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	<title>Michel Brosseau | &#224; chat perch&#233;</title>
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		<title>ce n'est pas en pensant qu'il me trouvera</title>
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		<dc:subject>&#233;crire</dc:subject>
		<dc:subject>Beckett</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;O&#249; irais-je, si je pouvais aller, que serais-je, si je pouvais &#224;&#170;tre, que dirais-je, si j'avais une voix, qui parle ainsi, se disant moi ? R&#233;pondez simplement, que quelqu&#1370;un r&#233;ponde simplement. C&#1370;est le m&#224;&#170;me inconnu que toujours, le seul pour qui j'existe, au creux de mon inexistence, de la sienne, de la n&#224;&#180;tre, voil&#224; une simple r&#233;ponse. Ce n'est pas en pensant qu'il me trouvera, mais que peut-il faire, vivant et perplexe, oui, vivant, quoi qu'il dise. M'oublier, m'ignorer, oui, ce serait le plus sage, il (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; irais-je, si je pouvais aller, que serais-je, si je pouvais &#224;&#170;tre, que dirais-je, si j'avais une voix, qui parle ainsi, se disant moi ? R&#233;pondez simplement, que quelqu&#1370;un r&#233;ponde simplement. C&#1370;est le m&#224;&#170;me inconnu que toujours, le seul pour qui j'existe, au creux de mon inexistence, de la sienne, de la n&#224;&#180;tre, voil&#224; une simple r&#233;ponse. Ce n'est pas en pensant qu'il me trouvera, mais que peut-il faire, vivant et perplexe, oui, vivant, quoi qu'il dise. M'oublier, m'ignorer, oui, ce serait le plus sage, il s'y conna&#238;t. Pourquoi cette soudaine amabilit&#233; apr&#232;s tant d'abandon, c'est facile &#224; comprendre, c'est ce qu&#1370;il se dit, mais il ne comprend pas. Je ne suis pas dans sa t&#224;&#170;te, nulle part dans son vieux corps, et pourtant je suis l&#224; , pour lui je suis l&#224; , avec lui, d'o&#249; tant de confusion. Cela devrait lui suffire, m'avoir retrouv&#233; absent, mais non, il me veut l&#224; , avec une forme et un monde, comme lui, malgr&#233; lui, moi qui suis tout, comme lui qui n'est rien. Et quand il me sent sans existence, c'est de la sienne qu'il me veut priv&#233;, et inversement, fou, fou, il est fou. En v&#233;rit&#233; il me cherche pur me tuer, pour que je sois mort comme lui, mort comme les vivants. Tout cela il le sait, mais cela ne sert &#224; rien, de le savoir, moi je ne le sais pas, moi je ne sais rien. Il se d&#233;fend de raisonner, mais il ne fait que raisonner, faux, comme si cela pouvait aider. Il croit balbutier, il croit en balbutiant saisir mon silence, se taire de mon silence, il voudrait que ce soit moi qui le fasse balbutier, bine s&#224; &#187;r qu'il balbutie. Il raconte son histoire toutes les cinq minutes, en disant que ce n'est pas la sienne, avouez que c'est malin. Il voudrait que ce soit moi qui l'emp&#224;&#170;che d'avoir une histoire, bien s&#224; &#187;r qu'il n'a pas d'histoire, est-ce une raison pur vouloir m'en coller une ? Voil&#224; comme il raisonne, &#224; c&#224;&#180;t&#233;, d'accord, mais &#224; c&#224;&#180;t&#233; de quoi, c'est &#224;&#167;a qu'il faut voir. Il me fait parler en disant que ce n'est pas moi, avouez que c'est fort, il me fait dire que ce n'est pas moi, moi qui ne dis rien. Tout cela est vraiment grossier. Encore s'il me d&#233;cernait la troisi&#232;me personne, comme &#224; ses autres chim&#232;res, mais non, il ne veut que moi, pour son moi. Quand il m'avait, quand il m'&#233;tait, il s'est empress&#233; de me l&#224;&#162;cher, je n'existais pas, il n'aimait pas &#224;&#167;a, ce n'&#233;tait pas une vie, bien s&#224; &#187;r que je n'existais pas, lui non plus, bien s&#224; &#187;r que ce n'&#233;tait pas une vie, il l'a maintenant sa vie, qu'il la perde, s'il veut la paix, et encore. Sa vie, parlons-en, il n'aime pas &#224;&#167;a, il a compris, de sorte que ce n'est pas la sienne, ce n'est pas lui, vous pensez, lui faire &#224;&#167;a &#224; lui, c'est bon pour Molloy, pour Malone, voil&#224; les mortels, les heureux mortels, mais lui, vous n'y pensez pas, passer par l&#224; , lui qui n'a jamais boug&#233;, lui qui ets moi, toutes choses consid&#233;r&#233;es, et quelles choses, et comment consid&#233;r&#233;es, il n'avait qu'&#224; ne pas y aller. C'est ainsi qu'il parle, ce soir, qu'il me fait parler, qu'il se parle, que je parle, il n'y a que moi, avec mes chim&#232;res, ce soir, ici, sur terre, et une voix qui ne fait pas de bruit, parce qu'elle ne va vers personne, et une t&#224;&#170;te remplie de guerres lasses et de morts aussit&#224;&#180;t debout, et un corps, j'allais l'oublier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samuel Beckett, &lt;i&gt;Textes pour rien&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>notre effort contre le monde</title>
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		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>&#233;crire</dc:subject>
		<dc:subject>lectures</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;je vois na&#238;tre une litt&#233;rature de circonstances, et de circonstances non choisies, de rencontres, une sorte de perp&#233;tuel journal de nos relations avec le monde, empruntant toutes les formes qu'on voudra, roman, essai, commentaires ou po&#232;mes, la fiction n'&#233;tant plus qu'un alibi, ou peut-&#224;&#170;tre une derni&#232;re pudeur...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai lu le &lt;i&gt;Journal d'un intellectuel au ch&#224;&#180;mage&lt;/i&gt; de Rougemont il y a en gros 25 ans, du temps de la th&#232;se sur C&#233;line. Hier soir, I. m'en lit un extrait &#224; voix haute et me voil&#224; bien forc&#233; de convenir que oui, l&#224; se tient la d&#233;finition et le pourquoi de ce que j'aurais voulu faire ici sur le site, de ce qui fait ailleurs sur le web. Alors le recopier.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;L'effort de Goethe contre lui-m&#224;&#170;me vise &#224; la cr&#233;ation d'un ordre interne, d'une objectivit&#233; intime. Les t&#233;moignages les plus convaincants de cet ordre, et qui le confirment le mieux, ce sont les &lt;i&gt;&#339;uvres&lt;/i&gt;. Une &#339;uvre litt&#233;raire, pour Goethe, joue le r&#224;&#180;le d'un objet exemplaire : c'est un mod&#232;le de composition disciplin&#233;e et organique. &lt;i&gt;Iphig&#233;nie&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Les affinit&#233;s &#233;lectives&lt;/i&gt; sont &#224; la fois des preuves d'une ma&#238;trise de soi-m&#224;&#170;me d&#233;j&#224; conquise, et des moyens de la parfaire en l'enseignant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que Goethe doit au monde, c'est de devenir Goethe. Il doit montrer l'exemple d'un individu qui a su tirer du monde o&#249; il est n&#233; les nourritures les plus richement assimilables. Il choisit, il compose, il n'accepte que des mat&#233;riaux purs et nobles. Il s'accomplit enfin dans l'&lt;i&gt;&#339;uvre d'art&lt;/i&gt;, se comportant vis-&#224; -vis de lui-m&#224;&#170;me comme il fait vis-&#224; -vis d'un &#171; sujet &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, tout inverse, notre effort contre le monde vise &#224; l'affirmation d'un ordre externe, d'une communaut&#233; vivante. Les t&#233;moignages que nous devons porter en faveur de cet ordre &#224; cr&#233;er ne pourront plus rev&#224;&#170;tir la forme d&#1370;&#339;uvres closes, suffisantes en soi, objectives : car pr&#233;tendant &#224; servir de mod&#232;les, de telles &#339;uvres auraient moins de puissance exemplaire et d'efficace qu'elles seraient plus parfaites, c'est-&#224; -dire d&#233;tach&#233;es de nos contingences pr&#233;sentes. Faites pour durer, elles resteraient des &#171; utopies &#187;. Les seuls mod&#232;les que nous puissions pr&#233;tendre offrir, ce sont les preuves de notre engagement dans la r&#233;alit&#233; vulgaire du monde actuel. Si nous devons quelque chose &#224; ce monde, c'est notre volont&#233; de le changer, de le conna&#238;tre en tant que notre action peut modifier le sort de ses victimes, dont nous sommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vois alors une litt&#233;rature de transition dont l'ambition ne sera plus de faire des &#339;uvres (au sens ancien) mais d'&#224;&#170;tre &#224; tout moment &#224; l&#1370;&#339;uvre, toujours &lt;i&gt;ouverte&lt;/i&gt; vers le monde, trop pr&#232;s de lui pour n'en pas reproduire certains d&#233;sordres ou discontinuit&#233;s, par l&#224; tr&#232;s infid&#232;le aux pr&#233;ceptes de &#171; l'Art &#187;, mais d&#233;couvrant peut-&#224;&#170;tre au-del&#224; , dans les conditions m&#224;&#170;mes de son action, un nouveau style, plus efficace et plus intime.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne vois pas cette litt&#233;rature bannissant toutes les formes anciennes. Mais ces formes &#233;taient exclusives, elles souffriront de cette nouveaut&#233;, c'est &#224; pr&#233;voir. Un &#233;crivain qui se rend compte du ph&#233;nom&#232;ne que j'ai d&#233;crit ne plus s'adonner sans scrupules &#224; certains jeux d'un art hautain, ferm&#233; sur soi. Je ne dis pas qu'il en soit incapable, qu'il n'aime plus cela, qu'il le condamne dans l'absolu. Je dis seulement que sa bonne conscience &#8212; et je ne sais quelle sourde curiosit&#233; ! &#8212; le pousse ailleurs, lui indique d'autres buts, l'invite &#224; s'abaisser &#224; un niveau o&#249; l'art ancien perd ses prestiges, o&#249; l'esprit se d&#233;couvre d'autres t&#224;&#162;ches.&lt;br class='autobr' /&gt;
Goethe &lt;i&gt;doit&lt;/i&gt; encore choisir ses sujets et le cadre de ses pens&#233;es dans un ordre &#171; &#233;lev&#233; &#187; o&#249; certaines harmonies sont possibles et par avance &#233;labor&#233;es : antiquit&#233;, soci&#233;t&#233; polic&#233;e, objets d'art, paysages c&#233;l&#232;bres, tout ce qui met une certaine distance entre le lecteur et l'&#171; artiste &#187;, mais aussi tout ce qui peut agrandir et clarifier l'univers int&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous, c'est le monde informe, impersonnel, h&#233;t&#233;roclite et quotidien qu'il nous faudrait clarifier et &#171; reprendre &#187;. Mais o&#249; le prendre, sinon au plus pr&#232;s, et tout d'abord dans nos contacts humains les plus banals. Nous serons d'autant plus assur&#233;s de le toucher utilement que nous aurons moins calcul&#233; le mode et le lieu des contacts. D'o&#249; je vois na&#238;tre une litt&#233;rature de circonstances, et de circonstances non choisies, de rencontres, une sorte de perp&#233;tuel journal de nos relations avec le monde, empruntant toutes les formes qu'on voudra, roman, essai, commentaires ou po&#232;mes, la fiction n'&#233;tant plus qu'un alibi, ou peut-&#224;&#170;tre une derni&#232;re pudeur...&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut que l'esprit descende quelques degr&#233;s. Qu'il s'humilie &#8212; litt&#233;ralement &#8212; pour &#224;&#170;tre utile. Qu'il apprenne &#224; se d&#233;brouiller avec les choses vulgaires et troubles, avec des &#224;&#170;tres vrais et qui r&#233;sistent, avec des faits qu'il se sent maladroit &#224; formuler o&#249; &#224; bien voir, parfois m&#224;&#170;me &#224; prendre au s&#233;rieux, tant qu'il n'a pas &#233;t&#233; brusqu&#233; par eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais aussi rien n'est plus excitant pour la pens&#233;e, rien ne saurait mieux la provoquer &#224; l'invention de prises nouvelles ou de v&#233;rit&#233;s plus touchantes que cette d&#233;couverte du monde &#224; un niveau o&#249; elle n'est pas connue, o&#249; elle n'a pas encore pos&#233; de rep&#232;res, de relais, de miroirs, de faux-semblants. Cette descente de l'esprit dans le monde quotidien, c'est le vrai progr&#232;s de l'esprit, c'est l'ouverture de notre vie aux &#171; influx de vigueur et de tendresse r&#233;elle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Oui, l'heure nouvelle est au moins tr&#232;s s&#233;v&#232;re. Car je puis dire que la (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, notre r&#233;ponse d'homme &#224; toute la cr&#233;ation, longtemps tromp&#233;e dans son &#171; attente ardente &#187; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Denis de Rougemont, &lt;i&gt;Journal d'un intellectuel au ch&#224;&#180;mage&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Oui, l'heure nouvelle est au moins tr&#232;s s&#233;v&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; Car je puis dire que la victoire m'est acquise : les grincements de dents, les sifflements de feu, les soupirs empest&#233;s se mod&#232;rent. Tous les souvenirs immondes s'effacent. Mes derniers regrets d&#233;talent, &#8212; des jalousies pour les mendiants, les brigands, les amis de la mort, les arri&#233;r&#233;s de toutes sortes. &#8212; Damn&#233;s, si je me vengeais !&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut &#224;&#170;tre absolument moderne.&lt;br class='autobr' /&gt; Point de cantiques : tenir le pas gagn&#233;. Dure nuit ! le sang s&#233;ch&#233; fume sur ma face, et je n'ai rien derri&#232;re moi, que cet horrible arbrisseau !... Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes ; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul.&lt;br class='autobr' /&gt; Cependant c'est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse r&#233;elle. Et &#224; l'aurore, arm&#233;s d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes.&lt;br class='autobr' /&gt; Que parlais-je de main amie ! un bel avantage, c'est que je puis rire des vieilles amours mensong&#232;res, et frapper de honte ces couples menteurs, &#8212; j'ai vu l'enfer des femmes l&#224; -bas ; &#8212; et il me sera loisible de poss&#233;der la v&#233;rit&#233; dans une &#224;&#162;me et un corps. Rimbaud, &#034;Adieu&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>d&#233;senfouir</title>
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		<dc:subject>&#233;crire</dc:subject>
		<dc:subject>introspection</dc:subject>
		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Annie Ernaux</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;cades</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mais &#224; quoi bon &#233;crire si ce n'est pour d&#233;senfouir des choses, m&#224;&#170;me une seule, irr&#233;ductible &#224; des explications de toutes sortes, psychologiques, sociologiques, une chose qui ne soit pas le r&#233;sultat d'une id&#233;e pr&#233;con&#224;&#167;ue ni d'une d&#233;monstration, mais du r&#233;cit et qui puisse aider &#224; comprendre &#8212; &#224; supporter &#8212; ce qui arrive et qu'on fait.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Annie Ernaux, M&#233;moire de fille&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot188" rel="tag"&gt;Annie Ernaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot193" rel="tag"&gt;d&#233;cades&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;Mais &#224; quoi bon &#233;crire si ce n'est pour d&#233;senfouir des choses, m&#224;&#170;me une seule, irr&#233;ductible &#224; des explications de toutes sortes, psychologiques, sociologiques, une chose qui ne soit pas le r&#233;sultat d'une id&#233;e pr&#233;con&#224;&#167;ue ni d'une d&#233;monstration, mais du r&#233;cit et qui puisse aider &#224; comprendre &#8212; &#224; supporter &#8212; ce qui arrive et qu'on fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Annie Ernaux, &lt;i&gt;M&#233;moire de fille&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>ont pens&#233; en moi</title>
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		<dc:date>2016-03-12T09:21:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Annie Ernaux</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;cades</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je n'ai pas de d&#233;sir de d&#233;couvrir des zones d'ombre de ma vie, ni de me souvenir de tout ce qui m'est arriv&#233;, et mon pass&#233;, en soi, ne m'int&#233;resse pas sp&#233;cialement. Je me consid&#232;re tr&#232;s peu comme un &#224;&#170;tre unique, au sens d'absolument singulier, mais comme une somme d'exp&#233;riences, de d&#233;terminations aussi, sociales, historiques, sexuelles, de langages, et continuellement en dialogue avec le monde (pass&#233; et pr&#233;sent), le tout formant, oui, forc&#233;ment, une subjectivit&#233; unique. Mais je me sers de ma subjectivit&#233; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;d'&#233;crire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot193" rel="tag"&gt;d&#233;cades&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;Je n'ai pas de d&#233;sir de d&#233;couvrir des zones d'ombre de ma vie, ni de me souvenir de tout ce qui m'est arriv&#233;, et mon pass&#233;, en soi, ne m'int&#233;resse pas sp&#233;cialement. Je me consid&#232;re tr&#232;s peu comme un &#224;&#170;tre unique, au sens d'absolument singulier, mais comme une somme d'exp&#233;riences, de d&#233;terminations aussi, sociales, historiques, sexuelles, de langages, et continuellement en dialogue avec le monde (pass&#233; et pr&#233;sent), le tout formant, oui, forc&#233;ment, une subjectivit&#233; unique. Mais je me sers de ma subjectivit&#233; pour retrouver, d&#233;voiler des m&#233;canismes ou des ph&#233;nom&#232;nes plus g&#233;n&#233;raux, collectifs. Cette formulation ne me satisfait pas &#224; vrai dire. Quelquefois j'ai aim&#233; dire : &#171; Je vis comme tout le monde les choses sur un mode particulier, mais je veux les &#233;crire sur celui du g&#233;n&#233;ral. &#187; Peut-&#224;&#170;tre est-ce &#224; la fin de &lt;i&gt;L'&#233;v&#233;nement&lt;/i&gt; que j'ai le mieux exprim&#233; cela, en disant que je voudrais que toute ma vie devienne qulque chose d'intelligible et de g&#233;n&#233;ral, se dissolve compl&#232;tement dans la t&#224;&#170;te et la vie des gens. Il y a une phrase de Brecht qui a beaucoup de sens pour moi : &#171; Il pensait dans les autres et les autres pensaient en lui. &#187; Au fond, le but final de l'&#233;criture, l'id&#233;al auquel j'aspire, c'est de penser et de sentir dans les autres, comme les autres &#8212; des &#233;crivains, mais pas seulement &#8212; ont pens&#233; en moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Annie Ernaux, &lt;i&gt;L'&#233;criture comme un couteau, Entretien avec Fr&#233;d&#233;ric-Yves Jeannet&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>auquel je ne peux r&#233;pondre qu'en &#233;crivant</title>
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		<dc:date>2015-12-19T09:11:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>&#233;crire</dc:subject>
		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Perec</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En fait, me semble-t-il, au-del&#224; de ces quatre p&#224;&#180;les qui d&#233;finissent les quatre horizons de mon travail &#8212; le monde qui m'entoure, ma propre histoire, le langage, la fiction &#8212;, mon ambition d'&#233;crivain serait de parcourir toute la litt&#233;rature de mon temps sans jamais avoir le sentiment de revenir sur mes pas ou de remarcher dans mes propres traces, et d'&#233;crire tout ce qui est possible &#224; un homme d'aujourd'hui d'&#233;crire : des livres gros et des livres courts, des romans et des po&#232;mes, des drames, des livrets (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;d'&#233;crire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;lectures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot158" rel="tag"&gt;Perec&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;En fait, me semble-t-il, au-del&#224; de ces quatre p&#224;&#180;les qui d&#233;finissent les quatre horizons de mon travail &#8212; le monde qui m'entoure, ma propre histoire, le langage, la fiction &#8212;, mon ambition d'&#233;crivain serait de parcourir toute la litt&#233;rature de mon temps sans jamais avoir le sentiment de revenir sur mes pas ou de remarcher dans mes propres traces, et d'&#233;crire tout ce qui est possible &#224; un homme d'aujourd'hui d'&#233;crire : des livres gros et des livres courts, des romans et des po&#232;mes, des drames, des livrets d'op&#233;ra, des romans policiers, des romans d'aventures, des romans de science-fiction, des feuilletons, des livres pour enfants...&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai jamais &#233;t&#233; &#224; l'aise pour parler d'une mani&#232;re abstraite, th&#233;orique, de mon travail ; m&#224;&#170;me si ce que je produis semble venir d'un programme depuis longtemps &#233;labor&#233;, d'un projet de longue date, je crois plut&#224;&#180;t trouver &#8212; et prouver &#8212; mon mouvement en marchant : de la succession de mes livres na&#238;t pour moi le sentiment, parfois r&#233;confortant, parfois inconfortable (parce que toujours suspendu &#224; &#171; un livre &#224; venir &#187;, &#224; un inachev&#233; d&#233;signant l'indicible vers quoi tend d&#233;sesp&#233;r&#233;ment le d&#233;sir d'&#233;crire), qu'ils parcourent un chemin, balisent un espace, jalonnent un itin&#233;raire t&#224;&#162;tonnant, d&#233;crivent point par point les &#233;tapes d'une recherche dont je ne saurais dire le &#171; pourquoi &#187; mais seulement le &#171; comment &#187; : je sens confus&#233;ment que les livres que j'ai &#233;crits s'inscrivent, prennent leur sens dans une image globale que je me fais de la litt&#233;rature, mais il me semble que je ne pourrai jamais saisir pr&#233;cis&#233;ment cette image, qu'elle est pour moi un au-del&#224; de l'&#233;criture, un &#171; pourquoi j'&#233;cris &#187; auquel je ne peux r&#233;pondre qu'en &#233;crivant, diff&#233;rant sans cesse l'instant m&#224;&#170;me o&#249;, cessant d'&#233;crire, cette image deviendrait visible, comme un puzzle inexorablement achev&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Perec, &lt;i&gt;Penser/Classer&lt;/i&gt;, &#171; Notes sur ce que je cherche &#187;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>tout cela va ensemble</title>
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		<dc:date>2014-05-20T09:46:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Julien Gracq</dc:subject>
		<dc:subject>paysages</dc:subject>
		<dc:subject>roman</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a un point de vue que je n'accepte pas du tout, c'est que le paysage sert de d&#233;cor &#224; un livre. Les paysages sont &#171; dans le roman &#187; comme les personnages, et au m&#224;&#170;me titre. Dire quel est celui qui joue le r&#224;&#180;le passif, le d&#233;cor, et celui qui joue le r&#224;&#180;le actif, n'a pas de sens pour moi. Tout cela va ensemble. Je dis souvent, et j'ai m&#224;&#170;me d&#224; &#187; l'&#233;crire, que dans un roman ce peut &#224;&#170;tre le propos d'un personnage qui fait lever le soleil, ou, inversement, c'est un changement de temps qui, tout d'un coup, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;roman&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;Il y a un point de vue que je n'accepte pas du tout, c'est que le paysage sert de d&#233;cor &#224; un livre. Les paysages sont &#171; dans le roman &#187; comme les personnages, et au m&#224;&#170;me titre. Dire quel est celui qui joue le r&#224;&#180;le passif, le d&#233;cor, et celui qui joue le r&#224;&#180;le actif, n'a pas de sens pour moi. Tout cela va ensemble. Je dis souvent, et j'ai m&#224;&#170;me d&#224; &#187; l'&#233;crire, que dans un roman ce peut &#224;&#170;tre le propos d'un personnage qui fait lever le soleil, ou, inversement, c'est un changement de temps qui, tout d'un coup, change la conduite des personnages. Tout cela est totalement soud&#233; et il est impossible, comme dans la vie r&#233;elle, de les s&#233;parer l'un de l'autre. Ils appartiennent au roman, ils sont le roman.&lt;br class='autobr' /&gt;
Julien Gracq, &lt;i&gt;Entretiens&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>2 000 mots</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article616</link>
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		<dc:date>2014-01-21T16:32:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>&#233;crire</dc:subject>
		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>mauvais genres</dc:subject>
		<dc:subject>Stephen King</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'aime bien r&#233;diger dix pages par jour, ce qui &#233;quivaut &#224; deux mille mots, soit cent quatre-vingt mille sur une p&#233;riode de trois mois ; cela correspond &#224; une bonne longueur, donne un livre dans lequel le lecteur peut joyeusement s'aventurer, si l'histoire est bien con&#224;&#167;ue et ne perd pas de sa fra&#238;cheur. Certains jours, ces dix pages me viennent avec facilit&#233; ; &#224; onze heures et demie, je suis d&#233;j&#224; dehors et je fais des courses, gaillard comme un rat dans un fromage. En prenant de l'&#224;&#162;ge, il m'arrive le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;lectures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot80" rel="tag"&gt;mauvais genres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Stephen King&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;J'aime bien r&#233;diger dix pages par jour, ce qui &#233;quivaut &#224; deux mille mots, soit cent quatre-vingt mille sur une p&#233;riode de trois mois ; cela correspond &#224; une bonne longueur, donne un livre dans lequel le lecteur peut joyeusement s'aventurer, si l'histoire est bien con&#224;&#167;ue et ne perd pas de sa fra&#238;cheur. Certains jours, ces dix pages me viennent avec facilit&#233; ; &#224; onze heures et demie, je suis d&#233;j&#224; dehors et je fais des courses, gaillard comme un rat dans un fromage. En prenant de l'&#224;&#162;ge, il m'arrive le plus souvent de d&#233;jeuner &#224; ma table de travail et d'achever mes dix pages vers une heure et demie. Parfois, lorsque &#224;&#167;a ne vient pas, j'y suis encore &#224; l'heure du th&#233;. Peu m'importe, en r&#233;alit&#233;. Ce n'est que contraint et forc&#233; par les circonstances les plus extr&#224;&#170;mes que je m'autorise &#224; m'arr&#224;&#170;ter avant d'avoir mes deux mille mots.&lt;br class='autobr' /&gt;
Stephen King, &lt;i&gt;&#224;&#8240;criture, M&#233;moires d'un m&#233;tier&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>pas de visage</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article612</link>
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		<dc:date>2014-01-19T09:10:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>&#233;crire</dc:subject>
		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>roman</dc:subject>
		<dc:subject>Flaubert</dc:subject>
		<dc:subject>Quignard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sous la rubrique &#171; choses qui perdent &#224; &#224;&#170;tre peintes &#187;, &#224; c&#224;&#180;t&#233; des fleurs de cerisier ou de kerrie, en l'an mil, &#224; Ky&#224;&#180;to, dans le palais de l'imp&#233;ratrice, Sei Sh&#224;&#180;nagon note :
&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le visage des hommes ou des femmes dont on vante la beaut&#233; dans les romans sans qu'on les voie jamais. &#187;
&lt;br class='autobr' /&gt;
Gustave Flaubert &#233;voque dans une lettre &#224; Charpentier la beaut&#233; fascinante des h&#233;ros de roman parce qu'ils n'ont pas de visage.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas qu'on ne les voit pas. C'est qu'on les &#171; voit sans les voir &#187;.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Pascal Quignard, Petits (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;lectures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;roman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot155" rel="tag"&gt;Flaubert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot160" rel="tag"&gt;Quignard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;Sous la rubrique &#171; choses qui perdent &#224; &#224;&#170;tre peintes &#187;, &#224; c&#224;&#180;t&#233; des fleurs de cerisier ou de kerrie, en l'an mil, &#224; Ky&#224;&#180;to, dans le palais de l'imp&#233;ratrice, Sei Sh&#224;&#180;nagon note :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le visage des hommes ou des femmes dont on vante la beaut&#233; dans les romans sans qu'on les voie jamais. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Gustave Flaubert &#233;voque dans une lettre &#224; Charpentier la beaut&#233; fascinante des h&#233;ros de roman parce qu'ils n'ont pas de visage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas qu'on ne les voit pas. C'est qu'on les &#171; voit sans les voir &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pascal Quignard, &lt;i&gt;Petits trait&#233;s&lt;/i&gt;, &#171; Lectio &#187;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ce livre est vivant</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article555</link>
		<guid isPermaLink="true">https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article555</guid>
		<dc:date>2013-09-07T13:25:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>&#233;crire</dc:subject>
		<dc:subject>lectures</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce livre est vivant. Il r&#233;pugne &#224; se laisser consulter. Il faut &#224;&#170;tre plus fort que lui pour lui arracher ses secrets.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Tant qu'on ne l'a pas dompt&#233;, on n'y voit que du rouge. Les caract&#232;res noirs ne se montrent que lorsqu'on les y a contraints, en rossant le livre, comme un cheval r&#233;tif. On est oblig&#233; de se battre avec lui, et la lutte dure parfois des heures enti&#232;res. On en sort baign&#233; de sueur.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Anatole Le Braz, L&#233;gende de la mort en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;d'&#233;crire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;lectures&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;Ce livre est vivant. Il r&#233;pugne &#224; se laisser consulter. Il faut &#224;&#170;tre plus fort que lui pour lui arracher ses secrets.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tant qu'on ne l'a pas dompt&#233;, on n'y voit que du rouge. Les caract&#232;res noirs ne se montrent que lorsqu'on les y a contraints, en rossant le livre, comme un cheval r&#233;tif. On est oblig&#233; de se battre avec lui, et la lutte dure parfois des heures enti&#232;res. On en sort baign&#233; de sueur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Anatole Le Braz, &lt;i&gt;L&#233;gende de la mort en Basse-Bretagne&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>rien sous la main que le vide</title>
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&lt;p&gt;Ce qu'on appelle ridiculement le &#034;travail de l'&#233;crivain&#034; est une oisivet&#233; qui confine &#224; la mis&#232;re. Il n'a pas de bout de couverture, de tricot, &#224; peine d'agitation manuelle. Ce travail n'apaise pas, il ne dirige pas la pens&#233;e hors de soi, il ne fournit pas de d&#233;rivation &#224; l'animation propre &#224; un corps. Il n'a pas de corps sous la main sur lequel faire passer l'intensit&#233; vide qui monte en lui, et qui alors n'a pas d'issue. Le bouc &#233;missaire c'est sa t&#224;&#170;te m&#224;&#170;me. (Pas d'os &#224; ronger sinon la fiction si (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;Ce qu'on appelle ridiculement le &#034;travail de l'&#233;crivain&#034; est une oisivet&#233; qui confine &#224; la mis&#232;re. Il n'a pas de bout de couverture, de tricot, &#224; peine d'agitation manuelle. Ce travail n'apaise pas, il ne dirige pas la pens&#233;e hors de soi, il ne fournit pas de d&#233;rivation &#224; l'animation propre &#224; un corps. Il n'a pas de corps sous la main sur lequel faire passer l'intensit&#233; vide qui monte en lui, et qui alors n'a pas d'issue. Le bouc &#233;missaire c'est sa t&#224;&#170;te m&#224;&#170;me. (Pas d'os &#224; ronger sinon la fiction si abstraite de sa langue. Et qui n'exorcise rien si elle la mati&#232;re m&#224;&#170;me du sort qui lui a &#233;t&#233; lanc&#233;, l'&#233;toffe m&#224;&#170;me dont a &#233;t&#233; tiss&#233;e l'angoisse qu'elle t&#224;&#162;che en vain &#224; pr&#233;venir.) Rien sous la main que le vide. Sinon le petit morceau de crayon qu'il &#233;treint. les mots, qui d&#233;signent des choses absentes, relaient bien pi&#232;trement ce qui lui fait d&#233;faut et qui l'a pouss&#233; assez malencontreusement &#224; s'adresser &#224; eux : ils pr&#233;servent au bout du compte le manque quand il cherchait par leur moyen &#224; se prot&#233;ger contre le vide et les appels &#224; la mort, &#224; se soustraire &#224; l'abandon, et &#224; s'abriter vainement de la longueur des nuits et de l'effroi. Sans doute a-t-il plut&#224;&#180;t assez mal choisi sa pelote de ficelle. Pareil exp&#233;dient, c'est &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Nessos&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;la tunique de Nessos&lt;/a&gt;. Chrysostome a affirm&#233; que la parole &#233;tait une robe d'apparat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pascal Quignard, &lt;i&gt;Petits trait&#233;s&lt;/i&gt;, XIVe trait&#233;, No&#232;sis&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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