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	<title>Michel Brosseau | &#224; chat perch&#233;</title>
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		<title>journal vid&#233;o | quelques r&#233;flexions</title>
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		<dc:date>2018-11-15T10:15:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon</dc:subject>
		<dc:subject>vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Arnaud de la Cotte</dc:subject>
		<dc:subject>Erika Fulop</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;15|11|18 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les questions qu'Erika Fulop m'a adress&#233;es la semaine derni&#232;re &#8212; merci &#224; elle ! &#8212; ont &#233;t&#233; l'occasion de r&#233;fl&#233;chir sur ma pratique du journal vid&#233;o. Je reprends ici mes r&#233;ponses en essayant de d&#233;velopper et pr&#233;ciser ce qui peut l'&#234;tre, de faire des ajouts si besoin. Ceci n'a sans doute d'int&#233;r&#234;t que pour moi, et pour ceux qui tentent d'associer &#233;criture et vid&#233;o. &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Chronologie de l'&#233;criture et de l'enregistrement &lt;br class='autobr' /&gt;
La prise des images se fait ind&#233;pendamment de l'&#233;criture du texte composant la voix off. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;journal vid&#233;o&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot207" rel="tag"&gt;vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot215" rel="tag"&gt;Arnaud de la Cotte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot216" rel="tag"&gt;Erika Fulop&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;15|11|18&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les questions qu'&lt;a href=&#034;http://www.lancaster.ac.uk/languages-and-cultures/about-us/people/erika-fulop&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Erika Fulop&lt;/a&gt; m'a adress&#233;es la semaine derni&#232;re &#8212; merci &#224; elle ! &#8212; ont &#233;t&#233; l'occasion de r&#233;fl&#233;chir sur ma pratique du &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/playlist?list=PLd0OXTKuvPjDC44_RC8zLRUbn_9-SJjAl&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;journal vid&#233;o&lt;/a&gt;. Je reprends ici mes r&#233;ponses en essayant de d&#233;velopper et pr&#233;ciser ce qui peut l'&#234;tre, de faire des ajouts si besoin. Ceci n'a sans doute d'int&#233;r&#234;t que pour moi, et pour ceux qui tentent d'associer &#233;criture et vid&#233;o.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Arnaud de la Cotte Fran&#231;ois Bon Gwen Denieul Anh Mat Stewen Corvez Mil&#232;ne (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Chronologie de l'&#233;criture et de l'enregistrement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise des images se fait ind&#233;pendamment de l'&#233;criture du texte composant la voix off. Les images se font au hasard du jour, pendant les promenades, depuis les fen&#234;tres de la maison, dans le jardin, pendant les d&#233;placements en voiture ou en train, parfois, mais extr&#234;mement rarement, sur mon lieu de travail &#8212; il s'agit alors de vues depuis des fen&#234;tres, d'objets, sans pr&#233;sence humaine. &#192; partir du printemps un rituel s'est impos&#233; : filmer le matin &#224; l'ouverture des volets, ce que je fais moins depuis l'automne &#8212; les matins sont d&#233;sormais prolongement de la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture de ce qui constitue la voix &lt;i&gt;off&lt;/i&gt; a lieu le jour m&#234;me, parfois le lendemain. Le seul cas o&#249; l'&#233;criture se trouve li&#233;e aux images est lorsque je pense &#224; une fiction possible : je conserve mentalement quelques phrases, un fil rouge, sur lesquels je reviens plus tard dans la journ&#233;e pour les fixer, apr&#232;s qu'un travail de d&#233;cantation se soit effectu&#233;. L'&#233;criture a &#233;volu&#233; dans son processus au fil du temps : au d&#233;part, je r&#233;digeais scrupuleusement, quitte ensuite &#224; effectuer quelques transformations pendant l'enregistrement audio de la voix, dans le but de donner une dimension plus orale &#224; un &#233;crit parfois un peu trop fig&#233;. J'ai progressivement travaill&#233; &#224; partir de notations br&#232;ves. Il m'arrive parfois d'improviser &#224; partir de ces notes, de faire des ajouts, parce qu'en formulant s'ouvrent des voies inaper&#231;ues, des r&#233;flexions et/ou un jeu sur la langue : oraliser c'est aussi r&#233;aliser les potentialit&#233;s de l'&#233;crit. Quant &#224; savoir ce que &#231;a change se travailler la langue avec sa voix, en direct, sans filet &#8212; sinon de nettoyer ensuite la bande-son au moment du montage &#8212;, c'est une autre histoire. Certes il est possible de corriger, mais surtout en enlevant des &#233;l&#233;ments &#8212; silences, h&#233;sitations, un bout de phrase &#8212;, mais il me para&#238;t difficile d'enregistrer une correction et de l'ins&#233;rer ensuite, non pas pour des raisons techniques de montage &#8212; charcuter dans un propos n'est pas si compliqu&#233; &#8212;, mais parce que j'&#233;prouve beaucoup de difficult&#233;s pour retrouver la m&#234;me voix que lors de la prise initiale : l'intensit&#233; n'est pas tout &#224; fait la m&#234;me, l'engagement dans le propos non plus &#8212; difficile &#224; expliquer, comme un saut de tonalit&#233;, m&#234;me infime, mais qui s'entend celui qui parle n'est plus le m&#234;me, n'a plus la m&#234;me intention, il n'est plus dans le &lt;i&gt;l&#226;cher prise&lt;/i&gt; de l'improvisation, il corrige, il fixe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dimension d'improvisation m'a amen&#233; &#224; essayer de fabriquer &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/playlist?list=PLd0OXTKuvPjCSwUtr-8PXZKjkqDSYjpCp&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;de tr&#232;s courtes fictions&lt;/a&gt;, en marge du journal, en r&#233;utilisant des images de celui-ci, l&#233;g&#232;rement retravaill&#233;e &#8212; j'utilise pour l'instant ralenti et contraste, apr&#232;s &lt;a href=&#034;https://youtu.be/oGb7stYAJr8&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;un essai r&#233;cent dans le journal&lt;/a&gt;, je me dis que je pourrais aussi jouer sur l'objectif : le principe est de se lancer dans l'inconnu de la fiction, comme pouvait le faire Simenon &#224; partir de ses notes prises au dos d'une enveloppe, mais non pas en &#233;crivant pendant dix jours, mais en improvisant pendant quelques minutes, avec la voix, &#224; partir d'une impression, d'un lieu, d'une phrase entendue, d'une sc&#232;ne aper&#231;ue ou r&#234;v&#233;e, de se laisser aller &#224; ce que Julien Gracq appelait l'&lt;i&gt;&#224; venir&lt;/i&gt; de la fiction, se laisser aspirer, tout en jouant sur/en &#233;tant jou&#233; par l'&lt;i&gt;en de&#231;a&lt;/i&gt; de la langue cher &#224; Nathalie Sarraute, par le travail de la voix, presque th&#233;&#226;tral, en tout cas porteur de sens tout autant que les mots, par la tonalit&#233; de la voix, ses inflexions, son rythme, et le jeu des silences. Vient ensuite l'interaction avec les images : je ne sais si je ma&#238;trise grand chose dans ce processus. Je peux jouer sur le rythme en calant la bande-son sur les images, je peux choisir celle-ci, il y a cependant une part qui m'&#233;chappe &#8212; et c'est sans doute &#231;a qui me pla&#238;t dans ce travail de la vid&#233;o : une remise en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voix qui accompagne les images du journal &#233;voque peu des &#233;v&#233;nements du jour, de ce qui constitue ma vie priv&#233;e ou professionnelle. J'ai parfois lu les titres des m&#232;ls que je re&#231;ois, parfois utilis&#233; ce que je trouvais sur mon fil &lt;i&gt;Twitter&lt;/i&gt;. C'est un journal au sens o&#249; il re&#231;oit ce qui me traverse, depuis l'ext&#233;rieur comme depuis l'int&#233;rieur, observations, pens&#233;es, souvenirs, disques &#233;cout&#233;s, sites web ou ouvrages lus... Ce n'est pas un r&#233;cit, m&#234;me condens&#233;, de mes journ&#233;es. Ce sont des fragments de jour, tout comme les images. Fragments qui peuvent aussi &#234;tre des lectures : extraits d'ouvrages que je suis en train de lire ou viens de terminer, ouvrages qui m'entourent dans mon bureau &#8212; ouvrages grigris, ouvrages f&#233;tiches comme &lt;i&gt;en lisant en &#233;crivant&lt;/i&gt; de Gracq ou les &lt;i&gt;Petits trait&#233;s&lt;/i&gt; de Quignard &#8212; et dans lesquels je puise en partie au hasard, ouvrages qui servent d'appui &#224; mes tentatives d'&#233;criture, et ouvrages qui peuvent alimenter la r&#233;flexion sur ce travail vid&#233;o, conseill&#233;s par Arnaud de la Cotte, comme le &lt;i&gt;Mise en je&lt;/i&gt; de Juliette Goursat, ou &lt;i&gt;L'homme imaginaire&lt;/i&gt; de Morin. Je lis aussi souvent des extraits du &lt;i&gt;Journal&lt;/i&gt; de Kafka, et de Charles Juliet. Kafka parce que j'ai toujours &#233;t&#233; attir&#233; par ce m&#233;lange de notes au quotidien et de fictions br&#232;ves, souvent juste esquiss&#233;es, ce m&#234;me lieu o&#249; &#233;crire les jours et poser les jalons d'une &#233;criture &#8212; et parce que Kafka sait noter l'essentiel d'une sc&#232;ne vue, comme &lt;a href=&#034;https://youtu.be/GTz5OUpqjio&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;ce passage dans une gare&lt;/a&gt; : son &#233;criture nous permet de voir, de fabriquer mentalement le film qu'il aurait pu faire. Juliet parce que l'exigence envers soi et l'&#233;criture. Et fa&#231;on pudique de dire via les journaux des autres ce de quoi on est aussi constitu&#233;, , une fa&#231;on d'explorer la part sombre, une politesse de timide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Images&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images utilis&#233;es sont toujours celles du jour. Il s'agit de 5 ou 6 plans d'une dizaine ou quinzaine de secondes chacun, ce qui aboutit &#224; un journal d'environ une minute, une minute trente. Les plus longs sont occasionn&#233;s par des trajets en train, ou en voiture, pendant lesquels ma compagne ou mon fils sont au volant &#8211; j'aime beaucoup &#224; ces occasions filmer la mise &#224; nu de la ville par la nuit. Je red&#233;coupe tr&#232;s l&#233;g&#232;rement ces images et les monte environ une semaine apr&#232;s les avoir prises. Parfois, j'effectue le montage et enregistre et int&#232;gre la voix &lt;i&gt;off&lt;/i&gt; le m&#234;me jour, parfois plusieurs jours s'&#233;coulent entre montage des images et ajout de la voix. Ce d&#233;calage me permet de ne pas travailler dans l'urgence et d'assurer un rythme quotidien de diffusion sur &lt;i&gt;YouTube&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces images peuvent &#234;tre envisag&#233;es comme des documents de la journ&#233;e, au sens o&#249; elles captent l'infime, le passager : une lumi&#232;re, une fleur, une voix, un nuage... Elles documentent le temps qui passe, font trace de son passage. Elles sont de l'instant conserv&#233;. Elles sont reflet du quotidien, de l'ordinaire, un pavillon de banlieue et son jardin, ce qu'on aper&#231;oit depuis ses fen&#234;tres, ce qui s'entasse dans mon bureau. Elles sont le reflet, si on regardait ces journaux dans leur succession, de changements infimes &#8212; j'ai beaucoup film&#233; la rang&#233;e de peupliers que j'aper&#231;ois depuis mes fen&#234;tres, et celle-ci va dispara&#238;tre le mois prochain &#8212; mais qui pourtant laisse trace dans ma vie et celle de mes proches, et qui aussi font sens, au moins portent des interrogations, notamment quant &#224; l'espace dans lequel nous vivons, la transformation de la ville et de sa p&#233;riph&#233;rie. Pour cette raison, je reviens souvent vers le Quarto consacr&#233; &#224; Guy Debord pour en lire des extraits dans le journal, et ainsi l'&#233;clairer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Textes et vid&#233;o&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je garde les textes. Je crois qu'ils ont un int&#233;r&#234;t par eux-m&#234;mes, dans la mesure o&#249; je les travaille, en tant que formes br&#232;ves, elliptiques. Au d&#233;but, je pla&#231;ais sur mon site le pdf pour accompagner la vid&#233;o. Pas s&#251;r que quiconque soit all&#233; regarder &#231;a. J'ai en t&#234;te de rassembler ces textes. Reste &#224; savoir o&#249; les publier. Pourquoi pas sur le site ? Mais il serait sans doute plus int&#233;ressant d'inventer un objet nouveau, o&#249; par exemple passer du texte &#224; la vid&#233;o via un QR code, du texte &#224; la voix, de la vid&#233;o au texte. C'est peut-&#234;tre en partie l&#224; qu'est l'avenir de l'&#233;criture dite num&#233;rique, dans une alliance d'approches diverses, texte, voix, images... On pourrait aussi imaginer un livre papier ou num&#233;rique avec QR code pour visionner sur la cha&#238;ne YouTube. Mais qui pour prendre le risque de l'hybride ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble qu'il existe une continuit&#233; entre mes &#233;crits publi&#233;s sur le site et mes vid&#233;os : une inscription dans le quotidien, une dimension autobiographique, le go&#251;t pour des choses vues, entendues, une &#233;criture elliptique privil&#233;giant les formes br&#232;ves. Ma pratique vid&#233;o est plus r&#233;guli&#232;re que celle de la publication sur le site parce que je parviens mieux &#224; l'int&#233;grer dans le quotidien, et parce que une fois les images prises, ce qui demande moins de 5 minutes par jour, je me sens dans l'obligation d'y associer quelques mots. Et quand je ne trouve rien &#224; dire qui convienne pour le journal, reste la possibilit&#233; de lire un extrait d'ouvrage. &#199;a correspond aussi &#224; un moment de lassitude quant &#224; la publication sur le site, &#224; des interrogations sur l'univers du web dit litt&#233;raire &#8212; je retrouve avec la vid&#233;o une part de r&#233;flexion collective qui me semble essentielle, avec des &#233;changes porteurs via les commentaires sur &lt;i&gt;YouTube&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Le journal vid&#233;o perdure aussi gr&#226;ce &#224; des regards ext&#233;rieurs qui permettent (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Est en jeu aussi le go&#251;t pour une exp&#233;rience de formes nouvelles, une exp&#233;rimentation, une prise de risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vid&#233;o est r&#233;v&#233;latrice du rapport au r&#233;el : en se tournant vers monde, en en captant des &#233;l&#233;ments, c'est aussi soi qu'on interroge. Filmer est d&#233;clencheur d'une r&#233;flexivit&#233;, notamment de par ce qu'on choisit de filmer. Dans &lt;a href=&#034;https://youtu.be/vnUmhwL3Lqs&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;le journal du 17 septembre&lt;/a&gt;, je reviens sur mon go&#251;t pour les reflets, les ombres, toutes ces formes d'ind&#233;termination du r&#233;el, auxquelles on pourrait ajouter les eaux qui coulent, les ciels, le jeu des lumi&#232;res. Filmer permet &#224; la fois de s'inscrire dans le r&#233;el quotidien et de basculer vers le r&#234;ve. Je filme la soi disant r&#233;alit&#233; pour mieux y &#233;chapper. Edgar Morin, dans &lt;i&gt;Le cin&#233;ma ou l'homme imaginaire&lt;/i&gt;, cite Jean Tedesco : &#171; Il me semble que les images mouvantes aient &#233;t&#233; sp&#233;cialement invent&#233;es pour nous permettre de visualiser nos r&#234;ves. &#187; Filmer, c'est aussi op&#233;rer une bascule vers le fantastique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir aussi dans la premi&#232;re compile, 23:38, ce commentaire &#233;crit : &#171; c'est (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; accompagn&#233;e d'une fiction &#233;crite ou seulement signifi&#233;e par l'image &#8212;, ce que je fais aussi &lt;a href=&#034;http://www.&#224;chatperch&#233;.net/spip/spip.php?rubrique51&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;sur le site dans des fictions br&#232;ves&lt;/a&gt;. Un autre lien entre ce que j'ai publi&#233; sur le site et ce journal est le temps : l'angoisse g&#233;n&#233;r&#233;e par le temps, la volont&#233; de mener une activit&#233; cr&#233;atrice si possible quotidienne, la n&#233;cessit&#233; de s'organiser pour en trouver le temps, le go&#251;t &#224; saisir l'instant et les traces du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que la vid&#233;o permet en plus, c'est de travailler avec sa voix, ce qui me pla&#238;t beaucoup. Je m'en sers chaque jour pour enseigner, je m'en suis servi un temps pour chanter ; l'utiliser pour &#233;crire, revenir &#224; une dimension orale de l'&#233;criture me pla&#238;t beaucoup. Il y a beaucoup &#224; faire et &#224; creuser de ce c&#244;t&#233;-l&#224; : improviser avec sa voix, modifier l'&#233;crit en le disant, th&#233;&#226;traliser son &#233;crit, jouer avec sa voix dans une m&#234;me production pour dire le jour, introduire la fiction, lire l'&#233;crit d'un autre. Le travail vid&#233;o permet de travailler cette autre dimension, comment on module notre voix, notre souffle, comment on introduit des rythmiques diff&#233;rentes, comment on joue sur les silences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Mat&#233;riel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je travaille avec un &lt;i&gt;Samsung Galaxy&lt;/i&gt;, et un enregistreur &lt;i&gt;Handy Zoom H2&lt;/i&gt;. Logiciel de montage &lt;i&gt;Shotcut&lt;/i&gt;. Un mat&#233;riel tr&#232;s basique, voire &lt;i&gt;low fi&lt;/i&gt;... J'aime bien ce c&#244;t&#233; brut. Et c'est aussi une question de temps, et de co&#251;t. L'avantage du t&#233;l&#233;phone, c'est qu'il est discret, et pas encombrant. Travailler avec une cam&#233;ra, pourquoi pas pour des formes de fictions, mais pas pour le journal. Le journal doit demeurer simple &#224; mener au quotidien, s'y ins&#233;rer facilement. Et il est certain que l'id&#233;e d'une seule machine &#224; textes et &#224; images est s&#233;duisante, une machine qui permette l'association/interaction de deux langages. D'ailleurs, au d&#233;but, j'utilisais le format portrait, en me disant que c'&#233;tait proche de l'espace de la page. Le format paysage appara&#238;t au bout d'un mois de journal vid&#233;o et s'impose peu &#224; peu. Sans doute aussi parce que se posait alors pour moi la question de la l&#233;gitimit&#233; qu'on peut avoir d'utiliser un nouveau support.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai un t&#233;l&#233;phone que depuis peu, et une des justifications de l'achat &#8212; d&#233;testant t&#233;l&#233;phoner &#8212; a &#233;t&#233; d'en faire un carnet de notes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Sur les d&#233;buts du journal, les h&#233;sitations, interrogations et partis pris, et (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est d'ailleurs ainsi que commence le journal, par l'&#233;vocation du plaisir &#224; retrouver l'usage d'une forme de carnet. Au d&#233;but, j'imaginais m'en servir surtout pour &#233;crire, et enregistrer des sons, photographier. L'utilisation de la vid&#233;o a d&#233;marr&#233; avec le projet de faire un journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. En guise de conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vu un film sur Alan Turing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nos ordis nous permettent &#224; nous de d&#233;crypter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos espaces du dedans et du dehors, le myst&#232;re d'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous construisons dans nos machines, alors qu'importe d'y laisser une trace durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni s'inqui&#233;ter ni se r&#233;jouir que rien de ce qu'on bricole ici ne soit plus lisible dans quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps qu'on connait le terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et rien de plus triste qu'un album photos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Textes et images devenus myst&#232;res autant qu'un hi&#233;roglyphe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus rien qu'un code abscons.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(extrait du journal du 2 f&#233;vrier)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/playlist?list=PLd0OXTKuvPjDC44_RC8zLRUbn_9-SJjAl&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;pour visionner les journaux vid&#233;os du mois en cours&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/playlist?list=PLd0OXTKuvPjDugR07fcTGyK11RAIhCmoC&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;pour visionner les archives du journal vid&#233;o&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/playlist?list=PLd0OXTKuvPjDrlOhufiZhKuHwdxOcRBat&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;pour acc&#233;der aux compiles du dimanche&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UC6XrKi4cwk7F81-Glg477Qw&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Arnaud de la Cotte&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/user/tierslivre&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/user/Gwendenieul&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Gwen Denieul&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UCM4McLjl3nmSy-CYyE_YUAw.} [Stephen Urani-&gt;https://www.youtube.com/channel/UCHxP-f2fWpbddyCAmE60k6A&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Anh Mat&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UCaih8LRpsQRrJ2iRyKN0pVw&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Stewen Corvez&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UCiGj9AbLGsbPr4azkClDWfA&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Mil&#232;ne Tournier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le journal vid&#233;o perdure aussi gr&#226;ce &#224; des regards ext&#233;rieurs qui permettent d'enrichir le travail, et qui donnent aussi l'&#233;nergie de continuer, de se sentir moins seul. Des exemples : Arnaud de la Cotte qui remarque tr&#232;s vite que mes images ne montrent pas de visages, sont presque sans pr&#233;sence physique de personnes de mon entourage, ce qui est un choix de ma part, en partie inconscient, d'une part parce que j'ai une r&#233;ticence &#224; filmer autrui sans son autorisation, d'autre part parce que &#233;tant enseignant et ma cha&#238;ne &lt;i&gt;YouTube&lt;/i&gt; &#233;tant accessible &#224; tous, je prends soin de ne r&#233;v&#233;ler de ma vie priv&#233;e qu'une part infime. Idem, lorsque r&#233;cemment il commente un jour o&#249; j'&#233;voque tous ces disparus que je n'aurai jamais film&#233;s, et qu'en lui r&#233;pondant je comprends que les images d'un lac cl&#244;turant le journal renvoient aux promenades effectu&#233;es l&#224; avec mon p&#232;re, et aux terres maintenant englouties que mon grand-p&#232;re paternel a cultiv&#233; dans l'entre-deux guerres. Idem avec Fran&#231;ois Bon, de qui vient l'id&#233;e de r&#233;aliser une compile chaque semaine, et avec qui &#233;changer sur comment la fiction s'introduit dans les vid&#233;os, comment on bascule hors r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir aussi &lt;a href=&#034;https://youtu.be/0B0rZRon1Ko&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;dans la premi&#232;re compile&lt;/a&gt;, 23:38, ce commentaire &#233;crit : &#171; c'est retrouver dehors la grammaire du r&#234;ve &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les d&#233;buts du journal, les h&#233;sitations, interrogations et partis pris, et l'aspect carnet du t&#233;l&#233;phone, et sur le rapport au temps induit par le journal, voir &lt;a href=&#034;https://youtu.be/0B0rZRon1Ko&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;la premi&#232;re compile&lt;/a&gt;, avec commentaires &#233;crits qui y sont ins&#233;r&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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