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	<title>Michel Brosseau | &#224; chat perch&#233;</title>
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		<title>Une t&#233;n&#233;breuse affaire</title>
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		<description>
&lt;p&gt;O&#249; l'obsession de la physionomie : &lt;br class='autobr' /&gt;
Les lois de la physionomie sont exactes, non seulement dans leur application au caract&#232;re, mais encore relativement &#224; la fatalit&#233; de l'existence. Il y a des physionomies proph&#233;tiques. S'il &#233;tait possible, et cette statistique vivante importe &#224; la Soci&#233;t&#233;, d'avoir un dessin exact de ceux qui p&#233;rissent sur l'&#233;chafaud, la science de Lavater et celle de Gall prouveraient invinciblement qu'il y avait dans la t&#234;te de tous ces gens, m&#234;me chez les innocents, des signes &#233;tranges. (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; l'obsession de la physionomie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois de la physionomie sont exactes, non seulement dans leur application au caract&#232;re, mais encore relativement &#224; la fatalit&#233; de l'existence. Il y a des physionomies proph&#233;tiques. S'il &#233;tait possible, et cette statistique vivante importe &#224; la Soci&#233;t&#233;, d'avoir un dessin exact de ceux qui p&#233;rissent sur l'&#233;chafaud, la science de Lavater et celle de Gall prouveraient invinciblement qu'il y avait dans la t&#234;te de tous ces gens, m&#234;me chez les innocents, des signes &#233;tranges. Oui, la Fatalit&#233; met sa marque au visage de ceux qui doivent mourir d'une mort violente quelconque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; une po&#233;sie des lieux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;tust&#233; des choses, le profond silence des bois, la perspective de l'avenue, la for&#234;t au loin, mille d&#233;tails, les fers rong&#233;s de rouille, les masses de pierres velout&#233;es par les mousses, tout po&#233;tise cette construction qui existe encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'Empire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle de familles nobles qui prennent du service, dit M. d'Hauteserre. &lt;br /&gt;&#8212; Et d'apr&#232;s les lois actuelles, vos enfants, reprit le cur&#233;, seront forc&#233;s de servir. La loi ne conna&#238;t plus ni les rangs, ni les noms. &lt;br /&gt;&#8212; Cet homme nous fait plus de mal avec sa cour que la R&#233;volution avec sa hache ! s'&#233;cria Laurence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La paix r&#233;gnait encore sur le continent, et l'admiration pour l'Empereur &#233;tait unanime en France : il cajolait les int&#233;r&#234;ts, les vanit&#233;s, les personnes, les choses, enfin tout jusqu'aux souvenirs. Cette entreprise parut donc &#224; tout le monde une atteinte au bonheur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'aveuglement de la noblesse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se disaient aussi ce que se sont dit &#224; toutes les &#233;poques les partis vaincus : que la prosp&#233;rit&#233; du parti vainqueur finirait, que l'Empereur n'&#233;tait soutenu que par l'arm&#233;e, que le Fait p&#233;rissait t&#244;t ou tard devant le Droit, etc. Malgr&#233; ces avis, ils tomb&#232;rent dans la fosse creus&#233;e devant eux, et qu'eussent &#233;vit&#233;e des gens prudents et dociles comme le bonhomme d'Hauteserre. Si les hommes voulaient &#234;tre francs, ils reconna&#238;traient peut-&#234;tre que jamais le malheur n'a fondu sur eux sans qu'ils aient re&#231;u quelque avertissement patent ou occulte. Beaucoup n'ont aper&#231;u le sens profond de cet avis myst&#233;rieux ou visible qu'apr&#232;s leur d&#233;sastre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; les signes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pie s'envola brusquement entre les d'Hauteserre et Michu, qui, superstitieux comme les gens primitifs, crut entendre sonner les cloches d'un service mortuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; croire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le doute absolu que demande Descartes ne peut pas plus s'obtenir dans le cerveau de l'homme que le vide dans la nature, et l'op&#233;ration spirituelle par laquelle il aurait lieu serait, comme l'effet de la machine pneumatique, une situation exceptionnelle et monstrueuse. En quelque mati&#232;re que ce soit, on croit &#224; quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; &#233;crire contre l'oubli (variante de l'effet de r&#233;el) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois le jugement connu, des &#233;v&#233;nements politiques de la plus haute importance &#233;touff&#232;rent le souvenir de ce proc&#232;s dont il ne fut plus question. La Soci&#233;t&#233; proc&#232;de comme l'Oc&#233;an, elle reprend son niveau, son allure apr&#232;s un d&#233;sastre, et en efface la trace par le mouvement de ses int&#233;r&#234;ts d&#233;vorants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un &#233;pisode sous la Terreur</title>
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		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;O&#249;, dans le premier paragraphe, ce possible incipit : &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand elle eut d&#233;pass&#233; la rue des Morts, elle crut distinguer le pas lourd et ferme d'un homme qui marchait derri&#232;re elle. &lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; le bourreau se mue en figure h&#233;ro&#239;que : &lt;br class='autobr' /&gt;
Une foule qui remplissait la rue Saint-Honor&#233; passa comme un flot. Au-dessus des t&#234;tes, l'abb&#233; de Marolles, c&#233;dant &#224; un mouvement de curiosit&#233;, vit debout, sur la charrette, celui qui, trois jours auparavant, &#233;coutait sa messe.
&lt;br class='autobr' /&gt;
-- Qui est-ce ? &#8230; dit-il, celui qui&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
-- C'est le bourreau, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249;, dans le premier paragraphe, ce possible incipit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle eut d&#233;pass&#233; la rue des Morts, elle crut distinguer le pas lourd et ferme d'un homme qui marchait derri&#232;re elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le bourreau se mue en figure h&#233;ro&#239;que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une foule qui remplissait la rue Saint-Honor&#233; passa comme un flot. Au-dessus des t&#234;tes, l'abb&#233; de Marolles, c&#233;dant &#224; un mouvement de curiosit&#233;, vit debout, sur la charrette, celui qui, trois jours auparavant, &#233;coutait sa messe.
&lt;br /&gt;&#8212; Qui est-ce ? &#8230; dit-il, celui qui&#8230; &lt;br /&gt;&#8212; C'est le bourreau, r&#233;pondit monsieur Ragon en nommant l'ex&#233;cuteur des hautes &#339;uvres par son nom monarchique. &lt;br /&gt;&#8212; Mon ami ! mon ami ! cria madame Ragon, monsieur l'abb&#233; se meurt. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et la vieille dame prit un flacon de vinaigre pour faire revenir le vieux pr&#234;tre &#233;vanoui. &lt;br /&gt;&#8212; Il m'a sans doute donn&#233;, dit-il, le mouchoir avec lequel le roi s'est essuy&#233; le front, en allant au martyre&#8230; Pauvre homme ! &#8230; le couteau d'acier a eu du c&#339;ur quand toute la France en manquait ! &#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Z. Marcas</title>
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&lt;p&gt;O&#249; d'embl&#233;e le nom : &lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai jamais vu personne, en comprenant m&#234;me les hommes remarquables de ce temps, dont l'aspect f&#251;t plus saisissant que celui de cet homme ; l'&#233;tude de sa physionomie inspirait d'abord un sentiment plein de m&#233;lancolie, et finissait par donner une sensation presque douloureuse. Il existait une certaine harmonie entre la personne et le nom. Ce Z qui pr&#233;c&#233;dait Marcas, qui se voyait sur l'adresse de ses lettres, et qu'il n'oubliait jamais dans sa signature, cette derni&#232;re lettre de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; d'embl&#233;e le nom :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais vu personne, en comprenant m&#234;me les hommes remarquables de ce temps, dont l'aspect f&#251;t plus saisissant que celui de cet homme ; l'&#233;tude de sa physionomie inspirait d'abord un sentiment plein de m&#233;lancolie, et finissait par donner une sensation presque douloureuse. Il existait une certaine harmonie entre la personne et le nom. Ce Z qui pr&#233;c&#233;dait Marcas, qui se voyait sur l'adresse de ses lettres, et qu'il n'oubliait jamais dans sa signature, cette derni&#232;re lettre de l'alphabet offrait &#224; l'esprit je ne sais quoi de fatal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MARCAS ! R&#233;p&#233;tez-vous &#224; vous-m&#234;me ce nom compos&#233; de deux syllabes, n'y trouvez-vous pas une sinistre signifiance ? Ne vous semble-t-il pas que l'homme qui le porte doive &#234;tre martyris&#233; ? Quoique &#233;trange et sauvage, ce nom a pourtant le droit d'aller &#224; la post&#233;rit&#233; ; il est bien compos&#233;, il se prononce facilement, il a cette bri&#232;vet&#233; voulue pour les noms c&#233;l&#232;bres. N'est-il pas aussi doux qu'il est bizarre ? mais aussi ne vous para&#238;t-il pas inachev&#233; ? Je ne voudrais pas prendre sur moi d'affirmer que les noms n'exercent aucune influence sur la destin&#233;e. Entre les faits de la vie et le nom des hommes, il est de secr&#232;tes et d'inexplicables concordances ou des d&#233;saccords visibles qui surprennent ; souvent des corr&#233;lations lointaines, mais efficaces, s'y sont r&#233;v&#233;l&#233;es. Notre globe est plein, tout s'y tient. Peut-&#234;tre reviendra-t-on quelque jour aux Sciences Occultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne voyez-vous pas dans la construction du Z une allure contrari&#233;e ? ne figure-t-elle pas le zigzag al&#233;atoire et fantasque d'une vie tourment&#233;e ? Quel vent a souffl&#233; sur cette lettre qui, dans chaque langue o&#249; elle est admise, commande &#224; peine &#224; cinquante mots ? Marcas s'appelait Z&#233;phirin. Saint Z&#233;phirin est tr&#232;s-v&#233;n&#233;r&#233; en Bretagne. Marcas &#233;tait Breton. &lt;br class='autobr' /&gt;
Examinez encore ce nom : Z. Marcas ! Toute la vie de l'homme est dans l'assemblage fantastique de ces sept lettres. Sept ! le plus significatif des nombres cabalistiques. L'homme est mort &#224; trente-cinq ans, ainsi sa vie a &#233;t&#233; compos&#233;e de sept lustres. Marcas ! N'avez-vous pas l'id&#233;e de quelque chose de pr&#233;cieux qui se brise par une chute, avec ou sans bruit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'ambition est contrari&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#234;te piriforme du fils d'un &#233;picier riche sera pr&#233;f&#233;r&#233;e &#224; la t&#234;te carr&#233;e d'un jeune homme de talent sans le sou. En s'&#233;vertuant, en d&#233;ployant toute son &#233;nergie, un jeune homme qui part de z&#233;ro peut se trouver, au bout de dix ans, au-dessous du point de d&#233;part. Aujourd'hui, le talent doit avoir le bonheur qui fait r&#233;ussir l'incapacit&#233; ; bien plus, s'il manque aux basses conditions qui donnent le succ&#232;s &#224; la rampante m&#233;diocrit&#233;, il n'arrivera jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcas, notre voisin, fut en quelque sorte le guide qui nous mena sur le bord du pr&#233;cipice ou du torrent, et qui nous le fit mesurer, qui nous montra par avance quelle serait notre destin&#233;e si nous nous y laissions choir. Ce fut lui qui nous mit en garde contre les atermoiements que l'on contracte avec la mis&#232;re et que sanctionne l'esp&#233;rance, en acceptant des positions pr&#233;caires d'o&#249; l'on lutte, en se laissant aller au mouvement de Paris, cette grande courtisane qui vous prend et vous laisse, vous sourit et vous tourne le dos avec une &#233;gale facilit&#233;, qui use les plus grandes volont&#233;s en des attentes captieuses, et o&#249; l'Infortune est entretenue par le Hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; il est question d'un carnaval &#224; Paris :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vint le carnaval, ce carnaval parisien qui, d&#233;sormais, effacera l'ancien carnaval de Venise, et qui dans quelques ann&#233;es attirera l'Europe &#224; Paris, si de malencontreux pr&#233;fets de police ne s'y opposent.&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; le Sauvage dans la ville (et Cooper, bien entendu) :&lt;br class='autobr' /&gt;
Le silence et toute sa majest&#233; ne se trouvent que chez le Sauvage. Il n'est pas de criminel qui, pouvant laisser tomber ses secrets avec sa t&#234;te dans le panier rouge, n'&#233;prouve le besoin purement social de les dire &#224; quelqu'un. Je me trompe. Nous avons vu l'un des Iroquois du faubourg Saint-Marceau mettant la nature parisienne &#224; la hauteur de la nature sauvage : un homme ; un r&#233;publicain, un conspirateur, un Fran&#231;ais, un vieillard a surpass&#233; tout ce que nous connaissions de la fermet&#233; n&#232;gre, et tout ce que Cooper a pr&#234;t&#233; aux Peaux rouges de d&#233;dain et de calme au milieu de leurs d&#233;faites. Morey, ce Guatimozin de la Montagne, a gard&#233; une attitude inou&#239;e dans les annales de la justice europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la jeunesse peine &#224; trouver sa place :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ao&#251;t 1830, r&#233;pondit Marcas d'un ton solennel en &#233;tendant la main vers Paris, Ao&#251;t fait par la jeunesse qui a li&#233; la javelle, fait par l'intelligence qui avait m&#251;ri la moisson, a oubli&#233; la part de la jeunesse et de l'intelligence. La jeunesse &#233;clatera comme la chaudi&#232;re d'une machine &#224; vapeur. La jeunesse n'a pas d'issue en France, elle y amasse une avalanche de capacit&#233;s m&#233;connues, d'ambitions l&#233;gitimes et inqui&#232;tes, elle se marie peu, les familles ne savent que faire de leurs enfants ; quel sera le bruit qui &#233;branlera ces masses, je ne sais ; mais elles se pr&#233;cipiteront dans l'&#233;tat de choses actuel et le bouleverseront. Il est des lois de fluctuation qui r&#233;gissent les g&#233;n&#233;rations, et que l'empire romain avait m&#233;connues quand les barbares arriv&#232;rent. Aujourd'hui, les barbares sont des intelligences. Les lois du trop-plein agissent en ce moment lentement, sourdement au milieu de nous. Le gouvernement est le grand coupable, il m&#233;conna&#238;t les deux puissances auxquelles il doit tout, il s'est laiss&#233; lier les mains par les absurdit&#233;s du contrat, il est tout pr&#233;par&#233; comme une victime. Louis XIV, Napol&#233;on, l'Angleterre &#233;taient et sont avides de jeunesse intelligente. En France, la jeunesse est condamn&#233;e par la l&#233;galit&#233; nouvelle, par les conditions mauvaises du principe &#233;lectif, par les vices de la constitution minist&#233;rielle. En examinant la composition de la chambre &#233;lective, vous n'y trouvez point de d&#233;put&#233; de trente ans : la jeunesse de Richelieu et celle de Mazarin, la jeunesse de Turenne et celle de Colbert, la jeunesse de Pitt et celle de Saint-Just, celle de Napol&#233;on et celle du prince de Metternich n'y trouveraient point de place. Burke, Sh&#233;ridan, Fox ne pourraient s'y asseoir. On aurait pu mettre la majorit&#233; politique &#224; vingt et un ans et d&#233;grever l'&#233;ligibilit&#233; de toute esp&#232;ce de condition, les d&#233;partements n'auraient &#233;lu que les d&#233;put&#233;s actuels, des gens sans aucun talent politique, incapables de parler sans estropier la grammaire, et parmi lesquels, en dix ans, il s'est &#224; peine rencontr&#233; un homme d'&#201;tat. On devine les motifs d'une circonstance &#224; venir, mais on ne peut pas pr&#233;voir la circonstance elle-m&#234;me. En ce moment, on pousse la jeunesse enti&#232;re &#224; se faire r&#233;publicaine, parce qu'elle voudra voir dans la r&#233;publique son &#233;mancipation. Elle se souviendra des jeunes repr&#233;sentants du peuple et des jeunes g&#233;n&#233;raux ! L'imprudence du gouvernement n'est comparable qu'&#224; son avarice.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le cousin Pons</title>
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		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;un musicien, le bric-&#224;-brac, un couple de concierges&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; la fl&#226;nerie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet ensemble de petites choses voulait l'attention analytique dont sont dou&#233;s les connaisseurs en fl&#226;nerie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; romanesque ne rime pas avec myst&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Courir le cachet &#224; cet &#226;ge ! &#8230; Combien de myst&#232;res dans cette situation peu romanesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; Balzac s'en prend aux concours :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il montrait gratis une des nombreuses victimes du fatal et funeste syst&#232;me nomm&#233; Concours qui r&#232;gne encore en France apr&#232;s cent ans de pratique sans r&#233;sultat. Cette presse des intelligences fut invent&#233;e par Poisson de Marigny, le fr&#232;re de madame de Pompadour, nomm&#233;, vers 1746, directeur des Beaux-Arts. Or, t&#226;chez de compter sur vos doigts les gens de g&#233;nie fournis depuis un si&#232;cle par les laur&#233;ats ? D'abord, jamais aucun effort administratif ou scolaire ne remplacera les miracles du hasard auquel on doit les grands hommes. C'est, entre tous les myst&#232;res de la g&#233;n&#233;ration, le plus inaccessible &#224; notre ambitieuse analyse moderne. Puis, que penseriez-vous des &#201;gyptiens qui, dit-on, invent&#232;rent des fours pour faire &#233;clore des poulets, s'ils n'eussent point imm&#233;diatement donn&#233; la becqu&#233;e &#224; ces m&#234;mes poulets ? Ainsi se comporte cependant la France qui t&#226;che de produire des artistes par la serre-chaude du Concours ; et, une fois le statuaire, le peintre, le graveur, le musicien obtenus par ce proc&#233;d&#233; m&#233;canique, elle ne s'en inqui&#232;te pas plus que le dandy ne se soucie le soir des fleurs qu'il a mises &#224; sa boutonni&#232;re. Il se trouve que l'homme de talent est Greuze ou Watteau, F&#233;licien David ou Pagnesi, G&#233;ricault ou Decamps, Auber ou David d'Angers, Eug&#232;ne Delacroix ou Meissonier, gens peu soucieux des grands prix et pouss&#233;s en pleine terre sous les rayons de ce soleil invisible, nomm&#233; la Vocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; bric-&#224;-brac :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se connaissait en tous ces travaux, chefs-d'&#339;uvre de la main et de la Pens&#233;e, compris depuis peu dans le mot populaire, le Bric-&#224;-Brac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; Paris :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Paris, o&#249; personne dans le monde n'observe, o&#249; tout est rapide comme le flot, o&#249; tout passe comme un minist&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rue de Normandie est une de ces vieilles rues &#224; chauss&#233;e fendue, o&#249; la ville de Paris n'a pas encore mis de bornes-fontaines, et dont le ruisseau noir roule p&#233;niblement les eaux m&#233;nag&#232;res de toutes les maisons, qui s'infiltrent sous les pav&#233;s et y produisent cette boue particuli&#232;re &#224; la ville de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; mettre en sc&#232;ne un monstre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pons &#233;tait monstre-n&#233; ; son p&#232;re et sa m&#232;re l'avaient obtenu dans leur vieillesse, et il portait les stigmates de cette naissance hors de saison sur son teint cadav&#233;reux qui semblait avoir &#233;t&#233; contract&#233; dans le bocal d'esprit-de-vin o&#249; la science conserve certains f&#339;tus extraordinaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; de nouveau Gaudissard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le vocabulaire socialiste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens habiles doivent comprendre que Pons et Schmucke &#233;taient exploit&#233;s pour se servir d'un mot &#224; la mode&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'ind&#233;crottable r&#233;actionnaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour viendra qu'apr&#232;s trente ans d'une vie pareille, un concierge accusera le gouvernement d'injustice, il voudra qu'on lui donne la d&#233;coration de la L&#233;gion-d'Honneur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; affirmer dans un roman non pas que la r&#233;alit&#233; d&#233;passe souvent la fiction, mais que r&#233;alit&#233; et fiction ne font plus qu'une sous l'effet du r&#233;alisme (et ainsi rendre acceptable des ficelles romanesques ! &#8230;) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux faits : un ami ruin&#233; reconnu par un ami riche, et un aubergiste allemand s'int&#233;ressant &#224; deux compatriotes sans le sou, feront croire &#224; quelques personnes que cette histoire est un roman ; mais toutes les choses vraies ressemblent d'autant plus &#224; des fables, que la fable prend de notre temps des peines inou&#239;es pour ressembler &#224; la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; devoir se reporter &#224; une description effectu&#233;e dans un volume pr&#233;c&#233;dent :&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoique certaines r&#233;p&#233;titions soient in&#233;vitables dans une histoire aussi consid&#233;rable et aussi charg&#233;e de d&#233;tails que l'est une histoire compl&#232;te de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise au dix-neuvi&#232;me si&#232;cle, il est inutile de peindre le taudis de madame Fontaine, d&#233;j&#224; d&#233;crit dans les Com&#233;diens sans le savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; un repas de peu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En entrant avec sa brusquerie habituelle, madame Cibot surprit le docteur &#224; table avec sa vieille m&#232;re, mangeant une salade de m&#226;ches, la moins ch&#232;re de toutes les salades, et n'ayant pour dessert qu'un angle aigu de fromage de Brie, entre une assiette peu garnie par les fruits dits les quatre mendiants, o&#249; se voyaient beaucoup de r&#226;pes de raisin, et une assiette de mauvaises pommes de bateau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; les rituels oubli&#233;s de la mort :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;alors le ma&#238;tre des c&#233;r&#233;monies saisit cet ample et horrible manteau noir que l'on met aux h&#233;ritiers pour suivre le char fun&#232;bre de la maison mortuaire &#224; l'&#233;glise, en le lui attachant par des cordons de soie noire sous le menton.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La cousine Bette</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Hulot vieilli, l'Alg&#233;rie en arri&#232;re-plan, une vieille fille puissante&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;lectures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Balzac&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; la lecture de Dante, et ce que la r&#233;f&#233;rence implique quant &#224; la nature du projet de Balzac :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous m'avez fait apercevoir la merveilleuse charpente d'id&#233;es sur laquelle le plus grand po&#232;te italien a construit son po&#232;me, le seul que les modernes puissent opposer &#224; celui d'Hom&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249;, de nouveau, il est question de &lt;i&gt;capitulations de conscience&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le portrait renvoie &#224; la litt&#233;rature :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lisbeth fut alors la brune piquante de l'ancien roman fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la figure du Sauvage :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cousine Bette pr&#233;sentait dans les id&#233;es cette singularit&#233; qu'on remarque chez les natures qui se sont d&#233;velopp&#233;es fort tard, chez les Sauvages qui pensent beaucoup et parlent peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet esprit r&#233;tif, capricieux, ind&#233;pendant, l'inexplicable sauvagerie de cette fille&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne domptait que par la connaissance des lois et du monde, cette rapidit&#233; naturelle avec laquelle les gens de la campagne, de m&#234;me que les Sauvages, passent du sentiment &#224; l'action. En ceci peut-&#234;tre consiste toute la diff&#233;rence qui s&#233;pare l'homme naturel de l'homme civilis&#233;. Le Sauvage n'a que des sentiments, l'homme civilis&#233; a des sentiments et des id&#233;es. Aussi, chez les Sauvages, le cerveau re&#231;oit-il pour ainsi dire peu d'empreintes, il appartient alors tout entier au sentiment qui l'envahit, tandis que chez l'homme civilis&#233;, les id&#233;es descendent sur le c&#339;ur qu'elles transforment ; celui-ci est &#224; mille int&#233;r&#234;ts, &#224; plusieurs sentiments, tandis que le Sauvage n'admet qu'une id&#233;e &#224; la fois. C'est la cause de la sup&#233;riorit&#233; momentan&#233;e de l'enfant sur les parents et qui cesse avec le d&#233;sir satisfait ; tandis que, chez l'homme voisin de la Nature, cette cause est continue. La cousine Bette, la sauvage Lorraine, quelque peu tra&#238;tresse, appartenait &#224; cette cat&#233;gorie de caract&#232;res plus communs chez le peuple qu'on ne pense, et qui peut en expliquer la conduite pendant les r&#233;volutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a chez le Slave un c&#244;t&#233; enfant, comme chez tous les peuples primitivement sauvages, et qui ont plut&#244;t fait irruption chez les nations civilis&#233;es qu'ils ne se sont r&#233;ellement civilis&#233;s. Cette race s'est r&#233;pandue comme une inondation, et a couvert une immense surface du globe. Elle y habite des d&#233;-serts o&#249; les espaces sont si vastes, qu'elle s'y trouve &#224; l'aise ; on ne s'y coudoie pas, comme en Eu-rope, et la civilisation est impossible sans le frottement continuel des esprits et des int&#233;r&#234;ts. L'Ukraine, la Russie, les plaines du Danube, le peuple slave enfin, c'est un trait-d'union entre l'Europe et l'Asie, entre la civilisation et la barbarie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je la tuerai ! r&#233;p&#233;ta froidement le Br&#233;silien. Ah &#231;&#224; ! vous m'avez appel&#233; Sauvage !&#8230; Est-ce que vous croyez que je vais imiter la sottise de vos compatriotes qui vont acheter du poison chez les pharmaciens ?&#8230; J'ai pens&#233;, pendant le temps que vous avez mis &#224; venir chez vous, &#224; ma vengeance, dans le cas o&#249; vous auriez raison contre Val&#233;rie. L'un de mes n&#232;gres porte avec lui le plus s&#251;r des poisons animaux, une terrible maladie qui vaut mieux qu'un poison v&#233;g&#233;tal et qui ne se gu&#233;rit qu'au Br&#233;sil, je la fais prendre &#224; Cydalise, qui me la donnera ; puis, quand la mort sera dans les veines de Crevel et de sa femme, je serai par del&#224; les A&#231;ores avec votre cousine que je ferai gu&#233;rir et que je prendrai pour femme. Nous autres Sauvages, nous avons nos proc&#233;d&#233;s !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la France, terre d'accueil :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! s'&#233;cria le malheureux qui sentait encore l'amertume de sa premi&#232;re &#233;treinte avec la Mort, les exil&#233;s de tous les pays ont bien raison de tendre vers la France, comme font les &#226;mes du purgatoire vers le paradis. Quelle nation que celle o&#249; il se trouve des secours, des c&#339;urs g&#233;n&#233;reux partout, m&#234;me dans une mansarde comme celle-ci !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; passer par Shakespeare :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait enfin la Temp&#234;te de Shakespeare renvers&#233;e, Caliban ma&#238;tre d'Ariel et de Prospero.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; multiplier les points de vue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, voici ce qui se passa simultan&#233;ment dans la boutique et hors de la boutique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; &lt;i&gt;love at first sight&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de la nature, en ce genre s'appelle : aimer &#224; premi&#232;re vue. En amour, la premi&#232;re est tout bonnement la seconde vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'Alg&#233;rie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans l'Alg&#233;rie (pays encore peu connu, quoique nous y soyons depuis huit ans) &#233;norm&#233;ment de grains et de fourrages. Or, quand ces denr&#233;es appartiennent aux Arabes, nous les leur prenons sous une foule de pr&#233;textes ; puis, quand elles sont &#224; nous, les Arabes s'efforcent de les reprendre. On combat beaucoup pour le grain ; mais on ne sait jamais au juste les quantit&#233;s qu'on a vol&#233;es de part et d'autre. On n'a pas le temps, en rase campagne, de compter les bl&#233;s par hectolitre comme &#224; la Halle et les foins comme &#224; la rue d'Enfer. Les chefs arabes, aussi bien que nos spahis, pr&#233;f&#233;rant l'argent, vendent alors ces denr&#233;es &#224; de tr&#232;s-bas prix. L'administration de la guerre, elle, a des besoins fixes ; elle passe des march&#233;s &#224; des prix exorbitants, calcul&#233;s sur la difficult&#233; de se procurer des vivres, sur les dangers que courent les transports. Voil&#224; l'Alg&#233;rie au point de vue vivrier. C'est un g&#226;chis temp&#233;-r&#233; par la bouteille &#224; l'encre de toute administration naissante. Nous ne pouvons pas y voir clair avant une dizaine d'ann&#233;es, nous autres administrateurs, mais les particuliers ont de bons yeux. Donc, je vous envoie y faire votre fortune&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le roman est trag&#233;die :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici se termine en quelque sorte l'introduction de cette histoire. Ce r&#233;cit est au drame qui le compl&#232;te, ce que sont les pr&#233;misses &#224; une proposition, ce qu'est toute exposition &#224; toute trag&#233;die classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; Balzac d&#233;fenseur des fonctionnaires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parcimonie de l'&#201;tat ou des chambres, si vous voulez, cause bien des malheurs, engendre bien des corruptions. On s'apitoie en ce moment beaucoup sur le sort des classes ouvri&#232;res, on les pr&#233;-sente comme &#233;gorg&#233;es par les fabricants ; mais l'&#201;tat est plus dur cent fois que l'industriel le plus avide ; il pousse, en fait de traitements, l'&#233;conomie jusqu'au non-sens. Travaillez beaucoup, l'Industrie vous paye en raison de votre travail ; mais que donne l'&#201;tat &#224; tant d'obscurs et d&#233;vou&#233;s travailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; Balzac le r&#233;actionnaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la ma&#238;tresse de maison qui n'a pas, depuis 1838, &#233;prouv&#233; les funestes r&#233;sultats des doc-trines antisociales r&#233;pandues dans les classes inf&#233;rieures par des &#233;crivains incendiaires ? Dans tous les m&#233;nages, la plaie des domestiques est aujourd'hui la plus vive de toutes les plaies financi&#232;res. &#192; de tr&#232;s-rares exceptions pr&#232;s, et qui m&#233;riteraient le prix Monthyon, un cuisinier et une cuisini&#232;re sont des voleurs domestiques, des voleurs gag&#233;s, effront&#233;s, de qui le gouvernement s'est complaisamment fait le rec&#233;leur, en d&#233;veloppant ainsi la pente au vol, presque autoris&#233;e chez les cuisini&#232;res par l'antique plaisanterie sur l'anse du panier. L&#224; o&#249; ces femmes cherchaient autrefois quarante sous pour leur mise &#224; la loterie, elles prennent aujourd'hui cinquante francs pour la caisse d'&#233;pargne. Et les froids puritains qui s'amusent &#224; faire en France des exp&#233;riences philanthropiques, croient avoir moralis&#233; le peuple ! Entre la table des ma&#238;tres et le march&#233;, les gens ont &#233;tabli leur octroi secret, et la ville de Paris n'est pas si habile &#224; percevoir ses droits d'entr&#233;e, qu'ils le sont &#224; pr&#233;lever les leurs sur toute chose. Outre les cinquante pour cent dont ils gr&#232;vent les provisions de bouche, ils exigent de fortes &#233;trennes des fournisseurs. Les marchands les plus hauts plac&#233;s tremblent devant cette puis-sance occulte ; ils la soldent sans mot dire, tous : carrossiers, bijoutiers, tailleurs, etc. &#192; qui tente de les surveiller, les domestiques r&#233;pondent par des insolences, ou par les b&#234;tises co&#251;teuses d'une feinte maladresse ; ils prennent aujourd'hui des renseignements sur les ma&#238;tres, comme autrefois les ma&#238;tres en prenaient sur eux. Le mal, arriv&#233; v&#233;ritablement au comble, et contre lequel les tribunaux commencent &#224; s&#233;vir, mais en vain, ne peut dispara&#238;tre que par une loi qui astreindra les domestiques &#224; gages au livret de l'ouvrier. Le mal cesserait alors comme par enchantement. Tout domestique &#233;tant tenu de produire son livret, et les ma&#238;tres &#233;tant oblig&#233;s d'y consigner les causes du renvoi, la d&#233;moralisation rencontrerait certainement un frein puissant. Les gens occup&#233;s de la haute politique du moment ignorent jusqu'o&#249; va la d&#233;pravation des classes inf&#233;rieures &#224; Paris : elle est &#233;gale &#224; la jalousie qui les d&#233;vore. La Statistique est muette sur le nombre effrayant d'ouvriers de vingt ans qui &#233;pousent des cuisini&#232;res de quarante et de cinquante ans enrichies par le vol. On fr&#233;mit en pensant aux suites d'unions pareilles au triple point de vue de la criminalit&#233;, de l'ab&#226;tardissement de la race et des mauvais m&#233;nages. Quant au mal purement financier produit par les vols domestiques, il est &#233;norme au point de vue politique. La vie ainsi rench&#233;rie du double, interdit le superflu dans beaucoup de m&#233;nages. Le superflu !&#8230; c'est la moiti&#233; du commerce des &#201;tats, comme il est l'&#233;l&#233;gance de la vie. Les livres, les fleurs sont aussi n&#233;cessaires que le pain &#224; beaucoup de gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise est, en France, excessivement fiscale ; elle se livre, dans la maison de Dieu, &#224; d'ignobles trafics de petits bancs et de chaises dont s'indignent les &#201;trangers, quoiqu'elle ne puisse avoir oubli&#233; la col&#232;re du Sauveur chassant les vendeurs du Temple. Si l'&#201;glise se rel&#226;che difficilement de ses droits, il faut croire que ses droits, dits de fabrique, constituent aujourd'hui l'une de ses ressources, et la faute des &#201;glises serait alors celle de l'&#201;tat. La r&#233;union de ces circonstances, par un temps o&#249; l'on s'inqui&#232;te beaucoup trop des n&#232;gres, des petits condamn&#233;s de la police correctionnelle, pour s'occuper des honn&#234;tes gens qui souffrent, fait que beaucoup de m&#233;nages honn&#234;tes restent dans le concubinage, faute de trente francs, dernier prix auquel le Notariat, l'Enregistrement, la Mairie et l'&#201;glise puissent unir deux Parisiens. L'institution de madame de La Chanterie, fond&#233;e pour remettre les pauvres m&#233;nages dans la voie religieuse et l&#233;gale, est &#224; la poursuite de ces couples, qu'elle trouve d'autant mieux qu'elle les secourt comme indigents, avant de v&#233;rifier leur &#233;tat incivil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour peindre ce quartier, il suffira de dire que les propri&#233;taires de certaines maisons habit&#233;es par des industriels sans industries, par de dangereux ferrailleurs, par des indigents livr&#233;s &#224; des m&#233;tiers p&#233;ril-leux, n'osent pas y r&#233;clamer leurs loyers, et ne trouvent pas d'huissiers qui veuillent expulser les loca-taires insolvables. En ce moment, la Sp&#233;culation, qui tend &#224; changer la face de ce coin de Paris et &#224; b&#226;tir l'espace en friche qui s&#233;pare la rue d'Amsterdam de la rue du Faubourg-du-Roule, en modifiera sans doute la population, car la truelle est, &#224; Paris, plus civilisatrice qu'on ne le pense ! En b&#226;tissant de belles et d'&#233;l&#233;gantes maisons &#224; concierges, les bordant de trottoirs et y pratiquant des boutiques, la Sp&#233;culation &#233;carte, par le prix du loyer, les gens sans aveu, les m&#233;nages sans mobilier et les mau-vais locataires. Ainsi les quartiers se d&#233;barrassent de ces populations sinistres et de ces bouges o&#249; la police ne met le pied que quand la justice l'ordonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la relation de l'&#234;tre et du d&#233;cor :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier coup d'&#339;il jet&#233; sur un int&#233;rieur, on sait qui y r&#232;gne de l'amour ou du d&#233;sespoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; les temps changent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes, dit Lisbeth, dans un temps de chemins de fer, o&#249; les &#233;trangers finissent en France par occuper de grandes positions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; il est question d'inspiration et de travail :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette habitude de la cr&#233;ation, cet amour infatigable de la Maternit&#233; qui fait la m&#232;re (ce chef-d'&#339;uvre naturel si bien compris de Rapha&#235;l !), enfin, cette maternit&#233; c&#233;r&#233;brale si difficile &#224; conqu&#233;rir, se perd avec une facilit&#233; prodigieuse. L'Inspiration, c'est l'Occasion du G&#233;nie. Elle court non pas sur un rasoir, elle est dans les airs et s'envole avec la d&#233;fiance des corbeaux, elle n'a pas d'&#233;charpe par o&#249; le po&#232;te la puisse prendre, sa chevelure est une flamme, elle se sauve comme ces beaux flamants blancs et roses, le d&#233;sespoir des chasseurs. Aussi le travail est-il une lutte lassante que redoutent et que ch&#233;-rissent les belles et puissantes organisations qui souvent s'y brisent. Un grand po&#235;te de ce temps-ci disait en parlant de ce labeur effrayant : &#8212; Je m'y mets avec d&#233;sespoir et je le quitte avec chagrin. Que les ignorants le sachent ! Si l'artiste ne se pr&#233;cipite pas dans son &#339;uvre, comme Curtius dans le gouffre, comme le soldat dans la redoute, sans r&#233;fl&#233;chir ; et si, dans ce crat&#232;re, il ne travaille pas comme le mineur enfoui sous un &#233;boulement ; s'il contemple enfin les difficult&#233;s au lieu de les vaincre une &#224; une, &#224; l'exemple de ces amoureux des f&#233;eries, qui, pour obtenir leurs princesses, com-battaient des enchantements renaissants, l'&#339;uvre reste inachev&#233;e, elle p&#233;rit au fond de l'atelier, o&#249; la production devient impossible, et l'artiste assiste au suicide de son talent. Rossini, ce g&#233;nie fr&#232;re de Rapha&#235;l, en offre un exemple frappant, dans sa jeunesse indigente superpos&#233;e &#224; son &#226;ge m&#251;r opu-lent. Telle est la raison de la r&#233;compense pareille, du pareil triomphe, du m&#234;me laurier accord&#233; aux grands po&#232;tes et aux grands g&#233;n&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Paganini, qui faisait raconter son &#226;me par les cordes de son violon, avait pass&#233; trois jours sans &#233;tudier, il aurait perdu, selon son expression, le registre de son instrument ; il d&#233;signait ainsi le ma-riage existant entre le bois, l'archet, les cordes et lui ; cet accord dissous, il serait devenu soudain un violoniste ordinaire. Le travail constant est la loi de l'art comme celle de la vie ; car l'art, c'est la cr&#233;ation id&#233;alis&#233;e. Aussi les grands artistes, les po&#232;tes complets n'attendent-ils ni les commandes, ni les chalands, ils enfantent aujourd'hui, demain, toujours. Il en r&#233;sulte cette habitude du labeur, cette perp&#233;tuelle connaissance des difficult&#233;s qui les maintient en concubinage avec la Muse, avec ses forces cr&#233;atrices. Canova vivait dans son atelier, comme Voltaire a v&#233;cu dans son cabinet. Hom&#232;re et Phidias ont d&#251; vivre ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands hommes appartiennent &#224; leurs &#339;uvres. Leur d&#233;tachement de toutes choses, leur d&#233;voue-ment au travail, les constituent &#233;go&#239;stes aux yeux des niais ; car on les veut v&#234;tus des m&#234;mes habits que le dandy, accomplissant les &#233;volutions sociales, appel&#233;es devoirs du monde. On voudrait les lions de l'Atlas peign&#233;s et parfum&#233;s comme des bichons de marquise. Ces hommes, qui comptent peu de pairs et qui les rencontrent rarement, tombent dans l'exclusivit&#233; de la solitude ; ils deviennent inexplicables pour la majorit&#233;, compos&#233;e, comme on le sait, de sots, d'envieux, d'ignorants et de gens superficiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; rien de neuf sous le soleil :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Vignon &#233;tait devenu, comme tant d'autres, un homme politique, nouveau mot pris pour d&#233;si-gner un ambitieux &#224; la premi&#232;re &#233;tape de son chemin. L'homme politique de 1840 est en quelque sorte l'abb&#233; du dix-huiti&#232;me si&#232;cle. Aucun salon ne serait complet, sans son homme politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; r&#233;&#233;crire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, gros maire, dit en souriant cette madame de Merteuil bourgeoise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; renvoyer &#224; une &#339;uvre des d&#233;buts :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il fit la moue terrible qui rendait ses soldats attentifs quand il examinait les gen&#234;ts de la Bretagne en 1799. (Voir &lt;i&gt;Les Chouans&lt;/i&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la figure de l'esclave :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien ! je prends cette Normande, et l'emm&#232;ne&#8230; &lt;br /&gt;&#8212; O&#249; ?&#8230; demanda Carabine. &lt;br /&gt;&#8212; Au Br&#233;sil ! r&#233;pondit le baron, j'en ferai ma femme. Mon oncle m'a laiss&#233; dix lieues carr&#233;es de pays invendables, voila pourquoi je poss&#232;de encore cette habitation ; j'y ai cent n&#232;gres, rien que des n&#232;gres, des n&#233;gresses et des n&#233;grillons achet&#233;s par mon oncle&#8230; &lt;br /&gt;&#8212; Le neveu d'un n&#233;grier !&#8230; dit Carabine en faisant la moue, c'est &#224; consid&#233;rer. Cydalise, mon enfant, es-tu n&#233;grophile ? &lt;br /&gt;&#8212; Ah &#231;&#224; ! ne blaguons plus, Carabine, dit la Nourrisson. Que diable ! nous sommes en affaires, monsieur et moi. &lt;br /&gt;&#8212; Si je me redonne une Fran&#231;aise, je la veux toute &#224; moi, reprit le Br&#233;silien. Je vous en pr&#233;viens, mademoiselle, je suis un roi, mais pas un roi constitutionnel, je suis un czar, j'ai achet&#233; tous mes su-jets, et personne ne sort de mon royaume, qui se trouve &#224; cent lieues de toute habitation, il est bord&#233; de Sauvages du c&#244;t&#233; de l'int&#233;rieur, et s&#233;par&#233; de la c&#244;te par un d&#233;sert grand comme votre France&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'argent tout puissant (et Bianchon porte-voix de Balzac) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient ce mal profond ? demanda la baronne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Du manque de religion, r&#233;pondit le m&#233;decin, et de l'envahissement de la finance, qui n'est autre chose que l'&#233;go&#239;sme solidifi&#233;. L'argent autrefois n'&#233;tait pas tout, on admettait des sup&#233;riorit&#233;s qui le primaient. Il y avait la noblesse, le talent, les services rendus &#224; l'&#201;tat ; mais aujourd'hui la loi fait de l'argent un &#233;talon g&#233;n&#233;ral, elle l'a pris pour base de la capacit&#233; politique ! Certains magistrats ne sont pas &#233;ligibles, Jean-Jacques Rousseau ne serait pas &#233;ligible ! Les h&#233;ritages perp&#233;tuellement divis&#233;s obligent chacun &#224; penser &#224; soi d&#232;s l'&#226;ge de vingt ans. Eh bien ! entre la n&#233;cessit&#233; de faire fortune et la d&#233;pravation des combinaisons, il n'y a pas d'obstacle, car le sentiment religieux manque en France, malgr&#233; les louables efforts de ceux qui tentent une restauration catholique. Voila ce que se disent tous ceux qui contemplent, comme moi, la soci&#233;t&#233; dans ses entrailles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les com&#233;diens sans le savoir</title>
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		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;un cousin de province &#224; Paris&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; d'embl&#233;e placer le lecteur dans une continuit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous avez suivi le cours sinueux et capricieux de ces Etudes, peut-&#234;tre vous souvenez-vous de Mistigris, &#233;l&#232;ve de Schinner, un des h&#233;ros de Un d&#233;but dans la vie (Sc&#232;nes de la vie priv&#233;e), et de ses apparitions dans quelques autres Sc&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le verbe &lt;i&gt;minotauriser&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; Paris :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, dit alors le paysagiste &#224; son cousin, est un instrument dont il faut savoir jouer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons prendre Paris comme un artiste prend un violoncelle, et te faire voir comment on en joue, enfin comment on s'amuse &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; &#233;crire c'est adapter son regard :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des plus grandes fautes que commettent les gens qui peignent nos m&#339;urs est de r&#233;p&#233;ter de vieux portraits. Aujourd'hui chaque &#233;tat s'est renouvel&#233;. Les &#233;piciers deviennent pairs de France, les artistes capitalisent, les vaudevillistes ont des rentes. Si quelques rares figures restent ce qu'elles &#233;taient jadis, en g&#233;n&#233;ral les professions n'ont plus leur costume sp&#233;cial, ni leurs anciennes m&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'importance du nom pour r&#233;ussir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1800, un Toulousain nomm&#233; Cabot, jeune perruquier d&#233;vor&#233; d'ambition, vint &#224; Paris, et y leva boutique (je me sers de votre argot). Cet homme de g&#233;nie (il jouit de vingt-quatre mille francs de rentes &#224; Libourne o&#249; il s'est retir&#233;) comprit que ce nom vulgaire et ignoble n'atteindrait jamais &#224; la c&#233;l&#233;brit&#233;. M. de Parny, qu'il coiffait, lui donna le nom de Marius, infiniment sup&#233;rieur aux pr&#233;noms d'Armand et d'Hippolyte, sous lesquels se cachent des noms patronymiques attaqu&#233;s du mal-Cabot. Tous les successeurs de Cabot se sont appel&#233;s Marius. Le Marius actuel est Marius V, il se nomme Mougin. Il en est ainsi dans beaucoup de commerces, pour l'eau de Botot, pour l'encre de la Petite-Vertu. A Paris, un nom devient une propri&#233;t&#233; commerciale, et finit par constituer une sorte de no-blesse d'enseigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; renoncer &#224; la description :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois arriv&#233;s, les trois amis aper&#231;urent dans une des plus vieilles maisons de cette rue un escalier &#224; marches palpitantes, &#224; contre-marches en boue raboteuse, qui les mena dans le demi-jour et par une puanteur particuli&#232;re aux maisons &#224; all&#233;e jusqu'au troisi&#232;me &#233;tage &#224; une porte que le dessin seul peut rendre, la litt&#233;rature y devant perdre trop de nuits pour la peindre convenablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le personnage se confond avec son d&#233;cor :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vieille, en harmonie avec la porte, et qui peut-&#234;tre &#233;tait la porte anim&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la litt&#233;rature est en de&#231;&#224; du r&#233;el (que Balzac, lui, saisit) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il embrassa tous ces d&#233;tails par un seul coup d'&#339;il, et il eut des naus&#233;es. C'&#233;tait bien autrement effrayant que les r&#233;cits des romanciers et les sc&#232;nes des drames allemands, c'&#233;tait d'une v&#233;rit&#233; suffocante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Gaudissart II</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;des commis, des acheteuses&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; souligner le r&#232;gne de la vue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'organe le plus avide et le plus blas&#233; qui se soit d&#233;velopp&#233; chez l'homme depuis la soci&#233;t&#233; romaine, et dont l'exigence est devenue sans bornes, gr&#226;ce aux efforts de la civilisation la plus raffin&#233;e. Cet organe, c'est l'&#339;il des Parisiens !&#8230; Cet &#339;il consomme des feux d'artifice de cent mille francs, des palais de deux kilom&#232;tres de longueur sur soixante pieds de hauteur en verres multicolores, des f&#233;e-ries &#224; quatorze th&#233;&#226;tres tous les soirs, des panoramas renaissants, de continuelles expositions de chefs-d'&#339;uvre, des mondes de douleurs et des univers de joie en promenade sur les Boulevards ou errant par les rues ; des encyclop&#233;dies de guenilles au carnaval, vingt ouvrages illustr&#233;s par an, mille caricatures, dix mille vignettes, lithographies et gravures. Cet &#339;il lampe pour quinze mille francs de gaz tous les soirs ; enfin, pour le satisfaire, la Ville de Paris d&#233;pense annuellement quelques millions en points de vues et en plantations. Et ceci n'est rien encore !&#8230; ce n'est que le c&#244;t&#233; mat&#233;riel de la question. Oui, c'est, selon nous, peu de chose en comparaison des efforts de l'intelligence, des ruses, dignes de Moli&#232;re, employ&#233;es par les soixante mille commis et les quarante mille demoiselles qui s'acharnent &#224; la bourse des acheteurs, comme les milliers d'ablettes aux morceaux de pain qui flot-tent sur les eaux de la Seine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la librairie c&#232;de devant le tissu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre o&#249; vous lisez cette page instructive se vend rue de Richelieu, 76, dans une &#233;l&#233;gante boutique, blanc et or, v&#234;tue de velours rouge, qui poss&#233;dait une pi&#232;ce en entresol o&#249; le jour vient en plein de la rue de M&#233;nars, et vient, comme chez un peintre, franc, pur, net, toujours &#233;gal &#224; lui-m&#234;me. (&#8230;) Eh ! bien, ce riche magasin a fait le si&#232;ge de ce pauvre petit entresol ; et, &#224; coups de billets de banque, il s'en est empar&#233;. &lt;i&gt;La COM&#201;DIE HUMAINE&lt;/i&gt; a c&#233;d&#233; la place &#224; la com&#233;die des cachemires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'adjectif &lt;i&gt;spleenique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Esquisse d'homme d'affaires d'apr&#232;s nature</title>
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		<dc:date>2020-09-03T07:09:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;une lorette, et l'argent&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; d&#233;marrer le r&#233;cit par une &#233;tymologie (et o&#249; langue et r&#233;alisme s'interp&#233;n&#232;trent) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorette est un mot d&#233;cent invent&#233; pour exprimer l'&#233;tat d'une fille ou la fille d'un &#233;tat difficile &#224; nommer, et que, dans sa pudeur, l'Acad&#233;mie Fran&#231;aise a n&#233;glig&#233; de d&#233;finir, vu l'&#226;ge de ses quarante membres. Quand un nom nouveau r&#233;pond &#224; un cas social qu'on ne pouvait pas dire sans p&#233;riphrases, la fortune de ce mot est faite. Aussi la Lorette passa-t-elle dans toutes les classes de la soci&#233;t&#233;, m&#234;me dans celles o&#249; ne passera jamais une Lorette. Le mot ne fut fait qu'en 1840, sans doute &#224; cause de l'agglom&#233;ration de ces nids d'hirondelles autour de l'&#233;glise d&#233;di&#233;e &#224; Notre-Dame-de-Lorette. Ceci n'est &#233;crit que pour les &#233;tymologistes. Ces messieurs ne seraient pas tant embarrass&#233;s si les &#233;crivains du Moyen-Age avaient pris le soin de d&#233;tailler les m&#339;urs, comme nous le faisons dans ce temps d'analyse et de description.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le lecteur est devenu un habitu&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;par une soir&#233;e de carnaval, ma&#238;tre Cardot avait r&#233;gal&#233;, chez mademoiselle Turquet, Desroches l'avou&#233;, Bixiou le caricaturiste, Lousteau le feuilletoniste, Nathan dont les noms illustres dans &lt;i&gt;la Com&#233;die humaine&lt;/i&gt; rendent superflue toute esp&#232;ce de portrait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; un anc&#234;tre de l'annuaire, lui-m&#234;me depuis disparu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maxime examina l'Almanach des 25 000 adresses, il trouva cette ligne rassurante. &lt;br class='autobr' /&gt;
DENISART, ancien directeur des douanes, rue de la Victoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un prince de la boh&#234;me</title>
		<link>https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?article1221</link>
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		<dc:date>2020-08-04T09:09:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;O&#249; commencer par le manuscrit de ce qui va suivre : &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon cher ami, dit madame de la Baudraye en tirant un manuscrit de dessous l'oreiller de sa causeuse, me pardonnerez-vous, dans la d&#233;tresse o&#249; nous sommes, d'avoir fait une nouvelle de ce que vous nous avez dit, il y a quelques jours. &lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; le nom : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un instant, dit la Palferine en devenant aussi Lauzun que Lauzun a jamais pu l'&#234;tre, un instant, monsieur est-il n&#233; ? &#8212; Comment, monsieur ? dit le bourgeois. &#8212; Oui, &#234;tes-vous n&#233; ? Comment vous (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; commencer par le manuscrit de ce qui va suivre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher ami, dit madame de la Baudraye en tirant un manuscrit de dessous l'oreiller de sa causeuse, me pardonnerez-vous, dans la d&#233;tresse o&#249; nous sommes, d'avoir fait une nouvelle de ce que vous nous avez dit, il y a quelques jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le nom :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un instant, dit la Palferine en devenant aussi Lauzun que Lauzun a jamais pu l'&#234;tre, un instant, monsieur est-il n&#233; ? &#8212; Comment, monsieur ? dit le bourgeois. &#8212; Oui, &#234;tes-vous n&#233; ? Comment vous nommez-vous ? &#8212; Godin. &#8212; Hein ? Godin ! dit l'ami de la Palferine. &#8212; Un instant, mon cher, dit la Palferine en arr&#234;tant son ami, il y a les Trigaudin. En &#234;tes-vous ? (&#201;tonnement du bourgeois.) &#8212; Non. Vous &#234;tes alors des nouveaux ducs de Ga&#235;te, fa&#231;on imp&#233;riale. Non. Eh ! bien, comment voulez-vous que mon ami, qui sera secr&#233;taire d'ambassade et ambassadeur, et &#224; qui vous devrez un jour du res-pect, se batte ! Godin ! Cela n'existe pas, vous n'&#234;tes rien, Godin ! Mon ami ne peut pas se battre en l'air. Quand on est quelque chose, on ne se bat qu'avec quelqu'un. Allons, mon cher, adieu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; s'en prendre &#224; Sainte-Beuve :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, si vous me permettez d'user du style employ&#233; par monsieur Sainte-Beuve pour ses biographies d'inconnus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je parle en ce moment le Sainte-Beuve, une nouvelle langue fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(toujours en nous servant du style macaronique de monsieur Sainte-Beuve)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'attention au lexique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle admirable connaissance ont les gens de choix des limites o&#249; doivent s'arr&#234;ter la raillerie et ce monde de choses fran&#231;aises d&#233;sign&#233; sous le mot soldatesque de &lt;i&gt;blague&lt;/i&gt;, mot qui sera repouss&#233; de la langue, esp&#233;rons-le, mais qui seul peut faire comprendre l'esprit de la Boh&#234;me !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Splendeurs et mis&#232;res courtisanes</title>
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		<dc:date>2020-06-28T06:44:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M.B.</dc:creator>


		<dc:subject>lectures</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;o&#249; converge tant de la com&#233;die humaine&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?rubrique89" rel="directory"&gt;travers&#233;e Balzac&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;lectures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://xn--chatperch-p1a2i.net/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Balzac&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; la soci&#233;t&#233;, comme l'enfer, se d&#233;coupe en cercles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les diff&#233;rents cercles dont se compose la soci&#233;t&#233; parisienne se retrouvent, se reconnaissent et s'observent. Il y a des notions si pr&#233;cises pour quelques initi&#233;s, que ce grimoire d'int&#233;r&#234;ts est lisible comme un roman qui serait amusant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; toujours le nom :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cher monsieur Chardon, dit le pr&#233;fet de la Charente en prenant le dandy par le bras, je vous pr&#233;sente une personne qui veut renouer connaissance avec vous&#8230; &lt;br /&gt;&#8212; Cher comte Ch&#226;telet, r&#233;pondit le jeune homme, cette personne m'a appris combien &#233;tait ridicule le nom que vous me donnez. Une Ordonnance du Roi m'a rendu celui de mes anc&#234;tres maternels, les Rubempr&#233;. Quoique les journaux aient annonc&#233; ce fait, il concerne un si pauvre personnage que je ne rougis point de le rappeler &#224; mes amis, &#224; mes ennemis et aux indiff&#233;rents : vous vous classerez o&#249; vous voudrez, mais je suis certain que vous ne d&#233;sapprouverez point une mesure qui me fut conseill&#233;e par votre femme quand elle n'&#233;tait encore que madame de Bargeton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur, dit-elle &#224; Lucien d'un air p&#233;dant, veut-il nous apprendre le nom qu'il donne &#224; madame ? &lt;br /&gt;&#8212; Madame Van Bogseck, r&#233;pondit l'Espagnol en retournant aussit&#244;t le nom d'Esther.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cher, car Clotilde est bien laide, dit la baronne en se donnant le genre d'appeler mademoiselle de Grandlieu par son petit nom, comme si elle, n&#233;e Goriot, hantait cette soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que fera-t-il de sa s&#339;ur et de son beau-fr&#232;re d'Angoul&#234;me ? demanda le chevalier d'Espard. &lt;br /&gt;&#8212; Mais, r&#233;pondit Rastignac, sa s&#339;ur est riche, et il l'appelle aujourd'hui madame S&#233;chard de Marsac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette soutane de pr&#234;tre espagnol cachait Jacques Collin, une des c&#233;l&#233;brit&#233;s du bagne, et qui, dix ans auparavant, vivait sous le nom bourgeois de Vautrin dans la Maison Vauquer, o&#249; Rastignac et Bianchon se trouv&#232;rent en pension. Jacques Collin, dit Trompe-la-Mort,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vingt-trois ans, le jeune et brillant &#233;l&#232;ve en droit avait d&#233;j&#224; reni&#233; son p&#232;re en &#233;crivant ainsi son nom sur ses cartes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GEORGES D'ESTOURNY.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montemiselle, r&#233;pondit le baron, ne s'abbelle blis Esder, digourt ; elle ha nom matame te Jamby (Champy), eine bedid pien que che lui ai aged&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh ! monsieur le duc, je dois encore cinq cent mille francs sur ma terre. &lt;br /&gt;&#8212; Eh ! bien, il faut &#233;pouser une fille qui vous les apporte ; mais vous trouverez difficilement, pour vous, un parti de cette fortune dans notre faubourg, o&#249; l'on donne peu de dot aux filles. &lt;br /&gt;&#8212; Mais elles ont assez de leur nom, r&#233;pondit Lucien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nom vrai, dit l'ancien ministre, est, je crois, Corentin&#8230; (un nom que tu ne dois pas avoir entendu), mais ce monsieur viendra chez toi bard&#233; de son nom minist&#233;riel. Il se fait appeler monsieur de Saint-quelque chose&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lucien de Rubempr&#233; vit, m'a dit monsieur le duc de Chaulieu, avec une juive convertie, qui se faisait passer pour Hollandaise, et nomm&#233;e Esther Van-Bogseck. &lt;br /&gt;&#8212; Quelle singuli&#232;re co&#239;ncidence ! dit l'avou&#233;, je cherche l'h&#233;riti&#232;re d'un Hollandais appel&#233; Gobseck, c'est le m&#234;me nom avec un changement de consonnes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le fantastique d'Hoffmann :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En y passant pendant la journ&#233;e, on ne peut se figurer ce que toutes ces rues deviennent &#224; la nuit ; elles sont sillonn&#233;es par des &#234;tres bizarres qui ne sont d'aucun monde ; des formes &#224; demi nues et blanches meublent les murs, l'ombre est anim&#233;e. Il se coule entre la muraille et le passant des toilettes qui marchent et qui parlent. Certaines portes entreb&#226;ill&#233;es se mettent &#224; rire aux &#233;clats. Il tombe dans l'oreille de ces paroles que Rabelais pr&#233;tend s'&#234;tre gel&#233;es et qui fondent. Des ritournelles sortent d'entre les pav&#233;s. Le bruit n'est pas vague, il signifie quelque chose : quand il est rauque, c'est une voix ; mais s'il ressemble &#224; un chant, il n'a plus rien d'humain, il approche du sifflement. Il part souvent des coups de sifflet. Enfin les talons de botte ont je ne sais quoi de provoquant et de moqueur. Cet ensemble de choses donne le vertige. Les conditions atmosph&#233;riques y sont chang&#233;es : on y a chaud en hiver et froid en &#233;t&#233;. Mais, quelque temps qu'il fasse, cette nature &#233;trange offre toujours le m&#234;me spectacle : le monde fantastique d'Hoffmann le Berlinois est l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le double :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contraint &#224; vivre en dehors du monde o&#249; la loi lui interdisait &#224; jamais de rentrer, &#233;puis&#233; par le vice et par de furieuses, par de terribles r&#233;sistances, mais dou&#233; d'une force d'&#226;me qui le rongeait, ce personnage ignoble et grand, obscur et c&#233;l&#232;bre, d&#233;vor&#233; surtout d'une fi&#232;vre de vie, revivait dans le corps &#233;l&#233;gant de Lucien dont l'&#226;me &#233;tait devenue la sienne. Il se faisait repr&#233;senter dans la vie sociale par ce po&#232;te, auquel il donnait sa consistance et sa volont&#233; de fer. Pour lui, Lucien &#233;tait plus qu'un fils, plus qu'une femme aim&#233;e, plus qu'une famille, plus que sa vie, il &#233;tait sa vengeance ; aussi, comme les &#226;mes fortes tiennent plus &#224; un sentiment qu'&#224; l'existence, se l'&#233;tait-il attach&#233; par des liens indissolubles. Apr&#232;s avoir achet&#233; la vie de Lucien au moment o&#249; ce po&#232;te au d&#233;sespoir faisait un pas vers le suicide, il lui avait propos&#233; l'un de ces pactes infernaux qui ne se voient que dans les romans, mais dont la possibilit&#233; terrible a souvent &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e aux Assises par de c&#233;l&#232;bres drames judiciaires. En prodiguant &#224; Lucien toutes les joies de la vie parisienne, en lui prouvant qu'il pouvait se cr&#233;er encore un bel avenir, il en avait fait sa chose. Aucun sacrifice ne co&#251;tait d'ailleurs &#224; cet homme &#233;trange, d&#232;s qu'il s'agissait de son second lui-m&#234;me. Au milieu de sa force, il &#233;tait si faible contre les fantaisies de sa cr&#233;ature qu'il avait fini par lui confier ses secrets. Peut-&#234;tre fut-ce un lien de plus entre eux que cette complicit&#233; purement morale ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle gardait en son c&#339;ur une image d'elle-m&#234;me qui tout &#224; la fois la faisait rougir et dont elle se glorifiait, l'heure de son abdication &#233;tait toujours pr&#233;sente &#224; sa conscience ; aussi vivait-elle comme double, en prenant son personnage en piti&#233;. Ses sarcasmes se ressentaient de la disposition int&#233;rieure o&#249; la maintenait le profond m&#233;pris que l'ange d'amour, contenu dans la courtisane, portait &#224; ce r&#244;le inf&#226;me et odieux jou&#233; par le corps en pr&#233;sence de l'&#226;me. &#192; la fois le spectateur et l'acteur, le juge et le patient, elle r&#233;alisait l'admirable fiction des Contes Arabes, o&#249; se trouve presque toujours un &#234;tre sublime cach&#233; sous une enveloppe d&#233;grad&#233;e, et dont le type est, sous le nom de Nabuchodonosor, dans le livre des livres, la Bible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ignoble for&#231;at en mat&#233;rialisant le po&#232;me caress&#233; par tant de po&#232;tes, par Moore, par lord Byron, par Mathurin, par Canalis (un d&#233;mon poss&#233;dant un ange attir&#233; dans son enfer pour le rafra&#238;chir d'une ros&#233;e d&#233;rob&#233;e au paradis), Jacques Collin, si l'on a bien p&#233;n&#233;tr&#233; dans ce c&#339;ur de bronze, avait renonc&#233; &#224; lui-m&#234;me depuis sept ans. Ses puissantes facult&#233;s, absorb&#233;es en Lucien, ne jouaient que pour Lucien ; il jouissait de ses progr&#232;s, de ses amours, de son ambition. Pour lui, Lucien &#233;tait son &#226;me visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la m&#233;tamorphose :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Collin se fit des blessures au dos pour effacer les fatales lettres, et changea son visage &#224; l'aide de r&#233;actifs chimiques. En se m&#233;tamorphosant ainsi devant le cadavre du pr&#234;tre avant de l'an&#233;antir, il put se donner quelque ressemblance avec son Sosie. Pour achever cette transmutation presque aussi merveilleuse que celle dont il est question dans ce conte arabe o&#249; le derviche a conquis le pouvoir d'entrer, lui vieux, dans un jeune corps par des paroles magiques, le for&#231;at, qui parlait espagnol, apprit autant de latin qu'un pr&#234;tre andalou devait en savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouvons-nous parler ici sans crainte d'&#234;tre entendus ? dit l'Espagnol m&#233;tamorphos&#233; subitement en Anglais &#224; cheveux rouges, &#224; lunettes bleues, aussi propre, aussi net qu'un puritain allant au Pr&#234;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; savoir respecter la classification qu'on s'impose :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est ici ni le lieu ni l'occasion d'entrer dans des d&#233;tails &#224; ce sujet, car les Sc&#232;nes de la Vie Parisienne ne sont pas les Sc&#232;nes de la Vie Politique ; et il suffit de faire apercevoir quels &#233;taient les moyens d'existence de celui qu'on appelait le bonhomme Canquo&#235;lle au caf&#233; David, par quels fils il se rattachait au pouvoir terrible et myst&#233;rieux de la Police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; regarder Paris au moment des choix :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de quitter la maison du Garde, il amena Lucien et la pauvre courtisane au bord d'un chemin d&#233;sert, &#224; un endroit d'o&#249; l'on voyait Paris, et o&#249; personne ne pouvait les entendre. Tous trois ils s'assirent au soleil levant, sous un tron&#231;on de peuplier abattu devant ce paysage, un des plus magnifiques du monde, et qui embrasse le cours de la Seine, Montmartre, Paris, Saint-Denis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; des destins sous les fripes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; tr&#244;nait Asie entre les plus belles parures arriv&#233;es &#224; cette phase horrible o&#249; les robes ne sont plus des robes et ne sont pas encore des haillons. Le cadre &#233;tait en harmonie avec la figure que cette femme se composait, car ces boutiques sont une des plus sinistres particularit&#233;s de Paris. On y voit des d&#233;froques que la Mort y a jet&#233;es de sa main d&#233;charn&#233;e, et on entend alors le r&#226;le d'une phtisie sous un ch&#226;le, comme on y devine l'agonie de la mis&#232;re sous une robe lam&#233;e d'or. Les atroces d&#233;bats entre le Luxe et la Faim sont &#233;crits l&#224; sur de l&#233;g&#232;res dentelles. On y retrouve la physionomie d'une reine sous un turban &#224; plumes dont la pose rappelle et r&#233;tablit presque la figure absente.&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; usant des ficelles du feuilleton il s'agit de prendre les devants :&lt;br class='autobr' /&gt;
Prudence, qui comprit instinctivement, en gros si vous voulez, son danger, quitta Valenciennes, et vint &#224; dix-sept ans &#224; Paris pour s'y cacher. Elle y fit quatre m&#233;tiers, dont le meilleur fut celui de comparse &#224; un petit th&#233;&#226;tre. Elle fut rencontr&#233;e par Paccard, &#224; qui elle raconta ses malheurs. Paccard, le bras droit, le S&#233;ide de Jacques Collin, parla de Prudence &#224; son ma&#238;tre ; et quand le ma&#238;tre eut besoin d'une esclave, il dit &#224; Prudence : &#171; Si tu veux me servir comme on doit servir le diable, je te d&#233;barrasserai de Durut. &#187; Durut &#233;tait le for&#231;at, l'&#233;p&#233;e de Damocl&#232;s suspendue au-dessus de la t&#234;te de Prudence Servien. Sans ces d&#233;tails, beaucoup de critiques auraient trouv&#233; l'attachement d'Europe un peu fantastique. Enfin personne n'aurait compris le coup de th&#233;&#226;tre que Carlos allait produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; la com&#233;die chez les bourgeois :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Charte a proclam&#233; le r&#232;gne de l'argent, le succ&#232;s devient alors la raison supr&#234;me d'une &#233;poque ath&#233;e. Aussi la corruption des sph&#232;res &#233;lev&#233;es, malgr&#233; des r&#233;sultats &#233;blouissants d'or et leurs raisons sp&#233;cieuses, est-elle infiniment plus hideuse que les corruptions ignobles et quasi personnelles des sph&#232;res inf&#233;rieures, dont quelques d&#233;tails servent de comique, terrible si vous voulez, &#224; cette Sc&#232;ne. Les minist&#232;res, que toute pens&#233;e effraie, ont banni du th&#233;&#226;tre les &#233;l&#233;ments du comique actuel. La Bourgeoisie, moins lib&#233;rale que Louis XIV, tremble de voir venir son Mariage de Figaro, d&#233;fend de jouer le Tartuffe politique, et, certes, ne laisserait pas jouer Turcaret aujourd'hui, car Turcaret est devenu le souverain. D&#232;s lors, la com&#233;die se raconte et le Livre devient l'arme moins rapide, mais plus s&#251;re, des po&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; une note de police :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secr&#233;taire &#233;tait revenu muni d'une note sur Peyrade, la copie du sommaire &#233;crit sur le dossier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans la police depuis 1778, et venu d'Avignon &#224; Paris, deux ans auparavant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans fortune et sans moralit&#233;, d&#233;positaire de secrets d'&#201;tat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Domicili&#233; rue des Moineaux, sous le nom de Canquo&#235;lle, nom du petit bien sur lequel vit sa famille, dans le d&#233;partement de Vaucluse, famille honorable d'ailleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
A &#233;t&#233; demand&#233; r&#233;cemment par un de ses petits-neveux, nomm&#233; Th&#233;odose de la Peyrade.&lt;/i&gt; (Voir le rapport d'un agent, n&#176; 37 des pi&#232;ces)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; se justifie la transcription d'un accent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi peut-on facilement croire qu'elle n'&#233;coutait pas du tout le baron, qui tenait entre ses deux mains une main de son anche, en lui parlant dans son patois de juif polonais, dont les singuli&#232;res d&#233;sinences ne doivent pas donner moins de mal &#224; ceux qui les lisent qu'&#224; ceux qui les entendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pas de tous :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut faire observer ici que Jacques Collin parlait le fran&#231;ais comme une vache espagnole, en baragouinant de mani&#232;re &#224; rendre ses r&#233;ponses presque inintelligibles et &#224; s'en faire demander la r&#233;p&#233;tition. Les germanismes de monsieur de Nucingen ont d&#233;j&#224; trop &#233;maill&#233; cette Sc&#232;ne pour y mettre d'autres phrases soulign&#233;es difficiles &#224; lire, et qui nuiraient &#224; la rapidit&#233; d'un d&#233;nouement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; user d'un clich&#233; romanesque :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auberge de Mansle, appel&#233;e la Belle &#201;toile, avait pour ma&#238;tre un de ces gras et gros hommes qu'on a peur de ne pas retrouver au retour, et qui sont encore, dix ans apr&#232;s, sur le seuil de leur porte, avec la m&#234;me quantit&#233; de chair, le m&#234;me bonnet de coton, le m&#234;me tablier, le m&#234;me couteau, les m&#234;mes cheveux gras, le m&#234;me triple menton, et qui sont st&#233;r&#233;otyp&#233;s chez tous les romanciers, depuis l'immortel Cervant&#232;s jusqu'&#224; l'immortel Walter Scott. Ne sont-ils pas tous pleins de pr&#233;tentions en cuisine, n'ont-ils pas tous tout &#224; vous servir et ne finissent-ils pas tous par vous donner un poulet &#233;tique et des l&#233;gumes accommod&#233;s avec du beurre fort ? Tous vous vantent leurs vins fins, et vous forcent &#224; consommer les vins du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'h&#233;ritage Cooper :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la po&#233;sie de terreur que les stratag&#232;mes des tribus ennemies en guerre r&#233;pandent au sein des for&#234;ts de l'Am&#233;rique, et dont a tant profit&#233; Cooper, s'attachait aux plus petits d&#233;tails de la vie parisienne. Les passants, les boutiques, les fiacres, une personne debout &#224; une crois&#233;e, tout offrait aux Hommes-Num&#233;ros &#224; qui la d&#233;fense de la vie du vieux Peyrade &#233;tait confi&#233;e, l'int&#233;r&#234;t &#233;norme que pr&#233;sentent dans les romans de Cooper un tronc d'arbre, une habitation de castors, un rocher, la peau d'un bison, un canot immobile, un feuillage &#224; fleur d'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'&#233;criture, si faible :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces magistrats sont comme les peintres, ils ont besoin de la lumi&#232;re &#233;gale et pure qui vient du Nord, car le visage de leurs criminels est un tableau dont l'&#233;tude doit &#234;tre constante. Aussi, presque tous les juges d'instruction placent-ils leurs bureaux comme &#233;tait celui de Camusot, de mani&#232;re &#224; tourner le dos au jour, et cons&#233;quemment &#224; laisser la face de ceux qu'ils interrogent expos&#233;e &#224; la lumi&#232;re. Pas un d'eux, au bout de six mois d'exercice, ne manque &#224; prendre un air distrait, indiff&#233;rent, quand il ne porte pas de lunettes, tant que dure un interrogatoire. C'est &#224; un subit changement de visage, observ&#233; par ce moyen et caus&#233; par une question faite &#224; br&#251;le-pourpoint, que fut due la d&#233;couverte du crime commis par Castaing, au moment o&#249;, apr&#232;s une longue d&#233;lib&#233;ration avec le procureur-g&#233;n&#233;ral, le juge allait rendre ce criminel &#224; la soci&#233;t&#233;, faute de preuves. Ce petit d&#233;tail peut indiquer aux gens les moins compr&#233;hensifs combien est vive, int&#233;ressante, curieuse, dramatique et terrible la lutte d'une instruction criminelle, lutte sans t&#233;moins, mais toujours &#233;crite. Dieu sait ce qui reste sur le papier de la sc&#232;ne la plus glacialement ardente, o&#249; les yeux, l'accent, un tressaillement dans la face, la plus l&#233;g&#232;re touche de coloris ajout&#233;e par un sentiment, tout a &#233;t&#233; p&#233;rilleux comme entre Sauvages qui s'observent pour se d&#233;couvrir et se tuer. Un proc&#232;s-verbal, ce n'est donc plus que les cendres de l'incendie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; une longue digression sur l'argot :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, avant tout un mot sur la langue des grecs, des filous, des voleurs et des assassins, nomm&#233;e l'argot, et que la litt&#233;rature a, dans ces derniers temps, employ&#233;e avec tant de succ&#232;s, que plus d'un mot de cet &#233;trange vocabulaire a pass&#233; sur les l&#232;vres roses des jeunes femmes, a retenti sous les lambris dor&#233;s, a r&#233;joui les princes, dont plus d'un a pu s'avouer flou&#233; ! Disons-le, peut-&#234;tre &#224; l'&#233;tonnement de beaucoup de gens, il n'est pas de langue plus &#233;nergique, plus color&#233;e que celle de ce monde souterrain qui, depuis l'origine des empires &#224; capitale, s'agite dans les caves, dans les sentines, dans le troisi&#232;me-dessous des soci&#233;t&#233;s, pour emprunter &#224; l'art dramatique une expression vive et saisissante. Le monde n'est-il pas un th&#233;&#226;tre ? Le Troisi&#232;me-Dessous est la derni&#232;re cave pratiqu&#233;e sous les planches de l'Op&#233;ra, pour en rec&#233;ler les machines, les machinistes, la rampe, les apparitions, les diables bleus que vomit l'enfer, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; n'avoir que la prose :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La po&#233;sie s'est empar&#233;e de ce sujet social, &#233;minemment propre &#224; frapper les imaginations, le Condamn&#233; &#224; mort ! La po&#233;sie a &#233;t&#233; sublime, la prose n'a d'autre ressource que le r&#233;el, mais le r&#233;el est assez terrible comme il est pour pouvoir lutter avec le lyrisme. La vie du condamn&#233; &#224; mort qui n'a pas avou&#233; ses crimes ou ses complices est livr&#233;e &#224; d'affreuses tortures. Il ne s'agit ici ni de brodequins qui brisent les pieds, ni d'eau ingurgit&#233;e dans l'estomac, ni de la distension des membres au moyen d'affreuses machines ; mais d'une torture sournoise et pour ainsi dire n&#233;gative. Le Parquet livre le condamn&#233; tout &#224; lui-m&#234;me, il le laisse dans le silence et dans les t&#233;n&#232;bres, avec un compagnon (un mouton) dont il doit se d&#233;fier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; Vautrin, colonne vert&#233;brale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est impossible de faire une longue digression au d&#233;nouement d'une sc&#232;ne d&#233;j&#224; si &#233;tendue et qui n'offre pas d'autre int&#233;r&#234;t que celui dont est entour&#233; Jacques Collin, esp&#232;ce de colonne vert&#233;brale qui, par son horrible influence, relie pour ainsi dire le p&#232;re Goriot &#224; illusions perdues, et illusions perdues &#224; cette &#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; le myst&#232;re de la chambre jaune :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni la grille de la cour, ni la porte d'entr&#233;e de la maison ne portaient de traces d'effraction. La clef se trouvait dans la serrure de la porte d'entr&#233;e, &#224; l'int&#233;rieur. Pas un barreau de fer n'avait &#233;t&#233; forc&#233;. Les serrures, les volets, toutes les fermetures &#233;taient intactes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les murailles ne pr&#233;sentaient aucune trace qui p&#251;t d&#233;voiler le passage des malfaiteurs. Les chemin&#233;es en poterie n'offrant pas d'issue praticable, n'avaient pu permettre de s'introduire par cette voie. Les fa&#238;teaux, sains et entiers, n'accusaient d'ailleurs aucune violence. (&#8230;) Les palissades d'enceinte du jardin furent examin&#233;es, rien n'y &#233;tait bris&#233;. Dans le jardin, les all&#233;es n'offraient aucun vestige de passage. Il parut probable au juge d'instruction que l'assassin avait march&#233; sur l'herbe pour ne pas laisser l'empreinte de ses pas, s'il s'&#233;tait introduit par l&#224;, mais comment avait-il pu p&#233;n&#233;trer dans la maison ? Du c&#244;t&#233; du jardin, la porte avait une imposte garnie de trois barreaux de fer intacts. De ce c&#244;t&#233;, la clef se trouvait &#233;galement dans la serrure, comme &#224; la porte d'entr&#233;e du c&#244;t&#233; de la cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; ne plus savoir o&#249; commence et o&#249; s'arr&#234;te la fiction :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des obligations auxquelles ne doit jamais manquer l'historien des m&#339;urs, c'est de ne point g&#226;ter le vrai par des arrangements en apparence dramatiques, surtout quand le vrai a pris la peine de devenir romanesque. La nature sociale, &#224; Paris surtout, comporte de tels hasards, des enchev&#234;trements de conjectures si capricieuses, que l'imagination des inventeurs est &#224; tout moment d&#233;pass&#233;e. La hardiesse du vrai s'&#233;l&#232;ve &#224; des combinaisons interdites &#224; l'art, tant elles sont invraisemblables ou peu d&#233;centes, &#224; moins que l'&#233;crivain ne les adoucisse, ne les &#233;monde, ne les ch&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; de nouveau Rastignac au cimeti&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les enterrements, &#224; Paris, &#224; moins de circonstances extraordinaires, ou dans les cas assez rares de quelque c&#233;l&#233;brit&#233; d&#233;c&#233;d&#233;e naturellement, la foule venue &#224; l'&#233;glise diminue &#224; mesure qu'on s'avance vers le P&#232;re-Lachaise. On a du temps pour une d&#233;monstration &#224; l'&#233;glise, mais chacun a ses affaires et y retourne au plus t&#244;t. Aussi, des dix voitures de deuil, n'y en eut-il pas quatre de pleines. Quand le convoi atteignit au P&#232;re-Lachaise, la suite ne se composait que d'une douzaine de personnes, parmi lesquelles se trouvait Rastignac. &lt;br /&gt;&#8212; C'est bien de lui &#234;tre fid&#232;le, dit Jacques Collin &#224; son ancienne connaissance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rastignac fit un mouvement de surprise en trouvant l&#224; Vautrin. &lt;br /&gt;&#8212; Soyez calme, lui dit l'ancien pensionnaire de madame Vauquer, vous avez en moi un esclave, par cela seul que je vous trouve ici. Mon appui n'est pas &#224; d&#233;daigner, je suis ou je serai plus puissant que jamais. Vous avez fil&#233; votre c&#226;ble, vous avez &#233;t&#233; tr&#232;s adroit ; mais vous aurez peut-&#234;tre besoin de moi, je vous servirai toujours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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