<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Michel Brosseau | &#224; chat perch&#233;</title>
	<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>




<item xml:lang="fr">
		<title>&#224; mains nues</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article710</link>
		<guid isPermaLink="true">https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article710</guid>
		<dc:date>2025-11-19T07:55:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>contraintes</dc:subject>
		<dc:subject>Lovecraft</dc:subject>
		<dc:subject>faits divers</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;cit d&#1370;horreur : la main sculpt&#233;e, ou une autre main artificielle, qui &#233;trangle son cr&#233;ateur. &lt;br class='autobr' /&gt;
H. P. Lovecraft, &lt;i&gt;The Commonplace Book&lt;/i&gt;, note 7.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique108" rel="directory"&gt;proses br&#232;ves&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;contraintes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;Lovecraft&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot111" rel="tag"&gt;faits divers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot168" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;text-align:justify&#034;&gt;
&lt;p&gt;On est quelques-uns &#224; collectionner les faits divers. Autrefois coupures de presse gliss&#233;es dans ds chemises en carton. Aujourd'hui copi&#233;s-coll&#233;s qui s'accumulent dans un coin de disque dur. Et qu'on parcourt de temps &#224; autre en qu&#234;te d'une id&#233;e de nouvelle. Celui-ci n'avait pas fait grand bruit. Peut-&#234;tre parce qu'avec toutes nos troupes engag&#233;es sur divers th&#233;&#226;tres d'op&#233;ration, comprendre maintien de l'ordre n&#233;o-colonial, aucun pisse-copie n'avait pens&#233; monter l'affaire en &#233;pingle. L'affaire &#233;tait pourtant bien glauque. Mettait &#224; disposition de quoi ravir n'importe quels lecteurs en mal d'horreur. Mais le criminel &#233;tant l'un de nos vaillants sous-officiers&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme aurait d&#233;clench&#233; la piti&#233; des c&#339;urs les plus endurcis. Ses deux bras emport&#233;s par un engin explosif qu'il tentait de d&#233;samorcer, quelque part dans les sables du Sahel. On l'avait rapatri&#233; fissa en avion sanitaire. On dit qu'&#224; certaines p&#233;riodes, quand les combats montent en intensit&#233;,ce sont plusieurs gros porteurs transform&#233;s en h&#244;pitaux volants qui atterrissent chaque jour sur la base de Villacoublay. Remplis de jeunes gars aux corps bris&#233;s. D'autres trop secou&#233;s par ce qu'ils ont vu et accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les proth&#232;ses ont connu des progr&#232;s extraordinaires ces derni&#232;res ann&#233;es. Aussi, quelques mois plus tard, l'homme apprenait &#224; mobiliser ces deux bras artificiels. Des membres tout neufs. Et m&#234;me deux mains couleur chair. Qu'il avait appris elles aussi &#224; commander. Certes, il n'aurait pas pu jouer de la guitare ou du piano, ce qui sans doute ne lui manquait aucunement, mais il pouvait, apr&#232;s des mois d'apprentissage, se saisir de n'importe quel objet, faire la pince, visser, d&#233;visser, serrer entre ses doigts m&#233;talliques recouverts d'une r&#233;sine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exosquelette avait fait merveille. L'homme &#233;tait de nouveau autonome. Et avait retrouv&#233; ce qu'on appelle abusivement, dans les quelques coupures de presse que j'ai retrouv&#233;es, une vie normale. Jusqu'au jour de bascule. C'est lui-m&#234;me qui a pr&#233;venu la police. On a retrouv&#233; sa femme gisant sur le plancher de leur chambre &#224; coucher, &#233;trangl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme, effondr&#233; et comme en &#233;tat de choc, n'a offert aucune r&#233;sistance. Selon les dires des policiers, l'homme, au moment de son arrestation, se serait content&#233; de r&#233;p&#233;ter &#224; plusieurs reprises : &lt;i&gt;Caresser !... Tu comprends ? Caresser...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Compagnie K</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article590</link>
		<guid isPermaLink="true">https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article590</guid>
		<dc:date>2014-11-23T11:18:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Al de Castro et moi, on &#233;tait accroupis dans un petit trou d'obus, excit&#233;s, &#224; regarder les artilleurs allemands en train de d&#233;truire Marigny. Un chien choqu&#233; par les explosions d'obus &#233;tait recroquevill&#233; contre le lavoir public. Il avait la queue repli&#233;e entre les pattes et les les poils du dos h&#233;riss&#233;s et raides. Ses yeux pleuraient et sa gueule bavait. De temps en temps, il se mettait &#224; vriller sur lui-m&#234;me et &#224; se mordre la queue ; et puis il s'arr&#234;tait, ext&#233;nu&#233;, et il cherchait &#224; happer l'air (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique83" rel="directory"&gt;LECTURES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;lectures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot168" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;MsoNormal&#034; style=&#034;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal; text-align: justify; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size: medium&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family: Arial&#034;&gt;&lt;span style=&#034;mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;Al de Castro et moi, on &#233;tait accroupis dans un petit trou d'obus, excit&#233;s, &#224; regarder les artilleurs allemands en train de d&#233;truire Marigny. Un chien choqu&#233; par les explosions d'obus &#233;tait recroquevill&#233; contre le lavoir public. Il avait la queue repli&#233;e entre les pattes et les les poils du dos h&#233;riss&#233;s et raides. Ses yeux pleuraient et sa gueule bavait. De temps en temps, il se mettait &#224; vriller sur lui-m&#234;me et &#224; se mordre la queue ; et puis il s'arr&#234;tait, ext&#233;nu&#233;, et il cherchait &#224; happer l'air faiblement d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre ; ou alors, certaines fois, il jetait son museau vers le ciel et ses m&#226;choires s'ouvraient tout grand, mais le son de sa voix se perdait dans le bruit du pilonnage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour finir, il n'est plus rest&#233; grand-chose qui tenait debout dans la ville qu'un mur de calcaire blanc. Sur ce mur &#233;tait accroch&#233; un chromo religieux, dans un cadre dor&#233;, qui repr&#233;sentait une couronne d'&#233;pines et un c&#339;ur en sang d'o&#249; montaient des flammes ; &#224; c&#244;t&#233;, suspendue &#224; une pat&#232;re en bois, il y avait une veste sans forme de paysan. Allong&#233; sur le ventre, je regardais le mur fixement... Les obus se sont mis &#224; tomber plus dru et le chien affol&#233; a recommenc&#233; &#224; vriller &#224; la poursuite de sa queue. Le mur blanc a trembl&#233;, quelques pierres sont tomb&#233;es, et quand j'ai relev&#233; la t&#234;te, la veste avait gliss&#233; de sa pat&#232;re et gisait dans la poussi&#232;re comme une chauve-souris &#233;tal&#233;e, morte... Et puis d'un coup, le bombardement a cess&#233; et le silence qui a suivi a &#233;t&#233; terrible. Le chien a renifl&#233; l'air. Il a &#233;lev&#233; la voix et il a hurl&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me suis redress&#233; alors, j'ai remis mon sac sur le dos et, un instant plus tard, Al &#233;tait debout &#224; c&#244;t&#233; de moi. pendant un temps, on a regard&#233; tous les deux le mur blanc, toujours d'aplomb, et l'image pieuse intacte &#224; sa place.&lt;br class='autobr' /&gt;
Al est all&#233; jusqu'au mur et il l'a consid&#233;r&#233; avec curiosit&#233; :&lt;br class='manualbr' /&gt;Pourquoi est-ce que ce mur est rest&#233; et rien d'autre ? il a demand&#233;. Pourquoi est-ce qu'il est le seul &#224; avoir &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; ?...&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, pendant que, devant le mur, Al ajustait son sac et tripotait l'ardillon de sa ceinture &#224; cartouches, un bruit a d&#233;chir&#233; le silence, suivi d'une d&#233;tonation s&#232;che ; et le mur s'est abattu dans un nuage de poussi&#232;re, &#233;touffant le c&#339;ur d'o&#249; montaient les flammes, &#233;crasant Al sous son poids.&lt;br class='autobr' /&gt;
William March, &lt;i&gt;Compagnie K&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#034;font-size: 12pt; font-family: &#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;; mso-bidi-font-weight: bold&#034;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
