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	<title>Michel Brosseau | &#224; chat perch&#233;</title>
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		<title>&#224; mains nues</title>
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		<description>&lt;p&gt;R&#233;cit d&#1370;horreur : la main sculpt&#233;e, ou une autre main artificielle, qui &#233;trangle son cr&#233;ateur. &lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, &lt;i&gt;The Commonplace Book&lt;/i&gt;, note 7.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;text-align:justify&#034;&gt;
&lt;p&gt;On est quelques-uns &#224; collectionner les faits divers. Autrefois coupures de presse gliss&#233;es dans ds chemises en carton. Aujourd'hui copi&#233;s-coll&#233;s qui s'accumulent dans un coin de disque dur. Et qu'on parcourt de temps &#224; autre en qu&#234;te d'une id&#233;e de nouvelle. Celui-ci n'avait pas fait grand bruit. Peut-&#234;tre parce qu'avec toutes nos troupes engag&#233;es sur divers th&#233;&#226;tres d'op&#233;ration, comprendre maintien de l'ordre n&#233;o-colonial, aucun pisse-copie n'avait pens&#233; monter l'affaire en &#233;pingle. L'affaire &#233;tait pourtant bien glauque. Mettait &#224; disposition de quoi ravir n'importe quels lecteurs en mal d'horreur. Mais le criminel &#233;tant l'un de nos vaillants sous-officiers&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme aurait d&#233;clench&#233; la piti&#233; des c&#339;urs les plus endurcis. Ses deux bras emport&#233;s par un engin explosif qu'il tentait de d&#233;samorcer, quelque part dans les sables du Sahel. On l'avait rapatri&#233; fissa en avion sanitaire. On dit qu'&#224; certaines p&#233;riodes, quand les combats montent en intensit&#233;,ce sont plusieurs gros porteurs transform&#233;s en h&#244;pitaux volants qui atterrissent chaque jour sur la base de Villacoublay. Remplis de jeunes gars aux corps bris&#233;s. D'autres trop secou&#233;s par ce qu'ils ont vu et accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les proth&#232;ses ont connu des progr&#232;s extraordinaires ces derni&#232;res ann&#233;es. Aussi, quelques mois plus tard, l'homme apprenait &#224; mobiliser ces deux bras artificiels. Des membres tout neufs. Et m&#234;me deux mains couleur chair. Qu'il avait appris elles aussi &#224; commander. Certes, il n'aurait pas pu jouer de la guitare ou du piano, ce qui sans doute ne lui manquait aucunement, mais il pouvait, apr&#232;s des mois d'apprentissage, se saisir de n'importe quel objet, faire la pince, visser, d&#233;visser, serrer entre ses doigts m&#233;talliques recouverts d'une r&#233;sine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exosquelette avait fait merveille. L'homme &#233;tait de nouveau autonome. Et avait retrouv&#233; ce qu'on appelle abusivement, dans les quelques coupures de presse que j'ai retrouv&#233;es, une vie normale. Jusqu'au jour de bascule. C'est lui-m&#234;me qui a pr&#233;venu la police. On a retrouv&#233; sa femme gisant sur le plancher de leur chambre &#224; coucher, &#233;trangl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme, effondr&#233; et comme en &#233;tat de choc, n'a offert aucune r&#233;sistance. Selon les dires des policiers, l'homme, au moment de son arrestation, se serait content&#233; de r&#233;p&#233;ter &#224; plusieurs reprises : &lt;i&gt;Caresser !... Tu comprends ? Caresser...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#224; temps perdu</title>
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		<description>&lt;p&gt;(R&#234;ve d&#1370;un) v&#233;hicule &#8211; train, voiture, etc &#8211; qui est baign&#233; de stupeur ou de fi&#232;vre, et devenu un fragment du pass&#233; ou d&#1370;un monde d&#1370;une autre dimension &#8211; emmenant son passager hors de la r&#233;alit&#233; &#8211; dans des r&#233;gions archa&#239;ques et vagues remplies d&#1370;incroyables golfes et merveilles. &lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, &lt;i&gt;The Commonplace Book&lt;/i&gt;, note 208 .&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;text-align:justify&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je venais de terminer ma classe de troisi&#232;me. Comme chaque &#233;t&#233;, je travaillais &#224; la station-service de mon oncle. Je faisais les pleins d'essence, donnait un coup de mains &#224; l'atelier de r&#233;parations. Un boulot de grouillot pay&#233; pas bien cher. Mais il y avait aussi les pourboires que laissaient les clients. Et les bouquins de la collection Folio qui venait d'&#234;tre lanc&#233;e, et dont la promotion &#233;tait assur&#233;e par un jeu dans le r&#233;seau des stations Total. L'oncle connaissait mon go&#251;t de la lecture. Et, c&#233;libataire, aurait fait n'importe quoi pour profiter de la pr&#233;sence de ses neveux. Mes deux fr&#232;res a&#238;n&#233;s, il y a peu, avaient eux aussi pass&#233; leur &#233;t&#233; en sa compagnie. Attir&#233;s, outre les quelques billets de cent francs gliss&#233;s dans une enveloppe &#224; la fin du mois &#8212; j'ai encore une de ces enveloppes, sur le blanc maintenant un peu pass&#233; les traces de cambouis laiss&#233;es par ses doigts &#8212;, par une r&#233;compense sans prix &#224; nos yeux d'enfants : le droit de conduire un peu. Man&#339;uvrer entre la cour gravillonn&#233;e et le pont &#233;l&#233;vateur. M&#234;me pas le temps de passer la seconde, mais c'&#233;tait d&#233;j&#224; &#231;a. Les seuls trajets sur route qu'on m'autorisait, c'&#233;tait les remorquages. J'&#233;tais pas peu fier de me retrouver au volant, certes au cul de la 403 qui servait de d&#233;panneuse, mais sur la route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fr&#232;re de ma m&#232;re &#233;tait un peu collectionneur. Pr&#232;s de l'atelier, il exhibait une Dauphine et une 4CV qu'il avait retap&#233;es &#224; temps perdu. Celles-ci, il &#233;tait hors de question qu'on les conduise, m&#234;me sur quelques m&#232;tres. Sa fiert&#233; en quelque sorte. Aussi, quand un client lui a demand&#233; de le d&#233;barrasser d'une vieille Aronde, il n'a pas h&#233;sit&#233; une seconde. Il se ferait un plaisir de venir la chercher. Et il ferait m&#234;me &#231;a gratuitement. Quand on peut rendre service&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait d&#251; aller chercher l'antiquit&#233; en soir&#233;e, parce que le client en question travaillait jusqu'&#224; tard sur Angers. Si on ajoute la petite heure de route jusqu'&#224; Cholet. On avait convenu de passer vers 9 heures, apr&#232;s le repas du soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'aurais sans doute rien &#224; raconter si le client avait &#233;t&#233; moins sympa, et mon oncle un peu moins bavard. Le temps de discuter voitures, d'&#233;voquer le gars &#224; qui le client avait rachet&#233; la ferme pour la retaper, la nuit &#233;tait tomb&#233;e quand on a enfin commenc&#233; &#224; atteler l'Aronde derri&#232;re la 403. Il avait fallu boire une bi&#232;re, puis une deuxi&#232;me. &#199;a aussi compensait le salaire d&#233;risoire que je touchais &#224; la fin du mois, la possibilit&#233; de boire des coups sans que mes parents n'en sachent rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait d'abord fallu enlever la couverture qui prot&#233;geait la vieille Simca. Je revois encore le geste de l'oncle, dans la grange, comme tirant le rideau. Une carrosserie impeccable. On avait le tour de la bagnole, pas une rayure. Nickel. Il avait ensuite soulev&#233; le capot. Je me souviens de son expression gourmande, ses mains en appui sur le radiateur. Il avait r&#233;p&#233;t&#233; &#224; deux ou trois reprises, &lt;i&gt;&#231;a demande qu'&#224; revivre, ces m&#233;caniques&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Aronde attel&#233;e &#224; la 403, les remerciements du client renouvel&#233;s, et nous voil&#224; partis. On roulait tout doucement, parce que &#231;a faisait toujours des secousses avec la barre de remorquage. C'&#233;tait plus impressionnant que dangereux, ces claquements de ferraille. Et avec l'habitude&#8230; Plus emb&#234;tant, j'ai commenc&#233; &#224; entendre grincer chaque fois qu'on prenait un virage. Heureusement, des virages, il y en avait peu sur la petite route qu'on empruntait. une sorte de chemin creux asphalt&#233;. &#199;a s'est mis &#224; couiner m&#234;me en ligne droite. Sans doute la boule de l'attelage qui manquait de graisse. Lessiv&#233;e par l'orage de la veille. Effet peut-&#234;tre des deux bi&#232;res que j'avais bues, j'ai commenc&#233; &#224; avoir peur que la bagnole se d&#233;croche et parte dans les d&#233;cors. Sans doute aussi l'effet de la nuit. D'habitude, les remorquages, c'&#233;tait en journ&#233;e. L&#224;, sans phare, longtemps que la batterie de l'Aronde avait d&#251; rendre l'&#226;me, ne d&#233;couvrant des deux haies entre lesquelles nous roulions que ce qu'en d&#233;coupaient les deux phares de la d&#233;panneuse. Enferm&#233; dans cet habitacle qui sentait la poussi&#232;re et le cuir vieilli. J'ai ressenti une pouss&#233;e d'angoisse. Je me sentais comme prisonnier dans la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour me rassurer, j'ai commenc&#233; &#224; me parler &#224; voix haute. C'&#233;tait pas le moment de me faire des films. Dans une demi-heure, on serait &#224; la station. L'oncle ouvrirait le portail de l'atelier, on y pousserait l'Aronde sur le pont &#233;l&#233;vateur. Et je rentrerais chez moi sur mon 102 Peugeot. Mais rien &#224; faire. Mon imagination commen&#231;ait &#224; me jouer des tours. L'effet de l'obscurit&#233;. Et ce couloir &#233;troit o&#249; nous glissions entre deux haies. O&#249; l'espace d'un instant une silhouette d'arbre se transformait en un monstre mena&#231;ant. Et ce sentiment d'&#234;tre emport&#233; sans pouvoir rien contr&#244;ler. Mimant la conduite mais si impuissant. Tout comme j'&#233;tais &#224; la merci de mes peurs. L'enfance n'&#233;tait pas si loin. Ces corps surgis des rideaux de la chambre, comme maintenant des haies. Marchant sur le bas-c&#244;t&#233;. Pieds nus ou en sabots. La plupart les cheveux longs. Quelques-uns portant un chapeau &#224; larges bords. Il fallait que je me calme. L'explication &#233;tait simple. &#201;vidente. Je projetais dans la nuit mes souvenirs de lecture. Ce Folio de Balzac commenc&#233; quelques jours plus t&#244;t. C'&#233;tait pour son titre que l'oncle me l'avait offert. &lt;i&gt;Les Chouans&lt;/i&gt;. Il faut dire que le seul mus&#233;e de la ville &#233;tait consacr&#233; aux guerres de Vend&#233;e. J'en &#233;tais l&#224; de mes r&#233;flexions quand j'ai &#233;cras&#233; la p&#233;dale de frein. Je savais qu'il ne fallait surtout pas. L'oncle me l'avait suffisamment r&#233;p&#233;t&#233; depuis mon tout premier remorquage. Mais comment faire autrement ? Quand devant l'Aronde, silhouette fugace&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui devait arriver s'est produit. Claquements de la barre de remorquage. L'Aronde qui se met &#224; tanguer derri&#232;re la d&#233;panneuse d&#232;s que j'ai rel&#226;ch&#233; la p&#233;dale de frein. Avant que l'Aronde ne glisse au foss&#233;. Que j'entende un cri de douleur. Et voie mon oncle sortir de la d&#233;panneuse et se pr&#233;cipiter. Je revois encore l'expression de son visage quand il a &#233;t&#233; pr&#232;s de ma porti&#232;re. Un m&#233;lange de stupeur et d'effroi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun de nous deux n'a jamais reparl&#233; de ce qui s'&#233;tait pass&#233; cette nuit-l&#224;. Ni de ce que nous avions vu. Parce que je ne peux pas me r&#233;soudre &#224; penser que mon oncle, m&#234;me amoureux des vieilles voitures comme il l'&#233;tait, ait pu afficher un tel visage pour seulement un peu de t&#244;le froiss&#233;e. Lui aussi les avait vu, j'en &#233;tais certain. Et entendu le cri de celui que j'avais heurt&#233; avec l'arri&#232;re de l'Aronde. Ce n'&#233;tait pas possible autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oncle ne m'a fait aucun reproche. Il a d&#233;mont&#233; la barre de remorquage en silence. Puis, tout aussi muet, a lev&#233; l'Aronde &#224; l'aide du palan install&#233; &#224; l'arri&#232;re de la 403. C'est ainsi que nous l'avons ramen&#233;e &#224; la station. D&#232;s le lendemain, il s'en est d&#233;barrass&#233; chez B&#226;cle, la casse situ&#233;e un peu plus haut sur la nationale. L'Aronde ne serait jamais retap&#233;e &#224; temps perdu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>on the highway</title>
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		<description>&lt;p&gt;&#171; V&#233;hicule fant&#244;me. Un homme monte &#224; son bord et se voit transport&#233; dans un monde irr&#233;el. &#187; H. P. Lovecraft in &lt;i&gt;Le Livre de raison&lt;/i&gt;, &#171; Liste de certains &#233;l&#233;ments horrifiants fondamentaux utilement mis en &#339;uvre dans le r&#233;cit d'&#233;pouvante &#187;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;text-align:justify&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'employ&#233; de l'agence de location avait accompagn&#233; Tony jusqu'au parking. Une majorit&#233; d'allemandes et d'am&#233;ricaines. Porsche 911 et 924. Cadillac Eldorado. Chevrolet Camaro. &#192; ne plus savoir o&#249; donner du regard. M&#234;me une Traction avant 15/6 pour qui r&#234;vait en bleu blanc rouge. Et l'in&#233;vitable Alpine Renault motoris&#233;e par Gordini. Mais c'&#233;tait une Ford Mustang qu'avait r&#233;serv&#233;e le grand Fred. Il avait vu grand pour son mariage avec &#201;dith. Quasi deux mois de loyer pour &#233;pater la galerie devant la mairie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gars de chez Feroni Cars y allait de ses ultimes recommandations. Bien garder en t&#234;te la taille du paquebot. Sachant qu'&#224; la moindre rayure le grand Fred verrait son ch&#232;que de caution encaiss&#233;. Et bien penser &#224; faire le plein au moment du retour. L'engin &#233;tait gourmand. Et surtout, en cas de souci m&#233;canique, les appeler aussit&#244;t. Surtout ne jamais faire intervenir un m&#233;canicien ext&#233;rieur &#224; l'agence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Larbinerie ou derni&#232;re pr&#233;caution, l'employ&#233; avait ouvert la porti&#232;re c&#244;t&#233; conducteur. D&#233;voilant un int&#233;rieur cuir&#8230; Tony avait h&#233;sit&#233; &#224; s'asseoir. &#199;a le changeait de sa Super 5 ! GT, certes, mais Super 5&#8230; Un sifflement d'admiration lui avait permis de dissimuler sa g&#234;ne. Le r&#233;glage du si&#232;ge. Les diff&#233;rentes positions pour la bo&#238;te automatique. Tony hochait la t&#234;te sans rien dire, impatient de pouvoir enfin conduire la b&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous verrez, &#231;a surprend au d&#233;but... &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gars l'avait regard&#233; en souriant quand il avait mis le contact. Il faut dire qu'il devait faire une de ces t&#234;tes. C'est pas tous les jours que tu r&#233;alises un r&#234;ve de gosse. Le temps de r&#233;gler les r&#233;tros et Tony savourait le ronronnement du V8. Acc&#233;l&#233;rait prudemment vers la sortie du parking. L'employ&#233; lui faisait un dernier signe de la main. C'&#233;tait presque la m&#234;me sensation que al fois o&#249; il avait emprunt&#233; la 504 de son p&#232;re sans m&#234;me le pr&#233;venir. Et sans avoir le permis. Il n'avait que 16 ans. La m&#234;me ivresse. Et comme un go&#251;t de transgression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux valait prendre par l'autoroute. Un peu plus long en kilom&#232;tres, mais il gagnerait son temps. On &#233;tait samedi. Il n'y avait pas un chat dans la zone industrielle, amis ensuite, quand il arriverait &#224; hauteur du supermarch&#233; et de la zone commerciale&#8230; L'embouteillage assur&#233;. Pas s&#251;r que la mustang appr&#233;cie de tourner au ralenti trop longtemps. Sans compter le risque de se faire emboutir l'arri&#232;re par un abruti qui d&#233;boule comme un dingue. Le grand Fred devait &#234;tre assez speed comme &#231;a. Pas la peine d'en rajouter !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;ger coup de stress &#224; la barri&#232;re de p&#233;age. Ne pas aller frotter une aile contre le b&#233;ton. Ticket coinc&#233; dans le cendrier, y aller cool. Ils te font de ces putains de virages incurv&#233;s pour rejoindre l'autoroute. En contrebas, un de ces motels fa&#231;on US qui fleurissaient ces derniers temps. L'illusion &#233;tait presque parfaite. La bande d'acc&#233;l&#233;ration. L'&#339;il au r&#233;tro, pousser doucement les chevaux. Doux froufrou de l'injection. Mont&#233;e dans les tours. De la bagnole, de la vraie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sortirait &#224; Montigny centre. Cinq six bornes seulement, mais ce serait toujours &#231;a de pris derri&#232;re le volant. Ensuite, avec les mari&#233;s, il conduirait pas bien longtemps. Juste de la mairie &#224; la salle polyvalente. Dix minutes de trajet, pas plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vrai plaisir de conduire la Mustang. Install&#233; confortable. Vitre abaiss&#233;e, le coude sur la porti&#232;re. Comme dans les films ! &lt;i&gt;With no particular place to go !&lt;/i&gt; C'&#233;tait Chuck Berry qui chantait &#231;a. Le gars lui avait rien dit pour l'autoradio. Un mod&#232;le d'&#233;poque. Un gros bouton rond pour le volume. Et un autre pour chercher les stations. Dommage qu'il ne soit pas aux States. Ils ont des bonnes radios l&#224;-bas. Sans toutes ces conneries d'&#233;missions &#224; bla-bla comme ici. Tous ceux qui y &#233;taient all&#233;s le disaient. Rien que de la musique, et de la bonne. De quoi rouler peinard. &lt;i&gt;Cruise&lt;/i&gt;, ils appellent &#231;a en anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps de passer le pont, et il actionnait le bouton de gauche. Encore pas mal d'eau dans la Loire. Une faible lumi&#232;re verd&#226;tre sur la fa&#231;ade de l'autoradio. Et quelques instants plus tard, un air de country r&#233;sonnait dans l'habitacle. Pas vraiment ce que Tony aimait &#233;couter. Pas assez de p&#234;che. Et cette manie qu'ils ont de jouer du violon dans les aigus. Il suffisait de tourner le bouton. Blues&#8230; Jazz&#8230; Et tout &#224; coup une voix qui s'emballe en Anglais. Tellement de &lt;i&gt;Lord&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Jesus&lt;/i&gt; &#224; la minute qu'il avait tout de suite compris. Une station sp&#233;cialis&#233;e dans le pr&#234;che &#233;vang&#233;liste. Ils &#233;taient ing&#233;nieux, &#224; l'agence de location. Pour parfaire l'illusion, ils avaient d&#251; dissimuler un ordinateur de bord derri&#232;re la vieille fa&#231;ade de l'autoradio. Tu tournes le bouton, et chaque fois tu tombes sur un programme pr&#233;-enregistr&#233;. Excellent ! De quoi parfaire l'illusion de rouler sur une &lt;i&gt;highway&lt;/i&gt; am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'avait pas tard&#233; &#224; trouver ce qu'il appr&#233;ciait question musique. &lt;i&gt;Classic rock radio&lt;/i&gt; ! La rythmique lourde de Led Zep dans leur reprise de &lt;i&gt;You shook me&lt;/i&gt;. Il reprenait en ch&#339;ur le refrain quand il a vu le panneau de la sortie Montigny centre. Trop tard. Avec sa Super 5, il aurait frein&#233; s&#233;v&#232;re et r&#233;trograd&#233;. Mais pas avec la Mustang, c'&#233;tait un coup &#224; aller taper les glissi&#232;res de s&#233;curit&#233;. Elles partaient vite de l'arri&#232;re, ces bagnoles-l&#224;. C'&#233;tait pas bien grave. Il sortirait &#224; Montigny nord. Et serait comme pr&#233;vu chez le grand Fred vers 14 heures. Le temps ensuite d'aller chercher &#201;dith. &#201;tonnant comme ils se l'&#233;taient jou&#233; &#224; l'ancienne. Le t&#233;moin qui vient chercher monsieur, et sa future qui l'attend chez ses parents dans sa robe &#224; dentelles. Pourtant d&#233;j&#224; trois ans qu'ils vivaient ensemble. Tradition ! Tony sourit. il y avait des sandwiches qu'on appelait ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appeler &#231;a comment ? La loi des s&#233;ries ? Tony avait d&#233;j&#224; remarqu&#233; comment parfois les ennuis s'accumulent. Laisser une sortie ferm&#233;e tout un week-end ! Comme si ils n'avaient pas pu finir leurs travaux &#224; la con ! Il allait finir par se retrouver &#224; la bourre avec tout &#231;a. Heureusement qu'il avait son t&#233;l&#233;phone. Le GPS lui trouverait un itin&#233;raire pas trop long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Faites demi-tour d&#232;s que possible.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si on pouvait traverser le terre-plein central d'une autoroute ! Si le GPS se mettait &#224; d&#233;lirer, on n'&#233;tait pas sorti de l'auberge. Heureusement, Angus Young entamait son intro &#224; la guitare. Une s&#233;rie de triolets sur un accord de la. Pas de panique. Il suffisait d'appeler Fred. Il comprendrait. Un truc venait de lui traverser l'esprit. Il fait comment le maire, quand les mari&#233;s sont vraiment trop &#224; la bourre ? Il te fait passer entre deux rendez-vous, comme chez le toubib ? Ou il fixe un nouveau rencard six mois plus tard, comme chez le dentiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appeler Fred. Mais &#224; condition qu'il y ait un minimum de r&#233;seau. Quand tu vois le prix que tu payes leur abonnement. Et tout &#231;a pour un service de merde ! C'est comme sur ces putains d'autoroute&#8230; Ils sont vraiment pas g&#233;n&#233;reux en panneaux depuis que l'&#201;tat a refil&#233; le b&#233;b&#233; &#224; des bo&#238;tes priv&#233;es ! &#199;a leur arracherait la gueule de dire &#224; combien de bornes elle est la prochaine sortie ? C'est vrai quoi, tu payes pour gagner du temps et r&#233;sultat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tony avait besoin de se calmer. Inutile d'aggraver les choses en ayant un accident. Se concentrer sur la conduite. Et chanter avec Bon Scott, comme quand tu &#233;coutais l'album dans ta chambre, la cha&#238;ne &#224; plein volume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;I'm on the highway to hell...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>essai de transcription d'images vid&#233;o</title>
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		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>bref</dc:subject>
		<dc:subject>fiction</dc:subject>
		<dc:subject>contraintes</dc:subject>
		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>Lovecraft</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pas &#233;vident de transcrire des images vid&#233;o. Je vais essayer, parce qu'il me semble impossible de garder le silence. Ils ont &#233;t&#233; plusieurs &#224; filmer la sc&#232;ne avec leurs t&#233;l&#233;phones portables. Le buzz assur&#233; sur les r&#233;seaux sociaux. On est dans un parking souterrain. Parking R&#233;publique. La ville, peu importe. Partout les m&#224;&#170;mes infrastructures. En fond sonore, un mart&#232;lement &#233;touff&#233; de basses. On imagine une bo&#238;te proche du parking. Au beau milieu d'une des voies de circulation, un type qui marche, l'air &#233;gar&#233;. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;LOVECRAFT GENERATOR&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;fiction&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;Lovecraft&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pas &#233;vident de transcrire des images vid&#233;o. Je vais essayer, parce qu'il me semble impossible de garder le silence. Ils ont &#233;t&#233; plusieurs &#224; filmer la sc&#232;ne avec leurs t&#233;l&#233;phones portables. Le buzz assur&#233; sur les r&#233;seaux sociaux. On est dans un parking souterrain. Parking R&#233;publique. La ville, peu importe. Partout les m&#224;&#170;mes infrastructures. En fond sonore, un mart&#232;lement &#233;touff&#233; de basses. On imagine une bo&#238;te proche du parking. Au beau milieu d'une des voies de circulation, un type qui marche, l'air &#233;gar&#233;. Une voiture le klaxonne, il s'&#233;carte. Des rires qui fusent par les vitres ouvertes. Zoom sur le visage : du sang coagul&#233; descendu du haut du cr&#224;&#162;ne. Yeux vitreux d'un qui se r&#233;veille ou sous produit. Toute cette tension dans les traits. Sur une autre vid&#233;o, on voit le type en train de lire l'&#233;cran publicitaire accroch&#233; &#224; un pilier. Comme si quelque chose d'essentiel se trouvait dans les mots et images qui se d&#233;roulent. Rien de plus que les grandes enseignes pr&#233;sentes dans la ville. Celle-ci comme d'autres. Pupilles en haut, il r&#233;fl&#233;chit. Un autre l'a film&#233; accroupi pr&#232;s d'un pilier, bras crois&#233;s, tremblant de froid. Il ne porte qu'un t-shirt. En grossissant l'image, on parvient &#224; d&#233;couvrir ce qui figure en haut &#224; gauche, &#224; hauteur de la poitrine : Ar&#232;ne Club, avec pour logo un r&#233;tiaire stylis&#233;. Peut-&#224;&#170;tre la bo&#238;te dont entend les basses &#233;touff&#233;es sur chaque bout de vid&#233;o. Des traces de sang sur son jean. L'id&#233;e m'est venue qu'il s'&#233;tait battu dans la bo&#238;te, s'&#233;tait r&#233;fugi&#233; dans le parking pour &#233;chapper &#224; ceux avec qui il s'&#233;tait embrouill&#233;. Je croyais comprendre. Un coup &#224; la t&#224;&#170;te. Son air &#233;gar&#233;. &#224;&#8364; moins qu'il ne s'agisse d'un type qui squatte dans le parking. Ou fauche dans les bagnoles. Ou les deux. On le voit &#224; un moment essayer d'ouvrir plusieurs porti&#232;res, sans succ&#232;s. Il voulait peut-&#224;&#170;tre y dormir. Sans doute &#224;&#167;a qui a plu sur les r&#233;seaux sociaux, l'&#233;nigme que constitue son comportement. Et son air paum&#233;. D&#233;sesp&#233;r&#233; aussi. Je pense &#224; l'extrait o&#249; on le voit entour&#233; de trois mecs et une jeune femme en train de le filmer, et lui qui s'adresse &#224; eux tour &#224; tour, gueulant &#171; Mais o&#249; je suis ? O&#249; ? &#187;. Et l'image qui saute et s'interrompt du coup vers le t&#233;l&#233;phone, dont on ne per&#224;&#167;oit que l'amorce. Le moment le plus d&#233;rangeant, celui qui a d&#233;clench&#233; l'engouement, m&#224;&#170;l&#233; d'un peu de d&#233;sapprobation, c'est quand on le voit de dos poursuivi par deux mecs en noir, sap&#233; comme des vigiles. Il court entre les bagnoles en stationnement. Un des deux vigiles le vise avec une arme. J'ai pu l'identifier, ils sont nombreux &#224; en proposer la vente sur le web. Un pistolet Gomm-Cogne. Le type chancelle, porte la main &#224; sa cuisse. Sur une autre vid&#233;o, on voit un quatre-quatre noir d&#233;bouler et s'arr&#224;&#170;ter dans un crissement de pneus, coupant la retraite du gars. Qui retire son t-shirt et le balance sous une voiture. Puis tente de s'enfuir en grimpant sur un capot. On entend une nouvelle d&#233;tonation. Sur les derni&#232;res images, qui depuis ont &#233;t&#233; retir&#233;es de You Tube, mais que j'avais pris soin de t&#233;l&#233;charger, on voit le gars qui se d&#233;bat tir&#233; par les mecs en noir vers l'arri&#232;re du quatre-quatre. On aper&#224;&#167;oit son visage en sang, l&#1370;&#339;il droit touch&#233; par le dernier tir. Les vigiles le jettent dans le coffre, avant de refermer les portes. Le plan final s'attarde sur la roue de secours du v&#233;hicule, prot&#233;g&#233;e par une housse noire : sous le r&#233;tiaire stylis&#233; de l'Ar&#232;ne Club, l'adresse de la bo&#238;te, au 5 place de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;generated by :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un homme amn&#233;sique dans un environnement &#233;trange, qu&#1370;on comprend imparfaitement. La peur de retrouver la m&#233;moire &#8211; un flash...&lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, The Commonplace Book, note 215.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;LOVECRAFT GENERATOR, le projet&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;table des mati&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_540 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/-&gt;https:/www.amazon.fr/gp/product/1535213574/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;#38;camp=1642&amp;#38;creative=6746&amp;#38;creativeASIN=1535213574&amp;#38;linkCode=as2&amp;#38;tag=letierslivre-21'&gt;&lt;img src='https://xn--chatperch-p1a2i.net/IMG/jpg/-11.jpg?1512543892' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>mortelle randonn&#233;e</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>fiction</dc:subject>
		<dc:subject>contraintes</dc:subject>
		<dc:subject>fantastique</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;C'est l'apr&#232;s-midi que je l'ai vu pour la premi&#232;re fois. Ma gamine avait perdu sa casquette dans le pr&#233;c&#233;dent camping o&#249; nous avions s&#233;journ&#233;. On marchait tous les deux dans la rue principale qui traverse la vieille ville de Saint-Jean-Pied-de-Port, noy&#233;s dans la masse de touristes qui y d&#233;ambulent, se photographient sur le pont au-dessus de la Nive, la rivi&#232;re qui descend de la montagne, posent devant la porte de la vieille ville, tra&#238;nent devant les magasins qui proposent b&#233;rets, linge basque et (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;contraintes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;fantastique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;Lovecraft&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot192" rel="tag"&gt;montagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est l'apr&#232;s-midi que je l'ai vu pour la premi&#232;re fois. Ma gamine avait perdu sa casquette dans le pr&#233;c&#233;dent camping o&#249; nous avions s&#233;journ&#233;. On marchait tous les deux dans la rue principale qui traverse la vieille ville de Saint-Jean-Pied-de-Port, noy&#233;s dans la masse de touristes qui y d&#233;ambulent, se photographient sur le pont au-dessus de la Nive, la rivi&#232;re qui descend de la montagne, posent devant la porte de la vieille ville, tra&#238;nent devant les magasins qui proposent b&#233;rets, linge basque et piments d'Espelette. Le gars d&#233;tonnait dans la foule &#224; bermudas : assis par terre en tailleur, avec une carte de France d&#233;chir&#233;e pos&#233;e devant lui ; un marcheur, d'apr&#232;s ses chaussures, mais tellement &#233;loign&#233; des marcheurs qu'on croisait ici, retrait&#233;s en appui sur des b&#224;&#162;tons, &#233;quip&#233;s D&#233;cathlon ou Vieux campeur, ou gosses aux allures de scouts, foulards autour du cou et chemises comme militaires, &#224; peine fini de grandir et d&#233;j&#224; en route pour la r&#233;demption et Saint-Jacques de Compostelle. Impossible de ne pas le remarquer, avec son short d&#233;chir&#233;, sa chemisette &#224; carreaux rigide de crasse. Ma fille m'a dit qu'il lui faisait penser au g&#233;n&#233;rique des &lt;i&gt;Monty Python&lt;/i&gt;. L'esp&#232;ce de Robinson jou&#233; par Michael Palin dans chaque &#233;pisode du &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=fCB51cSE53M&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Flying Circus&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. On avait regard&#233; &#224;&#167;a en famille l'hiver dernier. La m&#224;&#170;me allure d&#233;penaill&#233;e, la m&#224;&#170;me barbe blonde hirsute, les m&#224;&#170;mes cheveux emm&#224;&#170;l&#233;s. Il &#233;tait toujours l&#224; quand on est repass&#233;s, ma fille avec sa nouvelle casquette sur le cr&#224;&#162;ne. Il tentait de communiquer avec un vieux du coin &#224; propos de son chien, mais sans parvenir &#224; se faire comprendre, m&#224;&#170;me &#224; grands renforts de gestes : &lt;i&gt;me... before... two dogs...&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'ai ensuite aper&#224;&#167;u au camping, le soir. Quand je suis all&#233; au bureau demand&#233; le code pour la wi-fi. Il &#233;tait enroul&#233; dans son duvet, sans m&#224;&#170;me une tente. Il avait encore sa carte toute &lt;i&gt;destroy&lt;/i&gt; devant lui, et marmonnait en tra&#224;&#167;ant du doigt ce que j'ai suppos&#233; &#224;&#170;tre son parcours. Le g&#233;rant du camping m'a dit qu'il passait tous les ans &#224; la m&#224;&#170;me date. Une esp&#232;ce de dingo qui faisait la route, &#224; ses yeux. Pas bien d&#233;rangeant, si ce n'&#233;tait l'odeur pestilentielle du bonhomme. Mais pas m&#233;chant pour un sou. Un gars rong&#233; de solitude. Il n'y avait qu'&#224; voir comment chaque fois qu'il passait ici il essayait de lier conversation avec les marcheurs, de trouver quelqu'un qui accepte de l'accompagner. Il trouvait chaque fois, d'apr&#232;s le g&#233;rant. Qui avait sa th&#233;orie sur la chose ! Pour lui, certains n'aimaient pas passer la fronti&#232;re seuls. Comme s'ils avaient eu besoin de quelqu'un pour passer ce seuil symbolique, alors qu'ils sont si pr&#232;s du but apr&#232;s tellement de kilom&#232;tres parcourus. Pour ma part, je voyais plut&#224;&#180;t l&#224; de la piti&#233;, mais je me suis bien gard&#233; de ne rien dire. Aucune envie de passer ma soir&#233;e &#224; discuter dans ce bureau exigu&#224;&#171; avec un type qui s'ennuie. C'est du moins ce que j'ai cru quand il a tent&#233; de me retenir alors que j'avais d&#233;j&#224; franchi la porte. Il s'est approch&#233; et m'a gliss&#233; dans un souffle, tout en jetant un coup d&#1370;&#339;il rapide sur le Robinson d&#233;penaill&#233;, alors en conversation avec un jeune mec d'une vingtaine d'ann&#233;es : &lt;i&gt;Il y a un truc qui me chiffonne... J'ai demand&#233; aux coll&#232;gues des autres campings : inconnu au bataillon !... Et autre chose : les marcheurs qui arrivent d'Espagne, pas un pour se souvenir l'avoir crois&#233;... Avec une d&#233;gaine pareille, quand m&#224;&#170;me... C'est pas pour dire, mais...&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La curiosit&#233; m'a pouss&#233; &#224; me lever t&#224;&#180;t le lendemain. J'ai laiss&#233; un mot &#224; ma fille et quitt&#233; le camping, direction le sentier de grande randonn&#233;e. Quand je suis pass&#233; pr&#232;s de son emplacement, le Robinson, allong&#233;, dormait les yeux ouverts. J'ai grimp&#233; pr&#232;s de deux heures puis, jugeant &#224;&#170;tre parvenu &#224; un point d'observation correct, je me suis arr&#224;&#170;t&#233;. D'ici, je verrais arriver Robinson et son acolyte du jour. J'ai d&#224; &#187; attendre une bonne heure avant de les apercevoir en contrebas, grimpant le col c&#224;&#180;te &#224; c&#224;&#180;te. L'un courb&#233; sous la charge de son sac, l'autre droit comme un i. Quand ils sont parvenus &#224; ma hauteur, ils sont pass&#233;s sans m'adresser un regard, sans m&#224;&#170;me donner de r&#233;ponse &#224; mon salut. Je les ai regard&#233; s'&#233;loigner, dispara&#238;tre en haut du col. Quelque chose clochait, sans que je comprenne quoi. Sans r&#233;fl&#233;chir je me suis lev&#233; et pr&#233;cipit&#233;. En t&#224;&#170;te ce raisonnement simple qui tournait en boucle : sans charge, je les rejoindrais facilement. Pour quoi faire, je n'en savais rien. Peut-&#224;&#170;tre parce que vex&#233; d'avoir &#233;t&#233; ignor&#233;. Ou plut&#224;&#180;t de m'&#224;&#170;tre lev&#233; si t&#224;&#180;t et d'avoir fait tout ce chemin pour juste regarder passer deux marcheurs. Ou bien les seuls propos charg&#233;s de sous-entendus du g&#233;rant avaient suffi &#224; ... &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai fini par courir, obs&#233;d&#233; par cette id&#233;e de les rattraper. Parvenu en haut du col, je balayai du regard le paysage, scrutai le sentier qui se d&#233;roulait en lacets sur plusieurs centaines de m&#232;tres. Je dus me rendre &#224; l'&#233;vidence, reprenant lentement mon souffle, appuy&#233; &#224; une borne fronti&#232;re : ils avaient disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;generated by :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mort qui marche &#8211; on croit qu&#1370;il est en vie, mais &#8211;&lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, The Commonplace Book, note 16.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;LOVECRAFT GENERATOR, le projet&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;table des mati&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_540 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/-&gt;https:/www.amazon.fr/gp/product/1535213574/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;#38;camp=1642&amp;#38;creative=6746&amp;#38;creativeASIN=1535213574&amp;#38;linkCode=as2&amp;#38;tag=letierslivre-21'&gt;&lt;img src='https://xn--chatperch-p1a2i.net/IMG/jpg/-11.jpg?1512543892' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>le trou du Diable</title>
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		<dc:date>2016-07-11T07:36:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>fiction</dc:subject>
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		<dc:subject>Lovecraft</dc:subject>

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&lt;p&gt;J'ai longtemps h&#233;sit&#233; apr&#232;s que la r&#233;daction des Lettres contemporaines m'ait pass&#233; commande de l'article qui va suivre. Si j'ai finalement accept&#233; d'&#233;voquer ma derni&#232;re visite &#224; G., c'est d'une part parce que j'ai &#233;t&#233; le dernier universitaire &#224; l'avoir rencontr&#233;, et sans doute m&#224;&#170;me le dernier homme &#224; qui il ait eu l'occasion de se confier, et d'autre part dans l'intention de mettre fin aux rumeurs les plus folles qui ont circul&#233; au sujet de sa mort et des derniers mois de sa vie. Je crois en effet pouvoir &#233;clairer (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;LOVECRAFT GENERATOR&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;fiction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;contraintes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;fantastique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;Lovecraft&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai longtemps h&#233;sit&#233; apr&#232;s que la r&#233;daction des &lt;i&gt;Lettres contemporaines&lt;/i&gt; m'ait pass&#233; commande de l'article qui va suivre. Si j'ai finalement accept&#233; d'&#233;voquer ma derni&#232;re visite &#224; G., c'est d'une part parce que j'ai &#233;t&#233; le dernier universitaire &#224; l'avoir rencontr&#233;, et sans doute m&#224;&#170;me le dernier homme &#224; qui il ait eu l'occasion de se confier, et d'autre part dans l'intention de mettre fin aux rumeurs les plus folles qui ont circul&#233; au sujet de sa mort et des derniers mois de sa vie. Je crois en effet pouvoir &#233;clairer d'un jour nouveau, et &#224; coup s&#224; &#187;r terrible, le destin tragique d'un des &#233;crivains les plus dou&#233;s de sa g&#233;n&#233;ration. Je dispose, pour ce faire, de la captation sonore de la conversation que nous avons eue il y a maintenant presque un an. Lui qui, au cours de la dizaine d'entretiens que nous avions eus pr&#233;c&#233;demment s'&#233;tait montr&#233; si r&#233;ticent, voire hostile &#224; l'id&#233;e d'utiliser un enregistrement vid&#233;o ou audio, avait m&#224;&#170;me insist&#233; afin que je l'enregistre, arguant, je cite, que l'&#233;crit n'est pas toujours suffisant pour arracher &#224; l'obscur les lambeaux qu'il nous offre. Propos qui, depuis sa mort, r&#233;sonnent d'une &#233;trange fa&#224;&#167;on, ouvrant des perspectives que je tenterai de pr&#233;ciser dans la suite de cet article, loin des fadaises qu'ont cru bon de r&#233;pandre quelques esprits baroques confondant fantastique et fantasmes. J'ai aussi eu recours, pour l'&#233;criture de cet article, au fonds consacr&#233; &#224; S., que le d&#233;partement de Litt&#233;rature de l'Universit&#233; de M., que j'ai l'honneur de diriger, ouvrira bient&#224;&#180;t aux &#233;tudiants et chercheurs. L'&#233;crivain avait en effet accept&#233; de l&#233;guer par disposition testamentaire non seulement ses papiers et manuscrits, mais aussi l&#1370;int&#233;gralit&#233; de sa biblioth&#232;que. C'est ainsi que j'ai pu avoir acc&#232;s, en avant premi&#232;re, aux diff&#233;rentes versions de son dernier ouvrage, malheureusement encore demeur&#233; in&#233;dit, ainsi qu'&#224; son journal. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est durant la deuxi&#232;me quinzaine d'avril, soit moins de deux semaines avant sa mort, survenue dans la nuit du premier mai, que je me suis pr&#233;sent&#233; &#224; son domicile de G., dans la banlieue parisienne. Il m'a, comme chaque fois, re&#224;&#167;u dans son bureau, au rez-de-chauss&#233;e du pavillon, en prenant soin d'en interdire l'acc&#232;s &#224; ses deux chiens, deux bergers allemands &#224;&#162;g&#233;s d'&#224; peine deux ans, acquis quelque temps apr&#232;s la s&#233;paration d&#1370;avec sa compagne d'alors. &lt;i&gt;Les derniers &#224;&#170;tres vivants que je fr&#233;quente d&#233;sormais&lt;/i&gt;, m'avait-il lanc&#233; mi amus&#233; mi amer. &lt;br class='autobr' /&gt; Tous ceux qui ont eu la chance de le c&#224;&#180;toyer connaissaient bien l'endroit. Imaginez une vaste pi&#232;ce, &#233;clair&#233;e par le demi-jour d'une fen&#224;&#170;tre en grande partie obstru&#233;e par une glycine envahissante, et aux murs couverts de rayonnages. Peu de fiction ici, mais de nombreux ouvrages traitant de m&#233;decine l&#233;giste et de psychiatrie, ainsi que d'Histoire. Au sol, en piles pr&#232;s de sa table de travail qui occupait le centre de la pi&#232;ce, des livres ayant pour th&#232;me le d&#233;barquement en Normandie et l'oc&#233;anographie. Et, encadrant le clavier de son ordinateur, des &#339;uvres dont j'avoue avoir &#233;t&#233; extr&#224;&#170;mement surpris, sinon troubl&#233;, de les rencontrer chez cet ancien militant d'extr&#224;&#170;me gauche, r&#233;put&#233; pour ses prises de position rationalistes. Je pourrais, gr&#224;&#162;ce &#224; l'inventaire effectu&#233; suite au legs de sa biblioth&#232;que, en fournir la liste compl&#232;te. Mais sa longueur risquerait d'ennuyer plus d'un lecteur. Sachez qu'on trouvait l&#224; tout ce qui compte depuis des si&#232;cles en mati&#232;re de science occulte et cabalistique, d'Herm&#232;s Trism&#233;giste &#224; Roger Bacon, en passant par l'arabe fou Abdul Alhazred et son &lt;i&gt;Necronomicon&lt;/i&gt;, mais aussi quelques publications plus r&#233;centes, &#224; la crois&#233;e de l'&#233;sot&#233;risme et de la science, comme &lt;i&gt;La Cl&#233; des oc&#233;ans&lt;/i&gt;, du tr&#232;s controvers&#233; S., pourtant ancien directeur du Mus&#233;um d'Histoire naturelle, mais qui n'avait pas h&#233;sit&#233; &#224; signer cet inventaire hallucin&#233; de pr&#233;tendus monstres des fonds oc&#233;aniques, ou &lt;i&gt;Les Portes du pass&#233;&lt;/i&gt;, sign&#233; d'un collectif d'astrophysiciens, et qui avait d&#233;fray&#233; la chronique il y a quelques ann&#233;es en &#233;tayant gr&#224;&#162;ce &#224; des r&#233;f&#233;rences &#224; la physique quantique l'existence de points de passage entre pass&#233; et pr&#233;sent. Sans doute n'ai-je pas su dissimuler ma surprise de le voir entour&#233; d'une telle litt&#233;rature, car G. eut soin de m'expliquer en avoir eu besoin pour l'&#233;criture de son dernier roman. &lt;br class='autobr' /&gt; J'ai d&#224; &#187;, comme &#224; chacune de mes venues, sacrifier au rituel du whisky. La conversation glissa bient&#224;&#180;t sur son dernier roman, pour lequel il avait &#233;t&#233; en bute &#224; de nombreux d&#233;boires. Quatre r&#233;&#233;critures n'avaient pas suffi &#224; arracher l'accord de son &#233;diteur, qui trouvait l'ouvrage trop en rupture avec les pr&#233;c&#233;dents et craignait un &#233;chec commercial. Et comme je suis li&#233; par un contrat d'exclusivit&#233; !... Plus qu'un &#233;chec personnel, G. voyait dans ce refus une sorte de mal&#233;diction, une fatalit&#233; qui s'abattait sur lui. Il &#233;tait certain de la qualit&#233; de son roman, le consid&#233;rant m&#224;&#170;me meilleur que les pr&#233;c&#233;dents. M&#224;&#170;me si je n'avais pas enregistr&#233; notre conversation, je crois que je me serais souvenu de ses propos quant &#224; la d&#233;marche qu'il disait avoir adopt&#233;e, tant ceux-ci me parurent la d&#233;finition m&#224;&#170;me de la l'entreprise litt&#233;raire : &lt;i&gt;J'ai seulement tent&#233; d'arracher un fragment &#224; la nuit...&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; G. me parut marqu&#233; par cette querelle avec son &#233;diteur. &#224;&#8364; peine avais-je entam&#233; mon verre que d&#233;j&#224; il s'en servait un nouveau. Le fr&#233;quentant depuis nos ann&#233;es d'&#233;tudes, je connaissais son penchant pour l'alcool. Mais l&#224; , semblait-il, un cap avait &#233;t&#233; franchi. Il m'avoua, piteux, n'avoir rien &#233;crit depuis des semaines. Il &#233;tait d&#233;courag&#233; par ce travail de reprise qui n'avait servi &#224; rien. Et, plus que tout, avait le sentiment d'&#224;&#170;tre enferm&#233; &#224; jamais dans un genre. Il en avait assez du polar, dont il avait le sentiment d'avoir fait le tour. Il voulait passer &#224; plus cors&#233;. &lt;i&gt;Le frisson, je sais faire... Mais ce qui m'int&#233;resse, ce qui m'anime au plus profond, c'est l'effroi...&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; Je le questionnai sur la gen&#232;se de son dernier opus, &lt;i&gt;Des loups gris comme la nuit&lt;/i&gt;, afin de mieux appr&#233;hender ce qui avait motiv&#233; cette rupture dans son &#339;uvre. Je n'ai rien d&#233;cid&#233; en fait. Tout s'est impos&#233; &#224; moi. C'est par cette br&#232;ve introduction qu'il commen&#224;&#167;a le r&#233;cit de son s&#233;jour, un peu plus d'un an auparavant, &#224; V., sur la c&#224;&#180;te normande. Il &#233;tait venu l&#224; afin de se documenter pour un possible polar. L'endroit poss&#233;dait une particularit&#233; ayant suscit&#233; sa curiosit&#233; : &lt;i&gt;depuis plusieurs ann&#233;es, la presse tant locale que nationale faisait &#233;tat de la d&#233;couverte de corps amen&#233;s par les courants sur l'une de ses plages, en contrebas d'un bunker. On avait bien entendu beaucoup glos&#233; sur ces cadavres &#224; l'identit&#233; myst&#233;rieuse, les corps &#233;tant tr&#232;s difficilement identifiables apr&#232;s un s&#233;jour prolong&#233; dans l'eau. Seules certitudes, aucun d'eux n'&#233;tait mort de noyades, et tous pr&#233;sentaient des traces de morsures, sans que l'origine de celles-ci aient pu &#224;&#170;tre pr&#233;cis&#233;es davantage. C'&#233;tait un sujet en or !&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Il me raconta avoir pris quelques photos des lieux dans l'apr&#232;s-midi, plage et bunker, ainsi que de la ville. Un lieu tourn&#233; vers le pass&#233;, encombr&#233; d'un mus&#233;e, de trois cimeti&#232;res militaires et d'au moins autant de monuments aux morts. Je me souviens qu'il s'est alors interrompu pour se servir un troisi&#232;me verre, cette fois sans m&#224;&#170;me m'en proposer, et m'a sembl&#233; perdu dans ses pens&#233;es, les traits crisp&#233;s, et son regard, un court instant, voil&#233; par la peur. Il revint &#224; lui en allumant une cigarette, puis m'a adress&#233; de nouveau la parole. Je retranscris ici ses paroles afin que chacun se fasse une id&#233;e du regard que portait G. sur son s&#233;jour en Normandie, tant comment&#233; depuis : &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;C'est au bout de deux trois jours que j'ai commenc&#233; &#224; comprendre... Pas que j'&#233;tais en train de basculer de l'autre c&#224;&#180;t&#233;... &#224;&#167;a, non, je pouvais pas encore en avoir conscience... disons le moment o&#249; j'ai compris que j'&#233;tais en train de mettre le nez l&#224; o&#249; il fallait pas... m&#224;&#170;me si, bon, &#224;&#167;a, c'&#233;tait pas la premi&#232;re fois... J'&#233;tais sorti de ma chambre pour aller boire un caf&#233;, et je voulais pr&#233;venir aussi le patron que la connexion web d&#233;connait &#224; l'&#233;tage... Donc, je sors, et l&#224; je tombe sur le chien de l'h&#224;&#180;tel, une esp&#232;ce de dogue &#233;norme... je l'avais aper&#224;&#167;u la veille, mais couch&#233; derri&#232;re le bar... Je sais faire avec les chiens, j'en ai quasiment tout le temps eu, et &#224;&#167;a depuis tout gamin... Mais l&#224; , tu vois, je savais qu'il fallait pas essayer de passer... Alors, je rentre dans la piaule, j'essaie d'appeler le patron par l'interphone, mais que dalle... Je prends mon portable, pas de r&#233;seau... Il y en avait pourtant la veille quand je m'&#233;tais install&#233;... L&#224; j'ai commenc&#233; &#224; flipper...&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; Encore une fois, pr&#233;cisons que ce qui pr&#233;c&#232;de est la transcription litt&#233;rale de l'enregistrement effectu&#233; lors de ma visite. Je ne cache pas que, sur le coup, ses propos m'ont paru empreints d'une exag&#233;ration sans doute caus&#233;e par l'alcool. Mais j'ai depuis eu l'occasion de consulter le journal tenu par G., o&#249;, apr&#232;s avoir relat&#233; son face &#224; face avec le chien, il &#233;crivait ceci :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;Pris en photo l'insigne arrach&#233; avant hier dans la bagarre. Garder trace au cas o&#249; on me le volerait. Si seulement je savais qui &#233;tait dans le bunker. Avec qui je me suis battu. M&#224;&#170;me si se battre un bien grand mot : arrach&#233; l'insigne alors qu' &#171; il &#187; s'enfuyait.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Notre conversation, lors de ma visite, est souvent revenue sur le peur qui l'habitait. Cette peur, &#224; coup s&#224; &#187;r amplifi&#233;e par l'alcool, s'exprimait de diff&#233;rentes mani&#232;res mais toujours exprimait ses difficult&#233;s avec le monde ext&#233;rieur. Ainsi m'a-t-il expliqu&#233; avoir besoin de savoir ses deux chiens devant la porte de son bureau pour se sentir en s&#233;curit&#233; pendant qu'il travaillait. Le refus de son &#233;diteur, quant &#224; lui, avait fait na&#238;tre des craintes bien r&#233;elles au sujet de son avenir mat&#233;riel. L'avance qui lui avait &#233;t&#233; accord&#233;e n'&#233;tait plus maintenant qu'un souvenir, et il n'aurait rien de nouveau &#224; lui fournir avant, au mieux, un an. Toute son &#233;nergie, ces derniers mois, &#233;tait pass&#233;e dans de vaines reprises de son manuscrit. Mais cette peur, qu'il tentait de traduire dans sa prose se faisait le miroir, dans son dernier roman, par ce qu'il appelait l'effroi, &#233;tait avant tout, comme il l'a confi&#233;, peu de temps avant de mourir, &#224; son journal, celle de ne plus parvenir &#224; &#233;crire : &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;Dire le myst&#232;re demeure affaire humaine. Mais concernant l'effroi, quoi d'autre que le silence ?&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Affirmer, comme l'ont fait certains, que cette peur soit n&#233;e lors de son s&#233;jour normand me semble infond&#233;. Nous n'&#233;tions pas encore sortis de l'adolescence lorsque nous nous sommes rencontr&#233;s. Aussi puis affirmer que G., avant m&#224;&#170;me de devenir l'&#233;crivain que l'on sait, &#233;tait un jeune homme inquiet et perp&#233;tuellement insatisfait. Quant &#224; la s&#233;paration d'avec sa compagne, comment croire qu'elle n'ait pas &#233;t&#233; un facteur d&#233;stabilisant ? S'il n'a pas &#233;t&#233; le d&#233;clencheur de sa peur, son s&#233;jour normand, en revanche, me semble avoir &#233;t&#233; le moment o&#249; celle-ci s'est cristallis&#233;e. Je m'explique : G., &#233;branl&#233; par le d&#233;part de sa femme, s'&#233;tait lanc&#233; corps et &#224;&#162;me dans un nouveau projet d'&#233;criture. C'est dans cette fi&#232;vre si particuli&#232;re du d&#233;marrage de l'&#233;criture, quand le sujet se profile de mani&#232;re encore floue, gros d'une promesse incertaine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='On lira avec profit l'entretien qu'il nous avait accord&#233; &#224; ce sujet (Champs (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que G. s'est rendu sur la c&#224;&#180;te normande. Il convient d'avoir &#224; l'esprit cet &#233;tat d'hypersensibilit&#233; de l'&#233;crivain pour mieux appr&#233;hender le regard qu'il peut alors porter sur les &#233;v&#233;nements. Des propos qu'il m'a tenus et de la lecture de son journal se d&#233;gage la figure (paternelle ?) de l'h&#224;&#180;telier, antipathique et excluant, qui deviendra l'un des personnages centraux de son roman. Ainsi &#233;crivait-il dans son journal le premier mai au matin :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;Impression de ne pas &#224;&#170;tre le bienvenu. Le patron de l'h&#224;&#180;tel, au petit d&#233;jeuner, m'a demand&#233; si je comptais prolonger mon s&#233;jour ; m'a indiqu&#233; qu'il serait complet &#224; l'occasion des comm&#233;morations du 8 mai, que je ne pourrais pas rester. M&#233;moire du d&#233;barquement est machine &#224; cash. Le seul &#224; m'avoir parl&#233; de ma joue tum&#233;fi&#233;e suite &#224; la bagarre de la veille. Lui ai racont&#233; &#224;&#170;tre tomb&#233; en p&#233;n&#233;trant dans le bunker. Goguenard, m'a lanc&#233; : &#171; &#224;&#167;a aime pas &#224;&#170;tre d&#233;rang&#233;s, les morts ! &#187;. Peut-&#224;&#170;tre &#233;t&#233; trop bavard hier soir pendant l'ap&#233;ro ; donn&#233; l'impression que j'allais g&#224;&#170;ner leur business en venant fouiller le pass&#233; ; de &#224;&#167;a qu'ils vivent ici. Contre-publicit&#233; de mettre en avant cette suite de morts myst&#233;rieuses depuis quelques ann&#233;es.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; J'ai pu, &#224; partir de la documentation dont je dispose, reconstituer le fil de cette soir&#233;e qui semble, apr&#232;s une analyse partielle des notes pr&#233;paratoires, avoir jou&#233; un r&#224;&#180;le essentiel dans la structuration imaginaire du roman. Apr&#232;s un long ap&#233;ritif au comptoir du bar de l'h&#224;&#180;tel, au cours duquel G. a cherch&#233; &#224; obtenir des informations sur la s&#233;rie de cadavres d&#233;couverts sur la plage, le romancier a pris son repas seul dans un restaurant de la ville puis, devant la perspective d'une soir&#233;e solitaire &#224; l'h&#224;&#180;tel, est retourn&#233; au bunker qu'il avait visit&#233; durant l'apr&#232;s-midi, d&#233;sireux d'avoir une id&#233;e des l'ambiance du lieu la nuit. C'est peu de temps apr&#232;s avoir p&#233;n&#233;tr&#233; dans le bunker qu'un corps l'a percut&#233; et lui a adress&#233; quelques coups de poing, auxquels il a r&#233;pondu. La silhouette s'enfuyant, il a tent&#233; de la retenir en l'agrippant au bras, d&#233;sireux de savoir qui l'avait frapp&#233;. Son agresseur est parvenu &#224; se d&#233;gager. C'est l&#224; qu'un morceau de tissu lui est rest&#233; dans la main : un insigne arrach&#233; de la manche, sur lequel figurait un loup de profil, marron tr&#232;s clair sur fond vert, qu'il m'a montr&#233; lors de ma visite, mais qui semble avoir disparu quand la maison a &#233;t&#233; vid&#233;e. C'est &#224; partir de l&#224; que s'est op&#233;r&#233;e sa bascule vers de nouveaux horizons d'&#233;criture, comme en t&#233;moignent les notes pr&#233;paratoires &#233;voqu&#233;es plus haut :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;Informations au comptoir (&#233;chantillon de population locale pr&#233;sent) : gosses qui se r&#233;unissaient dans le bunker, y avaient fait des inscriptions sataniques : venaient l&#224; se saouler la gueule en &#233;coutant du m&#233;tal. &#224;&#8240;voqu&#233; les soldats du d&#233;barquement, tomb&#233;s en masse sur ces plages &#8211; certains ont os&#233; parler de fant&#224;&#180;mes ! Lorgn&#233; du c&#224;&#180;t&#233; des skinheads locaux qui, un temps, se sont aussi r&#233;unis dans le bunker : ont r&#233;cemment &#171; chahut&#233; &#187; des touristes afro-am&#233;ricains. Viennent parfois au bar de l'h&#224;&#180;tel : l'un d'eux, une fois bourr&#233;, d&#233;clenche &#224; r&#233;p&#233;tition son portable : un hurlement de loup, pour faire gueuler le dogue du patron. Fonds de l&#233;gende locale : une plage maudite depuis toujours, bien avant les cadavres qu'on y trouve depuis quelques ann&#233;es, et m&#224;&#170;me avant le bunker : pas pour rien que &#224;&#167;a s'appelle le trou du diable. Des histoires de naufrageurs. Mais aussi d'une porte qui m&#232;neraient aux Enfers. &lt;br class='autobr' /&gt; Diableries &#224; tous les &#233;tages : trouv&#233; sur le web l'origine de l'insigne. Il s'agit de la cent-quatri&#232;me division d'infanterie de l'arm&#233;e US, nomm&#233;e Timberwolf, et ayant pour devise : &#171; Nothing in hell can stop the Timberwolves. &#187;.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Cet extrait des notes pr&#233;paratoires est extr&#224;&#170;mement int&#233;ressant de par le glissement qui s'y op&#232;re. On y voit en effet un &#233;l&#233;ment relevant du v&#233;cu, mais ouvrant sur le fantastique, s'immiscer dans les notes pr&#233;parant &#224; la fiction, de la m&#224;&#170;me fa&#224;&#167;on qu'&#224; la m&#224;&#170;me &#233;poque, dans le journal, commencent &#224; appara&#238;tre des &#233;l&#233;ments relevant du fictionnel, proc&#233;d&#233; sans doute li&#233; &#224; la lecture r&#233;cente par G. du journal de Kafka, que l'on sait coutumier de ces insertions de d&#233;part de fictions dans son &#233;criture diariste. Ainsi le journal nous donne-t-il acc&#232;s &#224; la gen&#232;se m&#224;&#170;me du texte quand, suite &#224; l'incident &#233;voqu&#233; auparavant du chien de l'h&#224;&#180;telier l'emp&#224;&#170;chant de sortir de sa chambre, G. trouve mati&#232;re &#224; une &#233;criture de type fantastique qui, jusqu'alors, lui &#233;tait demeur&#233;e &#233;trang&#232;re : &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;Bruits de pas dans le couloir et dans l'escalier, j'ouvre la porte : toujours le chien mena&#224;&#167;ant. J'aper&#224;&#167;ois de dos, uniforme kaki, cr&#224;&#162;ne ras, des hommes qui descendent. Je repense au cauchemar de la nuit pr&#233;c&#233;dente, &#224; l'explication rationnelle que je lui avais donn&#233; : un loup m'emp&#224;&#170;chant de sortir d'une esp&#232;ce de caverne ; concr&#233;tion de deux &#233;l&#233;ments de la soir&#233;e : l'anecdote du skinhead faisant r&#233;sonner sa sonnerie du portable et la &#171; bagarre &#187; un peu plus tard dans le bunker.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Il ne s'agit pas ici de nier l'impact de ce s&#233;jour normand, mais de distinguer l'&#233;crivain de son &#233;criture. Si impact il y a eu, c'est dans cette bascule vers le fantastique, moins inattendue que certains voudraient le laisser &#224; penser. D'un mauvais genre &#224; l'autre, il n'y a souvent qu'un pas, comme Edgar Poe nous l'a d&#233;j&#224; enseign&#233;. D'ailleurs, la gen&#232;se de son dernier opus traduit cette tension interne entre litt&#233;rature polici&#232;re et fantastique, voire horreur. On constate en effet, non seulement &#224; la lecture des recherches effectu&#233;es mais aussi de son roman, que G. n'a en rien n&#233;glig&#233; lors de son travail la dimension polici&#232;re, contrairement aux all&#233;gations de son &#233;diteur. Il a trait&#233; les deux &#233;l&#233;ments &#224; part &#233;gale, anim&#233; par la volont&#233; de les unir. Ainsi avait-il habilement choisi de mettre en sc&#232;ne un &#233;tudiant en Histoire effectuant des recherches sur Bernard H&#224;&#188;lle, arch&#233;ologue nazi. G. avait rassembl&#233; sur celui-ci une documentation importante, et notamment sur sa visite en France en 1942. L'arch&#233;ologue nazi, fascin&#233; par le paganisme nordique, &#233;tait venu &#233;tudier Bretagne et Normandie, &#224; la recherche d'indices prouvant que leur population &#233;tait d'origine indo-germanique, population dont le berceau &#233;tait fantasmatiquement situ&#233; dans le nord de l'Allemagne et au Danemark. L'&#233;tude de la gen&#232;se du synopsis &#233;crit par G. montre clairement que cette bascule vers une th&#233;matique fantastique s'est op&#233;r&#233;e apr&#232;s la plong&#233;e dans les archives de la presse locale en qu&#224;&#170;te d'indications sur le &#171; trou du Diable &#187;. Mais laissons de nouveau la parole au journal du romancier :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;Incroyable. Et pourtant, l'impression que je m'attendais &#224; pareille d&#233;couverte. Trouv&#233; aujourd'hui dans un num&#233;ro de l'Ouest Eclair datant de juillet 1935 un article sur la visite d'un anthropologue am&#233;ricain venu lui aussi visiter le &#171; trou du Diable &#187;. Le meilleur, ou le plus effrayant, est qu'il est venu dans le cadre de travaux comparatistes sur les sorcelleries am&#233;ricaines et europ&#233;ennes.&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; On comprend mieux, &#224; la lumi&#232;re de ces lignes, comment G. en est venu &#224; associer les dimensions historiques, fantastiques et criminelles autour de ce lieu l&#233;gendaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des esprits en mal de sensations ont voulu mettre en relation les terribles circonstances de la mort de l'&#233;crivain, que l'on a retrouv&#233; dans son bureau, d&#233;vor&#233; par ses chiens, et ses derniers travaux. S'il a pay&#233; le prix, c'est celui de l'&#233;criture. Comme en t&#233;moigne son journal, c'est elle et rien d'autre qui, jusqu'au dernier jour, a anim&#233; sa volont&#233; d'arracher un fragment &#224; la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;generated by :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelque chose arrach&#233; &#224; quelqu&#1370;un dans le noir &#8211; dans un lieu isol&#233;, ancien, et de r&#233;putation maudite.&lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, The Commonplace Book, note 207.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;LOVECRAFT GENERATOR, le projet&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;table des mati&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_540 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/-&gt;https:/www.amazon.fr/gp/product/1535213574/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;#38;camp=1642&amp;#38;creative=6746&amp;#38;creativeASIN=1535213574&amp;#38;linkCode=as2&amp;#38;tag=letierslivre-21'&gt;&lt;img src='https://xn--chatperch-p1a2i.net/IMG/jpg/-11.jpg?1512543892' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On lira avec profit l'entretien qu'il nous avait accord&#233; &#224; ce sujet (&lt;i&gt;Champs g&#233;n&#233;tiques&lt;/i&gt;, num&#233;ro 458, p15-19, Presses universitaires de M.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>cauchemar &#224; structure r&#233;currente</title>
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		<dc:date>2015-12-11T10:44:49Z</dc:date>
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		<dc:subject>fiction</dc:subject>
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		<dc:subject>Lovecraft</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re fois. Dans une autre r&#233;gion, la premi&#232;re fois. Les paysages ne co&#224;&#175;ncident pas. Mais l'impression, si. Comme dans ces cauchemars qui hantent r&#233;guli&#232;rement. Ou plut&#224;&#180;t, ces structures r&#233;currentes de cauchemar. On avait march&#233; sur le bas c&#224;&#180;t&#233;, une route d&#233;partementale. C'&#233;tait dans un coin de montagnes. Avant que nous ayons des enfants. Presque vingt ans d&#233;j&#224; . On avait plant&#233; la tente dans un pr&#233;, un peu &#224; l'&#233;cart du village. C'&#233;tait la fin de la randonn&#233;e. On n'avait peur de rien &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;LOVECRAFT GENERATOR&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;fiction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;contraintes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;Lovecraft&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re fois. Dans une autre r&#233;gion, la premi&#232;re fois. Les paysages ne co&#224;&#175;ncident pas. Mais l'impression, si. Comme dans ces cauchemars qui hantent r&#233;guli&#232;rement. Ou plut&#224;&#180;t, ces structures r&#233;currentes de cauchemar. On avait march&#233; sur le bas c&#224;&#180;t&#233;, une route d&#233;partementale. C'&#233;tait dans un coin de montagnes. Avant que nous ayons des enfants. Presque vingt ans d&#233;j&#224; . On avait plant&#233; la tente dans un pr&#233;, un peu &#224; l'&#233;cart du village. C'&#233;tait la fin de la randonn&#233;e. On n'avait peur de rien &#224; cette &#233;poque. Tout nous semblait possible. On ne savait encore &#224; quel point tout l'&#233;tait, en effet. &#224;&#8364; quel point l'histoire n'est jamais termin&#233;e, chute d'un mur ou pas. On voulait f&#224;&#170;ter la fin des vacances. S'accorder le luxe d'une chaise. D'un ap&#233;ro qui tra&#238;ne en terrasse. D'un repas au resto. Et voir des visages autour. Revenir au monde. Plaisirs simples de qui a march&#233; et bivouaqu&#233; pendant un peu plus d'une semaine. Loin de tout et tous. Sans connexion d'aucune sorte. Pas m&#224;&#170;me un journal. Juste un bouquin pour la lecture du soir. Chacun le sien et qu'on &#233;changeait ensuite une fois termin&#233;. Voyager l&#233;ger et sans appr&#224;&#170;ts. J'aurais pris la tablette, &#224;&#167;'aurait &#233;t&#233; diff&#233;rent. On aurait su. Mais trop gal&#232;re de toujours trouver une prise pour la recharger. Il aurait fallu suivre un itin&#233;raire avec camping pour chaque nuit ou presque. La coupure n'aurait pas &#233;t&#233; la m&#224;&#170;me &#8212; je parle de la derni&#232;re fois. Dans mon souvenir, c'est la m&#224;&#170;me image qui se superpose, abstraction faite du paysage environnant. Et de la saison. En &#233;t&#233;. La seconde, c'&#233;tait le printemps. Une luminosit&#233; que Julien Gracq aurait qualifi&#233; d'&lt;i&gt;acide&lt;/i&gt;. Je revois une route en pente, et en haut un drapeau tricolore qu'on agite. Des klaxons aussi, les deux fois. Des jeunes types assis sur les capots des voitures. Des filles aux joues maquill&#233;es bleu blanc rouge. Toute une foule beuglante, avin&#233;e et &lt;i&gt;stoned&lt;/i&gt;, g&#233;n&#233;rations confondues dans l'ivresse. Je me souviens d'une masse communiant dans l'euphorie du nombre et s'&#233;gaillant dans toutes les directions, sans but sinon d'occuper l'espace de leurs cris, de leurs corps. Je me souviens aussi de leur regard. Ce m&#233;pris agressif. La premi&#232;re fois, on s'est dit que c'&#233;tait sans doute parce qu'on avait l'air un peu crasseux, apr&#232;s plus d'une semaine sans avoir vu une douche. &#224;&#8364; cause aussi de notre &#233;tonnement devant autant d'excitation. C'&#233;tait la f&#224;&#170;te et on d&#233;tonnait comme deux cons. Ils avaient gagn&#233; &#8212; &#224;&#167;a qu'ils criaient &#8212; et nous, on ne le savait m&#224;&#170;me pas. D'o&#249; ils avaient sorti soudain tous ces drapeaux, la premi&#232;re fois, on n'a jamais compris. C'&#233;tait en 98, pour la coupe du monde de foot. Ils c&#233;l&#233;braient la victoire de la France. De son &#233;quipe de foot. La leur. La seconde fois, on a &#233;t&#233; moins surpris. C'&#233;tait m&#224;&#170;me parce qu'on l'avait pressenti qu'on &#233;tait parti marcher. Quitte &#224; para&#238;tre l&#224;&#162;ches. Se faire traiter de complices. Parce qu'on n'en pouvait plus. Parce qu'on avait besoin d'air. De se retrouver. Parce qu'on l'avait pressenti cette mar&#233;e de drapeaux tricolores. Devin&#233; sans oser se l'avouer. Ils avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; si nombreux &#224; pavoiser &#224; peine deux ans auparavant&#8230; Il &#233;tait temps de fuir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;generated by :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Narrateur qui marche le long d&#1370;une route de campagne non famili&#232;re, &#8211; arrive dans un pays &#233;trange et irr&#233;el. &lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, The Commonplace Book, note 5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in' title=&#034;le projet&#034;&gt;LOVECRAFT GENERATOR&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;table des mati&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_540 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/-&gt;https:/www.amazon.fr/gp/product/1535213574/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;#38;camp=1642&amp;#38;creative=6746&amp;#38;creativeASIN=1535213574&amp;#38;linkCode=as2&amp;#38;tag=letierslivre-21'&gt;&lt;img src='https://xn--chatperch-p1a2i.net/IMG/jpg/-11.jpg?1512543892' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>personne le connaissait, son nom</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article744</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>fiction</dc:subject>
		<dc:subject>contraintes</dc:subject>
		<dc:subject>fantastique</dc:subject>
		<dc:subject>Lovecraft</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un &#233;trange &#224;&#170;tre humain (ou plusieurs) vivant dans une vieille maison en ruine loin des quartiers populaires (soit dans le vieux Nord-Est ou un pays lointain et exotique). On le soup&#224;&#167;onne (en se basant sur sa silhouette et ses habits) de n&#1370;&#224;&#170;tre pas compl&#232;tement humain. &lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, &lt;a href=&#034;http://thelovecraftmonument.com/spip.php?article33&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;The Commonplace Book&lt;/a&gt;, note 212.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;LOVECRAFT GENERATOR&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;fiction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;contraintes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;fantastique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;Lovecraft&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Personne le connaissait, son nom&#8230; M&#224;&#170;me s'il en avait forc&#233;ment un, comme tout le monde&#8230; Le facteur, tu le voyais jamais aller jusqu'&#224; sa bicoque&#8230; En m&#224;&#170;me temps, faut dire qu'avec ses chiens, &#224;&#167;a donnait gu&#232;re envie&#8230; Des b&#224;&#170;tes comme &#224;&#167;a, on devrait pas avoir le droit&#8230; D'accord, ils &#233;taient attach&#233;s, mais quand m&#224;&#170;me&#8230; Il est mort quand &#171; Le Bouc &#187; ?&#8230; Il para&#238;t qu'il y avait un bordel dans la baraque&#8230; Presque pire que devant &#224; ce qu'on m'a dit !&#8230; M&#224;&#170;me au d&#233;but on l'appelait comme &#224;&#167;a, &#171; Le Bouc &#187;&#8230; Il me semble bien que oui&#8230; Il s'est install&#233; sans rien demander &#224; personne&#8230; Combien de temps qu'elle &#233;tait ferm&#233;e l'usine ?&#8230; Qu'&#224; la mairie, ils aient laiss&#233; faire &#224;&#167;a, je te dirais bien que j'ai jamais compris&#8230; Un gars que personne connaissait, m&#224;&#170;me pas lever le petit doigt pour l'emp&#224;&#170;cher de squatter la maison du concierge&#8230; S'il avait vu &#224;&#167;a, le pauvre gars, dans quel &#233;tat qu'il l'avait mise sa maison !&#8230; Toutes les saloperies qu'il ramenait&#8230; Pas plus ferrailleur que toi ou moi, jamais il vendait quoi que ce soit... Il entassait, c'est tout !&#8230; &#224;&#8364; la mairie, s'ils avaient vraiment voulu le virer&#8230; Rien que du point de vue de l'hygi&#232;ne&#8230; Heureusement qu'il avait pas de voisins&#8230; Insupportable que &#224;&#167;'aurait &#233;t&#233; pour l'odeur&#8230; M&#224;&#170;me quand tu faisais que le croiser&#8230; Le patelin est pas bien grand, alors forc&#233;ment tu le croisais de temps en temps&#8230; M&#224;&#170;me s'il sortait pas souvent&#8230; Par contre, tu pouvais pas le manquer : avec sa cotte toute crado sur le dos qu'il allait faire ses courses&#8230; Il prenait jamais la peine de se changer&#8230; M&#224;&#170;me pas s&#224; &#187;r qu'il ait eu de quoi&#8230; Une cotte couverte de cambouis, fallait voir &#224;&#167;a&#8230; Du genre qui aurait tenu debout toute seule !&#8230; &#224;&#8364; la sup&#233;rette qu'il allait&#8230; Toujours &#224; la sup&#233;rette&#8230; Plus d'une fois que je l'ai crois&#233; l&#224; -bas&#8230; Avec ses deux gros sacs dans chaque main&#8230; Il lui fallait bien &#224;&#167;a pour ramener ses litres !&#8230; C'est pas &#224;&#167;a qui l'emp&#224;&#170;chait de rouler&#8230; Tout le temps &#224; r&#224;&#180;der&#8230; Et son camion !&#8230; Une &#233;pave !&#8230; Y en a qui disent qu'il aurait &#233;t&#233; artisan dans le temps : j'ai du mal &#224; y croire !&#8230; C'est comme ceux qui le disaient chaud lapin&#8230; Il avait d&#224; &#187; sacr&#233;ment changer depuis ce temps-l&#224; &#8230; Elle est pas n&#233;e celle qu'en aurait voulu d'un gars tout cass&#233; comme il &#233;tait&#8230; C'&#233;tait plus un dos qu'il avait !&#8230; Tu penses, &#224; se transbahuter toutes ses saloperies &#224; longueur de journ&#233;e !&#8230; On m'&#224;&#180;tera pas de l'id&#233;e qu'il avait plus toute sa t&#224;&#170;te&#8230; D&#233;j&#224; , rien qu'avec tout ce qu'il avalait&#8230; De la vinasse, fallait voir !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;*&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le truc qui me faisait le plus flipper, c'&#233;tait ses chiens&#8230; En m&#224;&#170;me temps, tu comprends qu'il ait eu envie d'&#224;&#170;tre peinard, tu vois&#8230; Le mec, il avait rien demand&#233; &#224; personne&#8230; Il vivait sa vie, point barre&#8230; Ici, c'&#233;tait peut-&#224;&#170;tre pas le bon endroit pour ce genre de trip&#8230; Chaque fois que j'allais r&#233;p&#233;ter au local, je mettais mon &#233;tui de guitare entre moi ses chiens&#8230; Il avait laiss&#233; pile la longueur de cha&#238;ne qu'il fallait&#8230; Trop flippant&#8230; Il faudrait &#233;crire une chanson un jour, sur lui&#8230; T'en croises pas cinq dans ta vie des mecs comme lui&#8230; Jusqu'au bout de son trip il &#233;tait all&#233;&#8230; C'est fort, &#224;&#167;a&#8230; Couper les ponts comme &#224;&#167;a, je sais pas si j'en serais capable&#8230; En tout cas, pour moi, pas maintenant, tu vois&#8230; Un truc un peu psych&#233;&#8230; J'avais not&#233; juste un titre, une fois : &lt;i&gt;Talking with the dead man&lt;/i&gt;&#8230; Toute ma vie, je m'en souviendrai&#8230; Trop fort, tu vois&#8230; Il m'avait bien mordu son putain de cl&#233;bard&#8230; Un truc de dingue qu'on a v&#233;cu ce soir-l&#224; &#8230; Comment j'ai hallucin&#233; grave quand il nous a dit d'entrer&#8230; Comment il a lev&#233; la main pour calmer ses chiens&#8230; Juste un geste et ils filaient doux, tu vois&#8230; D&#233;j&#224; &#224;&#167;a, tu vois&#8230; Et puis l'ambiance&#8230; Il faisait nuit et tout&#8230; On avait fum&#233; grave aussi&#8230; &#171; Le Bouc &#187; qui nous appelle et tout&#8230; M&#224;&#170;me il nous fait rentrer, tu vois&#8230; Un bordel l&#224; -dedans !&#8230; Des machines &#224; laver d&#233;soss&#233;es, des vieilles t&#233;l&#233;s, des ordis d&#233;mont&#233;s&#8230; Des piles, j'te jure !&#8230; Et comment il t'a soign&#233; la main&#8230; C'&#233;tait trop flippant&#8230; Des esp&#232;ces d'herbes s&#233;ch&#233;es qu'il a sorties d'un bocal&#8230; Il marmonnait un truc, style chaman et tout&#8230; Il nous a m&#224;&#170;me servi un coup de gn&#224;&#180;le, le mec&#8230; Cool, tu vois&#8230; Une bouteille trop styl&#233;e, avec une vip&#232;re dedans&#8230; J'te jure, une vip&#232;re !&#8230; C'est quand on a voulu partir que je l'ai senti un peu mal&#8230; Comment il t'a chop&#233; la main !&#8230; Le mec, il m'arrache une bague, tu vois&#8230; On a rien vu venir&#8230; Direct, le mec&#8230; Il prend la bague et il me fait&#8230; Un truc style : comment tu peux porter des morts dont tu connais m&#224;&#170;me pas le nom, tu vois&#8230; Un truc &#233;norme !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;generated by :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un &#233;trange &#224;&#170;tre humain (ou plusieurs) vivant dans une vieille maison en ruine loin des quartiers populaires (soit dans le vieux Nord-Est ou un pays lointain et exotique). On le soup&#224;&#167;onne (en se basant sur sa silhouette et ses habits) de n&#1370;&#224;&#170;tre pas compl&#232;tement humain. &lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, The Commonplace Book, note 212.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in' title=&#034;le projet&#034;&gt;LOVECRAFT GENERATOR&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article687' class='spip_in'&gt;table des mati&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_540 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;a href='https://xn--chatperch-p1a2i.net/-&gt;https:/www.amazon.fr/gp/product/1535213574/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;#38;camp=1642&amp;#38;creative=6746&amp;#38;creativeASIN=1535213574&amp;#38;linkCode=as2&amp;#38;tag=letierslivre-21'&gt;&lt;img src='https://xn--chatperch-p1a2i.net/IMG/jpg/-11.jpg?1512543892' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>vers le fantastique | proposition 3, aller perdu dans la ville</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article723</link>
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		<dc:date>2015-07-28T08:52:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon</dc:subject>
		<dc:subject>contraintes</dc:subject>
		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>fantastique</dc:subject>
		<dc:subject>Lovecraft</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Bon propose un atelier d'&#233;t&#233;, vers le fantastique, visant la r&#233;alisation d'un livre collectif. Proposition 3, aller perdu dans la ville, en un seul paragraphe formant bloc. Fa&#231;on pour moi de creuser et d&#233;velopper les deux principales s&#233;ries en chantier aujourd'hui sur le site, Lovecraft Generator d'une part, pour le surgissement d'images, de lieux, de personnages, d'atmosph&#232;re, d'autre part les notes de chevet, davantage tourn&#233;es vers l'introspection et le quotidien. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'apr&#232;s-midi avait fil&#233; &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;au fil des jours&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;contraintes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;fantastique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;Lovecraft&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;ois Bon propose un atelier d'&#233;t&#233;, &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4182&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;vers le fantastique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, visant la r&#233;alisation d'un livre collectif. &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4197&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Proposition 3, aller perdu dans la ville&lt;/a&gt;, en un seul paragraphe formant bloc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fa&#231;on pour moi de creuser et d&#233;velopper les deux principales s&#233;ries en chantier aujourd'hui sur le site, &lt;a href=&#034;http://www.&#224;&#160;chatperch&#233;.net/spip/spip.php?rubrique82&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Lovecraft Generator&lt;/a&gt; d'une part, pour le surgissement d'images, de lieux, de personnages, d'atmosph&#232;re, d'autre part &lt;a href=&#034;http://www.&#224;&#160;chatperch&#233;.net/spip/spip.php?rubrique7&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;les notes de chevet&lt;/a&gt;, davantage tourn&#233;es vers l'introspection et le quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;L'apr&#232;s-midi avait fil&#233; &#224; fouiner dans les bacs de disques de chez Delmark, disques de Chicago blues &#224; foison, &#231;a m'avait pris du temps d'en choisir quelques-uns avec soin, de ceux que je trouverais difficilement en France &#8211; c'&#233;tait avant le web et ses plate-formes &#8211;, au bout d'un moment tu &#233;tais all&#233;e m'attendre dans un caf&#233; &#224; c&#244;t&#233;, je t'y avais rejoint et montr&#233; ma trouvaille, un enregistrement d'Otis Spann sur lequel Muddy Waters l'accompagnait sous le pseudo de Dirty Rivers, tu avais ri de mon enthousiasme, il &#233;tait d&#233;sormais un peu tard pour se rendre &#224; la Sears Tower et de l&#224; -haut contempler la ville, mais j'ai accept&#233;, pour me faire pardonner, te faire plaisir, nous y &#233;tions all&#233;s &#224; pieds, mon butin dans le petit sac &#224; dos que je trimbalais partout avec moi &#8211; il aurait &#233;t&#233; plus grand j'aurais pu aussi acheter quelques vinyles &#8211;, &#224; notre arriv&#233;e un groupe de touristes remontaient dans leur car, nous &#233;tions mont&#233;s dans l'ascenseur, seuls tous les deux, il n'y avait pas grand monde l&#224; -haut, il fallait faire vite parce qu'ils fermaient dans moins d'une demi-heure, sous nos yeux la ville dans la lumi&#232;re qui diminue, pas encore le cr&#233;puscule, mais la fin d'une journ&#233;e d'&#233;t&#233;, cette sorte de luminosit&#233; acide qui enveloppe ces masses de construction, la ville &#233;tait trop compacte pour que la lumi&#232;re gagne le match, lourde d'ancrages, tu m'expliquais l'organisation de la ville, m'indiquais dans quelle direction se situait le parking o&#249; nous avions laiss&#233; la voiture de location, un type en costume sombre &#233;tait venu nous annoncer qu'il &#233;tait temps de redescendre, &lt;i&gt;closing time&lt;/i&gt;, l'ascenseur, et retour &#224; la rue, noy&#233;e d'ombre &#224; cette heure, et d&#233;serte, sans une voiture qui circule, plus rien de ce qu'on dit la vie qui s'anime, seuls des taxis, qui passaient vite, h&#233;ler ne sert &#224; rien, pas un pour s'arr&#234;ter, c'&#233;tait donc &#224; pieds qu'il faudrait repartir, mais par o&#249;, ces histoires qu'on racontait dans ton enfance, d'un champ o&#249; p&#233;n&#233;trer, et impossible d'en trouver la sortie, il y avait de &#231;a, d'une mal&#233;diction que nous-m&#234;mes aurions engendr&#233;e, parce qu'on le savait, on l'avait lu dans le guide, ne pas y aller pass&#233; 7 pm, et cet avertissement tout &#224; l'heure, presque arriv&#233;s &#224; la tour, surgi de ce qui pas m&#234;me une ruelle, interstice sombre entre deux immeubles o&#249; des poubelles, ce corps qui bloque le passage, voix lasse et lointaine qui pose sa question rituelle, &lt;i&gt;got some change man ?&lt;/i&gt;, avoir pris dans ta poche une poign&#233;e de monnaie, l'avoir d&#233;pos&#233;e dans sa main, sortir d'ici, au plus vite, ces silhouettes qui disparaissent le jour et remontent &#224; la surface &#224; l'approche de la nuit, s&#1370;engueuler n'arrangera rien, et pourtant, on ne s'en sort pas des mots, ce sont pas les bons qui viennent aux l&#232;vres, mais puisque incapables de comprendre, de prendre nos rep&#232;res, d&#233;cider d'un commun accord dans quel sens remonter l'avenue, ce serait le d&#233;sarroi qu'il faudrait dire, mais qui sait si alors on trouverait encore la force de marcher, si on n'irait pas s'asseoir sur la premi&#232;re marche venue, et tout &#224; la fois attendre et renoncer, rideaux de fer abaiss&#233;s et leurs tags &#8211; ici n'est pas ton territoire &#8211;, se diriger vers ces feux rouges, &#224; un carrefour on a des chances de s'orienter, et peut-&#234;tre trouver la rivi&#232;re, elle passe pas bien loin, puisqu'on l'apercevait de l&#224; -haut, cette ville que tu croyais tenir dans la paume de ta main, marcher, aller tout droit, et ne pas savoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>vers le fantastique | proposition 2, marcher dans une maison vide</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article722</link>
		<guid isPermaLink="true">https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article722</guid>
		<dc:date>2015-07-23T16:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon</dc:subject>
		<dc:subject>contraintes</dc:subject>
		<dc:subject>fantastique</dc:subject>
		<dc:subject>Lovecraft</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Bon propose un atelier d'&#233;t&#233;, vers le fantastique, visant la r&#233;alisation d'un livre collectif. Proposition 2, marcher dans une maison vide, en un seul paragraphe formant bloc. Fa&#231;on pour moi de creuser et d&#233;velopper les deux principales s&#233;ries en chantier aujourd'hui sur le site, Lovecraft Generator d'une part, pour le surgissement d'images, de lieux, de personnages, d'atmosph&#232;re, d'autre part les notes de chevet, davantage tourn&#233;es vers l'introspection et le quotidien. &lt;br class='autobr' /&gt;
Seule source de lumi&#232;re, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique87" rel="directory"&gt;micro-fictions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;contraintes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;fantastique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;Lovecraft&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;ois Bon propose un atelier d'&#233;t&#233;, &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4182&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;vers le fantastique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, visant la r&#233;alisation d'un livre collectif. &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4194&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Proposition 2, marcher dans une maison vide&lt;/a&gt;, en un seul paragraphe formant bloc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fa&#231;on pour moi de creuser et d&#233;velopper les deux principales s&#233;ries en chantier aujourd'hui sur le site, &lt;a href=&#034;http://www.&#224;&#160;chatperch&#233;.net/spip/spip.php?rubrique82&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Lovecraft Generator&lt;/a&gt; d'une part, pour le surgissement d'images, de lieux, de personnages, d'atmosph&#232;re, d'autre part &lt;a href=&#034;http://www.&#224;&#160;chatperch&#233;.net/spip/spip.php?rubrique7&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;les notes de chevet&lt;/a&gt;, davantage tourn&#233;es vers l'introspection et le quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;Seule source de lumi&#232;re, except&#233;e celle que laisse passer la jointure imparfaite du volet, la lucarne haut plac&#233;e dans le mur du fond. Rectangle allong&#233; de la pi&#232;ce, et de la table. Si longue. Six chaises autour, espac&#233;es large. Une seule assiette dispos&#233;e. Et une bouteille de vin rouge &#233;toil&#233;. Soleil lointain d'Alg&#233;rie. Toile cir&#233;e o&#249;, d'un carr&#233; l'autre, des canards s'envolent, et un chasseur vise, fusil lev&#233;. Couteau encore ferm&#233; sur une serviette quadrill&#233;e. Un bo&#238;tier &#224; lunettes sur le buffet. Formica blanc. Le Courrier de l'Ouest qui titre sur le Tour de France. Une fourchette et les &#233;clats d'un verre &#8211; &lt;i&gt;dura lex sed lex&lt;/i&gt; sur le fond gard&#233; intact. La porte ferm&#233;e du cellier. L'odeur de fruits quand l'ouvrir et ramener une bouteille. Jus de pommes pour les gosses, coup de blanc pour les hommes. Caf&#233; pour les femmes. Du Nescaf&#233; depuis que tu es veuf. Un &#233;troit rai de soleil sur l'&#233;cran t&#233;l&#233;. Partag&#233; dans sa longueur, comme le portrait au fusain de ton chien mort &#8211; lui n'a jamais eu le droit d'entrer dans cette pi&#232;ce. Ses aboiements quand on descendait de voiture, tirant sur sa cha&#238;ne devant l'&#233;table. Entrouverte, la porte qui m&#232;ne aux chambres &#8211; jamais je ne l'ai franchie jusqu'alors. Deux si j'ai bien compris : la tienne. Et celle de ton fils perdu si jeune. Le silence que toi et ta femme gardiez. Myst&#232;re de l'enfant mort. Pas m&#234;me un pr&#233;nom dans la bouche des adultes &#8211; &lt;i&gt;leur ptchi g&#226;&lt;/i&gt;. Dehors, l'apr&#232;s-midi d'&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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