaque fois parmi la pile de chemises cartonn&#233;es pour l'administratif. Comme malheureusement le seul &#224; m'en occuper dans cette baraque. Le seul m&#224;&#170;me &#224; s'en soucier ! Le tiendrai d&#233;sormais ici, directement sur l'ordi portable fourni par ma bo&#238;te. Avant qu'elle trouve le mot de passe... Certain que c'est elle. Impossible qu'elle soit tomb&#233;e dessus par hasard. Elle (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;contraintes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot80" rel="tag"&gt;mauvais genres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;fantastique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;Lovecraft&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Hors de&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet apr&#232;s-midi, rentr&#233; du taf un peu plus t&#224;&#180;t. D&#233;couvert le cahier qui me sert de journal sur mon bureau. L'avais planqu&#233; comme chaque fois parmi la pile de chemises cartonn&#233;es pour l'administratif. Comme malheureusement le seul &#224; m'en occuper dans cette baraque. Le seul m&#224;&#170;me &#224; s'en soucier ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Le tiendrai d&#233;sormais ici, directement sur l'ordi portable fourni par ma bo&#238;te. Avant qu'elle trouve le mot de passe... Certain que c'est elle. Impossible qu'elle soit tomb&#233;e dessus par hasard. Elle cherche quoi ? En tout cas, n'a pas d&#224; &#187; &#224;&#170;tre d&#233;&#224;&#167;ue &#224; la lecture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Se pr&#233;parer &#224; l'effet boomerang, ou retour en pleine gueule.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gosses ? Depuis le temps qu'ils vivent dans leur bulle. Les imagine mal faire preuve de la moindre curiosit&#233; envers moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X &lt;br class='autobr' /&gt;
Engueulade ridicule, comme toujours. Encore une fois parce que la porte du sous-sol laiss&#233;e ouverte. P&#233;nible, le chat en profite pour aller pisser dans le sable. Longtemps que renonc&#233; &#224; y conserver des l&#233;gumes, mais l'odeur... Impossible dans cette barque d'obtenir qu'on ferme les portes. &#224;&#8364; part celles de leurs chambres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
Personne ne fait attention &#224; rien dans cette maison. Marre de devoir passer derri&#232;re chacun, toujours tout v&#233;rifier. L'envie parfois de me barrer sans pr&#233;venir. Pour aller o&#249; ? On verrait bien... Pourtant pas bien compliqu&#233; de refermer la porte de communication entre l'entr&#233;e et le garage. Les m&#224;&#180;mes sans doute. R. laisse toujours sa Mini dans la cour. Rentrent leur scooter et filent dans leur piaule sans faire gaffe &#224; quoi que ce soit. Pendant ce temps-l&#224; , tout le rez-de-chauss&#233;e qui se refroidit. Bonjour la facture de gaz !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
Constat&#233; hier midi que les lumi&#232;res du sous-sol &#233;taient allum&#233;es. J'ai beau gueuler, rien n'y fait. Autant parler &#224; des murs. Je crains m&#224;&#170;me que ce ne soit l'effet inverse que j'obtienne. R. prend des airs pinc&#233;s de grande dame au moindre reproche. &#224;&#8221; joie de la vie de couple et de la paternit&#233;... Ne sais trop ce qui me retient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
Crois avoir compris pourquoi tant de n&#233;gligence avec la porte et les lumi&#232;res du sous-sol : aux bouteilles qu'ils en ont ! Une nette pr&#233;f&#233;rence pour le blanc d'apr&#232;s ce que j'ai pu constater. Quasi liquid&#233; mes r&#233;serves... Quant &#224; savoir qui des trois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
Inutile d'envenimer les choses, d&#233;j&#224; assez de tensions comme &#224;&#167;a dans la baraque. L'admettre une fois pour toutes : on n'est pas toujours ma&#238;tre chez soi... Tant bien que mal, vivre sa vie. &#224;&#8364; quoi parfois on se trouve r&#233;duit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour sans pr&#233;venir, laisser la cl&#233; sous la porte. Sans doute ce que j'aurais de mieux &#224; faire. En ai jamais autant ressenti l'envie. Et la n&#233;cessit&#233;. Tenir bon. Aller gagner la thune qu'ils claquent all&#232;grement. Ramener de quoi remplir le frigo. Payer les factures. Fermer les portes derri&#232;re eux ! Et &#233;teindre les lumi&#232;res...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
L'impression que de plus en plus de descentes au sous-sol. J'h&#233;site &#224; rentrer de nouveau du vin. Au train o&#249; &#224;&#167;a va, il/elles (?) aura(ont) bient&#224;&#180;t le foie comme une past&#232;que. Quelle soif ! Pas &#233;tonnant que tout ce petit monde se r&#233;fugie dans sa chambre. Pour cuver ou faire semblant de ne s'apercevoir de rien. Mis&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
Tenir bon. Les descentes &#224; la cave semblent s'&#224;&#170;tre calm&#233;es. Et les deux gosses partent la semaine prochaine pour un s&#233;jour linguistique. M'aura co&#224; &#187;t&#233; un beau paquet d'heures sup leur guignolade chez les rosbeefs ! Pas s&#224; &#187;r de m'apercevoir de leur absence. Combien de phrases &#233;chang&#233;es avec eux en une semaine ? Doivent se compter sur les doigts d'une main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas besoin d'avoir fait Polytechnique pour comprendre : retrouve quotidiennement la porte du sous-sol ouverte depuis le d&#233;part des gosses. C'est donc elle qui siffle les boutanches. &#224;&#8240;tonnant cette fa&#224;&#167;on qu'elle a de me faire signe. Comme si elle avait besoin de savoir que j'&#233;tais au courant. Un vrai truc de tordu. En tout cas, chapeau bas : m&#224;&#170;me en soir&#233;e, impossible d'imaginer qu'elle a siffl&#233; plusieurs litrons depuis le matin. Longtemps que je serais crev&#233; &#224; ce r&#233;gime-l&#224; . Pas faux que les femmes sont plus r&#233;sistantes qu'on croit. Toutes ces l&#233;gendes sur la douleur, les femmes &#224; l'accouchement, les nourrissons faisant leurs dents... Et pour nous, les m&#224;&#162;les adultes ?... Hors douleur de toute &#233;ternit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
Failli ne pas rentrer hier. &#224;&#8225;a m'a pris en sortant du boulot. L'impression qu'il serait impossible de franchir la porte de la maison. Tout &#224;&#167;a me p&#232;se. Cette sensation d'&#224;&#170;tre un &#233;tranger chez soi. Me suis raisonn&#233; en pensant qu'elle devait s'absenter elle aussi la semaine prochaine. Soi disant pour aller randonner avec une copine de son club de gym ! Et sur les chemins douaniers en plus ! D'ici &#224; ce qu'on la retrouve en bas d'une falaise. Avec tout ce qu'elle avale... &#224;&#8364; moins qu'une tentative d'arr&#224;&#170;ter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
Seul ! Enfin seul !... Seule ombre au tableau, avoir retrouv&#233; la porte du sous-sol ouverte, ce matin. Me semblait pourtant bien l'avoir referm&#233;e hier soir. &#224;&#8240;tais descendu chercher un Pomerol, histoire de f&#224;&#170;ter ma tranquillit&#233; retrouv&#233;e. &#224;&#8364; moins que je ne l'aie ouverte par d&#233;rision. Avais un coup dans le nez en montant me coucher. Qu'importe ! Puisque seul et peinard...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore et toujours cette porte ouverte. Cette fois je suis bien s&#224; &#187;r qu'elle &#233;tait ferm&#233;e quand je suis parti au boulot. Elle ne serait donc pas partie en Bretagne ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Reviendrait picoler en cachette ? Stop ! Cette foutue tendance &#224; me faire des films d&#232;s que seul...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
Ai beau me r&#233;p&#233;ter de ne pas faire une fixation sur cette porte... Changerai demain la poign&#233;e. La m&#224;&#170;me depuis la construction de la maison. Vingt ans l'an prochain. Et pas terrible le bois de la porte. Travaille s&#224; &#187;rement avec les variations de temp&#233;rature et d'humidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
Poign&#233;e chang&#233;e mais rien n'y fait. Suis descendu plusieurs fois au sous-sol, sans rien constater d'anormal. Mais cette porte sans cesse ouverte !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette fois, les choses se pr&#233;cisent. Ai r&#233;ussi &#224; prendre en photo les empreintes de pas laiss&#233;es dans l'escalier. Clich&#233;s pas terribles &#224; cause de l'&#233;clairage n&#233;on, et flash assez foireux du petit appareil num&#233;rique &#8211; me demande bien pourquoi je lui ai laiss&#233; emmener le gros pour sa randonn&#233;e ! D'ici &#224; ce qu'elle me le ram&#232;ne en vrac...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
Idem pour la porte. Et encore des empreintes : cette fois dans l'escalier qui m&#232;ne &#224; l'&#233;tage. Les m&#224;&#170;mes, &#224;&#167;a j'en mettrais ma main &#224; couper. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle m'a appel&#233; hier soir. Ne lui ai rien dit de ce qui se passe ici. M'aurait trait&#233; de dingue &#224; coup s&#224; &#187;r...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
Pos&#233; trois jours de RTT. Besoin de faire un break. Ne suis pas rentr&#233;. Dors ce soir &#224; l'h&#224;&#180;tel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ne serai pas &#224; la maison quand elle rentrera. La gueule qu'elle va tirer ! Lui ai juste laiss&#233; un mot. Qu'elle se charge samedi d'accueillir les gosses &#224; leur retour d'Angleterre. Pour une fois qu'elle se rendra utile...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
R a laiss&#233; trois ou quatre messages sur mon portable. Paniqu&#233;e ! Veux &#224; tout prix savoir o&#249; je suis. Et avec qui ? Ne lui r&#233;pondrai pas. Quelle piti&#233; que cet imaginaire de vaudeville !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
Fou comme elle s'acharne &#224; me relancer ! Bien l'impression qu'elle ne comprenne pas la gravit&#233; de ce qui se passe &#224; la maison. Lui ai seulement envoy&#233; un texto : qu'elle vende la baraque pendant qu'il en est encore temps. N'ai pas &#233;voqu&#233; mes soup&#224;&#167;ons quant &#224; son penchant pour la bouteille. La pauvre y comprendrait quoi ? &#224;&#8364; part encore une fois me traiter de parano...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X |X |X&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle et les gosses m'accablent de messages et de textos. Il semblerait bien qu'ils ne veulent rien entendre. Esp&#232;rent toujours mon retour. Comme s&#1370;il &#233;tait possible !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;generated by :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Des portes qu&#1370;on retrouve myst&#233;rieusement ouvertes ou ferm&#233;es &#8211; exciter la terreur. &lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, The Commonplace Book, note 17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in' title=&#034;le projet&#034;&gt;LOVECRAFT GENERATOR&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;table des mati&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_540 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/-&gt;https:/www.amazon.fr/gp/product/1535213574/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;#38;camp=1642&amp;#38;creative=6746&amp;#38;creativeASIN=1535213574&amp;#38;linkCode=as2&amp;#38;tag=letierslivre-21'&gt;&lt;img src='https://xn--chatperch-p1a2i.net/IMG/jpg/-11.jpg?1512543892' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>contes, nouvelles | comment &#224;&#167;a s'&#233;crit</title>
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		<guid isPermaLink="true">https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article689</guid>
		<dc:date>2015-07-06T08:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>&#233;crire</dc:subject>
		<dc:subject>fiction</dc:subject>
		<dc:subject>Simenon</dc:subject>
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		<dc:subject>Cortazar</dc:subject>
		<dc:subject>Stephen King</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;mise &#224; jour progressive ; toutes suggestions d'extraits bienvenues !... &lt;br class='autobr' /&gt;
Julio Cortazar | Stephen King | Georges Simenon | Julio Cortazar | Raymond Chandler | Philip K.Dick &lt;br class='autobr' /&gt;
Et la seule mani&#232;re de r&#233;ussir cette s&#233;questration momentan&#233;e du lecteur, c'est par le biais d'un style fond&#233; sur l'intensit&#233; et sur la tension, un style o&#249; tous les &#233;l&#233;ments de forme et d'expression s'ajustent sans la moindre concession &#224; la nature du sujet, lui donnent sa forme visuelle et auditive la plus p&#233;n&#233;trante et originale, le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;LOVECRAFT GENERATOR&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot5" rel="tag"&gt;&#233;crire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;fiction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;Simenon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot80" rel="tag"&gt;mauvais genres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot161" rel="tag"&gt;Cortazar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Stephen King&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;mise &#224; jour progressive ; toutes suggestions d'extraits bienvenues !...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article689#un_ancre' class='spip_in' title=&#034;intensit&#233; et tension&#034;&gt;Julio Cortazar&lt;/a&gt; | &lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article689#deux_ancre' class='spip_in' title=&#034;du danger de l'intrigue&#034;&gt;Stephen King&lt;/a&gt; | &lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article689#trois_ancre' class='spip_in' title=&#034;de l'usage du microscope&#034;&gt;Georges Simenon&lt;/a&gt; | &lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article689#quatre_ancre' class='spip_in' title=&#034;charge et myst&#232;re de l'image&#034;&gt;Julio Cortazar&lt;/a&gt; | &lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article689#cinq_ancre' class='spip_in' title=&#034;personnages, cadre et atmosph&#232;re r&#233;alistes&#034;&gt;Raymond Chandler&lt;/a&gt; | &lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article689#six_ancre' class='spip_in' title=&#034;faire prendre corps au mythe&#034;&gt;Philip K.Dick&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&#034;un_ancre&#034;&gt;&lt;/a&gt;Et la seule mani&#232;re de r&#233;ussir cette s&#233;questration momentan&#233;e du lecteur, c'est par le biais d'un style fond&#233; sur l'intensit&#233; et sur la tension, un style o&#249; tous les &#233;l&#233;ments de forme et d'expression s'ajustent sans la moindre concession &#224; la nature du sujet, lui donnent sa forme visuelle et auditive la plus p&#233;n&#233;trante et originale, le rendent unique, inoubliable, le figent pour toujours dans son temps et dans son ambiance et dans son sens le plus primordial. Ce que j'appelle intensit&#233; dans un conte consiste &#224; &#233;liminer toutes les id&#233;es ou situations interm&#233;diaires, tous les remplissages ou phases de transition que le roman permet et m&#224;&#170;me exige.&lt;br class='autobr' /&gt;
Julio Cortazar, &#171; Quelques aspects du conte &#187;, 1963.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&#034;deux_ancre&#034;&gt;&lt;/a&gt;De mon point de vue, un roman, une histoire, comporte trois &#233;l&#233;ments : la narration, qui fait avancer le r&#233;cit du point A au point B, et finalement jusqu'au point Z ; la description, charg&#233;e de cr&#233;er une r&#233;alit&#233; sensorielle pour le lecteur ; et les dialogues, qui donnent vie aux personnages &#224; travers leurs &#233;changes verbaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous vous demandez peut-&#224;&#170;tre o&#249; je mets l'intrigue, dans tout &#224;&#167;a. La r&#233;ponse &#8212; la mienne, en tout cas &#8212; est : nulle part. Je n'essaierai pas de vous convaincre que je n'ai jamais b&#224;&#162;ti d'intrigue, pas plus que je n'essaierai de vous convaincre que je n'ai jamais menti, mais j'&#233;vite le plus possible de faire l'un comme l'autre. Je me m&#233;fie des intrigues pour deux raisons : d'abord parce que nos vies en sont essentiellement d&#233;pourvues, en d&#233;pit de toutes les pr&#233;cautions raisonnables que nous pouvons prendre, de la minutie avec laquelle nous dressons nos plans ; ensuite parce que je consid&#232;re qu'il y a incompatibilit&#233; entre la construction d'une intrigue et la spontan&#233;it&#233; de la v&#233;ritable cr&#233;ation. C'est un point sur lequel je dois &#224;&#170;tre clair : je d&#233;sire que vous compreniez que ma conviction la plus profonde, quant &#224; l'invention des histoires, est qu'elles se fabriquent en grande partie d'elles-m&#224;&#170;mes. Le boulot de l'&#233;crivain consiste &#224; leur donner un lieu o&#249; s'&#233;panouir (et &#224; les transcrire, bien entendu). (...) Les histoires ne sont pas des T-shirts souvenirs ou des jeux &#233;lectroniques. Ce sont des reliques, issues d'un monde pr&#233;existant, encore inconnu. Le travail de l'&#233;crivain consiste &#224; utiliser les outils de sa bo&#238;te &#224; outils pour les extraire du sol, aussi int&#233;gralement que possible, en les laissant aussi intactes que possible. Parfois, le fossile est petit, un simple coquillage. Parfois, il est &#233;norme &#8212; un &lt;i&gt;Tyrannosaurus Rex&lt;/i&gt;, avec sa gigantesque cage thoracique et son sourire plein de dents. Dans un cas comme dans l'autre, qu'il s'agisse d'une nouvelle ou d'un roman-fleuve de mille pages, les techniques d'excavation demeurent, pour l'essentiel, les m&#224;&#170;mes. (...) L'intrigue, c'est le marteau-piqueur de l'&#233;crivain. On peut certes extraire un fossile d'un sol dur au marteau-piqueur, je suis bien d'accord, mais vous savez aussi bien que moi, que cet engin va casser presque autant de restes qu'il permettra d'en lib&#233;rer. M&#233;thode grossi&#232;re, m&#233;canique, anticr&#233;atrice. Je crois que l'intrigue est le recours ultime de l'&#233;crivain, alors que le cr&#233;tin se jette dessus. L'histoire qui en r&#233;sulte a toutes les chances d'&#224;&#170;tre artificielle et laborieuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'appuie bien plus sur l'intuition, et cela parce que mes livres ont tendance &#224; se fonder sur une situation plut&#224;&#180;t que sur une histoire. Certaines des id&#233;es qui ont engendr&#233; ces livres sont plus complexes que d'autres, mais, dans leur majorit&#233;, elle sont au d&#233;part la brutale simplicit&#233; d'une vitrine de grand magasin ou d'un tableau de cire. Je place un groupe de personnages (ou peut-&#224;&#170;tre seulement deux, voire un) dans une situation plus ou moins d&#233;sagr&#233;able et j'observe comment ils font pour s'en sortir. Mon job ne consiste pas &#224; les aider, ou &#224; les manipuler jusqu'&#224; ce qu'ils soient en s&#233;curit&#233; &#8212; &#224;&#167;a, c'est la bruyante m&#233;thode du marteau-piqueur &#8212; mais de regarder ce qui se passe et de l'&#233;crire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Stephen King, &lt;i&gt;&#224;&#8240;criture, M&#233;moires d'un m&#233;tier&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&#034;trois_ancre&#034;&gt;&lt;/a&gt;J'aimerais &#224;&#170;tre encore capable d'&#233;crire un roman avec une intrigue, une action, plusieurs personnages. Mais, d&#232;s que je commence, mon microscope n'attaque qu'une minuscule parcelle d'humanit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Pour ma part mon instrument pr&#233;f&#233;r&#233; de travail est plut&#224;&#180;t le t&#233;lescope que le (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Simenon, &lt;i&gt;Quand j'&#233;tais vieux&lt;/i&gt;, cit&#233; in P. Assouline, &lt;i&gt;Autodictionnaire Simenon&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&#034;quatre_ancre&#034;&gt;&lt;/a&gt;Je dirais qu'en g&#233;n&#233;ral il y aune image, ou une s&#233;rie d'images, un moment de vie o&#249; il peut y avoir non seulement une figure et des taches de sang mais aussi un d&#233;placement de personnes, ce peut &#224;&#170;tre aussi une sc&#232;ne assez anim&#233;e o&#249; apparaissent divers personnages non identifi&#233;s mais que je vois devant moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a cela, en effet, comme premier moteur. Mais il y a plus que cela. Il ne s'agit pas seulement d'une image : l'image est lourdement charg&#233;e de quelque chose qui m'&#233;chappe. Autrement dit c'est une image diff&#233;rente de toute autre. Je peux avoir imagin&#233; quantit&#233; de choses, comme cela arrive dans des moments de distraction ; les images passent et disparaissent. Mais soudain, de temps en temps, il y en a une qui, en quelque sorte, retient mon attention un peu plus que les autres. Car elle porte en elle une incitation, ne charge. Il y a un myst&#232;re, il y a quelque chose que je dois d&#233;couvrir dans cette image. Et c'est ce qui va donner la nouvelle. Au fond, la nouvelle, c'est l'enqu&#224;&#170;te, l'enqu&#224;&#170;te qui m&#232;ne &#224; l'&#233;claircissement total de la situation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Julio Cortazar, &lt;i&gt;Entretiens avec Omar Prego&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&#034;cinq_ancre&#034;&gt;&lt;/a&gt;Les personnages, le cadre et l'atmosph&#232;re doivent &#224;&#170;tre r&#233;alistes. Il doit s'agir de gens r&#233;els dans un monde r&#233;el. Il y a bien s&#224; &#187;r un &#233;l&#233;ment d'imagination. La vraisemblance y est malmen&#233;e par le t&#233;lescopage du temps et de l'espace. C'est la raison pour laquelle plus les pr&#233;misses sont exag&#233;r&#233;es, plus les cons&#233;quences qui en d&#233;coulent doivent &#224;&#170;tre litt&#233;rales et exactes. Rares sont les auteurs &#224; s'int&#233;resser &#224; la psychologie des personnages, sans que cela signifie que c'est superflu. Ceux qui affirment que le probl&#232;me domine tout essaient simplement de dissimuler leur propre incapacit&#233; &#224; cr&#233;er des personnages et une atmosph&#232;re. Il existe diff&#233;rentes fa&#224;&#167;ons de cr&#233;er des personnages : par la m&#233;thode subjective, on entre dans les pens&#233;es et les &#233;motions du personnage ; la m&#233;thode objective ou dramatique les montre comme sur la sc&#232;ne, c'est-&#224; -dire par leur aspect, leur comportement, leurs paroles et leurs actes ; enfin ce qu'on appelle le style documentaire retrace la chronologie de l'affaire. Cette derni&#232;re s'applique en particulier aux histoires de d&#233;tectives dans lesquelles on s'efforce de retrouver le ton d'un rapport officiel, en rapportant les faits sans manifester d'&#233;motions. Quelle que soit la m&#233;thode, cependant, i faut cr&#233;er des personnages, si l'on souhaite faire une &#339;uvre de valeur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Raymond Chandler, &lt;i&gt;Quelques remarques sur le roman de myst&#232;re&lt;/i&gt; (1949)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&#034;six_ancre&#034;&gt;&lt;/a&gt;&#171; Alors les yeux des aveugles s'ouvriront et la langue des morts se d&#233;liera. &#187; La citation, biblique lui revenait vaguement en m&#233;moire. Pendant des si&#232;cles et des si&#232;cles, tous les intellectuels du monde y avaient vu une jolie fable rassurante, destin&#233;e &#224; leurrer les gens pour qu'ils se r&#233;signent &#224; leur sort. Qui aurait cru qu'un jour la pr&#233;diction se r&#233;aliserait &#224; la lettre, que ce n'&#233;tait pas un mythe ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Philip K.Dick, &lt;i&gt;&#224;&#8364; Rebrousse-temps&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Counter-Clock World&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour ma part mon instrument pr&#233;f&#233;r&#233; de travail est &lt;a href=&#034;http://www.&#224; chatperch&#233;.net/spip/spip.php?article359&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;plut&#224;&#180;t le t&#233;lescope que le microscope&lt;/a&gt;. Mais j'ai eu le malheur de commencer un livre par le mot &#171; je &#187; et aussit&#224;&#180;t on a cru qu'au lieu de chercher &#224; d&#233;couvrir des lois g&#233;n&#233;rales, je &#171; m'analysais &#187; au sens individuel et d&#233;testable du mot.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marcel Proust, Lettre &#224; Andr&#233; Lang, fin octobre 1921, cit&#233; in P. Assouline, &lt;i&gt;Autodictionnaire Proust&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Only you</title>
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&lt;p&gt;Combien d&#233;j&#224; de sites comme celui-ci ? Dont on disait partout que c'&#233;tait un truc de oufs ! Et qui bient&#224;&#180;t plongeaient l'oubli. C'&#233;tait &#224;&#167;a aussi le web, des engouements passagers. Souvent beaucoup de bruit pour rien, ou presque. Un truc marrant quand tu le d&#233;couvrais. Mais dont tout le monde se lassait tr&#232;s vite. Du neuf, et vite ! Un frisson plus grand... Un vrai comportement de cam&#233;s, toi comme les autres ! Il y avait eu le site qui te proposait de retrouver tes potes de lyc&#233;e ou de coll&#232;ge &#8212; ta (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;LOVECRAFT GENERATOR&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;contraintes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot70" rel="tag"&gt;Internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot71" rel="tag"&gt;morts&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;fantastique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;Lovecraft&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Combien d&#233;j&#224; de sites comme celui-ci ? Dont on disait partout que c'&#233;tait un truc de oufs ! Et qui bient&#224;&#180;t plongeaient l'oubli. C'&#233;tait &#224;&#167;a aussi le web, des engouements passagers. Souvent beaucoup de bruit pour rien, ou presque. Un truc marrant quand tu le d&#233;couvrais. Mais dont tout le monde se lassait tr&#232;s vite. Du neuf, et vite ! Un frisson plus grand... Un vrai comportement de cam&#233;s, toi comme les autres ! Il y avait eu le site qui te proposait de retrouver tes potes de lyc&#233;e ou de coll&#232;ge &#8212; ta g&#233;n&#233;ration n'avait pas &#233;t&#233; touch&#233;e, l'enjeu pour vous avait plut&#224;&#180;t &#233;t&#233; de brouiller les pistes, effacer les traces &#8212;, construire ton arbre g&#233;n&#233;alogique &#8212; tu &#233;tais trop jeune pour &#224;&#167;a aussi &#8212;, g&#233;n&#233;rer des couvertures de bouquins avec ton nom &#8212; tu l'as essay&#233; &#224; plusieurs reprises, encore ado, c'est sans doute m&#224;&#170;me, mis &#224; part les r&#233;seaux sociaux, le premier dans le genre qui t'ait attir&#233;, du moins &#224; en croire la liste dress&#233;e par les flics : ils t'ont pist&#233; depuis chez tes parents, quand tu vivais encore chez eux, fouill&#233; tous les r&#233;seaux que tu avais pu utiliser &#8212;, puis il y a eu le site qui t'envoyait en un point al&#233;atoire du monde et te permettait de t'y balader &#8212; celui-ci, sur les bancs de l'amphi, avait apparemment &#233;t&#233; ta bou&#233;e de sauvetage &#8212;, celui qui te permettait de conna&#238;tre ton avenir pour les quinze prochaines ann&#233;es, en entrant simplement ton th&#232;me astral &#8212; le plus flippant, c'est que souvent il tombait juste, en tout cas c'est ce qui se disait, il y avait m&#224;&#170;me eu une cha&#238;ne consacr&#233;e aux t&#233;moignages sur You Tube, &lt;i&gt;true life&lt;/i&gt; &#224;&#167;a s'appelait, ou un truc dans le genre &#8212;, celui qui t'offrait de communiquer avec les morts, &lt;i&gt;hosted ghost&lt;/i&gt;, &#224; partir d'une s&#233;rie de photos, d'eux et des lieux qu'ils avaient habit&#233;s, ou celui qui &#233;crivait ta biographie &#224; partir de ce que tu avais d&#233;pos&#233; sur les r&#233;seaux sociaux, des dr&#224;&#180;les de fictions c'est s&#224; &#187;r, mais on s'en fout : tout &#224;&#167;a c'&#233;tait pour le fun. Personne y croyait vraiment. Pour &#224;&#167;a qu'il avait fallu passer &#224; autre chose. La d&#233;connade ne suffisait plus. C'est l&#224; que la peur est devenue argument marketing. Le frisson devait se m&#233;riter ! Pour l'adr&#233;naline, c'&#233;tait de l'autre c&#224;&#180;t&#233; qu'il fallait aller, c&#224;&#180;t&#233; &lt;i&gt;black web&lt;/i&gt; comme ils l'appelaient dans la presse. Ils en avaient fait leurs choux gras de ce truc. Un espace parall&#232;le, mafieux en diable, o&#249; tu pouvais trouver de la came et te constituer un arsenal. En deux clics et quelques bit coins tu voyais d&#233;bouler ta dope dans ta bo&#238;te aux lettres. Et des trucs de qualit&#233;, &#224; ce qu'on disait. De l'Amazon version destroy ! Pas une soir&#233;e sans qu'un mec te propose des acides ou des amph&#233;s certifi&#233;s &lt;i&gt;black web&lt;/i&gt;. Un vrai label de qualit&#233;, c'&#233;tait devenu ! Dixit les flics ! Aussi c'est pas &#233;tonnant que tout un tas de sites de tordus aient commenc&#233; &#224; faire le buzz sur l'envers de la toile. Accompagn&#233;s de la l&#233;gende noire qui convenait : que du risque &#224; t'y connecter. Te faire ass&#233;cher ton compte &lt;i&gt;bit coins&lt;/i&gt;. Te faire rep&#233;rer par les flics qui, para&#238;t-il, commen&#224;&#167;aient &#224; y patrouiller s&#233;v&#232;re. Ou te faire pirater ton adresse IP, ta b&#233;cane devenue serveur pour la p&#232;gre ou le terrorisme international. De la folie tout ce qui se racontait. Le dernier des &lt;i&gt;blacks sites&lt;/i&gt; en vue avait fait dans le kitsch pour son nom : &lt;i&gt;Only you&lt;/i&gt;. Et comme le ridicule est cens&#233; ne pas tuer, chaque fois que tu te connectais, tu pouvais entendre les premi&#232;res mesures chant&#233;es par les Platters :&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Only you can make this all world seem right
Only you can make the darkness bright&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tu effectuais ton stage de derni&#232;re ann&#233;e lors de ta premi&#232;re visite. On ne te donnait sans doute pas grand chose &#224; faire. Et tu avais profit&#233; de disposer d'une connexion autre que la tienne. Drame de l'&lt;i&gt;open space&lt;/i&gt; tu avais d&#224; &#187; rapidement t'interrompre. Quelqu'un s'&#233;tait approch&#233;, avais tent&#233; de regarder sur ton &#233;cran. Tu faisais sans doute une dr&#224;&#180;le de t&#224;&#170;te. Ou peut-&#224;&#170;tre avais-tu oublier de couper le son des enceintes. J'imagine assez bien l'effet produit par la voix des Platters. Un vendredi apr&#232;s-midi, &#224; peu pr&#232;s une heure avant la d&#233;bauche. Tu t'&#233;tais vite fait bien fait d&#233;connect&#233; d'&lt;i&gt;Only you&lt;/i&gt;. Le hasard t'avait offert une chance. Que tu n'as pas su saisir. La curiosit&#233; sans doute. Ou l'inconscience de la jeunesse. Et ce go&#224; &#187;t du risque. Ne jamais oublier que c'&#233;tait lui qui avait le succ&#232;s de ces sites ! Ta seconde connexion avait eu lieu quelques heures plus tard. Depuis un bar proposant de la wi-fi. Comme tous ceux qui visitaient &lt;i&gt;Only you&lt;/i&gt; depuis leur b&#233;cane, tu avais un peu flipp&#233; en voyant s'afficher un message de bienvenue. On te souhaitait une bonne visite en employant le pseudo qui te servait pour tes comptes Google. De vrais aspirateurs, ces sites. C'&#233;tait &#224;&#167;a qui les rendaient dangereux. Mais maintenant que tu &#233;tais l&#224; ! Surtout que ce qui suivit d&#233;passa largement tout ce que tu avais pu imagin&#233;... Cette carte qui s'affichait... ces points au-dessus desquels apparaissaient des albums photos... Chacun de ces lieux tu les avais habit&#233;s, &#224; un moment ou un autre de ta vie. Tu as sans doute cliqu&#233; sur un des albums. Diaporama : toutes ces photos que toi et d'autres avaient prises et localis&#233;es sur les r&#233;seaux. C'&#233;tait fabuleux ! Toute ta vie &#233;tait l&#224; , &#224; port&#233;e de clic. Les lieux, mais aussi ceux que tu y avais fr&#233;quent&#233;s. Tous ces visages : famille, amis, amours de vacances, connaissances, profs, entra&#238;neurs, m&#224;&#170;me ceux que tu avais affront&#233;s quand tu faisais du tennis. Un vrai truc de dingues ! Tu n'as sans doute pas eu peur. Surtout bluff&#233;. Bal&#232;ze les mecs d'avoir r&#233;ussi techniquement ce qui depuis longtemps demeurait un des grands fantasmes du net. La m&#233;taphore du filet, cette fois, prenait tout son sens. Avec tout ce qui remontait l&#224; du pass&#233;... Tu as s&#224; &#187;rement &#233;t&#233; un peu g&#224;&#170;n&#233; lorsqu&#1370;en glissant le curseur sur une photo tu avais vu appara&#238;tre une fen&#224;&#170;tre contenant du texte. Tu t'&#233;tais rassur&#233; en constatant que ces quelques lignes &#233;taient purement informatives : identit&#233; de la personne, &#224;&#162;ge, profession, situation maritale, professionnelle, loisirs... On aurait dit la fiche d'un personnage pour un jeu de r&#224;&#180;les. Et puis, c'&#233;tait s&#224; &#187;rement visible uniquement pour toi. Personne d'autre sans doute ne pouvait avoir acc&#232;s au contenu te concernant. Puisqu'on t'avait identifi&#233; d&#232;s ta connexion... Tu croyais &#224;&#170;tre parvenu &#224; te rassurer quand un d&#233;tail t'a fait flipper. Presque rien, comme souvent. La vue du visage d'un mort. On ne peut pas dire que tu l'aies oubli&#233;. S&#224; &#187;rement pas. Mais de le voir, l&#224; . Tu as plac&#233; le curseur sur son front. La fen&#224;&#170;tre texte &#233;tait diff&#233;rente des pr&#233;c&#233;dentes. Un fond noir. Avec un texte qui d&#233;filait :&lt;/p&gt;
&lt;MARQUEE Attributs align=&#034;middle&#034; behavior=&#034;scroll&#034; direction=&#034;left&#034; loop=&#034;nombre//infinie&#034; scrolldeley=&#034;4&#034; scrollamount=&#034;4&#034; width=&#034;nombre//50%&#034;&gt;&lt;FONT color=red&gt;Message d'avertissement : le site &lt;i&gt;Only you&lt;/i&gt; ne pourra &#224;&#170;tre tenu responsable des suites li&#233;es &#224; la lecture de ce document.&lt;/FONT&gt;&lt;/MARQUEE&gt;
&lt;p&gt;Suivait le formulaire traditionnel o&#249; &#233;tait demand&#233; de cocher la case pr&#233;c&#233;dant &lt;i&gt;J'accepte les conditions d'utilisation&lt;/i&gt;... Tu as sans doute h&#233;sit&#233;. L'id&#233;e d'un pur foutage de gueule t'est pass&#233; par la t&#224;&#170;te. Tu avais sans doute d&#233;j&#224; bu. Sans doute as-tu recommand&#233; avant de commencer ta lecture. C'est du moins ce que laisse supposer ta carte de paiement &#233;lectronique. Tu avais besoin de te d&#233;tendre. Et puis tu partais en soir&#233;e ensuite. Toi et tes potes aviez l'habitude de vous chauffer, comme vous disiez. Comme la gomme des pneus avant les courses de bagnoles. C'&#233;tait souvent l'image que vous utilisiez dans les commentaires que vous laissiez sous les photos prises dans les bars en d&#233;but de soir&#233;e. Ce soir-l&#224; , tes potes t'ont assassin&#233; sur ton mur. La premi&#232;re fois que tu n'&#233;tais pas au rendez-vous. Tu as commenc&#233; &#224; lire. Cette fois, &#224;&#167;a tenait davantage du r&#233;cit. Et toujours ces photos qui contextualisaient. Tu as fini ton verre, r&#233;gl&#233; tes consos &#224; 7h57, puis tu es parti en voiture. Tu avais pris soin d'&#233;teindre ton t&#233;l&#233;phone. Tu te sentais pris au pi&#232;ge. Comme tous ceux qui avaient, comme toi, choisi d'outrepasser l'avertissement adress&#233; par les concepteurs du site. C'est du moins ce qui ressort des t&#233;moignages de ceux qui ont surv&#233;cu &#224; l'exp&#233;rience. Dixit toujours les flics. Et les toubibs qui les ont pris en charge. C'est ce message qui t'a fait te sentir pi&#233;g&#233;. Ce message qui est apparu apr&#232;s que tu cliques sur &lt;i&gt;en savoir plus&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;MARQUEE Attributs align=&#034;middle&#034; behavior=&#034;scroll&#034; direction=&#034;left&#034; loop=&#034;nombre//infinie&#034; scrolldeley=&#034;4&#034; scrollamount=&#034;4&#034; width=&#034;nombre//50%&#034;&gt;&lt;FONT color=red&gt;ATTENTION : TOUTES LES PERSONNES CONCERN&#224;&#8240;ES PAR CE QUI SUIT SERONT AVERTIES DE VOTRE CONSULTATION PAR LES ADMINISTRATEURS DU SITE !&lt;/FONT&gt;&lt;/MARQUEE&gt;
&lt;p&gt;Personne n'a eu besoin d'avertir qui que ce soit. Et c'&#233;tait en cela que les administrateurs d'&lt;i&gt;Only you&lt;/i&gt; &#233;taient redoutables. Et juridiquement &#224; l'abri de toutes poursuites. Tu n'&#233;tais pas all&#233; plus loin dans ta navigation. Et quand bien m&#224;&#170;me tu l'aurais tent&#233;, il n'est pas certain que tu aies trouv&#233; beaucoup plus que ce que tu avais eu sous les yeux dans les pages pr&#233;c&#233;dentes. C'est &#224; tes souvenirs qu'ils t'avaient renvoy&#233;. Ce sont eux qui t'ont men&#233; &#224; 300 kilom&#232;tres de l&#224; o&#249; tu effectuais ton stage. Cette ville o&#249; tu avais fait tes &#233;tudes. On me permettra de ne pas la citer. De toute fa&#224;&#167;on, qu'importe ? Tu as travers&#233; une zone commerciale. Il n'y avait d&#233;j&#224; plus personne &#224; cette heure. Tu as peut-&#224;&#170;tre crois&#233; la voiture d'un vigile, entendu l'aboiement de son chien. Mais ce n'est pas &#224;&#167;a qui allait t'arr&#224;&#170;ter. Tu as laiss&#233; ta voiture dans le parking d'un distributeur d'&#233;lectrom&#233;nager. Tu as escalad&#233; le talus qui m&#232;ne &#224; la voie ferr&#233;e. Tu savais que les trains ne ralentissaient qu'apr&#232;s, une fois pass&#233;e la zone commerciale. Pour leur entr&#233;e en gare. Tu l'avais pris assez souvent pendant trois ans. Lui aussi, d'ailleurs. On me permettra de ne pas le nommer. De toute fa&#224;&#167;on, qu'importe ? Celui dont tu avais revu le visage quelques heures plus t&#224;&#180;t. Tu ne l'avais pas effac&#233; de ta m&#233;moire. Seulement, tu avais fait avec. Ou tu avais fait sans. En fait, tu avais fait comme si. Comme si tu ne l'avais pas &#233;cout&#233; ce message qu'il t'avait laiss&#233;. Tu partais en soir&#233;e. Lui ne sortait jamais avant le vendredi soir. La suite, ils ne te l'auraient sans doute pas m&#224;&#170;me racont&#233; sur ce putain de site. Du bluff, tout &#224;&#167;a. Du vent ! C'est &#224; toi-m&#224;&#170;me qu'ils t'avaient renvoy&#233;. Et seulement &#224; toi. Mais &#224;&#167;a suffisait pour que toi aussi, comme lui quelques ann&#233;es plus t&#224;&#180;t, tu escalades le talus qui menait &#224; la voie ferr&#233;e. Seule diff&#233;rence entre toi et lui, n'avoir pr&#233;venu personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;generated by :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un livre ou un manuscrit trop horrible pour &#224;&#170;tre lu &#8211; on est pr&#233;venu de ne pas le lire &#8211; quelqu&#1370;un le lit et on le retrouve mort. L&#1370;affaire d&#1370;Haverhill. &lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, &lt;i&gt;The Commonplace Book&lt;/i&gt;, note 56.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in' title=&#034;le projet&#034;&gt;LOVECRAFT GENERATOR&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;table des mati&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_540 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/-&gt;https:/www.amazon.fr/gp/product/1535213574/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;#38;camp=1642&amp;#38;creative=6746&amp;#38;creativeASIN=1535213574&amp;#38;linkCode=as2&amp;#38;tag=letierslivre-21'&gt;&lt;img src='https://xn--chatperch-p1a2i.net/IMG/jpg/-11.jpg?1512543892' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un passant</title>
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&lt;p&gt;Un passant &lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne cherchait sans doute rien de sp&#233;cial, ce jour-l&#224; . Des quelques rares personnes qui le connaissaient et que j'ai pu approcher, aucun ne lui connaissait de go&#224; &#187;t pour quelque collection que ce soit. Il traversait, chaque samedi matin, le march&#233; aux puces qui se tient sur le mail, pr&#232;s du palais de Justice. Mais ce n'&#233;tait l&#224; qu'un pr&#233;texte de ballade, &#224; ce que j'ai compris. Ce type-l&#224; adorait marcher. Pas randonner. Jamais lui serait venue l'id&#233;e de parcourir la campagne. C'&#233;tait pas (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un passant&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il ne cherchait sans doute rien de sp&#233;cial, ce jour-l&#224; . Des quelques rares personnes qui le connaissaient et que j'ai pu approcher, aucun ne lui connaissait de go&#224; &#187;t pour quelque collection que ce soit. Il traversait, chaque samedi matin, le march&#233; aux puces qui se tient sur le mail, pr&#232;s du palais de Justice. Mais ce n'&#233;tait l&#224; qu'un pr&#233;texte de ballade, &#224; ce que j'ai compris. Ce type-l&#224; adorait marcher. Pas randonner. Jamais lui serait venue l'id&#233;e de parcourir la campagne. C'&#233;tait pas &#224;&#167;a, son truc. Mais arpenter la ville, m'a dit un de ses voisins. Quand je l'ai crois&#233; au vide-grenier, j'ai eu la vague impression que son visage m'&#233;tait familier. Je m'en suis m&#224;&#170;me fait la r&#233;flexion, sur le coup. Mais sans plus. Ce n'est qu'ensuite, en fin de matin&#233;e, que j'ai &#233;t&#233; certain de l'avoir d&#233;j&#224; rencontr&#233;. Que j'ai enfin r&#233;ussi &#224; l'associer &#224; un lieu. Le quartier de la cath&#233;drale. C'&#233;tait l&#224; que je l'avais d&#233;j&#224; vu. Assez souvent, en fait. Quand je vais acheter la presse au Lut&#233;tia, le samedi matin. Sur les coups de huit heures, huit heures et demi. Je travaille pas le samedi. En g&#233;n&#233;ral, je bois un caf&#233;. Pas au comptoir. Au comptoir, il y a toujours quelqu'un pour vous parler. Et je n'ai jamais trouv&#233; grand int&#233;r&#224;&#170;t aux conversations des buveurs. Non, je me place pr&#232;s de la grande baie vitr&#233;e. De l&#224; , j'embrasse la rue Jeanne d'Arc, le parvis de la cath&#233;drale. Il y a toujours de quoi regarder derri&#232;re la vitre d'un bar. &#224;&#8364; chacun ses menus plaisirs. Ce qu'il cherchait, lui, dans ses ballades, personne n'a trop su me dire. Une fa&#224;&#167;on de tromper sa solitude, sans doute. Aller se m&#224;&#170;ler au flux des passants. Histoire de ne pas rester chez soi entre quatre murs, tout &#233;cras&#233; de silence. &#224;&#8364; chacun sa fa&#224;&#167;on de r&#233;sister. De s'adapter au seul. Un grand nerveux, d'apr&#232;s un de ses coll&#232;gues de travail. Il &#233;tait employ&#233; dans une bo&#238;te d'informatique. Toutes les heures, il fallait qu'il fasse une pause cigarette. Rien d'un tire au flanc, mais en manque. C'est vrai, quand j'y repense. Toujours la clope au bec quand il traversait le parvis. Et toujours le pas rapide, aussi. &#224;&#8364; grandes enjamb&#233;es, qu'il marchait. De l&#224; , devait longer la Loire, un peu. Sept huit cent m&#232;tres sur les quais. Ensuite, remonter sur le mail par la rue Serpente. Son tour, quoi. Et r&#233;gulier comme une horloge. Un des brocanteurs du mail qui me le faisait remarquer. La &#171; grande tige &#187;, il l'appelait. Il savait que c'&#233;tait l'heure du casse-cro&#224; &#187;te quand il apercevait la &#171; grande tige &#187;... C'est vrai qu'il &#233;tait grand, ce gars-l&#224; . Plus d'un quatre-vingt. Les &#233;paules toujours un peu vo&#224; &#187;t&#233;es. Une dr&#224;&#180;le d'allure, &#224;&#167;a lui faisait. &#224;&#8364; marcher vite comme &#224;&#167;a, les mains dans les poches de son manteau. Toujours le m&#224;&#170;me, une esp&#232;ce de &lt;i&gt;duffle coat&lt;/i&gt; gris. &#224;&#8225;a aussi qui lui donnait l'air triste. Et qui faisait qu'on le remarquait. De marcher si vite, la clope au bec. Et cette impression qu'il donnait de regarder nulle part et partout &#224; la fois. Comme s&#1370;il avait perdu quelque chose. Ou qu'il cherchait quelqu'un. Troublant, &#224; sa fa&#224;&#167;on. Il avait son &lt;i&gt;duffle coat&lt;/i&gt;, le jour o&#249; c'est arriv&#233;. Aux premiers beaux jours d'avril, c'&#233;tait. Il faisait pas encore bien chaud, le matin. N'emp&#224;&#170;che, c'est vrai que s'il avait &#233;t&#233; habill&#233; autrement. Enfin, avec des si... Moi, au vide-grenier, j'y &#233;tais all&#233; pour me trouver des tasses &#224; caf&#233;. Histoire de compl&#233;ter le service que j'ai h&#233;rit&#233; de ma m&#232;re. Des belles petites tasses, mais sacr&#233;ment fragiles. Les anses, surtout. Souvent que j'en casse en faisant la vaisselle. J'ai bien essay&#233; d'en recoller, mais c'est rare que le r&#233;sultat soit vraiment satisfaisant. Souvent il manque un petit morceau. M&#224;&#170;me un truc de rien. Mais seulement pour rabouter, y a pas moyen ! Ou alors c'est la colle qui fait de vilaines traces. Qui finit par jaunir. Jamais tr&#232;s satisfaisant ces bricolages de mis&#232;re ! Je furetais au hasard. Sans trop me faire d'illusions. Un coup de chance de retrouver de la vaisselle identique. De se retrouver devant le m&#224;&#170;me service, comme resurgi du pass&#233;. Que je trouve ou pas ce que je cherche, j'aime bien de toute fa&#224;&#167;on. Fl&#224;&#162;ner parmi tous ces &#233;talages d'objets. Du grand bordel ! Et puis, il y a des trucs, faut voir. &#224;&#8364; se demander qui peut bien en vouloir. Des saloperies en plastique, tout un tas de babioles. Mais les gens aiment bien. C'est pas cher. Faut voir tout ce que tu peux ramener avec seulement des pi&#232;ces au fond de la poche ! Et puis c'est marrant, cette esp&#232;ce de travers&#233;e du pass&#233;. Les 45 tours, par exemple, j'aime bien les regarder. J'en ach&#232;te jamais, j'ai plus de platine. Enfin, j'en ai une, mais dans quel &#233;tat elle doit &#224;&#170;tre ! Plus de quinze ans qu'elle est &#224; la cave d&#233;sormais. Et mes vinyles avec. Je voudrais les r&#233;&#233;couter, mes vieux albums, je suis pas s&#224; &#187;r que &#224;&#167;a marcherait trop bien. Tout a un temps, comme on dit. N'emp&#224;&#170;che, je les regarde, les 45 tours. Je repense aux boums du mercredi qu'on faisait dans les garages, avec les copains. Nous aussi, on &#233;crivait notre nom sur les pochettes, qu'on nous les pique pas les disques. Je lis les noms et les pr&#233;noms d'inconnus. Mais qui ont dans&#233; sur les m&#224;&#170;mes musiques que moi. Y a plus de trente ans, tout &#224;&#167;a ! Je sais pas si &#224;&#167;a lui faisait le m&#224;&#170;me effet, au gars. Sans doute. Y a pas de raisons, apr&#232;s tout. Quand je l'ai crois&#233; la premi&#232;re fois, au vide-grenier, c'&#233;tait &#224; hauteur de la Poste. Il avait rien achet&#233; encore. Apparemment, c'&#233;tait pas son truc, les vieilleries. Tous les brocs du mail ont &#233;t&#233; unanimes, quand je leur ai demand&#233;. C'&#233;tait extr&#224;&#170;mement rare qu'il ach&#232;te quelque chose. Un promeneur, comme ils disent. D'abord, il marchait trop vite pour vraiment regarder. Un homme qui vivait avec son temps, m'ont dit ses coll&#232;gues de travail. Toujours &#224; guetter les derni&#232;res nouveaut&#233;s technologiques. Et en informatique, c'est pas ce qui manque, j'ai l'impression ! Moi, ce jour-l&#224; , j'ai rien trouv&#233; comme tasses. M&#224;&#170;me pas des qui ressemblaient. Il y avait rien de bien terrible, d'expos&#233;. Des fringues de gosses. Des montagnes de jouets &#224; moiti&#233; p&#233;t&#233;s. J'ai &#233;t&#233; &#233;tonn&#233; de voir le gars en train de discuter avec un gosse. Je voyais pas ce qui pouvait l'int&#233;resser dans l'&#233;talage. &#224;&#8364; moins que ce soit pour un cadeau &#224; un gamin de son entourage. Rien que des DVD de dessins anim&#233;s et tout un tas de jouets, ils avaient. Et puis des bouquins comme lisent les gosses. Des albums, on appelle &#224;&#167;a aussi. Quand je suis pass&#233; &#224; sa hauteur, je l'ai vu pench&#233; sur un de ces gros bouquins aux pages cartonn&#233;es. Il en reniflait l'odeur. Le m&#224;&#180;me en face attendait pour lui rendre sa monnaie. Peut-&#224;&#170;tre que &#224;&#167;a lui rappelait quelque chose au gars, cette odeur qu'ils ont les vieux bouquins. Il en avait m&#224;&#170;me ferm&#233; les yeux. Comme quand on essaie d'aller chercher au fond, tout au fond. Qu'on sent qu'il y a un truc qui ne demande qu'&#224; remonter &#224; la surface, sans qu'on sache trop quoi. Proust, il raconte &#224;&#167;a mieux ! Enfin, d'apr&#232;s ce qu'on m'en a dit. Avec sa madeleine et tout &#224;&#167;a. M&#224;&#170;me que le gamin commen&#224;&#167;ait &#224; s'impatienter. Il faisait sauter ses pi&#232;ces de monnaie dans le creux de sa paume, l'air de dire c'est quand tu veux, le vieux ! Le titre du bouquin que le gars avait dans les mains, j'ai pas r&#233;ussi &#224; le lire. Je regrette. Peut-&#224;&#170;tre que &#224;&#167;a m'aurait aid&#233; &#224; piger ce qui s'est pass&#233;, ensuite. Le gamin, j'ai r&#233;ussi &#224; le retrouver. J'ai pens&#233; qu'ils avaient les adresses &#224; la mairie, de tous ceux qui exposaient. Et comme pendant plusieurs jours, les num&#233;ros des emplacements &#233;taient rest&#233;s marqu&#233;s au sol. &#224;&#8225;'a pas &#233;t&#233; compliqu&#233; de les retrouver, lui et ses parents. Seulement, impossible qu'ils se souviennent de la r&#233;f&#233;rence exacte du bouquin. Tout ce que le p&#232;re a &#233;t&#233; capable de m'expliquer, c'est que c'&#233;tait un livre qui avait appartenu &#224; son fr&#232;re a&#238;n&#233;. Qu'il l'avait r&#233;cup&#233;r&#233; &#224; la mort de ses parents, parmi tout un tas de trucs dans les cartons qu'ils gardaient au sous-sol. Le gamin se souvenait avoir marchand&#233; avec le gars. Son p&#232;re lui avait dit d'en demander plus que pour les autres ouvrages, &#224; cause de l'anciennet&#233; de celui-l&#224; . Les gens, ils sont comme &#224;&#167;a. D&#232;s que c'est vieux, ils croient que &#224;&#167;a a plus de valeur. Un dr&#224;&#180;le de raisonnement, quand on y pense. Vu que &#224;&#167;a fait quand m&#224;&#170;me plusieurs g&#233;n&#233;rations maintenant qu'on ach&#232;te des trucs fabriqu&#233;s en s&#233;rie ! Enfin, faut pas trop chercher &#224; comprendre. Le gars, apr&#232;s, je l'ai aper&#224;&#167;u &#224; la terrasse du Lut&#233;tia. En train de bouquiner le livre qu'il venait d'acheter. Il avait command&#233; un verre de blanc. Il s'&#233;tait allum&#233; une cigarette. Je me suis dit qu'il devait &#224;&#170;tre bien, l&#224; , &#224; siroter son verre de vin au soleil. Il souriait. Quand je suis pass&#233; &#224; c&#224;&#180;t&#233;, je me souviens avoir aper&#224;&#167;u qu'il y avait des illustrations sur une page, et du texte sur la page d'en face. Un gamin avec un ballon rouge qu'il tenait par une ficelle. Dans une esp&#232;ce de jardin public avec un bassin. J'ai toujours &#233;t&#233; curieux. Je peux pas m'emp&#224;&#170;cher. En m&#224;&#170;me temps, je me dis que si j'avais &#233;t&#233; un petit peu plus curieux, ce jour-l&#224; , ce qui s'est pass&#233; serait peut-&#224;&#170;tre pas arriv&#233;. Je me trompe peut-&#224;&#170;tre, mais c'est l'impression que j'ai. Si je m'&#233;tais arr&#224;&#170;t&#233;... que je lui avais parl&#233;... Mais pour lui dire quoi ? &#224;&#8364; ce moment-l&#224; , je pouvais pas savoir ! Avec des si... Je l'ai recrois&#233; ensuite, mais l'apr&#232;s-midi. Sur les quais. Toujours avec son &lt;i&gt;duffle coat&lt;/i&gt; gris, la clope au bec. La m&#224;&#170;me allure que d'habitude. Sauf sa d&#233;marche. Lui qui d'ordinaire fon&#224;&#167;ait droit devant lui semblait comme zigzaguer. S'approchait du bord du fleuve. Le fixait un moment. Puis s'&#233;loignait. Je m'&#233;tais assis sur un banc. Histoire de souffler un peu. Et de regarder les gens passer ! Et puis, &#224;&#167;a me d&#233;tend, de regarder couler le fleuve. Un temps, je me suis dit, &#224; observer son man&#232;ge, que le gars avait forc&#233; sur le blanc &#224; la terrasse du Lut&#233;tia. Quand j'en ai parl&#233; aux rares personnes qu'il fr&#233;quentait, tout le monde m'a dit qu'il &#233;tait tr&#232;s raisonnable de ce c&#224;&#180;t&#233;-l&#224; . M&#224;&#170;me si on peut longtemps se montrer raisonnable et puis un jour... Mais je crois que c'&#233;tait plus grave, en fait. D'o&#249; j'&#233;tais, il m'a donn&#233; l'impression de parler tout seul. &#224;&#8364; un moment m&#224;&#170;me, je l'ai vu qui s'avan&#224;&#167;ait avec le geste comme pour repousser quelqu'un. Seulement, il y avait personne. Remarquez, &#224;&#167;a serait pas le premier, malheureusement, &#224; devenir dingue de solitude. Les villes en sont pleines de gars en errance. Schizo et compagnie. Plusieurs fois, il a r&#233;p&#233;t&#233; le geste. Ce qu'il pouvait dire, j'arrivais pas &#224; le percevoir. J'&#233;tais &#224; une bonne centaine de m&#232;tres, quand m&#224;&#170;me. Et comme la municipalit&#233; a toujours pas compris que supprimer la circulation sur les quais les rendrait tellement plus agr&#233;ables... Mais je suis bien certain d'avoir per&#224;&#167;u quelques &#233;clats de voix. Et il donnait l'impression d'&#224;&#170;tre sacr&#233;ment &#233;nerv&#233; d'apr&#232;s sa gestuelle. L&#224; o&#249; j'ai commenc&#233; &#224; comprendre que &#224;&#167;a n'allait plus du tout, c&#1370;est quand il s'en est pris &#224; la petite vieille. Je l'ai pas vu arriver, celle-l&#224; . Une petite vieille toute fluette, habill&#233;e fa&#224;&#167;on ann&#233;es cinquante. Je me suis dit rencontre au sommet ! Parce qu'elle ne devait pas &#224;&#170;tre bien nette non plus, celle-l&#224; , attif&#233;e comme elle l'&#233;tait ! Au d&#233;but, j'ai cru qu'elle le connaissait. Elle essayait de s'approcher de lui, mais lui se d&#233;robait. Reculait. Ses deux mains tendues vers l'avant. Comme pour la maintenir &#224; l'&#233;cart. J'avoue c'&#233;tait rigolo, sur le coup, de voir la vieille trottiner vers lui. Qui chaque fois s'&#233;cartait davantage. Dr&#224;&#180;lement patiente, la mamie ! M&#224;&#170;me que &#224;&#167;a a fini par payer autant de persistance. Elle a r&#233;ussi &#224; &#224;&#170;tre tout pr&#232;s de lui, finalement. Je l'ai m&#224;&#170;me vue qui posait la main sur son &#233;paule. Ce qui s'est pass&#233; &#224; ce moment-l&#224; , j'avoue que j'ai pas bien compris. Qu'elle ait pu le pousser, c'est pas possible. Physiquement, elle pouvait pas avoir la force. Toute l&#233;g&#232;re, elle paraissait. Toute fragile. Peut-&#224;&#170;tre lui qui s'est jet&#233; &#224; l'eau dans son d&#233;lire. Franchement, il &#233;tait pas dans son &#233;tat normal. M&#224;&#170;me ne le connaissant que de vue. Pareil comportement !... Le temps que je m'approche, la petite vieille avait disparu. Comment elle a fait, j'ai pas encore compris. Il faut dire que je courais. Ce qui m'&#233;tait pas arriv&#233; depuis l'arm&#233;e ! Et puis, je pensais surtout au gars qui venait de tomber dans le fleuve. Quand je suis arriv&#233;, il s'enfon&#224;&#167;ait dans l'eau &#224; cause de son manteau. Apr&#232;s, je me souviens d'un jeune type qui a plong&#233;. J'ai appris dans les journaux qu'il &#233;tait pompier volontaire. Ils ont pass&#233; aussi un appel &#224; t&#233;moin. Ils esp&#233;raient que la vieille se manifeste. Pendant quinze jours, ils l'ont pass&#233;. Et puis plus rien. Ils ont pas insist&#233; davantage. Le jeune gars, il a eu droit &#224; un article. Il avait fait fait tout ce qu'il avait pu. Courageux ! Mais arriv&#233; trop tard. Il faut dire que m&#224;&#170;me si c'&#233;tait les premiers beaux jours, le fond de l'air &#233;tait encore frais. Alors dans l'eau... Je suis pas all&#233; t&#233;moigner. J'aurais pu, mais &#224; quoi bon ? Et puis, j'ai jamais trop aim&#233; la pr&#233;sence des flics. De tous les uniformes, en fait. Mais &#224;&#167;a, c'est une autre histoire. De toute mani&#232;re, ils auraient eu quoi &#224; en faire du bouquin cartonn&#233; qui d&#233;rivait au long du quai ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;generated by :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#1370;odeur singuli&#232;re d&#1370;un livre d&#1370;enfance qui induit la r&#233;p&#233;tition de l&#1370;enfance et des imaginations enfantines. &lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, &lt;i&gt;The Commonplace Book&lt;/i&gt;, note 37.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in' title=&#034;le projet&#034;&gt;LOVECRAFT GENERATOR&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;table des mati&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_540 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/-&gt;https:/www.amazon.fr/gp/product/1535213574/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;#38;camp=1642&amp;#38;creative=6746&amp;#38;creativeASIN=1535213574&amp;#38;linkCode=as2&amp;#38;tag=letierslivre-21'&gt;&lt;img src='https://xn--chatperch-p1a2i.net/IMG/jpg/-11.jpg?1512543892' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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