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	<title>Michel Brosseau | &#224; chat perch&#233;</title>
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		<title>se rendre dans un restaurant depuis longtemps fr&#233;quent&#233;</title>
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		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>notes de chevet</dc:subject>
		<dc:subject>choses qui provoquent la nostalgie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;se rendre dans un restaurant depuis longtemps fr&#233;quent&#233;, pr&#232;s de vingt ans, dans ce quartier o&#249; s'est nou&#233;e la rencontre de celle avec qui depuis tu partages ta vie &#8212; chaque fois passer devant l'ancien appartement, ses volets gris, clos &#8212; depuis combien de temps as-tu cess&#233; de jeter un &#339;il au nom sur la sonnette ? &#8212;, ce lieu dans lequel tu r&#234;ves encore d'entrer, de pouvoir y demeurer seul quelques heures &#8212; se souvenir de celle qui pendant un atelier d'&#233;criture t'avait propos&#233; de rendre la chose possible, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;se rendre dans un restaurant depuis longtemps fr&#233;quent&#233;, pr&#232;s de vingt ans, dans ce quartier o&#249; s'est nou&#233;e la rencontre de celle avec qui depuis tu partages ta vie &#8212; chaque fois passer devant l'ancien appartement, ses volets gris, clos &#8212; depuis combien de temps as-tu cess&#233; de jeter un &#339;il au nom sur la sonnette ? &#8212;, ce lieu dans lequel tu r&#234;ves encore d'entrer, de pouvoir y demeurer seul quelques heures &#8212; se souvenir de celle qui pendant &lt;a href=&#034;http://www.liminaire.fr/liminaire/article/qu-est-ce-qu-internet-change-au&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;un atelier d'&#233;criture&lt;/a&gt; t'avait propos&#233; de rendre la chose possible, t'expliquant que la propri&#233;taire &#233;tait maintenant sa cousine, mais c'&#233;tait y p&#233;n&#233;trer comme on y p&#233;n&#232;tre dans les r&#234;ves que tu voulais, comme on descend en soi &#8212;, aller dans ce restaurant les vendredis soirs de vacances scolaires, rituel qui s'est institu&#233;, sans qu'on y prenne garde, d'aller manger un couscous, parce que savoir que l&#224; s'op&#232;re un d&#233;but de l&#226;cher prise, l'autre soir, comme chaque fois, pousser la premi&#232;re porte rouge, tirer la seconde, et p&#233;n&#233;trer dans la salle, avoir en t&#234;te la silhouette qui entrera dans ton champ de vision, sortant de la cuisine, tout au fond, la plupart du temps &#8212; y venir t&#244;t parce que fatigu&#233;s, et sauvages aussi un peu &#8212;, en t&#234;te la d&#233;marche, le sourire, la fa&#231;on d'&#233;tirer la premi&#232;re syllabe du &#034;bonsoir&#034; avant d'envoyer d'un souffle &#034;soir messieurs dames&#034;, en t&#234;te la main tendue, et comme un pas de danse pour se pr&#233;senter de trois quart, en t&#234;te la table pour quatre et les conversations les soirs o&#249; pas trop de monde, depuis le temps, les hasards : I. a eu son fils en classe au coll&#232;ge, en t&#234;te le couscous que tu prendras et la bouteille de M&#233;d&#233;a rouge, en t&#234;te la derni&#232;re fois que tu es venu avec des copains cet &#233;t&#233;, comment ton fils discutait transcendance avec F., mais c'est un autre qui vous accueille, plus petit, la peau noire &#8212; tes enfants te diront ensuite qu'ils avaient rep&#233;r&#233; le changement d'enseigne avant d'entrer, le glissement de l'Alg&#233;rie &#224; la Guyane &#8212;, reconna&#238;tre les pieds m&#233;talliques des tables, d&#233;sormais recouvertes d'une peinture grise, laque lisse, et dessous, les mosa&#239;ques &#8212; ta fille les a devin&#233;es au toucher &#8212;, entendre I. demander ce qu'est devenu l'ancien patron, s'il a ouvert un autre restaurant &#8212;, r&#233;aliser en situation ce que jusqu'alors tu savais seulement : du temps a pass&#233; &#8212;, pendant le repas commencer &#224; en lister les indices : tu partages maintenant un verre de rouge avec ton fils, I. ne sort plus fumer devant le restaurant, suivie de l'un ou de nos deux enfants, le bar &#224; c&#244;t&#233; est devenu bo&#238;te de restauration rapide, les sujets de conversation que nous avons &#8212;, se dire qu'une nouvelle strate temporelle s'ajoute au quartier, apr&#232;s celle de la rencontre, celle de l'enfance de nos enfants&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#233;voquer un ami &#233;loign&#233;</title>
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		<dc:subject>contraintes</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;&#233;voquer, avec un coll&#232;gue de travail, un ami qu'on ne voit plus depuis longtemps en raison d'un d&#233;m&#233;nagement et du cours pris par la vie de chacun&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&#233;voquer, avec un coll&#232;gue de travail, un ami qu'on ne voit plus depuis longtemps en raison d'un d&#233;m&#233;nagement et du cours pris par la vie de chacun, ses cahots &#8212; la conversation a commenc&#233; dans le tram,par une r&#233;flexion sur comment celui-ci a particip&#233; &#224; transformer la ville : elle est parfois anodine la porte ouverte sur le pass&#233; &#8212;, ne pas nommer l'ami d'abord, parce qu'ignorant que son interlocuteur l'a connu, parler d'un qui s'est trouv&#233; dans le m&#234;me genre de situation que celui &#224; qui on s'adresse, &#233;tudiant d'origine &#233;trang&#232;re venu en France pour un doctorat de math&#233;matiques, le sentiment de rel&#233;gation que repr&#233;sentait d'&#234;tre log&#233; sur un campus si loin de la ville, avec des bus qui ne circulaient plus &#224; partir de vingt heures, alors retour le soir en stop, et les week-ends pass&#233;s entre &#233;tudiants du Maghreb et d'Afrique, puis entendre la question de l'interlocuteur si ce n'&#233;tait pas, et confirmer que oui, c'est de lui dont il s'agit, &#233;voquer la situation des ma&#238;tres auxiliaires aujourd'hui disparus, corv&#233;ables &#224; merci, la difficult&#233; pour aller travailler quand on n'a pas les moyens d'acheter une voiture, poursuivre ainsi en demeurant sur le registre des structures sociales, et, tout en sentant le rapprochement op&#233;r&#233; avec son interlocuteur par l'&#233;vocation de l'absent, sentir s'amplifier de deux mani&#232;res le sentiment de perte : d'abord de par la retenue qui fait qu'on n'a rien dit des liens et de l'intimit&#233; pass&#233;s, et dont on est &#224; peu pr&#232;s certain qu'on ne les retrouvera plus, ensuite de par la ressemblance t&#233;nue, parce que seulement d'ordre sociologique, entre l'ami &#233;loign&#233; et l'interlocuteur, la pr&#233;sence de ce dernier soulignant l'absence de celui qu'il a pourtant contribu&#233; &#224; convoquer&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>jeux du matin</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>fiction</dc:subject>
		<dc:subject>enfance</dc:subject>
		<dc:subject>quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>notes de chevet</dc:subject>
		<dc:subject>choses qui provoquent la nostalgie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#233;voquer avec les enfants les jeux du matin, quand, eux encore petits, venaient se glisser dans le lit &#8212; c'est un soir de coucher t&#244;t, d'apr&#232;s grippe et de paresse pour lire &#8212;, faire l'inventaire des personnages, au nombre desquels un ogre, son fils, une taupe, un chasseur maniaque du d&#233;guisement, se souvenir des douches de ketchup et mayonnaise avant la d&#233;voration de certains, tenter de retrouver la voix du fils de l'ogre &#8212; il z&#233;zayait beaucoup &#8212;, c'est flot de m&#233;moire et de fiction, de temps partag&#233;, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot33" rel="tag"&gt;enfance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot67" rel="tag"&gt;quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot175" rel="tag"&gt;notes de chevet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot191" rel="tag"&gt;choses qui provoquent la nostalgie&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&#233;voquer avec les enfants les jeux du matin, quand, eux encore petits, venaient se glisser dans le lit &#8212; c'est un soir de coucher t&#244;t, d'apr&#232;s grippe et de paresse pour lire &#8212;, faire l'inventaire des personnages, au nombre desquels un ogre, son fils, une taupe, un chasseur maniaque du d&#233;guisement, se souvenir des douches de ketchup et mayonnaise avant la d&#233;voration de certains, tenter de retrouver la voix du fils de l'ogre &#8212; il z&#233;zayait beaucoup &#8212;, c'est flot de m&#233;moire et de fiction, de temps partag&#233;, buter en revanche sur les chansons, rituelles elles aussi, mais enfouies o&#249; personne ne sait les retrouver, &#224; peine quelques amorces de paroles, pas m&#234;me une m&#233;lodie, il aurait fallu les noter sans doute, ou pas &#8212; c'est sans doute mieux ainsi, non pas que quelconque peur du ridicule, tout ici &#233;tait puret&#233; et &#233;lan spontan&#233;, mais si on veut qu'ils passent &#224; autre chose, eux qui parviennent au seuil s'approchent r&#233;solument de la porte, eux qui ne sont pas comme moi &#224; plus que moiti&#233; du gu&#233;, n&#233;cessaire qu'ils sentent un peu de la nuit, de l'oubli &#224; gueule ouverte &#8212; il se repa&#238;t de tout celui-ci, m&#234;me des comptines absurdes et faites maison &#8212;, qu'ils emplissent leurs poches d'autres r&#233;cits, s'y confrontent solitaires et viennent en parler dans le bureau ou ailleurs &#8212; et les esp&#233;rer un peu plus forts d'avoir appris la fiction en proximit&#233; des corps et voix multiples &#8212; et avoir grande nostalgie de ce cheminement pour rire &#224; peine sortis de la nuit &#8212; c'est aussi l&#224; qu'il faut puiser&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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